L’EXPEDITION (GHAZWA) D’OHOD
Préparatifs des Koraïchites pour une bataille de revanche
Les mecquois s’emportaient de colère pour ce que les musulmans leur avaient fait subir à Badr : déroute, massacre de leurs héros et de leurs nobles, et brûlaient du désir d’assouvir leur vengeance. A ce point les Koraïchites avaient même interdit de pleurer les leurs tués à Badr et aussi de se précipiter de payer la rançon des prisonniers, de manière à empêcher les musulmans de se rendre compte de leur tristesse et de leur consternation.
Pour Rappel : Quelques années en arrière, à la transition de SIDNA Abou Tâlib (RA), le commandement de Mecque s’est retrouvé partagé entre quelques personnes, chacune étant le chef de son clan : Abou Jahl (Makhzoum), ‘Outba (‘Abd Chams), Oumayya Ibn Khalaf (Joumaḥ), et Abou Sofiâne Ibn Harb, le chef de clan des Oumayya. Au lendemain de Badr, Abou Sofiâne s’est retrouvé donc à la tête de toute La Mecque. Au retour de l’armée des mécréants de Badr, Abou Sofiâne était déjà rentré avec la caravane. Il apprend alors la nouvelle de la cuisante défaite des Quraych, et la mort de ses proches et de son fils aîné Handala. Pour augmenter la douleur et attiser le désir de vengeance, il interdit aux mecquois de pleurer leurs morts. Les plus résolus à la vengeance étaient par ailleurs, Abd Allah Ibn Abî Rabî’a, ‘Ikrimah Ibn Abî Jahl car son père a été tué, et Safwâne Ibn Oumayya car son père et son frère a été tué. ‘Ikrimah Ibn Abî Jahl, et Abd Allah Ibn Abî Rabî’a dans un groupe de personnes de ceux qui ont perdu des proches dirent à Quraych : « Ô peuple de Quraych ! MOUHAMMAD (SAW) a tué vos intimes, et a tué vos meilleurs, aidez-nous donc par cet argent pour le combattre, peut-être c’est avec cela que nous aurions notre vengeance », et ils répondirent favorablement, et ils la vendirent alors : 1000 chameaux avec ce qu’ils contiennent, et 50 000 dinars. Toute leur richesse fut arrêtée pour l’expédition, elle fut amassée et déposée dans leur maison de rassemblement, Dar An Nadwa, sous la gestion d’Abou Sofiâne.
Ils envoyèrent leurs meilleurs discoureurs et poètes et peut être ont-ils aussi engagé d’autres poètes et les envoyèrent dans les tribus arabes pour leur insuffler l’envie de combattre et de se venger ; et les poètes parmi les arabes savait s’y prendre, et avaient une très grande influence. Ils avaient envoyé ‘Amrou Ibn Al ‘Âs (le même qui a été envoyé auprès du Négus), ‘Abd Allah Ibn Az Zaba’râ, et Habayra Ibn Wahb, Mousâfi’ Ibn ‘Abd Manâf…etc.
Tout cela, pour combattre Dieu SWT et son Messager (Que Dieu nous préserve), à ce sujet Allah (SWT) révéla :
(Ceux qui ne croient pas dépensent leurs biens pour éloigner (les gens) du sentier d’Allâh. Or, après les avoir dépensés, ils seront pour eux un sujet de regret. Peuvent ils seront vaincus, et tous ceux qui ne croient pas seront rassemblés vers l’Enfer) (08 :36)
Ils sont sortis avec 3000 combattants avec toutes leurs armes, parmi eux 200 cavaliers et 700 boucliers. A leur tête Abou Sofiâne Ibn Harb, et sont sorties avec eux les femmes à leur tête Hind Bint ‘Outba. Ils avaient également réuni une caravane de 3000 chameaux tous chargés. Alors tous les notables ont amené avec eux leurs femmes
Une autre version dit : A cet égard, la première mesure prise par eux fut de séquestrer la caravane qu’Abou Sofyân avait pu sauver et qui était à l’origine de la bataille de Badr. Ensuite, s’adressant à tous A ceux qui possédaient des biens dans la caravane, ils dirent : « O Koraich ! Mohammad (SAW) vous a eus et a tué les meilleurs de vous ! Aidez-nous à le combattre en nous laissant ces biens. Peut-être parviendrons-nous à nous venger de lui ». Tous ayant répondu favorablement, la caravane fut vendue. Il y avait au total 1000 chameaux. Le prix de vente se montait à 5000 dinars. A cet égard, le Très Haut dit :
« Les infidèles s’emploient de leurs biens à décourager la foi. Toute leur fortune y passera et ils s’en mordront les doigts de regret ; puis viendra pour eux la défaite ». (8 :36).
