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SIRA 6 – [Partie 08/19] LES EXPÉDITION DU SAINT PROPHÈTE MOUHAMMAD (SAW)

« Par Dieu, je n'aimerai pas être parmi mes enfants et ma femme, avec toute la santé et tout le bien-être du monde, tandis que le Messager de Dieu est touché par une épine. » (Sidna Khoubaib ibn Ady…

Intermédiaire · 26 min de lecture · 6 octobre 2023

Ancien article · non reluArticle repris tel quel de l’ancien site Solisalim (publié le 6 octobre 2023). Il n’a pas encore été relu par le comité savant.

Les expéditions Sariyya entre Ouhoud et Al-Ahzâb

La tragédie d’Ohod eut un effet néfaste sur la réputation des croyants. En effet, elle abaissa leur prestige et mit fin à la crainte, ressentie à leur égard. Les difficultés augmentèrent aux plans interne et externe et le danger était partout aux alentours de la ville. Les juifs, les bédouins et les hypocrites ne cachaient plus leur inimitié, chacun de leurs groupes s’évertuait, en ce qui le concerne, à faire mal aux croyants, mais aussi à réaliser son ambition à savoir celle de les supprimer par extermination.

 Moins de deux mois après Ouhoud Banou Asad se préparèrent à attaquer Médine. Ensuite, au mois de Safar de l’an 4 de l’hégire, les tribus appartenant à Ml et à Kâra, montèrent un guet-apens et tuèrent 10 des compagnons. Au cours du même mois, Banou Amir montant un piège du même genre, tuèrent 70 compagnons. Une telle bataille fut connue sous le nom de l’Evénement Bi’r Maaouna. Au cours de la même période, Banou An-Nadîr qui ne cessaient de déclarer ouvertement leur hostilité, dressèrent, au mois Rabia Al-Awwal ! de l’an 4 de l’hégire un piège destiné à l’assassinat du Messager d’Allah (SAW). Banou Ghatafan osèrent même songer à envahir Médine au mois de Joumada Al-Oula de l’an 4 de l’hégire. Du fait de la perte de leur prestige à la bataille d’Ohod, les musulmans donc pour l’instant, s’exposaient aux dangers. Toutefois, la sagesse Mohammadienne détourna tous ces courants, rétablit le respect perdu par les musulmans et aussi, dans ce cadre, la supériorité et la gloire. La toute première mesure prise à cet égard, par le Prophète (SAW) fut la poursuite effectuée jusqu’à Hamra Al-Assad, poursuite grâce à laquelle l’armée musulmane redora tant soit peu de son blason et récupéra une portion de sa place au soleil. Par la suite, un certain nombre de manœuvres contribuèrent non seulement à rendre effectif le respect des musulmans mais aussi et surtout à accroître un tel respect. Sur ces bases, les pages qui suivent aborderont quelques-uns des affrontements entre Ouhoud et Al - Ahzâb.

 

L’expédition Sariyya d’Abi Salama

Les premiers à se dresser contre les musulmans après la défaite que ceux-ci avaient essuyée à Ouhoud furent Banou Khouzayma. Les envois de surveillances de Médine, un jour rapportèrent que Talha et Salama, les deux enfants de Khouwaylid, suivis en cela par leur tribu et leurs alliés, appelaient Banî Asad ibn Khouzayma à guerroyer contre le Prophète (SAW).

Prévenus d’une telle attaque, celui-ci (SAW) se dépêcha d’envoyer une expédition forte de 150 combattants, comprenant aussi bien des Mouhâjirîn que des Ansar. L’expédition était placée sous la responsabilité d’Abi Salama (RA) également porte-drapeau. Celui- ci alla surprendre Banî Asad ibn Khouzayma dans leurs propres demeures avant même qu’ils n’eussent le temps de lancer leur attaque. Ceux-ci se dispersèrent tant et si bien que les musulmans, sains et saufs, sans coup férir, ramenèrent à Médine un troupeau de chameaux et de moutons. Cette expédition eut lieu le premier du mois de Mouharram (An 4 de l’hégire). Dès son retour, Abou Salama commença à souffrir des blessures qu’il avait reçues à Ouhoud et ne tarda pas à en transiter.

