LES ACTIVITÉS MILITAIRES ENTRE BADR ET OUHOUD
La bataille de Badr fut la première lutte armée entre les musulmans et les associateurs. Ce fut une bataille rangée qui apporta aux musulmans une victoire décisive au su et au vu de tous les arabes. Ceux qui étaient les plus déçus par l’aboutissement d’une telle bataille, furent ceux-là mêmes qui, directement, y subirent de grosses pertes, à savoir les associateurs, et aussi ceux qui considéraient la puissance et la victoire acquises par les musulmans comme étant un coup dur porté à leur entité religieuse et économique, à savoir les juifs.
En effet, depuis que les musulmans avaient remporté la victoire à la bataille de Badr, ces deux groupes faisaient preuve de rancœur et de rage :
« L’on peut voir que les pires ennemis des croyants sont les juifs et les associateurs » (5 :82).
A Médine des éléments appartenant à l’une ou l’autre des deux groupes s’étaient convertis à l’Islam lorsqu’ils virent qu’il ne leur restait, pour conserver leur puissance, que d’embrasser cette religion. Ceux-là étaient Abdoullah ibn Oubay et ses compagnons. Cette troisième faction n’était pas moins en colère que les deux premières.
Il y avait là une quatrième faction, à savoir les bédouins errant autour de Médine : Ceux-ci ne s’intéressaient pas à la question d’infidélité et de fidélité, n’étant en fait que des gens enclins au vol et au pillage. Néanmoins cette victoire acquise par les musulmans les jetait dans l’inquiétude et l’émoi. En effet, ils craignaient l’avènement à Médine d’un état fort de nature à les empêcher de gagner leur vie par le vol et le pillage. Aussi, haïssaient-ils les musulmans dont ils devenaient ainsi les ennemis. Il ressort de tout cela que la victoire de Badr apporta aux musulmans force, puissance et dignité mais aussi à maints égards les exposa à la haine. Chacune des dites groupes adopta la stratégie qu’elle considérait comme la plus apte à la mettre en mesure d’atteindre ses objectifs. Alors qu’une faction constituée de gens résidant à Médine et dans les localités environnantes, mettait en œuvre des complots et de secrètes machinations sous le couvert de l’Islam, une autre composée de juifs manifestait son hostilité, donnant libre cours à sa colère et à sa haine.
La Mecque, elle, menaçait de frapper un grand coup, déclarant ouvertement son désir de vengeance et en état manifeste de mobilisation générale. A cet égard, elle eut d’ailleurs à faire connaître aux musulmans ses préparatifs en ces termes : « Il y aura nécessairement un autre jour plus honteux, au terme duquel on continuera pendant longtemps d’écouter la triste voix des pleureuses ».
Effectivement, les Mecquois menèrent une terrible expédition jusqu’aux murs de Médine, expédition connue dans l’histoire sous le nom de « Ghazwat Ouhoud » et qui eut un mauvais effet sur la réputation, le renom et la respectabilité des musulmans.
a) l’Expédition Sariyya de ‘Oumayr Ibn Wahb
Asma Bint Marwane est une poétesse vivant à Médine, et mariée à un homme des Banî Khatamah. Elle était le personnage le plus influent du clan « Oumayya ibn Zeyd » voir de tous les « Aws Manâte », elle fut leur porte-parole. Elle faisait beaucoup de mal, disait beaucoup de poésie pour dénigrer l’islam et le Messager d’Allah (SAW) et elle incitait les gens à combattre le combattre.
Elle avait l’habitude de ramenait des déchets humains (des femmes) qu’elle posait à la mosquée de Banî Khatamah.
Le Prophète (SAW) ordonna alors de la tuer. Le Prophète (SAW) avait dit à son sujet : « n’y a-t-il pas un homme qui s’occupe de celle-ci ? ». ‘Oumayr ibn ‘Adiyy ra (appelé aussi ‘abd Allâh ibn Jouchm ibn malik ibn Aws) était un homme de Banî Khatamah, et il était non-voyant. Il a fait le sermon de tuer la poétesse dès le retour du Prophète (SAW) de Badr. Au retour du Prophète (SAW) donc, ‘Oumayr ra vint à la poétesse par nuit, rentre chez elle et la tue.
Puis il vint faire la prière de Soubh et rencontrer le Prophète (SAW) pour la première fois. Au terme de la prière le Prophète (SAW) se tourne vers lui et dit : « as-tu tue la fille de Marwâne ? » il dit « oui, y a-t-il un mal en cela ? » le Prophète (SAW) répondit : « deux chèvres ne se donnerait pas des coups de cornes pour ça ».
Le Prophète SAW dit : « si vous voulez regarder un homme qui a fait triompher la cause d’Allah (SWT) et de son Prophète (SAW) regardez a ‘Oumayr ibn ‘Adiyy ». Sayyidna ‘Omar (RA) dit alors : « regardez ce non-voyant qui contente dieu et son messager » et le Prophète (SAW) dit : « ne dis pas le non-voyant mais le clairvoyant ! ». Et quand ‘Oumayr ra retourna à son peuple, il les trouva tous remue à la mort de bin Marwâne. Il (RA) leur dit alors : « Ô Banî Khatamah, c’est moi qui ai tué bint Marwâne, rusez donc tous contre moi et ne me donnez pas de répit ! ».