Par la suite, ils ouvrirent la porte du volontariat pour tous ceux qui voudraient contribuer à l’attaque des musulmans parmi les Abyssins, les Kinânites et les Touhâmites. A cet égard ils diversifièrent les formes d’exhortation et d’incitation. Safwân ibn Omayya encouragea même Abou Azza le poète capturé à Badr puis gracié et libéré par le Messager d’Allah (SAW) sans paiement de rançon mais avec engagement de sa part à ne plus agir contre l’Islam. Safwân encouragea donc ce poète à monter les tribus contre les musulmans, lui promettant des richesses à son retour de la guerre sinon de lui prendre en charge ses enfants. Alors, Abou Azza se mit à inciter les tribus par une verve de nature à susciter de la rancune. De même, on engagea un autre poète qui se trouvait être Mousâfi’ ibn Abd Manâf, pour le même type de mission. Abou Sofyân était devenu le plus favorable à la coalition contre les musulmans après son retour de la Ghazwa As-Sawîq (Ghazwa de la bouillie sucrée) déçu mais sans rien dire à personne ; il avait beaucoup perdu dans cette Ghazwa.
La situation était d’autant plus traumatisante que les Koraïchites venaient de subir de grosses pertes affectant leur économie avec la Sariyya de Zayd ibn Haritha ce qui leur apportait une tristesse incommensurable en les mettant dans l’impatience de mener à terme leurs préparatifs pour faire face aux musulmans.
Les mouvements de l’armée de Koraich
A la fin de l’année, la Mecque acheva ses préparatifs. Les associateurs y regroupèrent 3000 combattants où l’on retrouvait les Koraïchites, leurs alliés et les Abyssins. Les généraux de Koraich décidèrent de se faire accompagner par les femmes, de manière à enhardir les hommes (cette mesure avait une autre fonction : celle d’empêcher les troupes et leurs chefs, à la vue des femmes, de fuir le champ de bataille au cas où l’affrontement serait dur). Ces femmes étaient au nombre de quinze. L’armée comptait comme montures 3000 chameaux, 200 chevaux et comme équipements 700 Boucliers de protection. Le commandement général était confié à Abi Sofyân ibn Harb, le commandement de la cavalerie à Khâlid ibn Al-Walid assisté par Ikrima ibn Abi Jahl et le drapeau à Banî Abdid-Dâr.
Après cette complète préparation, l’armée Mecquoise se mit en route, en direction de Médine. La colère et la longue soif de vengeance enflammaient les cœurs de haine, préfigurant l’amertume et la violence des combats. Les chefs militaires s’étaient jurés de préserver coûte que coûte l’unité du commandement des troupes et de ne pas émettre des avis contradictoires qui risqueraient d’influer négativement sur l’exécution des opérations. Car ils avaient encore en mémoire la débâcle de Badr.
Les envois de surveillances du Prophète (SAW) sont au courant des déplacements de l’ennemi. Al-Abbâs ibn Abdil-Mouttalib surveillait les déplacements et les préparatifs militaires des Koraïchites. Dès le départ de l’armée, il se dépêcha d’envoyer au Messager d’Allah (SAW) un message lui apportant toutes les informations nécessaires. L’émissaire d’Al-Abbâs se pressa de délivrer le message. Pour ce faire, il se précipita tant et si bien qu’il parcourut la distance entre la Mecque et Médine ; distance de 500 km, en l’espace de trois jours. Il remit le message au Prophète (SAW) qu’il trouva à l’intérieur de la mosquée de Koubâ, message lu à celui-ci par Oubay ibn Kaab (RA). Ordonnant, ensuite au lecteur de garder “ la discrétion, le Messager d’Allah (SAW) rentra vite, à Médine où il échangea d’idées avec les dirigeants Mouhâjirîn et Ansâr.
Le Prophète (SAW) réuni certains de ses compagnons pour les informer de la situation, et en peu de temps, toute Médine fut en état d’alerte générale : Une garde vint au Prophète (SAW) pour surveiller sa demeure la nuit : Sa’d Ibn ‘Obâda RA, Sa’d Ibn Mou’âd (RA), Oussayd Ibn Houdayr (RA), et d’autres compagnons. Des patrouilles étaient organisées pour surveiller les routes et se tenir informé des mouvements de Quraych. Les gens ne dormaient pas sans leurs armes et attendaient les informations
L’armée Mecquoise aux murs de Médine
L’armée de la Mecque poursuivit sa marche en cheminant le long de la route habituellement empruntée et située à l’ouest. Lorsqu’elle fut arrivée à Al-Abwâ, Hind, la femme d’Abi Sofyân, fit la proposition d’arracher la tombe de la mère du Messager d’Allah (SAW) mais les généraux de l’armée refusèrent sa proposition et avertirent contre les conséquences néfastes qu’ils ne manqueraient pas de connaître, s’ils se permettaient d’ouvrir la porte à de telles considérations. Par la suite, l’armée continua sa marche jusque près de Médine pour ensuite emprunter la vallée d’Al-Akik. Elle bifurqua vers la droite et, avançant un peu, descendit dans la montagne d’Ohod, en un lieu appelé Aynayn au cœur d’un marais découlant d’un canal à l’extrémité de la vallée située au nord de Médine, tout près d’Ohod. Elle y campa le vendredi six du mois de Chawwâl, an 3 de l’Hégire.