La mission de ’ Abdillâh ibn Anîs

Le 5 du même mois de Mouharram (an 4 de l’hégire) les envois de surveillances de Médine rapportèrent que Khalid ibn Sofyân Al -Houdhali était en train de mobiliser du monde pour se jeter sur les musulmans. Alors, le Messager d’Allah (SAW) envoya Abdallah ibn Anîs supprimer l’associateur. Abdoullah ibn Anîs s’absenta de Médine pour une période de 18 nuits, puis revint un samedi alors qu’il ne restait que 7 nuits du mois de Mouharram, avec la tête de Khalid qu’il jeta juste devant le Messager d’Allah (SAW). Celui -ci lui offrit un bâton et lui dit : « Cela sera un signe entre nous au jour de la résurrection ». Abdoullah ibn Anîs garda le bâton et, sur son lit de mort, recommanda que celui-ci fût introduit, dans son linceul.

La mission d’Ar-Rajia

Au mois de Safar de la même année (An 4 de l’hégire) des gens faisant partie d’Adl et de Kâra se présentèrent au Messager d’Allah (SAW). Se réclamant de l’Islam, ils lui demandèrent d’envoyer avec eux des gens qui auraient pour tâche de les instruire de leur religion et de leur enseigner le Coran.

Le Prophète (SAW) envoya avec eux 6 hommes (selon ibn Ishâk) et 10 (si l’on se réfère au rapport d’Al-Boukhari). Le groupe fut placé sous la responsabilité de Marthad ibn Abi Marthad Al- Ghanawi (RA) (selon ibn Ishâk), sous celui de Asim ibn Thâbit (RA) le grand père de Asim ibn Omar ibn Al-Khattâb (RA) (selon Al-Boukhari). Les six hommes s’en allèrent donc avec Adl et Kâra. Arrivés à Ar-Rajia point d’eau de Houthayl situé du côté du Hijâz entre Râbigh et Djeddah, ceux-ci, lançant un cri, appelèrent contre eux une tribu de Houthayl appelée Banou Lihyan. Ces derniers les suivirent, recherchèrent leurs traces pour ensuite les rattraper et les encercler, alors qu’ils étaient à Fadfad.

Ce étant, ils leur dirent : « Nous prenons l’engagement de ne tuer aucun de vous, si vous venez descendre chez nous ».

Asim en ce qui le concerne, déclina l’offre, les combattit avec ses compagnons ; mais les Houdhaylites tuèrent sept d’entre eux.

Ainsi, il ne restait du groupe que Khoubaib, Zayd ibn Ad- Dathana et un autre homme qui, eux, acceptèrent l’offre. Toutefois, ils furent trahis par les Houdhaylites qui les ligotèrent solidement. Le troisième homme, constatant que la trahison ne faisait que commencer, refusa de les suivre. Alors, les agresseurs le manièrent, puis finirent par le tuer, voyant qu’il persistait dans son refus. S’agissant de Khoubaib et de Zayd. Ils allèrent les vendre à la Mecque dont ils avaient tué certains des chefs lors de la bataille de Badr.

Sidna Khoubaib resta emprisonné. Ses maîtres prirent ensuite la décision de le tuer. Alors, ils le sortirent du Haram et s’en allèrent avec lui en direction d’At- Tanaîm. Sur le point d’être crucifié, Khoubaib dit : « Laissez-moi faire deux prosternations ». On le laissa faire ses prosternations au terme desquelles il dit : « Par Allah ! J’aurais fait davantage si ce n’était pour vous empêcher de dire que je suis envahi de tristesse ». A cela, il ajouta :

 « Seigneur ! Evalue leur nombre et tue-les jusqu’au dernier » avant de réciter un poème exprimé en ces termes : “ Les groupes m’ont encerclé après avoir mobilisé leurs tribus et réuni tous les leurs. Ils ont entraîné avec eux leurs enfants et leurs femmes. Moi, on me met près d’un tronc d’arbre long et résistant. Je me plains auprès d’Allah de mon dépaysement et de mon chagrin ; car ces groupes ne se sont pas réunies contre moi au lieu même où j’habite. Seigneur ! fais-moi supporter le supplice qu’à présent ils me veulent, après m’avoir déchiré le corps et soumis à la faim, après m’avoir fait choisir entre l’impiété et la mort. J’ai cherché à pleurer sans toutefois trouver de larmes. En fait je m’en fous si je suis tué en musulman car, en quelque lieu que ce soit je me retrouverai en Allah qui, s’il le veut réformer les articulations de tout membre lacéré.

Alors Abou Sofyân lui dit :

« Serais-tu content si nous faisions venir Mohammad (SAW) pour lui trancher le cou en te laissant rejoindre les tiens » ?