Il était appelé (RA) « ‘Oumayr le récitant » car il était l’imam des Banî Khatamah et celui qui leur récitait le coran.
C’était la première victoire de l’islam à Banî Khatamah, et tous ceux qui cachaient leur islam l’ont réclamé alors. Cet évènement était à 5 nuits avant la fin du ramadan. En janvier 624 de l’hégire.
b) Complot pour l’assassinat du Prophète (SAW)
L’un des effets de la déroute des associateurs à la bataille de Badr fut la violence du déchaînement de la colère de ceux-ci. Telle une chaudière, la Mecque bouillonnait d’hostilité à l’égard du Messager d’Allah (SAW) au point même que deux de ses groupes fussent amenées à monter un complot pour, selon elles, supprimer l’origine des divergences et des dissensions ainsi que le motif de l’avilissement et de l’ignominie. Peu après Badr, Omayr ibn Wahb Al-Joumahi, l’un des démons de Koraich et de qui, toujours, combattaient le Prophète (SAW) et ses compagnons (RA) à la Mecque, lui dont le fils Wahb ibn Omayr était retenu prisonnier, un jour, se trouva assis à. proximité de la pierre, en compagnie de Safwân ibn Omayya. Alors, rappelant le malheur des gens dans le ravin, il dit : « Par Allah ! Il ne fait pas bon vivre après eux ». Omayr lui dit : « Par Allah, tu as raison ! Moi, si je n’avais pas une dette que je n’arrive pas à payer et une famille dont je crains l’égarement après moi, j’enfourcherais mon cheval pour aller tuer Mohammad car, j’ai avant tout, une raison de le faire, dans la mesure où il garde mon fils comme prisonnier » Profitant de l’occasion, Safwâne lui dit : « Je me charge de ta dette que je paierai à ta place. Ta famille sera la mienne et je la réconforterai aussi longtemps qu’elle sera là. Rien ne lui manquera que, moi, je possède ». Omayr lui dit : « Alors, sois discret, que l’affaire reste entre nous ! ». Safwâne lui dit : « Vas-y ! ».
Après une telle entente, Amir fit aiguiser son sabre et partit à Médine. A son arrivée, il se rendit à la mosquée ; mais juste au moment où, à la porte de celle-ci, il faisait s’agenouiller sa monture, Omar ibn Al -Khattab, entouré d’un groupe de musulmans à qui il entretenait des faveurs d’Allah le jour de Badr, l’aperçut et dit : « Ceci est l’ennemi d’Allah Amir. Il ne vient que pour le mal ». Sur ces mots, Omar (RA) alla voir le Prophète (SAW) et lui dit :
« Ô Prophète d’Allah (SAW) ! Voici l’ennemi d’Allah, Omayr. Il est venu l’épée en bandoulière ».
Le Prophète (SAW) lui dit : « Fais-le entrer ».
Alors Omayr entra, la gaine de son sabre au travers de sa poitrine.
Omar (RA) dit à un groupe de musulmans médinois : « Allez-vous asseoir près du Prophète et surveillez bien ce pervers ! Il n’inspire aucune confiance ».
A la vue de Omayr, le Messager d’Allah (SAW) dit à Omar (RA) qui déjà avait la main sur son épée : « Omar (RA) ! Fais-le venir ! Approche-toi, Omayr ! ». Celui-ci s’approcha et dit : « Ayez une bonne matinée ! ». Le Prophète (SAW) lui dit : « Allah nous a donné une salutation bien meilleure que la tienne, Omayr, à savoir le Salâm (La paix), salutation propre aux gens du paradis ». Ensuite, il ajouta : « Qu’est-ce qui t’amène, Omayr ! ».
Celui-ci répondit : « Je suis venu au sujet de ce prisonnier entre vos mains, je veux que vous le traitiez avec égards ».
Le Prophète (SAW) dit : « Et le sabre que tu portes au niveau du cou ? » Que vient-il faire là-dans » ?
Omayr répondit : « Y vois-tu un inconvénient ? »
Le Prophète (SAW) reprit : « Dis-moi la vérité ! Qu’est-ce qui t’amène ? »
Omayr dit : « Je ne suis venu que pour cela ».
A ce niveau le Messager d’Allah (SAW) s’adressa à lui en ces termes : « Au contraire, l’affaire est ceci : un jour tu étais assis avec Safwâne ibn Omayya près de la pierre. Vous vous êtes rappelés les Koraïchites jetés dans le ravin et ensuite tu as dit : « N’eût été ma dette et ma famille, j’irai tuer Mohammad (SAW). » Alors Safwâne s’est chargé de ta dette et de ta famille, à la condition que tu me tue ; mais Allah fait écran entre nous et tu n’atteindras pas ton objectif ».
Sur ces mots, Omayr dit : « J’atteste que tu es le Messager d’Allah (SAW). Ô Messager d’Allah ! (SAW) Nous te démentions et traitions de faux ce que tu nous rapportais du ciel et ce qui t’était révélé. Ce que tu viens de dire n’était connu que de Safwâne et de moi. Je jure que tes informations ne proviennent que d’Allah. Louange à Allah qui m’a guidé vers l’Islam, et m’a fait entreprendre cette démarche ».