La définition du plan de défense par le conseil consultatif
Les envois de surveillances de Médine rapportèrent l’une après l’autre les nouvelles au sujet de l’armée de la Mecque, et ce jusqu’à la dernière relative au campement de celle-ci à Ouhoud. Alors, le Messager d’Allah (SAW) convoqua un conseil militaire consultatif au sommet destiné à un échange d’avis sur l’attitude à adopter. Il informa ses compagnons sur un rêve qu’il avait fait : « J’ai vu des vaches qui se faisaient égorger, et j’ai vu une entaille sur le tranchant de mon épée, et je me suis vu entrant ma main dans une cuirasse impénétrable. » Ils dirent :
« Comment l’interprètes-tu, Ô Messager d’Allâh ! » Il (SAW) répondit :
« Quant aux vaches, il s’agit de personnes parmi mes compagnons qui seront tués, et quant à l’entaille que j’ai vue sur mon épée, il s’agit d’un homme de ma maison qui sera tué. »
Ils dirent alors : « Et la cuirasse impénétrable ! » Il (SAW) dit : « Il s’agit de Médine ! ».
Il (SAW) dit : « Et j’explique le bouclier impénétrable par Médine, restez-y donc ! Et si les gens rentrent dans les ruelles, nous les combattrons alors, et ils se feront tirés dessus du haut des maisons. ».
L’avis du Prophète (SAW) était d’organiser l’affrontement à l’intérieur de Médine, et si l’ennemi rentre dans la ville, il sera dispersé dans toute la ville, sa force de frappe absorbée, et sa supériorité numérique contenue. De plus, beaucoup de jeunes et de femmes pourront participer en lançant des projectiles depuis les toits des Maisons.
Après cela, des gens de ceux qui avaient été absents à la Bataille de Badr et qui en éprouvaient un regret, vinrent au Prophète (SAW) et dirent : « Ô Messager d’Allâh (SAW) ! Nous espérions qu’ALLÂH nous donne une telle occasion, allons-nous en détourner maintenant ? Par Allâh ! Nous irons à leur rencontre ! », Ils dirent : « On attendait un tel jour. Fais-nous sortir vers nos ennemis qu’ils ne pensent pas que nous sommes lâches. ». D’autres encore : « Ô Messager de Dieu (SAW) ! On craint que notre ennemi pense que c’est par lâcheté que nous ne sortirons pas, et qu’ils auront de l’audace à cause de cela. »
Et Sayyidna Hamza (RA) dit : « Ô Messager d’Allâh (SAW) ! Nous irons à leur rencontre les armes à la main et nous les combattrons et tuerons ! »
En peu de temps, la plupart des compagnons ont penché vers l’idée de sortir pour combattre à l’extérieur. Et Le Prophète (SAW) accepta leur requête.
Une autre version dit ceci : Le Saint Prophète leur parlant en ces termes : « J’ai rêvé de voir égorger un bœuf ; de trouver une cassure sur le manche de mon épée et d’introduire mes deux mains dans une cuirasse invulnérable ». Il (SAW) interpréta la vache comme symbolisant quelques-uns de ses compagnons (RA) qui seront tués à la bataille, la cassure de l’épée comme symbole du péril d’un des membres de sa famille bénie et la cuirasse comme symbolisant la ville de Médine. Ensuite, donnant son avis à ses compagnons, Le Prophète (SAW) leur suggéra de ne pas sortir de Médine mais au contraire de s’y retrancher en position de force.
De la sorte, les associateurs, en restant sur leur campement, auront une mauvaise position. Par contre, s’ils accèdent à Médine, ils seront combattus par les musulmans les attendant dans les ruelles, au moment où les femmes les combattront du haut des toits.
Abdillâh ibn Obai ibn Saloul, le chef des hypocrites accepta cet avis. Il avait pris part au conseil en sa qualité d’un des dirigeants de la tribu de Khazraj. Vraisemblablement, son acceptation de l’avis ne s’expliquait pas par le fait que l’attitude dégagée lui paraissait pertinente, d’un point de vue militaire : celle-ci, au contraire, allait lui permettre de prêter le flanc sans qu’on ne s’en rendit compte.
Dans ce sens leur porte-parole s’exprima en ces termes : « O Messager d’Allah (SAW) ! Nous avons toujours souhaité l’avènement d’un tel jour pour lequel nous nous mettions à invoquer Allah et voilà que nos prières ont été exaucées. Alors, autorise-nous à aller au-devant de nos ennemis pour les empêcher de nous prendre pour des poltrons et des lâches ! » A la tête de ces enthousiastes se trouvait Hamza ibn Abdul-Mouttalib, l’oncle paternel du Messager d’Allah (SAW) qui, alors, dit à son neveu (SAW) : « Je jure par Celui qui t’a révélé le livre que je n’avalerai aucune nourriture avant de les combattre hors de Médine ».
Un des plus âges parmi les assistants, un Awsite nomme Khaythama, se leva et prit la parole. Il reprit d’abord plusieurs des arguments qui avaient déjà été formules contre la tactique défensive, puis il continua sur un ton plus personnel. Son fils Sa’d était au nombre des quelques musulmans qui avaient été tués à la bataille de Badr. « La nuit dernière dans mon sommeil, rapporta-t-il, j’ai vu mon fils. Il avait la plus belle prestance et je pus voir comment il lui était donne de satisfaire chacun de ses désirs en se servant des fruits et des fleuves du jardin. Il me dit : “Viens à nous et sois notre compagnon au Paradis, Tout ce que mon Seigneur m'a promis, je l’ai trouvé vrai.”