Khoubaib répondit : « Par Dieu, je n'aimerai pas être parmi mes enfants et ma femme, avec toute la santé et tout le bien-être du monde, tandis que le Messager de Dieu est touché par une épine. »

Sur ce, ils le crucifièrent et ensuite déléguèrent quelqu’un chargé d’en garder son corps béni (RA).

A cette réponse, Abou Sofyân se frappa la main dans l'autre et dit : « Par Dieu ! je n'ai jamais vu quelqu'un aimer un autre à l'exemple des compagnons de Mohammad qui aiment Mohammad. »

Alors, de passage Amr ibn Omayya Ad-Damori, mettant en œuvre un stratagème, réussit à le transporter de nuit et à aller l’enterrer. L’exécuteur de la sentence était Otba ibn Al-Hârith dont Khoubaib avait tué le père, Hârith à la bataille de Badr. Les recueils de hadiths authentiques mentionnent que Khoubaib (RA) est l’initiateur des deux prosternations au moment de l’exécution. Ils notent aussi qu’on le vit manger des dattes en marchant, alors qu’il n’y avait point de dattes à la Mecque. Quant à Zayd ibn Ad-Dathana (RA), Safwâne ibn Omayya le tua avec son père. Les Koraïchites envoyèrent chercher une partie du cadavre d’Asim (RA), (l’homme qui, à la bataille de Badr, avait tué l’un de leurs chefs) de manière à identifier celui-ci... Alors, Allah le couvrit d’un nuage de guêpes qui le protégea de telle sorte que les émissaires de Koraich ne purent rien prélever. En effet Asim avait promis à Allah qu’aucun associateur ne le toucherait et qu’il ne toucherait aucun associateur. Mis au courant de ce fait, Omar (RA) dit : « Allah garde Son serviteur croyant qui cesse de vivre tout comme il le gardait de son vivant ».

La tragédie de Bi’r Maaouna

Au cours du même mois où eut lieu la tragédie d’Ar-Rajia, une autre plus atroce et plus abominable se produisit, à savoir celle appelée la bataille de Bi’r Maaouna dont le résumé est ceci :

Abou Bara Amir ibn Malik, (appelé Moulaaib Al-Asinna), vint à Médine et se présenta au Messager d’Allah (SAW). Celui-ci l’appela alors à l’Islam mais ne put obtenir de lui ni acceptation ni refus. Abou Bara, plutôt, dit : « Ô Messager d’Allah (SAW) ! Si tu envoyais tes compagnons appeler les gens de Najd à l’Islam, tu verrais ceux-ci y entrer ». Le Prophète (SAW) dit : « Je crains que les gens de Najd ne sévissent contre eux ». Abou Bara reprit : « Je suis un de leurs voisins ». Ainsi, le Messager d’Allah (SAW) envoya avec lui 40 hommes, selon ibn Ishaq, et 70, si l’on en croit les recueils de hadiths authentiques qui, eux, détiennent le chiffre exact. Ces gens qui avaient pour chef Al-Mounthir ibn Amr de la tribu de Banî Sâida surnommé Al-Mouattak Liyamout, était un groupe de dirigeants, d’hommes éminents et de récitateurs du Coran choisis parmi les meilleurs musulmans. Le jour, ils ramassaient du bois qu’ils échangeaient contre de la nourriture, et la nuit se mettaient à étudier le Coran et à prier jusqu’au jour où ils atteignirent Bi’r Maaouna, un terroir situé entre la résidence de Banî Amir et Harrat Banî Salim. Là, ils descendirent puis chargèrent Haram ibn Milhan (RA) le frère d’Oumm Salim (RA), de porter la lettre du Messager d’Allah (SAW) à l’ennemi d’Allah Amir ibn At-Toufail. Celui-ci ne lit même pas la lettre. Plutôt, il donna à un homme l’ordre d’en tuer le porteur en lui plantant une lance par derrière. Se voyant transpercé par la lance et aussi couvert de sang, Haram (RA) dit : « Allâhu Akbar ! (Allah est Très grand). Par le Seigneur de la Kaaba, j’ai réussi ».

Aussitôt après, l’ennemi d’Allah essaya de mobiliser Banî Amir pour combattre les autres musulmans, mais ceux –ci refusèrent en tant que voisins d’Abi Bara. Alors il s’adressa à Banî Salim et eut une réponse favorable de la part de Asiyya, de Ra’al et de Dhakwan. Ceux -ci vinrent encercler les compagnons du Messager d’Allah (SAW) et les tuèrent jusqu’ au dernier, exception faite de Kaab ibn Zayd ibn An - Najjar qui, échappant, resta en vie jusqu’ à la bataille d’Al-Khandaq où il devait être tué.