Après ce témoignage, il fit sa profession de foi. Le Prophète (SAW) dit à ses compagnons : « Instruisez votre frère de sa religion. Apprenez-lui le Coran et libérez son fils ».
Quant à Safwâne, il se mettait déjà à dire : « Attendez-vous à une bataille dont vous auriez bientôt des nouvelles, dans quelques jours, une bataille qui vous fera oublier celle de Badr ». Il ne cessait d’interroger les voyageurs au sujet de Amir, au point de tomber sur un voyageur qui lui fit savoir que Omayr avait embrassé l’Islam. Ce étant, il jura de ne plus lui parler et de ne plus l’assister. Omayr retourna à la Mecque où il continua de séjourner, appelant à l’Islam. Nombreux furent ceux qui devinrent musulmans grâce à lui.
c) L’EXPEDITION Ghazwa D’As-Sawîq
Alors que Safwân ibn Omayya, les juifs et les hypocrites, montaient leurs complots et élaboraient leurs stratégies, Abou Sofyân, lui, réfléchissait à une démarche peu coûteuse et manifestement efficace qu’il mettrait en œuvre en toute urgence pour sauvegarder le renom de sa tribu et attirer l’attention sur sa puissance. Il avait juré de ne plus se laver la tête avant d’attaquer le Prophète Mohammad (SAW).
Pour faire honneur à son serment, il sortit en compagnie de 200 cavaliers et vint camper avec eux en amont d’un conduit menant à une montagne connue sous le nom de Nayb, dans la vicinité de Médine. Toutefois il n’osa pas ouvertement se lancer à l’attaque de la ville. Ce qu’il fit ressemblait plutôt à des actes de piraterie. En effet, il pénétra dans la banlieue de Médine sous le couvert de la nuit et alla demander à Houyay ibn Akhtab de le laisser entrer chez lui, mais celui-ci refusa sous le poids de la crainte. Alors il s’en alla chez Salâm ibn Michkam, alors seigneur et gardien du trésor de Banî An-Nadîr. Celui-ci le reçut, l’hébergea et lui offrit du vin mais aussi lui donna des nouvelles de la ville, dans la plus grande discrétion, après quoi, Abou Sofyân, toujours sous le voile de la nuit, alla retrouver ses compagnons dont il devait envoyer un groupe armé attaquer une partie de Médine appelé Al-Arid. Ceux-ci se rendirent sur le lieu, coupèrent et incendièrent les haies de palmiers qu’il y avait, tuèrent un des Ansâr et son allié après les avoir surpris dans leurs champs et ensuite, fugitifs, s’en retournèrent à la Mecque. Mis au courant de la nouvelle, le Messager d’Allah (SAW).se lança à la poursuite d’Abi Sofyân et de ses compagnons mais ceux-ci s’enfuyaient avec une rapidité extrême, laissant tomber une bonne partie de leur provision de bouillie sucrée pour soulager leurs montures et réussir à s’échapper. Le Messager d’Allah (SAW). Les poursuivit jusqu’à l’entrée d’Al-Koudr avant de s’en retourner. Les musulmans ramassèrent ce que les infidèles avaient laissé tomber de leur bouillie sucrée et appelèrent l’escarmouche, l’expédition Ghazwa d’As-Sawîq (de la bouillie sucrée) qui eut lieu dans le courant de Thil-Hijja (An 2 de l’Hégire) deux mois après la bataille de Badr. A l’occasion de cette Ghazwa. Le Prophète (SAW).se fit remplacer à Médine par Abi Loubâba ibn Abdil-Mounthir (RA).
d) L’expédition Ghazwa de Kaynoukâa
Nous avons présenté dans ce qui précède les clauses du pacte que le Messager d’Allah (SAW) avait conclu avec les juifs, pacte dont il tenait à faire appliquer toutes les dispositions. Du côté des musulmans, l’application était effective et menée à la lettre. Quant aux juifs dont l’histoire était remplie de lâchetés et de trahisons, ils ne tardèrent pas à retrouver leurs tendances naturelles et à reprendre la méthode des complots, des intrigues, des provocations, des incitations aux troubles et à l’agitation dans les rangs des musulmans. En voici des exemples. :
Selon ibn Ishâk, Châs ibn Kays, un vieillard juif foncièrement infidèle rancunier et jaloux envers les musulmans, rencontra, un jour, un groupe de compagnons du Messager d’Allah (SAW) composé de Awsites et de Khazrajites réunis en conseil et s’entretenant de leurs affaires. Voyant alors que ceux-ci traitaient dans l’entente, la cohésion et l’unité au nom de leur religion (l’Islam), suite à l’hostilité qui sévissait entre eux à l’époque de la Jâhiliyya, il entra en col ère et s’exprima en ces termes. « Que les notables de Banî kîla se soient déjà réunis et retrouvés dans ce pays ! Non ! Par Allah ! s’il en est ainsi nous n’aurons plus d’initiative ! ». Sur ces mots, il envoya un jeune juif qui lui tenait compagnie en lui disant : « Aborde-les, assieds- toi parmi eux et rappelle-leur la bataille, de Bou’âth ainsi que la situation antérieure. Récite-leur les poèmes par lesquels ils polémiquaient ». Le jeune s’exécuta et aborda le groupe dans ce sens. Alors les gens se laissèrent aller à des tiraillements et à des conflits d’orgueil. Mieux, deux hommes représentant les deux tribus s’affrontèrent, polémiquant l’un avec l’autre. Ensuite l’un dit à l’autre : « Si vous voulez nous allons reprendre la guerre civile qui régnait entre nous ». Les deux camps se fâchèrent et dirent : « Nous nous donnons rendez-vous à midi ! aux armes ! aux armes ». Ils se dirigèrent vers les armes et la guerre faillit éclater.