Maintenant je suis vieux et j’aspire à rencontrer mon Seigneur ; prie donc, ô Envoyé de Dieu, pour qu’il m’accorde le martyre et la compagnie de Sa'd au Paradis. » Le Prophète formula une prière pour Khaythama, prière silencieuse dont les paroles ne nous ont pas été rapportées. Un autre Auxiliaire, Mâlik ibn Sinan le Khazrajites, prit à son tour la parole : « Ô Envoyé de Dieu (SAW), dit-il, il y a devant nous l’une ou l’autre de deux bonnes choses : soit Dieu nous fera triompher d’eux, comme nous le souhaitons ; soit Dieu nous donnera le martyre. Quant à moi, je me soucie peu de ce qui m’échoira, car en vérité il y a du bon dans chaque chose. »
De ces derniers discours aussi bien que de la façon dont ils avaient été accueillis, il apparaissait désormais clairement que la majorité des assistants ne voulaient pas rester derrière les murs de la cité. Face à l’avis de ces enthousiasmes, le Prophète (SAW) retira sa proposition et donna l’ordre de quitter Médine, à la rencontre de l’ennemi, sur un autre champ de bataille.
Préparatifs et départ pour le champ de bataille de l’armée musulmane
Le Prophète (SAW) dirigea la prière du vendredi avec ses compagnons, prière suivie d’un sermon dans lequel Prophète (SAW) les exhorta à l’application et au goût de l’effort, les informant qu’ils remporteraient la victoire s’ils savaient être endurants. Prophète (SAW) leur ordonna aussi de se préparer à rencontrer l’ennemi. Ses propos furent pour les gens, un facteur de motivation. Prophète (SAW) dirigea ensuite la prière du ‘Asr qui réunit une foule nombreuse comprenant les gens des montagnes avant de rentrer chez lui en compagnie d’Abou Bakr (RA) et de Omar (RA) qui l’enturbannèrent et l’habillèrent. Le Prophète (SAW) s’arma alors de pied en cap puis, après avoir enfilé deux cuirasses, l’une sur l’autre, se saisit de son épée et se dirigea vers la foule qui, elle, l’attendait.
Quand toutes les dispositions furent prises, le Prophète (SAW) sonna l’Alerte et donna l’ordre de mobilisation générale. Tout Médine, plutôt tous les Musulmans s’étaient alors préparés en conséquence et se tenant prêts, les armes à la main, à répondre à l’appel de rassemblement.
Qui avait pu voir Médine en ces moments avait certainement pensé que quelque chose d’important allait se passer. Tous les musulmans étaient sur le qui-vive, sabre au fourreau, lance à la main ou arc et carquois sur le dos, circulant dans les rues et ruelles de Médine, vaquant aux préparatifs de la bataille mais très attentifs à l’ordre de rassemblement qu’ils attendaient d’un moment à l’autre. Les armes ne les avaient pas quittés même pendant les prières. Devant Allah, ils (RA) accomplissaient la prière les armes à même le corps. Mais dès l’accomplissement de la prière, chacun revenait à sa tâche pour laquelle il avait été désigné.
Auparavant, Saad ibn Mouadh et Ossaid ibn Houdair avaient dit aux gens : « Voilà ! Vous allez contraindre le Messager d’Allah (SAW) à sortir de la ville ! Souscrivez donc à son avis ». Ceux-ci au regret de leur acte, dirent à l’apparition du Prophète (SAW) : « Ô Messager d’Allah (SAW) ! Ce n’était pas notre dessein de te contredire. Agis à ta guise ! Si tu veux rester à Médine, restes-y ». Le Prophète (SAW)dit : « Il ne convient pas à un Prophète déjà revêtu de sa cuirasse de s’en départir avant qu’Allah ne le départage de son ennemi ». Cela dit, il divisa son armée en 3 escadrons.
1. L’escadron des Mouhâjirîn dont Il (SAW) confia le drapeau à Moussab ibn Omayr Al-Abdari (RA).
2. L’escadron des Ansâr Awsites dont Il (SAW) confia le drapeau à Ossaid ibn Houdair (RA).
3. L’escadron des Ansâr Khazrajites dont Il (SAW) confia le drapeau à Al-Houbâb ibn Al-Mounthir (RA).
L’armée se composait de 1000 combattants dotés de 100 cuirasses et sans chevaux. Pour l ’ occasion, le Prophète (SAW) se fit remplacer à Médine par Ibn Oumm Maktoum (RA) qu’il avait chargé de diriger la prière des musulmans non sortis de la ville. Dès que le signal du départ fut donné, l’armée se mit en route vers le nord. Les deux Saad passèrent devant le Prophète (SAW), revêtus de leurs cuirasses.