Amr ibn Omayya Ad -Damori et Al-Mounthir ibn Okba ibn Amir, du pâturage des musulmans, virent les oiseaux planer au-dessus de l’endroit où se déroulait la bataille. Alors Al –Mounthir (RA) descendit puis combattit les associateurs jusqu’au moment où ceux-ci le tuèrent avec ses compagnons.

Amr ibn Omayya Ad- Damori (RA), lui, fut capturé mais, lorsqu’il fit connaître qu’il était de Moudar, Amir s’arracha les cheveux et ensuite, le sauva en le faisant remplacer par un esclave chez sa mère. Amr ibn Omayya Ad-Damori retourna chez le Messager d’Allah (SAW) et lui rapporta la tragédie au cours de laquelle avaient péri 70 de l’élite musulmane. L’événement rappelait la Bataille d’Ouhoud.

Toutefois celle-ci était une guerre en bonne et due forme alors qu’en l’occurrence il s’agissait d’une abominable trahison. Alors qu’il était en route, Amr ibn Omayya, arrivé à Al-Karkara, en amont du canal, descendit sous un arbre où vinrent le rejoindre deux hommes faisant partie de Banî Kilab, deux hommes qu’il tua aussitôt qu’ils se furent endormis, pensant, en cela, avoir vengé ses camarades. Découvrant par la suite qu’ils étaient des alliés du Prophète (SAW), il informa celui -ci de son acte dès son retour à Médine. Alors le Messager d’Allah (SAW) lui annonça que le meurtre des deux hommes nécessitait de sa part le paiement d’une rançon et dans la suite s’occupa à collecter chez les musulmans et aussi chez leurs allies juifs, de quoi payer cette rançon ; or cela devait être la cause de la Ghazwa de Banî An-Nadîr que nous allons d’ailleurs aborder.

Le Prophète (SAW) fut beaucoup affecté par la tragédie de Bi’r Ma’ouna et celle d’Ar- Rajia, deux événements qui eurent lieu en l’espace de quelques jours. Grandes furent sa tristesse et son inquiétude à son égard. Il alla même jusqu’à invoquer Allah contre les tribus à l’origine de la trahison et des meurtres. D’après Anas dont les propos sont rapportés dans le recueil de hadiths authentiques d’Al-Boukhari : « Le Prophète (SAW) faisait des invocations à l’encontre de ceux qui avaient tué ses compagnons à Bi’r Maaouna (trente fois le matin). A la prière de l’aube il faisait aussi des invocations contre Ra’al, Dhakwân, Lihyan et Asiyya. Il SAW disait : « Les Assiyyites ont désobéi à Allah et à Son messager SAW ». Allah le Très Haut fit descendre sur Son Prophète des versets coraniques que nous nous mettions à réciter jusqu’ au moment où ils furent abrogés et remplacés par « dis aux nôtres que nous avons rencontré notre Seigneur et qu’il est satisfait de nous tout comme nous sommes satisfaits, de lui. Alors le Messager d’Allah (SAW) s’arrêta de prier ».

La Ghazwa de Banî An-Nadîr

Nous avons vu que les juifs s’enflammaient de colère contre l’Islam et les musulmans. Toutefois ils n’étaient pas des gens disposés à faire la guerre, restant plus enclins aux intrigues et aux complots. Ils manifestaient au grand jour leur hostilité et leur haine, utilisaient certaines ruses pour nuire aux musulmans sans avoir à se battre, malgré tout ce qu’il y avait entre eux et ces musulmans comme alliances et comme pactes. Nous avons également vu qu’après la bataille de Kaynoukâa et le meurtre de Kaab ibn Al-Achraf, ils eurent peur pour eux-mêmes et, alors, devenant humbles, gardèrent le silence. Cependant, après la bataille d’Ohod, ils prirent leur courage à deux mains et se mirent à manifester leur hostilité et leur perfidie, commençant à aller secrètement prendre contact avec les hypocrites et les associateurs de la Mecque avec qui ils collaboraient au détriment des musulmans.