Mis au courant de l’histoire, le Messager d’Allah (SAW), accompagné d’un groupe de Mouhâjirîn, se présenta aux Ansâr et leur parla en ces termes : « Ô Musulmans ! Allah ! Allah ! Est-ce pour une affaire antéislamique que vous querellez alors que je suis parmi vous, après qu’Allah vous ait guidés vers l ’Islam au moyen duquel il vous à honorés, séparés de l’époque antéislamique, sauvés de l’impiété, uni vos cœurs ? ».
Cela dit, les gens surent qu’il s’agissait là d’une initiative de Satan, d’un complot de leur ennemi. Aussi pleurèrent-ils. Les Awsites et les Khazrajites s’embrassèrent et se donnèrent des accolades. Par la suite ils s’en allèrent en compagnie du Prophète (SAW) dans la docilité et l’obéissance. Allah venait de les préserver du complot de son ennemi Châs ibn Kays. Voilà, un exemple des tractations menées par les juifs, essayant de susciter des troubles et des excitations parmi les musulmans, de subjuguer le processus de l’appel à l’Islam. Dans ce sens, ils avaient divers plans les portant à diffuser de fausses nouvelles, à croire le matin et à cesser de croire le soir même afin de semer le doute dans le cœur des faibles d’esprit. Ils coupaient les vivres à tous ceux qui, croyant à l’Islam, dépendaient d’eux financièrement. Si ceux-ci leur devaient de l’argent ils les acculaient au paiement mais, devaient-ils de l’argent à ceux-ci. Alors ils en abusaient refusant de le rendre. A cet égard ils disaient aux gens : « C’est lorsque vous étiez dans la religion de vos pères que nous vous devions de l’argent. A présent que vous en êtes sortis, nous ne vous devons rien ».
C’est ainsi qu’ils faisaient avant Badr malgré le pacte qu’ils avaient conclu avec le Prophète (SAW). Au vu de tout cela, celui-ci et ses compagnons faisaient preuve de patience, dans le souci de veiller à leur droiture et de voir la sécurité et l’Islam s’installer dans la région.
Banou Kaynoukâa annulent le pacte
Voyant qu’Allah avait résolument secouru les croyants à Badr et que ceux-ci jouissaient d’une force et d’une puissance suscitant le respect chez les populations habitant à proximité comme au loin, les juifs donnèrent libre cours à leur tempérament de colère, exprimant ouvertement leurs mauvaises intentions, leur hostilité et leur haine. Le pire de tous était Kaab ibn Al-Achraf dont nous aurons à reparler. De même, le pire des trois groupes représentés par les juifs était celui de Banî Kaynoukâa résidant à Médine même, dans un quartier portant leur nom. C’était une tribu de bijoutiers, de forgerons, d’artisans fabriquant des vases et des objets d’arts. En raison d’une telle profession ces juifs disposaient chacun d’un grand nombre d’outils de guerre. Ils étaient les plus courageux des juifs de Médine et les premiers à violer le pacte et à déshonorer leurs engagements. Le nombre de leurs combattants se chiffrait à 700. Dès qu’Allah fit triompher les musulmans à Badr, Banou Kaynoukâa multiplièrent leurs incitations, commettant des actes de sabotage, ridiculisant et maltraitant tous ceux qui fréquentaient leur marché parmi les musulmans. Ils s’en prenaient même aux musulmanes. Lorsque leurs exactions et leurs oppressions se furent aggravées, le Messager d’Allah (SAW) les réunit, les prévint et les appela à la droiture. Il les mit en garde contre les conséquences de la tyrannie et de l’agressivité. Toutefois, Banou Kaynoukâa devinrent plus méchants et orgueilleux.
Abou Dâwôud et d’autres ont rapporté des propos d’Ibn Abbâs exprimés en ces termes : « Lorsque le Messager d’Allah (SAW) fut de retour à Médine, après sa victoire sur les Koraïchites à la bataille de Badr, il réunit tous les juifs au marché des Banu Kaynoukâa et leur parla en ces termes : « Ô juifs ! Embrassez l’Islam avant de subir le même sort que les Koraïchites ! » Ils lui répondirent : « Mohammad ! Ne t’illusionne pas d’avoir tué un groupe de Koraïchites ; c’était des inexpérimentés en matière de bataille ; si tu nous affrontais, tu saurais de quel bois nous nous chauffons. Tu saurais également que tu n’avais pas rencontré des gens de notre trempe.
A ce sujet Allah révéla :
« Dis aux mécréants : « Vous serez vaincus puis refoulés en masse vers la géhenne. Ce sera le plus terrible lit de repos ». Ce fut pour vous un signe d’Allah quand les deux troupes se rencontrèrent. L’une combattait dans la voie d’Allah, l’autre était méchante. Aux yeux des impies, les croyants paraissaient le double de ce qu’ils étaient. Allah accorde son appui à qui II veut. Quelle leçon à méditer pour des esprits clairvoyants » (3 :12,13).