Après Thanyatil-Wadâa, le Messager d’Allah (SAW) aperçut un bataillon qui, armé jusqu’aux dents, restait distant de l’armée. Alors il interrogea les gens à son sujet et ceux-ci lui précisèrent qu’il s’agissait des juifs alliés d’Al-Khazraj désireux de contribuer à combattre les associateurs. Ensuite le Prophète (SAW) demanda s’ils s’étaient convertis à l’Islam et les gens lui répondirent « non ». Sur ce il refusa de combattre des associateurs en se faisant aider par des infidèles.
Passage en revue de l’armée
Arrivé à un endroit appelé Ach-Chàykhân, le Messager d’Allah (SAW) passa en revue son armée et fit retourner à Médine ceux qui, selon lui, ne supporteraient pas le combat. Il y avait parmi ceux-ci Abdoullah ibn Omar ibn Al -Khattâb, Osâma ibn Zayd, Ossaid ibn Houdair, Zayd ibn Thâbit. Zayd ibn Arkam, Orabah ibn Aws, Amr ibn Hazm, Abou Saaïd Al-Khoudri, Zayd ibn Haritha Al-Ansârî et Saad ibn Habba. On mentionne aussi parmi ceux-ci Al-Barâ ibn Azib, mais le hadith que celui-ci a rapporté d’après Al-Boukhari démontre qu’il a été témoin oculaire des combats. C’est ici que le Prophète (SAW) remarqua la présence de huit garçons qui, en dépit de leur âge, espéraient prendre part à la bataille. Il y avait parmi eux le fils de Zayd, Usama, et le fils de ’Umar, ’Abd Allah, l’un et l’autre âgés de treize ans seulement. Le Prophète (SAW) leur ordonna, ainsi qu’à leurs six compagnons, de rentrer immédiatement chez eux. Ils protestèrent, et l’un des Auxiliaires donna au Prophète l’assurance que le jeune Rafi’, du clan Awsite de Hârithah, était, malgré ses quinze ans, un meilleur archer que beaucoup de ses ainés. Rafi’ reçut donc la permission de rester, sur quoi Samura, orphelin issu d’une des tribus du Najd dont la mère avait épouse un Auxiliaire du clan de Rafi’, prétendit qu’il était capable de vaincre Raft’ à la lutte. Le Prophète dit aux deux garçons de lui montrer ce dont ils étaient capables et ils s’empoignèrent aussitôt, chacun cherchant à faire mordre la poussière à l’autre ; Samura prouva que sa prétention était justifiée, si bien qu’il reçut aussi la permission de rester tandis que tous les autres furent renvoyés à leur famille.
Le soir, en tombant, trouva les musulmans dans ce lieu. Le Messager d’Allah (SAW) dirigea la prière du Maghrib et plus tard celle du Icha pour rester à l’endroit et y passer la nuit. On choisit 50 hommes chargés de monter la garde autour du camp de manière à le protéger. Ce détachement était placé sous la responsabilité de Mohammad ibn Maslama Al-Ansârî, le héros de la Sariyya de Kaab ibn Al-Achraf. La protection du Prophète (SAW) était notamment assurée par Dhakwân ibn Abd Kays.
La rébellion de Abdillâh ibn Obai et de ses compagnons
Au point de l’aube, le Prophète (SAW) sortit vers Ach-Chawt où il accomplit la prière de l’aube. Désormais il était très proche de l’ennemi qu’il pouvait voir de la même manière que celui-ci l’apercevait. Là, Abdillâh ibn Oubay l’hypocrite se révolta et ensuite se retira emportant avec lui le tiers de l’effectif de l’armée de Médine (300 combattants) en disant : « Nous ne savons pas au nom de quoi nous allons nous faire tuer ». Faisant semblant de protester par ce que le Messager d’Allah (SAW) avait rejeté son avis pour souscrire à celui des autres. Il ne fait pas de doute que la raison de cet isolement n’était pas l’explication fournie par l’hypocrite à savoir la non-prise en compte de son avis par le Prophète (SAW) sinon, son arrivée jusque-là en compagnie de l’armée du Prophète ne revêtait aucun sens. En fait, s’il s’agissait là de la vraie raison, l’hypocrite aurait dès le départ quitté les rangs de l’armée. L’objectif de cette rébellion, en ces moments délicats, était de semer le trouble et la zizanie dans les rangs des musulmans, au moment où ceux-ci voyaient et entendaient l’ennemi. Il était question d’amener la majorité de l’armée à laisser tomber le Prophète (SAW), de baisser le moral de ceux restant avec lui, alors que l’ennemi, lui, devenait plus courageux et résolus en regardant se dérouler le spectacle. Ce serait là, pensait-on, le moyen le plus rapide pour supprimer le Prophète (SAW) et ses compagnons, de permettre à Abdillâh ibn Oubay et à ses camarades de reprendre le pouvoir.
L’hypocrite était parvenu à réaliser tant soit peu de l’objectif qu’il poursuivait, car, deux groupes de combattants (Banou Hâritha appartenant à la tribu d’Al-Aws et Banou Salama, de la tribu d’Al-Khazrai) étaient sur le point de lâcher prise, mais Allah se fit leur soutien si bien qu’ils réarmèrent après une vague d’agitations qui les avait amenés à songer à se retirer et à battre en retraite. A leur sujet Allah dit :
« Deux groupes de vos combattants étaient sur le point de lâcher prise, mais Allah se fit leur soutien. N’est-ce pas à Allah que doivent se confier les croyants ? » (3 :122).