Le Prophète (SAW) se montra tellement patient qu’ils devinrent plus audacieux après les tragédies d’Ar-Rajia et de Bi’ r Maaouna allant même jusqu’à un complot visant à le supprimer. En effet un jour, le Messager d’Allah (SAW), en compagnie d’un groupe parmi ses compagnons, alla les voir pour leur demander d’apporter leur contribution à la rançon à verser, du fait du meurtre des deux hommes de la tribu des Kilab par Amr ibn Omayya Ad-Damori, contribution obligatoire en vertu du pacte d’alliance qu’il avait conclu avec eux.

Toutefois les juifs répondirent : « Nous allons te l’apporter, Ô Abal-Kasim. Assieds-toi ici. Nous allons régler ton besoin ». Le Prophète (SAW) et ses compagnons s’installèrent à côté d’un mur de l’une de leurs maisons, s’attendant à la réalisation de la promesse ainsi faite. Le groupe comprenait Seydina Abou Bakr (RA), Seydina Ali (KAW) et Seydina Omar (RA). Les juifs, en aparté, se concertèrent les uns avec les autres. Satan leur embellit leur perversité naturelle et voilà qu’ils se mirent à comploter, pour assassiner le Prophète (SAW). Ils dirent : « Qui est-ce qui va prendre cette meule, monter, puis la lui jeter, pour lui casser la tête » ? Le plus méchant d’entre eux Amr ibn Jahch dit : « Moi ! » Salam ibn Michkam dit : « Ne le faites pas, car, Par Allah, on l’informera de vos intentions. Si vous le faites-vous rompez le pacte que nous avons conclu avec lui ». Malgré tout, les juifs prirent la résolution de mettre en exécution leur plan.

Toutefois, Jibril, dépêché par le Maître des Mondes, vint informer le Messager d’Allah (SAW) de ce qu’ils avaient l’intention de faire. Celui-ci se leva aussitôt et se dirigea vers Médine. Ses compagnons le rattrapèrent et lui dirent : « Nous ne savions pas que tu t’étais levé ». Alors le Prophète (SAW) les informa de ce que les juifs voulaient faire et dans la suite ne tarda pas à envoyer Mohammad ibn Maslama auprès de Banî An-Nadîr leur dire de sa part : « Sortez de Médine. Nous n’y cohabiterons plus. Je vous donne un délai de 10 jours au-delà duquel, je trancherai le cou à quiconque d’entre vous me tombe sous la main ». Voyant qu’ils ne pouvaient s’empêcher de sortir, les juifs prirent quelques jours pour préparer leur départ.

Toutefois, le chef des hypocrites, Abdoullah Ibn Oubay, envoya auprès d’eux, leur disant : « Soyez fermes ! Refusez ! Ne sortez pas de vos demeures. J’ai 2000 hommes qui viendront veiller sur vous dans vos châteaux, prêts à se sacrifier pour vous ». Ces propos, le Coran nous les rapporte en ces termes :

« ... Si vous êtes expulsés, nous vous suivront dans l’exil. Nous n’obéirons à personne quand il s’agira de vous. Si vous êtes attaqués, nous serons à vos côtés » (59 :11)

A savoir « Banou Kouraidha et leurs alliés de Ghatafan seront à vos côtés ». Sur ce, les juifs regagnèrent confiance et alors se décidèrent de résister jusqu’ au bout. Leur chef Houyay ibn Akhtab. Comptant sur les propos du chef des hypocrites, envoya dire au Messager d’Allah (SAW) : « Nous ne sortirons point de nos demeures. Fais ce que bon te semble ! ».

Il ne faisait pas de doute que la situation était critique du côté des musulmans. En effet, s’ils se battaient avec leurs ennemis en cette période aussi critique de leur histoire, les conséquences seraient fâcheuses. Déjà, les arabes, fous de rage à leur égard, exterminaient leurs émissaires de manière abominable.

S’ajoutait à cela que les juifs de Banî An -Nadîr détenaient une certaine force avec laquelle leur reddition était presque hors de question et dont la défiance exposerait à un certain nombre de désagréments. Toutefois, la situation qui prévalait après la tragédie de Bi’r Maaouna et les autres tragédies antérieures accrut la sensibilité des musulmans à l’égard des assassinats et des trahisons que du reste ils commençaient à subir individuellement ou en groupe et desquels décuple leur soif de vengeance.