La réponse faite à Banî Kaynoukâa était une manifeste déclaration de guerre ; cependant le Prophète (SAW) réprima sa colère. Patients et endurants, les musulmans se mirent à attendre ce que leur réservait l’avenir.
Rapportant les propos de Abi Awn, ibn Hichâm a mentionné qu’une femme arabe s’était présentée au marché de Banî Kaynoukâa, où elle vendit une robe pour ensuite aller s’asseoir chez un bijoutier. On voulut à l’occasion découvrir son visage mais elle refusa. Alors le bijoutier se saisit d’une des extrémités de sa robe qu’il retroussa par derrière sans se faire remarquer si bien que celle-ci, en se levant, fit voir ses parties intimes et sous la risée de son entourage, se mit à crier. Au vu de cette situation, un musulman bondit sur le bijoutier juif et le tua mais les autres juifs par vengeance se jetèrent sur lui et le tuèrent. La famille du musulman tué cria alors au secours, appelant les musulmans contre les juifs ; la confrontation avec Banî Kaynoukâa était désormais inévitable.
Le siège, la reddition et le retrait
Excédé par l’avènement, le Messager d’Allah (SAW) se fit remplacer à Médine par Abi Loubâba ibn Abdil-Mounthir (RA).
Ensuite, confiant le drapeau des musulmans à Hamza ibn Abdil-Mouttalib (RA), il marcha avec les soldats d’Allah sur Banî Kaynoukâa qui, le voyant venir, se retranchèrent dans leurs forteresses, mais pour y être assiégés de la manière la plus dure. Cela se passait le samedi 14 ou 15 du mois de Chawwâl de l’an 2 de l’Hégire. Le siège dura 15 jours allant jusqu’à la fin du mois Thil-Kaada. Allah jeta de la terreur dans le cœur des ennemis car c’est de cette façon qu’il procède toutes les fois qu’il veut humilier un peuple et le mettre en déroute. Aussi, les Banu Kaynoukâa se soumirent-ils à l’autorité du Prophète (SAW) avec leurs biens, leurs femmes et leurs enfants. Celui-ci donna l’ordre de leur lier les mains derrière le dos. Alors Abdoullah ibn Oubay ibn Saloul, dans son rôle d’hypocrite, insista auprès du Prophète (SAW), lui demanda de leur accorder la grâce. Il dit : « Mohammad (SAW) ! Sois bienveillant envers mes alliés ! ». Ne recevant pas de réponse, il répéta sa doléance mais le Prophète (SAW) se détourna de lui. Alors il plongea sa main dans la poche de son armature ; toutefois le Messager d’Allah (SAW) lui dit : « Lâche moi », le visage marqué de colère « Malheur à toi ! Lâche-moi ! » L’hypocrite persista et dit : « Non ! Par Allah ! Je ne te lâcherai pas avant que tu ne fasses bonté à mes alliés (400 hommes sans cuirasses et 300 autres cuirassés) qui m’ont toujours protégé et que tu parques en une seule matinée. Je suis quelqu’un qui craint les difficultés. Le Messager d’Allah (SAW) traita avec égards cet hypocrite dont la soi-disant conversion à l’Islam ne devait durer qu’un mois environ. Il finit par lui remettre ses alliés, demandant à ceux-ci de sortir de Médine et de ne plus s’en approcher.
Ainsi, Banou Kaynoukâa sortirent et se dirigèrent vers la banlieue de la Syrie où ils restèrent, selon certains, au point de disparaître dans leur majorité. Le Messager d’Allah (SAW) se saisit de leurs biens dont il prit trois dirhams deux cuirasses, trois épées, trois lances et le quatrième du butin alors rassemblé par Mohammad ibn Maslama.
e) L’expédition de Banî Salim à Al- Koudr
La première information apportée au Prophète (SAW), après Badr fut que Banou Salim et Banou Ghatafan étaient en train de mobiliser leurs forces, pour attaquer Médine. Alors, le Messager d’Allah (SAW), à la tête de 200 cavaliers, les prit au dépourvu et ensuite les poursuivit jusque sur leur propre terroir situé dans un endroit appelé AL-Koudr. Banou Salim prirent la fuite laissant dans la vallée 500 chameaux dont s’empara l’armée de Médine et que le Prophète (SAW) répartit après en avoir pris le cinquième, donnant à chaque homme deux chameaux. Le Prophète (SAW) affranchit un jeune homme du nom de Yasâr RA, passa trois jours sur le terroir avant de regagner Médine.