Abdoullah ibn Haram, le père de Jâbir ibn Abdillâh, essaya de rappeler à ces hypocrites (Abdillâh ibn Oubay et sa clique) leur devoir en un moment aussi délicat. A cet égard, les suivant, il les blâmait et les incitait à rebrousser chemin en leur disant : « Venez combattre dans la voie d’Allah ou repoussez l’ennemi en accroissant le nombre des musulmans aux yeux de celui-ci ».
Ils répondirent : « Si nous étions sûrs que vous alliez livrer combat nous ne battrions pas en retraite ». Sur ces mots, Abdoullah ibn Harâm s’en retourna en disant : « Que le Seigneur vous éloigne, Ô ennemis d’Allah ! Allah fera en sorte que Son Prophète se passe de vous et n’ait pas à regretter votre absence ».
De tels hypocrites Allah dit :
« Et qu’il distingue les hypocrites. On avait dit à ceux-ci : “ Venez combattre dans la voie d’Allah, ou repoussez l’ennemi en augmentant le nombre des musulmans aux yeux de celui-ci”. Ils dirent : “ Bien sûr que nous vous suivrions, si nous étions sûrs qu’il y aurait une guerre”. Ils étaient, ce jour-là plus près de la mécréance que de la foi. Ils disaient de leurs bouches ce qui n’était pas dans leurs cœurs. Et Allah sait fort bien ce qu’ils cachaient ». (3 :167).
Ce sournois mouvement de rébellion dirigé par Abd-Allâh ibn Ubayy en ce moment précis était sans aucun doute une action sordide et un complot ignoble qui visait à faire voler en mille morceaux l’unité de l’armée Mohammadienne et d’affaiblir par conséquent la cohésion et la force de des musulmans juste avant la bataille. Mais grâce à Allah, ce complot ne se passa pas et échoua lamentablement, car le chef de file des hypocrites ne s’était étiré qu’avec ses compères. D’ailleurs, ils étaient restés avec les Musulmans, leur présence auraient été un dangereux facteur de division de l’armée.
C’était comme si Allah avait voulu découvrir aux musulmans les véritables intentons des hypocrites. La défection de ces derniers à cet endroit était en quelque sorte une purification de l’armée Mohammadienne. Allah n’a-t-il pas dit dans soon livre Saint :
« S’ils étaient sortis avec vous, ils auraient jeté la confusion dans vos rangs. Ils se seraient faufilés parmi vous y semer la discorde et pour vous espionner, Dieu connaît les séditieux » (le repentir : 47)
Départ pour Ouhoud du reste de l’armée musulmane
Après cette rébellion et ce retrait, le Prophète (SAW) continua avec le reste de l’armée, soit 700 combattants, vers l’ennemi. Le camp des associateurs, le séparait d’Ohod dans plusieurs directions, le Messager d’Allah (SAW) dit : « Qui va nous mener jusque près de ces gens, en empruntant un chemin ne passant pas par leur camp ? ».
Abu Khaythama dit : « Moi ! Messager d’Allah ! ». Le volontaire choisit un chemin court conduisant à Ouhoud, en passant par la demeure et les champs de Banî Hâritha, laissant l’armée des associateurs à l’Ouest.
En empruntant ce chemin, l’armée musulmane passa par le jardin de Marbaa ibn Kaydhi, un hypocrite, aveugle qui, sentant passer l’armée, se mit à jeter du sable au visage des musulmans, disant : « Si tu es le Messager d’Allah, je ne t’autorise point à entrer dans mon jardin ». Les gens prirent l’initiative de le tuer mais le Prophète (SAW) dit : « Non : Ne le tuez pas. Cet homme est aveugle par son cœur .et ses yeux ».
Cela, dit-il, continua d’avancer et plus loin descendit sur un des chemins du mont Ouhoud, à l’extrémité de la vallée. Là, Il (SAW) campa avec son armée faisant face à Médine, le dos tourné aux plateaux du mont Ouhoud. Ainsi, l’armée de l’ennemi faisait écran entre les musulmans et Médine.
Le soleil était près de disparaitre à l’horizon lorsqu’ils atteignirent Chaykhayn, à mi-chemin entre Médine et Uhud. Bilal lança l’appel à la prière et, la prière accomplie, le Prophète (SAW) passa en revue ses troupes.
Le plan de défense
Dans cette position, le Messager d’Allah (SAW) prépara son armée et disposa les musulmans en ordre de combat. De surcroît il sélectionna les meilleurs archers de l’armée ; 50 au total, et en confia la direction à Abdillâh ibn Jâbir, un bédouin appartenant aux musulmans de Médine. Ensuite il leur donna l’ordre de prendre position sur une montagne située sur le côté sud de la vallée Kanât ; connue par la suite sous le nom de “ Vallée des archers” au sud-est de la position occupée par les musulmans (à peu près à 150 mètres du camp de l’armée musulmane).