Sous ce rapport, ils décidèrent de combattre Banî An-Nadîr à tout prix, après que ceux-ci eussent songé à assassiner le Messager d’Allah (SAW). Après avoir reçu la réponse de Houyay ibn Akhtab, celui-ci et ses compagnons dirent : « Allahou Akbar Allahou Akbar ». De là, le Prophète (SAW) alla combattre ses ennemis. Pour ce faire, il se fit remplacer à Médine par Ibn Oumm Maktoum. Confiant ensuite le drapeau à Ali Ibn Abi Tâlib, il marcha jusqu’à leurs terres où il les assiégea. Banou An-Nadir se réfugièrent dans leurs châteaux du sommet desquels ils se mirent à jeter des flèches et des pierres, avantagés en cela, par leurs jardins et leurs palmiers que le Prophète (SAW) fit ensuite couper et brûler. A cet égard, Hasan dit : « Il fut facile à l’élite de Banî Louay de faire disparaître par un incendie les palmiers de Banî An-Nadir ». Sur cette question, Allah révéla :

« Quelques palmiers que vous ayez coupés ou laissés sur pied, cela s’est accompli avec la permission d’Allah ». (59 :5).

 

Banou Kouraidha isolèrent Banî An-Nadir qui furent également trahis par Abdillâh ibn Oubay et ses alliés Banî Ghatafan.

Personne n’essaya de leur apporter du secours. C’est pourquoi, Allah le Tout Puissant, en rapportant leur histoire, dit :

« Ne sont-ils pas les dignes émules de Satan qui vint insinuer à l’homme : “ Renie ton Seigneur !” Mais, une fois que l’homme eut perdu la foi, le démon s’écria : “ Je te désavoue hautement ». (59 :16).

Le siège fut très court car il ne dura que 6 nuits (10 de l’avis de certains). Allah jeta de la terreur dans le cœur des assiégés qui, en débâcle, prêts à déposer les armes et à se rendre, envoyèrent dire au Messager d’Allah (SAW) : « D’accord ! nous allons sortir de Médine ». Celui-ci leur imposa une condition selon laquelle ils pouvaient sortir avec leurs familles, emportant tout ce qu’ils pouvaient transporter à dos de chameaux, exception faite de leurs armes. Ils acceptèrent la condition, puis détruisirent leurs maisons de leurs propres mains pour s’en aller avec les portes et les fenêtres. Certains d’entre eux emportèrent même les piquets et les bois de charpente. Ils s’en allèrent, transportant leurs femmes et leurs enfants sur 700 chameaux. La plupart d’entre eux y compris leurs grands chefs comme Houyay ibn Akhtab et Salam ibn Abil-Hakik se dirigèrent vers Khaybar.

Un groupe parmi eux, gagna la Syrie et seulement deux d’entre eux se convertirent à l’Islam à savoir Yamin ibn Amr (RA) et Abou Saad ibn Wahab (RA) à qui leurs biens furent rendus.

Le Messager d’Allah (SAW) saisit les armes de Banî An-Nadir tout en mettant la main sur leurs terres, leurs demeures et leurs biens. Il trouva dans leur équipement 50 cuirasses, 50 casques en fer et 340 épées. Les biens et les demeures de Banî An-Nadir revenaient au Messager d’Allah (SAW) qui en disposait comme il l’entendait sans les partager en cinq parties car Allah les lui réservait. Les musulmans n’en eurent ni chevaux ni étriers.

Le Prophète (SAW) en répartit notamment entre les premiers Mouhâjirîn, mais aussi en réserva une part à Abi Doujâna et à Sahl ibn Hanif (deux de ses compagnons Médinois) en raison de leur pauvreté. Il en usait par ailleurs pour couvrir les dépenses de sa famille au courant de l’année, faisant du reste des armes et des cuirasses un équipement utilisable dans la voie d’Allah.

La Ghazwa de Banî An-Nadir eut lieu au mois Rabia Al-Awwal de l’an 4 de l’hégire (Août 625 G.). Au cours de cette Ghazwa, Allah révéla la sourate « l’exode » en entier, sourate dans laquelle il décrit l’expulsion des juifs et l’abject comportement des hypocrites, fixe les lois régissant le butin, fait l’éloge des Mouhâjirîn et des Ansar, donne autorisation de couper et de brûler en terre ennemie pour répondre aux besoins et nécessités de la guerre, ce qui est tout différent d’une perversion de la terre, recommande aux croyants de s’attacher à la crainte d’Allah et de se préparer pour l’ au-delà, pour terminer par sa propre louange et la mise en relief de ses noms et attributs.