D’aucuns disent que cette expédition eut lieu au mois de Chawwal de l’an 2 de l’Hégire, sept jours après le retour de Badr, alors que d’autres la situent au milieu du mois Mouharram de l’an 3 de l’Hégire. A l’occasion d’une telle expédition le Prophète (SAW) se fit remplacer à Médine par Sabâa ibn ’ Arfata (RA) ou par ibn Oumm Maktoum (RA).
f) L’expédition Ghazwa de Thi-Amr
Ce fut la plus grande expédition dirigée par le Messager d’Allah (SAW) avant la bataille de Ouhoud. Elle eut lieu au mois de Moharram de l’an 2 de l’Hégire. S’agissant de la cause de cette Ghazwa, les envois de surveillance de Médine avaient rapporté au Messager d’Allah (SAW) qu’une immense troupe constituée de Banî Thaalaba et de Banî Mouhârib projetait de s’attaquer aux extrémités de Médine. Alors, il (SAW) mobilisa les musulmans et sortit à la tête de 450 combattants cavaliers et fantassins confondus. Le Prophète (SAW) se fit remplacer à Médine par Sidna Othmân ibn Affân (RA). En cours de route, l’armée musulmane captura un homme appelé Jabbâr se réclamant de Banî Thaalaba Celui-ci fut introduit auprès du Messager d’Allah (SAW) qui lui présenta l’Islam et il se convertit. Le Prophète (SAW) le confia alors à Sidna Bilâl. L’homme alors, guida les pas de l’armée musulmane vers le territoire des ennemis. Ceux-ci se dispersèrent sur les sommets des montagnes dès qu’ils apprirent l’arrivée de l’armée. Quant au Prophète (SAW), Il (SAW) mena son armée jusqu’au lieu de ralliement des groupes ennemis, à savoir un point d’eau connu sous le nom de Thi Amr. Le Prophète (SAW) passa dans ce lieu presque tout le mois de Safar de l’an 3 de l’Hégire pour faire sentir aux arabes la force des musulmans, leur inspirer à la fois le respect et la crainte, avant de regagner Médine.
g) La liquidation de Kaab ibn Al-Achraf
Kaab ibn Al-Achraf faisait partie des juifs les plus hostiles à l’Islam et aux musulmans, de ceux qui combattaient et portaient atteinte le plus le Messager d’Allah (SAW) et appelaient ouvertement à la nécessité de le combattre. Il se réclamait de la tribu de Tay, elle-même faisant partie de Banî Nabhan. Sa mère se réclamait de Banî An- Nadîr. Kaab était riche, aisé, connu des arabes pour sa beauté et en outre un poète. Sa forteresse était située au sud-est de Médine à l’arrière-plan de la demeure des Banu An-Nadir. Lorsque lui parvinrent les premières nouvelles de la victoire des musulmans et de la tuerie des héros de Koraich à la bataille de Badr, il dit : « Est-ce vrai cela ? Ceux-là sont les nobles et les rois des arabes ! Par Allah ! si c’est vrai que MOUHAMMAD (SAW) les a tués à l’intérieur de la terre est bien meilleur que son extérieur ». Lorsqu’il eut confirmation des nouvelles qu’il avait reçues, l’ennemi d’Allah commença à prendre les musulmans en raillerie, à louer leurs ennemis, les montant contre eux. Non content de cela, il enfourcha son cheval et alla trouver les Koraïchites. A l’occasion il descendit chez Al-Mouttalib ibn Abi Waddâh As-Sahmî et se mit à chanter des poèmes dans lesquels il pleurait les associateurs tués, et jetés dans le ravin (puit de Badr), et à rendre plus aiguë la haine ressentie à l’égard du Prophète (SAW) et à appeler les Koraïchites à le combattre. A la Mecque, Abou Sofyân et les associateurs l’interrogèrent en ces termes : « Préfères-tu notre religion ou celle de Mohammad (SAW) et de ses compagnons ? Laquelle de ces deux religions détient la vérité ? » il répondit : « votre religion est meilleure et plus droite que la leur ». Dans ce cadre, Allah le Très Haut révéla :
« N’as-tu pas vu ceux qui ont reçu une partie de l’Ecriture s’obstiner à croire en la magie et aux idoles des infidèles, et dire, parlant des associateurs : « Ceux-ci suivent une voie plus sûre que celle des croyants ! » (4 :51).
De retour à Médine, Kaab se mit à parler sur les femmes des Compagnons RA et à blesser grièvement leur pudeur par sa langue. Alors, le Messager d’Allah (SAW) dit : « Qui va s’occuper de Kaab Al-Achraf ? Il offense Allah et son Messager (SAW) » Il envoya au poète Mohammad ibn Maslama (RA), Abbâd ibn Bichr (RA), Abou Nâ’ila (RA) (dont le vrai nom était Salkân ibn Salâma, frère de lait de Kaab), Al-Hârith ibn Aws et Abou Abs ibn Hibr. Le chef du groupe était Mohammad ibn Maslama (RA).
Au sujet de l’assassinat de Kaab ibn Al-Achraf, les récits le rapportant précisent que lorsque le Saint Prophète (SAW) eut dit : « Qui va s’occuper de Kaab ibn Al-Achraf ? Il offense Allah et Son messager (SAW) », Mohammad ibn Maslama se dressa pour répondre :
« Moi ! Messager d’Allah (SAW) ! veux-tu que je le tue ? » Le Prophète (SAW) lui répondit « Oui ! » Mohammad ibn Maslama lui dit alors : « Autorise-moi à lui dire des mots avant de le tuer » Le Prophète (SAW) l’y autorisa.
Sidna Mohammad ibn Maslama (RA) alla ensuite trouver Kaab et lui parla de manière à lui montrer qu’il n’adhère pas à l’islam.