L’objectif en était-ce que le Messager d’Allah (SAW) confia à ces archers dont il dit au commandant en chef : « Repousse loin de nous les cavaliers par les flèches, pour empêcher les ennemis de nous surprendre par derrière. Quoiqu’il en soit, reste à ta place. Nous ne serons jamais devant toi ». S’adressant ensuite aux archers eux-mêmes, le Prophète (SAW) dit : « Protégez nos dos ! Si vous voyez qu’on nous tue, ne nous portez pas secours. Si vous voyez qu’on nous capture, ne vous en mêlez pas ».
Dans un autre hadith rapporté par Al-Boukhâri. Ce que le Prophète (SAW) dit est ceci « Si vous voyez que l’oiseau nous enlève, ne bougez pas de votre place avant que je n’envoie auprès de vous et si vous nous voyez mettre en déroute et écraser l’ennemi, ne bougez pas de votre place avant que je n’envoie auprès de vous ».
En positionnant cette élite dans la montagne avec de telles instructions militaires, le Messager d’Allah (SAW) venait de fermer la seule brèche par laquelle la cavalerie des associateurs pouvait s’infiltrer pour venir essayer d’envelopper et d’encercler les musulmans. Pour le reste de l’armée, le Prophète (SAW) mit à l’aile droite Al-Mounthir ibn Amr et à l’aile gauche Az-Zoubair ibn Al-Awwâm appuyé par Al-Miqdâd ibn Al-Aswad. Ces deux derniers avaient pour tâche de contenir les attaques des cavaliers de Khâlid ibn Al-Walid.
Il (SAW) plaça ensuite à l’avant-garde des rangs un groupe d’élite constitué d’une multitude de musulmans affectés à l’infanterie et connus pour leur bravoure et leur intrépidité.
Il s’agissait là d’une stratégie pertinente et très affinée propre à mettre en exergue le génie militaire du Prophète (SAW) et aucun général, quelle que fût sa compétence, n’aurait pu en proposer de plus précise et de plus sage. En effet, le Messager d’Allah (SAW) avait occupé le meilleur poste sur le champ de bataille où il avait été cependant devancé par l’ennemi.
Protégé par la montagne par derrière et à droite, il allait aussi, sous le feu des combats, trouver protection, par derrière et à gauche, grâce la fermeture de la seule brèche ouverte du côté de l’armée musulmane.
Il avait choisi de camper dans un endroit élevé propre à lui assurer la sécurité si toutefois les musulmans étaient mis en déroute. Grâce à cette position, il n’en viendrait pas à prendre la fuite au risque de tomber entre les mains de l’ennemi et de se faire capturer. Il pourrait également infliger des pertes cruelles à ses ennemis au moment même où ceux-ci songeraient à avancer sur son camp, cherchant aie prendre d’assaut. Pour ce faire, il avait obligé ses ennemis à se contenter d’occuper un endroit en contrebas, endroit à partir duquel il leur était très difficile de profiter des avantages de leur victoire éventuelle, très difficile également d’échapper aux musulmans, si toutefois la victoire devait revenir à ceux-ci. De même, il compensa l’infériorité numérique en matière de combattants, par la mise en place d’un groupe d’élite choisi parmi ses compagnons les plus courageux et les plus braves.
Voilà de quelle façon s’effectuèrent les préparatifs de l’armée du Prophète (SAW) au matin du samedi 7 du mois de Chawwâl, an 3 de l’Hégire.
Le Messager d’Allah (SAW) exhorte l’armée à la bravoure
Le Messager d’Allah (SAW) interdit aux gens de commencer à se battre avant de recevoir de sa part l’autorisation de le faire. Revêtu de deux cuirasses l’une sur l’autre, il encouragea ensuite ses compagnons, leur demandant de s’armer de patience et de combativité lors de la rencontre, de faire preuve de zèle, d’ardeur et d’intrépidité. Il en arriva même à tirer une épée et à interpeller ses compagnons, leur parlant en ces termes : « Qui est ce qui va prendre cette épée en veillant à lui faire droit ? ». Les gens, notamment Ali ibn Abi Tâlib (RA), Az-Zoubair ibn Al-Awwâm (RA) et Omar ibn Al-Khattâb (RA), se précipitèrent vers lui (SAW) pour s’en saisir.
A ce point, Abou Doujâna Sammâk ibn Karsha (RA) alla vers lui et dit : « Comment lui faire droit, Messager d’Allah (SAW) ». Le Prophète (SAW) répondit : « En frappant l’ennemi au point qu’il s’incline ».
Abou Doujâna (RA) reprit : « Je lui ferai droit ô Messager d’Allah (SAW) ». Ainsi l’épée lui fut-elle remise. Abou Doujâna était quelqu’un de courageux et de fier sur les champs de bataille. Il avait un bandeau rouge que les gens ne voyaient jamais à sa tête, sans savoir assurément qu’il allait livrer un combat à mort. Aussi se banda-t-il la tête après avoir pris l’épée, se mettant ensuite à faire le beau et à se pavaner entre les deux rangs. Alors, le Messager d’Allah (SAW) dit : « Cette démarche, Allah la déteste partout sauf dans des endroits pareils ».