Au sujet de cette sourate, Ibn Abbâs disait : « C’est la sourate d’An-Nadîr ». Voilà en résumé ce qu’ibn Ishaq et la plupart des biographes ont rapporté au sujet de cette expédition. Toutefois, Abou Dawoud, Abdour-Razzâk et d’autres ont rapporté une autre raison à l’origine de cette expédition. Selon eux, au sortir de la bataille de Badr, les infidèles Koraïchites firent remettre aux juifs une lettre, leur disant : « Vous êtes des gens détenteurs d’armements et de forteresses. Vous devez donc, à coup sûr tuer notre gars. Sinon, nous vous ferons immanquablement ceci et cela. Rien ne nous empêchera d’abuser de vos femmes ». Dès que cette lettre fut parvenue aux juifs, Banou An-Nadir, décidant tous de trahir, envoyèrent dire au Messager d’Allah (SAW) :

« Choisis 30 de tes compagnons et nous, nous choisirons 30 hébreux. Ce faisant nous nous rencontrerons en tel lieu, juste à mi-chemin. Les nôtres alors t’écouteront et, s’ils parviennent à croire en toi nous tous croirons en toi ».

Ayant accepté la proposition, le Prophète (SAW) sortit en compagnie de 30 de ses compagnons, allant à la rencontre des 30 hébreux choisis parmi les juifs. Lorsque les deux groupes eurent atteint un espace vide où chacun pouvait apercevoir l’autre, les juifs se dirent les uns aux autres :

« Comment l’atteindre alors qu’il est au milieu de 30 de ses compagnons qu’il faut tous tuer au préalable » ?

 Cela dit, ils envoyèrent encore une fois dire au Messager d’Allah (SAW) :

« Comment pourrions-nous nous comprendre les uns les autres alors que nous sommes au nombre de 60 ? Choisis 3 de tes compagnons et de notre côté, nous t’enverrons 3 de nos ulémas. Ceux -ci alors t’écouteront. S’ils parviennent à croire en toi, nous en ferons tout de même ».

Le Prophète (SAW) sortit en compagnie de 3 de ses compagnons mais, armés de poignards, les juifs voulurent le tuer. Alors, une femme avertie appartenant à Banî An-Nadir envoya de son frère (un des musulmans de Médine) l’informant que Banou An -Nadir voulaient lâchement assassiner le Prophète (SAW). Celui-ci se précipita d’aller rejoindre le Prophète (SAW) et de lui communiquer la nouvelle avant qu’il ne rencontrât les comploteurs.

Ainsi le Messager d’Allah (SAW) fit-il demi-tour et ensuite, le lendemain matin, alla les assiéger avec son armée. A cet égard il SAW leur dit : « Vous ne serez en sécurité à Médine qu’après avoir conclu un pacte avec moi ».

Toutefois, les juifs refusèrent la conclusion d’un tel pacte. Alors, le Messager d’Allah (SAW) passa la journée à les combattre en compagnie des musulmans. Le lendemain matin, il se détourna de Banî An-Nadir et s’attaqua à Banî Kouraidha qui, après avoir accepté de conclure un pacte avec lui, cessèrent d’être combattus. Ensuite, retournant chez Banî An-Nadir, il les combattit avec son armée jusqu’au moment où ils acceptèrent de se retirer de Médine à la condition d’emmener tout ce qu’on pouvait transporter par chameau, exception faite de leurs armes. Sur ce, Banou An-Nadir s’en allèrent avec tout ce qui était transportable par chameau : bagages, portes, etc. . . . après avoir, saccagé leurs maisons et retiré des décombres les pièces de bois qui les intéressaient. Leur retrait constituait le premier exode des gens vers la Syrie.

La deuxième expédition Ghazwa de Badr

L’année suivante, à l ’ heure du rendez-vous fixé avec les Koraïchites à la bataille d’Ohod, le Messager d’Allah (SAW) et ses compagnons (RA) se rendirent à Badr pour affronter Abou Sofyân et ses hommes et reprendre la guerre, jusqu’à la victoire définitive du groupe le plus droit et le plus capable de résistance.

Au mois de Chaabân de l’an 4 de l’hégire (janvier 626 G.), le Messager d’Allah (SAW) alla au lieu du rendez-vous avec 1500 hommes dont 5 cavaliers. A l’occasion, il confia le drapeau à Ali ibn Abi Tâlib (RA) et se fit remplacer à Médine par Rawâha. Parvenu à Badr, il y resta pour attendre l’arrivée des associateurs.