-Nous le suivons déjà. Nous n’aimerions pas le quitter sans savoir à quoi aboutira son affaire ? Nous voulons vous emprunter un ou deux charges de blé.
Kaab dit :
- D’accord, donnez-moi un gage.
- Que veux-tu ?
- Mettez en gage vos femmes.
- Comment mettrions-nous en gage nos femmes alors que tu es le plus beau des arabes ?
- Alors, mettez en gage vos enfants !
Sidna Mohammad ibn Maslama : Comment mettre en gage nos enfants pour qu’on en vienne ensuite à les insulter en disant : « On les a mis en gage pour une ou deux charges de blé ? Ça c’est une honte pour nous. Nous allons plutôt mettre en gage des armes. (Il lui fixa rendez-vous pour les lui apporter).
Sidna Abou Nâ’ila fit la même chose que Sidna Mohammad ibn Maslama.
Abordant Kaab, il passa un moment à échanger avec lui des poèmes et ensuite, lui dit : « Attention, ibn Al-Achraf ! Je suis venu avec un besoin que je veux t’exposer, mais soit discret à cet égard. Kaab lui dit : « Expose-le-moi » Abou Nâ’ila dit : « [...] A cause de lui, les Arabes nous détestent, nous rejettent tous tant que nous sommes et nous traquent tant et si bien que nos familles sont perdues et nous-mêmes éprouvés tout autant que les nôtres ».
Le dialogue qui s’ensuivit fut du même genre que celui tenu avec ibn Maslama. A un moment de ce dialogue Abou Nâ’ila dit : « J’ai des camarades du même avis que moi. Je voudrais te les amener pour que tu leur vendes des choses en leur faisant des facilités.
Ainsi, Ibn Maslama et Abou Nâ’ila réussirent à orienter le dialogue vers ce qu’ils voulaient car, après un tel dialogue, Kaab ne refuserait pas de voir les armes et les compagnons.
Au cours d’une nuit de clair de lune, la nuit du 14 du mois de Rabî al Awwal, an 3 de l’Hégire, le groupe se rassembla chez le Messager d’Allah (SAW) qui les raccompagna jusqu’à Bakîa Al-Gharqad, puis leur faisant face dit : « Partez au nom d’Allah. Seigneur ! Aide-les, Assiste-les ! » Sur ces mots il regagna son domicile où il se mit à prier et à communiquer avec son Seigneur.
Le groupe se rendit à la forteresse de Kaab ibn Al- Achraf. A l’arrivée, Abou Nâ’ila l’appela. L’associateur se leva pour descendre ; mais sa femme, qu’il venait d’épouser lui dit : « Où vas-tu à pareille heure ? J’entends une voix dont semble dégoûter du sang », Kaab répondit : « Non ! Il ne s’agit que de mon frère Mohammad ibn Maslama et de mon frère de lait Abou Nâ’ila. [...] » . Il descendit vers le peloton en se parfumant, la tête haute.
Kaab descendit vers les hommes, qui le tuèrent. Il tomba raide mort après avoir poussé un cri strident horrifiant et ameutant ses voisins. Le groupe incendia tous les châteaux sans exception et ensuite s’en retourna. Cependant, Sidna Al-Hârith ibn Aws, touché par l’épée de l’un de ses camarades ; souffrait d’une grave blessure.
Arrivé à Harrat Al-Arid, le groupe constata qu’il avait été laissé derrière. Aussi, s’arrêta-t-il un moment, pour lui permettre de suivre ses traces et ensuite, de le rejoindre.
Al-Hârith (RA) fut transporté par ses camarades (RA) qui, arrivés à Bakîa Al-Gharqad firent retentir des cris d’Allâhou Akbar (Allah est très grand) Lorsqu’il les eut entendus, le Messager d’Allah (SAW) sut qu’ils avaient tué l’associateur et alors dit : ‘’Allahou Akbar” ». Recevant ensuite les gens, il dit : « Vos visages sont détendus ». Ceux-ci dirent : « Ton Noble Visage aussi, Messager d’Allah ! ». Alors le Prophète (SAW) loua Allah, se félicitant du meurtre de Kaab. Après cela il (SAW) mit de sa Salive bénie sur la blessure d’Al-Hârith ra) qui guérit immédiatement.
Mis au courant du meurtre de Kaab ibn Al-Achraf, les juifs furent frappés de panique, malgré leur entêtement. Ils surent que le Messager d’Allah (SAW) n’hésiterait pas à utiliser la force s’il constatait que le bon conseil n’était d’aucune utilité pour ceux qui menaçaient la sécurité, incitaient au désordre et violaient le pacte conclu. Loin de réagir au meurtre de leur malfaiteur, ces juifs gardèrent le calme, faisant semblant de respecter le pacte ; de se résigner : les vipères se pressèrent de se dissimuler dans leurs trous.
Ainsi, le Messager d’Allah (SAW) eut, pour un temps, les mains libres pour faire face aux dangers auxquels l’on s’attendait à l’extérieur de Médine dangers que les musulmans, soulagés de bon nombre de tracasseries qui existaient à l’intérieur de la ville pressentaient et flairaient d’un moment à un autre.
h) L’expédition Ghazwa de Bahrân
Ce fut une grande expédition forte de 300 combattants conduits par le Messager d’Allah (SAW), au mois Rabîal-Akhir de l’an 3 de l’Hégire. Elle se rendit à un endroit dénommé Bahrân, un minerai dans le Hijâz du côté d’Al-Fara où le Prophète (SAW) passa deux mois (Rabîal-Akhir et Joumâdal-Oula) de l’an 3 de l’Hégire, avant de revenir à Médine.