Préparatifs de l’armée mecquoise
Pour ce qui est des associateurs, ils apprêtèrent leur armée selon un système de rangées. Le commandement général était confié à Abi Sofyân Sakhr ibn Harb dont la place était au centre de l’armée. Ils placèrent au flanc droit Khâlid ibn Al-Walid, à l’époque associateur et au flanc gauche Ikrima ibn Abi Jahl. Les fantassins étaient sous la responsabilité de Safwân ibn Omayya et les archers sous celui de Abdillâh ibn Abi Rabîaa. Quant au drapeau, il était confié à un détachement constitué de Banî Abdid-Dâr du reste affectés à ce rôle depuis que Banou Abd Manâf avaient réparti les charges qu’ils avaient héritées de Kouçay ibn Kilâb. En conséquence de ce partage, nul ne pouvait se permettre de les concurrencer dans ce rôle qu’ils assumaient dans le strict respect de la tradition. Toutefois le commandant en chef, Abou Sofyân prit la précaution de leur rappeler ce qui arriva aux Koraïchites à la bataille de Badr, lorsque leur porte drapeau à savoir An-Nadr ibn Al-Hârith fut capturé par l’ennemi.
Pour enflammer leur colère et les mettre sur leurs gardes, il leur dit : « Ô Banî Abdid-Dâr ! A la bataille de Badr, vous avez pris en charge notre drapeau et le résultat, vous le savez. Les gens, voyez-vous, tiennent à leur drapeau et cessent de combattre si celui-ci n’existe plus. Alors, soit vous nous préservez notre drapeau, soit vous vous en dessaisissez pour qu’il soit confié à d’autres ».
Ce disant, Abou Sofyân atteignit son objectif car Banou Abdid-Dâr, terriblement affectés par ses propos, se mirent, les uns aux autres à se faire des promesses, disant : « Que nous te remettions notre drapeau ? Non ! Tu verras demain à la rencontre quel comportement nous aurons ». Plus tard, dans la bataille, ils devaient tenir ferme jusqu’au moment où ils furent massacrés jusqu’au dernier.
Tractations politiques de la part des Koraïchites
Avant le déclenchement de la bataille, les Koraïchites essayèrent de semer la discorde et la zizanie dans les rangs des musulmans. En effet, Abou Sofyân avait envoyé dire aux Ansâr : « Laissez-nous avec notre cousin et nous vous épargnerons. Nous ne gagnerons rien à vous combattre ! », mais quelles chances pouvait avoir une telle tentative devant une foi capable de soulever des montagnes. Aussi, les Ansâr firent ils à Abi Sofyân une réponse fort violente par laquelle ils lui firent entendre des propos insultants.
A présent, l’heure de l’affrontement approchait. Les deux armées arrivèrent à proximité l’une de l’autre et à ce moment précis, les Koraïchites poursuivant toujours leur sale type d’objectif, firent une autre tentative. Cette fois, un espion et un traître surnommé Amir le crapuleux dont le vrai nom était Amr ibn Sayfi appelé Ar-Râhib (le moine) sortit des rangs et se dirigea vers eux.
Un tel homme que le Messager d’Allah (SAW) avait surnommé “ le crapuleux”, était le chef d’Al-Aws à l’époque antéislamique. Cependant, à l’avènement de l’Islam, il se sentit à l’étroit. Déclarant ouvertement son inimitié au Prophète (SAW), il finit par quitter Médine et alors se rendit chez les Koraïchites qu’il cherchait à soulever contre le Messager d’Allah (SAW) et à amener par incitation, à combattre celui-ci, tout en leur laissant croire que sa tribu en le voyant, lui obéirait et le suivrait. A cet égard, il fut le premier parmi les Abyssins et les serfs de la Mecque à aborder les musulmans. S’adressant à sa tribu, il l’interpella en A ces termes : « O Aws ! C’est moi Abou Amir ». Ses contribules lui répondirent : « Qu’Allah te maudisse ! Crapule ! ». Il reprit : « Quelque chose à perverti ma tribu en mon absence ». (Dès que les combats eurent commencé, il les combattit farouchement et fit pleuvoir sur eux des pierres).
Ainsi, les Koraïchites échouèrent dans leur seconde tentative de disloquer les rangs des gens de la foi. De telles tentatives de leur part ne référaient à rien d’autre que la peur qu’ils éprouvaient à l’égard des musulmans, nonobstant la supériorité de leur force numérique.
Efforts des femmes Koraïchites pour encourager leur armée
Les femmes des Koraïchites, à leur tour, prirent part à la bataille conduites par Hind bint Otba, épouse d’Abi Sofyân. Dans ce cadre, elles circulaient entre les rangs et, battant des tambours, encourageaient les soldats, les exhortaient au combat aiguisaient la colère des héros incitaient à la férocité, et à la violence sous toutes ses formes. Tantôt, elles s’adressaient aux porte-drapeaux en ces termes : « O Banî Abdid-Dâr ! Ô arrière défense ! Frappez de toutes vos forces ». Tantôt elles exhortaient leur tribu à la bataille en chantant :
« Si vous attaquez, nous vous prendrons dans nos bras et étalerons les coussins ; mais si vous fuyez nous vous quitterons et vous perdrez notre amour ».