S’agissant d’Abi Sofyân, il était à la tête d’une armée de 2000 hommes où l’on comptait 50 chevaux. Arrivé à Marr Az-Zahrân, à une certaine distance de la Mecque, il descendit à Mijanna, un point d ’eau dans les parages. En partant de la Mecque, il s ’était montré réticent, pensant à l’issue de la guerre contre les musulmans. Les perspectives d’une telle guerre le frappaient aussi bien de terreur que de crainte, si bien qu’en descendant à Marr Az-Zahrân il perdit sa résolution et chercha une excuse lui permettant de battre en retraite. A ce propos il dit à ses hommes : « O Koraich, il ne vous convient qu’une armée de fertilité où vous prenez soin de vos palmiers et buvez votre lait. Quant à cette année-ci, c’est pour vous une année d’infertilité. En tous cas moi, je rebrousse chemin. Faites comme moi ».

Il semble que- la peur et la crainte s’étaient aussi emparées de l’armée tant et si bien que les gens rebroussèrent chemin sans la moindre protestation au sujet de la proposition, sans aucune forme d’insistance destinée à la poursuite de la marche au point de faire face à l’ennemi.

Quant aux musulmans, ils passèrent huit jours à Badr, attendant l’ennemi. Ils en profitèrent pour vendre les marchandises qu’ils détenaient et réalisèrent un bénéfice de 200 pour cent. Ensuite ils rentrèrent à Médine, forts, respectés et maîtres de la situation. Cette expédition fut connue sous le nom du “ rendez-vous de Badr” du “ deuxième Badr ” du “ dernier Badr” ou du “ petit Badr”.

L’expédition Ghazwa de Doumatil-Jandal

Le Messager d’Allah (SAW) revint de Badr. La paix et la sécurité régnèrent dans la zone et la nation musulmane retrouva sa stabilité. De la sorte, le Prophète (SAW) trouva le temps de s’orienter vers les frontières extrêmes avec les arabes, pour s’assurer un contrôle plus effectif de la situation, reconnu aussi bien par les partisans que les ennemis. Après le “ Petit Badr”, il resta 6 mois à Médine au terme desquels il reçut la nouvelle selon laquelle les tribus basées autour de Doumatil-Jandal, tout près de la Syrie, faisaient du brigandage à ce niveau et détroussaient les passants. La nouvelle précisa aussi que ces tribus avaient mobilisé des masses pour s’attaquer à Médine.

Ainsi, le Messager d’Allah (SAW) se fit remplacer à Médine par Sabbâ ibn Arfata Al-Ghifârî (RA). Ensuite, à la tête de 1000 hommes, il sortit de la ville et passa les 5 dernières nuits du mois de Rabia Al-Awwal de l’an 4 de l’hégire à l’extérieur de celle-ci. En route, il se mit à marcher le jour et à se cacher la nuit au point de surprendre ses ennemis qui, étonnés d’être surpris, laissèrent tout tomber pour s’enfuir.

Alors, le Messager d’Allah (SAW) attaqua leur bétail et aussi leurs bergers dont les uns furent tués et les autres en fuite. Quant à la population de Doumatil-Jandal sa situation n’était que celle du sauve-qui-peut, de telle sorte que les musulmans, en descendant sur leur place publique les trouvèrent tous partis. Le Prophète (SAW) passa des jours sur les lieux envoyant des Sarâya (expéditions dirigées par ses compagnons). A cette fin, il partagea son armée en plusieurs détachements dont aucun ne fut en danger. Au terme de ces Sarâya, il rentra à Médine. Au cours de cette expédition, il fit la paix avec Ouyayna ibn Hisn.

Douma est une place située à l’entrée de la Syrie, à 5 nuits de marche de Damas, mais à 15 nuits de marche de Médine. Grâce à de telles initiatives rapides et décisives et à de telles stratégies judicieuses et éprouvées, le Prophète (SAW) put instaurer la sécurité, répandre l’Islam dans la région contrôler la situation, faire connaître aux musulmans de meilleurs jours, réduire les difficultés internes et externes dont ceux-ci étaient finalement envahis de tous côtés. Les hypocrites s’étaient tus en état de soumission. Une tribu s’était exilée et les autres encore à Médine, faisaient semblant de respecter les droits de voisinage ainsi que les alliances et les pactes. De leur côté, les bédouins nomades faisaient montre de soumission et d’humilité.

Les Koraïchites, venaient de décider de ne pas s’attaquer aux musulmans. En conséquence de tout cela, les compagnons (RA) trouvèrent le temps de répandre l’Islam et de communiquer le Message du maître des mondes.

Sources

Non indiquées : article de l’ancien site, pas encore relu.

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