Elle avait pour but de lancer une attaque sur les Banu Sulaym L’expédition, cependant, n’aboutit pas à un affrontement. Car durant l’invasion, ils ne rencontrèrent aucun ennemi. L’expédition est vue comme une "Invasion de Patrouille", selon le docteur "Saifur Rahman al-Moubarkfouri".
Après cette expédition, Le Noble Prophète (SAW) accepta aussi une rançon pour certains des prisonniers qu’il captura à Badr
i) L’expédition Sariyya de Zayd ibn Hâritha
Ce fut la dernière et la plus réussie des expéditions effectuées par les musulmans avant la bataille d’Ohod. Elle eut lieu dans le courant du mois de Joumâdal-Akhira de l’an 3 de l’Hégire. En effet les Koraïchites qui vivaient depuis Badr en état de trouble et d’agitation se sentirent à l’étroit lorsqu’ils virent revenir l’été et partant le moment de leur voyage en Syrie.
Safwân ibn Omayya, celui qui, alors, avait été chargé par les Koraïchites d’aller s’occuper du commerce en Syrie dit : « Mohammad (SAW) et ses compagnons (RA) ont enlaidi notre commerce. Comment allons- nous faire avec eux alors qu’ils sont toujours à la côte ? De plus, les habitants de cette côte leur sont favorables. Par où va-t-on passer ? Or, si nous restons chez nous, sans faire le voyage nous dépenserons nos capitaux au point qu’il n’en reste rien. Notre vie à la Mecque ne dépend de rien d’autre que du commerce, qu’en été, nous allons effectuer en Syrie et celui qu’en hiver, nous allons effectuer en Abyssinie ».
La discussion s’installa pour l’approfondissement de ce problème et, Al-Aswad ibn Al-Mouttalib dit à Safwân : « Laisse le chemin passant par la côte et prends celui de l’Irak qui est un très long chemin traversant Najd pour aller vers la Syrie. Ainsi tu passes à l’est de Médine, à une grande distance de cette ville ». Les Koraïchites ne savaient absolument rien de cette route. Al-Aswad ibn Al-Mouttalib suggéra à Safwân de choisir Fourat ibn Hayyân appartenant à la tribu de Banî Bakr ibn Wâ’il, en qualité de guide et d’éclaireur au cours de ce voyage. Ainsi, la caravane de Koraich démarra sous la conduite de Safwân ibn Omayya et empruntant la nouvelle route. Cependant, les nouvelles de cette caravane ainsi que de sa trajectoire parvinrent à Médine. En effet, Soûlait ibn An-Nouamân (RA) déjà converti à l’Islam s’était réuni dans un bistrot, avec Naîm ibn Massoud Al- Achja’î, alors resté associateur et, cela, avant l’interdiction du vin. Sous l’effet du vin Nâîm s’entretint dans le détail du problème de la caravane ainsi que de la route qu’elle allait prendre. Aussitôt après, Soûlait alla trouver le Prophète (SAW) et lui rapporta toute l’histoire.
Le Messager d’Allah (SAW) prépara un détachement de 100 cavaliers dont il (SAW) confia la direction à Zayd ibn Haritha Al-Kalbi (RA). Celui-ci se précipita et, à l’aurore, prit la caravane à l’improviste alors que celle-ci avait fait halte à un point d’eau dans le Najd appelé Kiradah. Alors il s’en empara complètement. Safwân et ses compagnons ne réagirent que par la fuite, sans aucune forme de résistance. Les musulmans capturèrent le guide de la caravane : Fourât ibn Hayyân. D’aucuns disent que deux autres hommes furent aussi capturés.
Ils emportèrent un gros butin constitué des récipients et du métal d’argent que transportait la caravane, butin estimé à 100000. Le Messager d’Allah (SAW) partagea ce butin entre les réalisateurs de la Sariyya, après en avoir gardé le cinquième. Fourât ibn Hayyâan se convertit à l’Islam.
IL s’agissait là d’une catastrophe et d’une grande infortune venant s’ajouter aux malheurs déjà vécus par les Koraïchites à la bataille de Badr. Ceux-ci, envahis de tristesse et d’inquiétude n’avaient plus que deux voies à suivre :
1. Se débarrasser de leur arrogance et de leur orgueil et prendre le chemin de la compréhension et de la réconciliation avec les musulmans.
2. Mener une guerre générale de nature à leur rendre leur gloire et leur puissance d’antan en leur permettant de supprimer la force des musulmans de manière à ce qu’il ne reste aucun pouvoir à ceux-ci.
Cependant, la Mecque avait choisi de suivre la seconde voie car elle ne cessait d’insister sur son désir de vengeance, de se préparer et de se mobiliser pour rencontrer les musulmans, d’accroître leur détermination à attaquer ceux-ci sur leur propre sol. Ces préparatifs allaient les mener à la bataille d’Ohod.

