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SIRA 6 – [Partie 09/19] LES EXPÉDITION DU SAINT PROPHÈTE MOUHAMMAD (SAW)

« Le trône du clément s’est balancé du fait de la transition de Saad ibn Mouadh »

Intermédiaire · 26 min de lecture · 6 octobre 2023

Ancien article · non reluArticle repris tel quel de l’ancien site Solisalim (publié le 6 octobre 2023). Il n’a pas encore été relu par le comité savant.

L’expédition Ghazwa contre Al-Ahzâb (les coalisés) :

La paix et la sécurité régnaient à nouveau dans la région. La Péninsule arabe retrouva le calme après plus d’un an de guerre et de missions punitives. Toutefois, les juifs qui avaient connu toutes les formes d’humiliation et de bassesse, en conséquence de leur lâcheté, de leur trahison, de leurs complots et de leurs intrigues, ne revinrent point de leur égarement. Insoumis, ils ne tirèrent même pas les leçons de ce qui leur était arrivé à la suite de leurs trahisons et de leurs complots.

Après leur exil, à Khaybar, ils se mirent aux aguets, attendant que la situation se retournât contre les musulmans dans les engagements miliaires opposant ceux-ci aux païens. Cependant au fil du temps les musulmans prirent le dessus au point d’étendre leur domination et de consolider leur pouvoir.

 Au vu de cette situation les juifs s’enflammèrent de rage, recommencèrent à comploter contre les musulmans et se mirent à s’équiper pour asséner à ceux-ci un coup destiné à les exterminer pour de bon. Toutefois, ne trouvant pas en eux-mêmes le courage nécessaire pour oser, directement, se mesurer aux musulmans, ils montèrent dans ce cadre un complot à la fois redoutable et odieux.

A ce sujet, 20 hommes comprenant des dirigeants juifs et des chefs se réclamant de Banî An-Nadir allèrent prendre contact avec les Koraïchites à la Mecque dans la perspective de les pousser à s’attaquer au Messager d’Allah (SAW), de conclure avec eux une alliance contre celui-ci, promettant de leur porter secours. Les Koraïchites leur réservèrent une réponse favorable car ils trouvaient là l’occasion d’asseoir leur réputation et de tenir leur parole, après avoir manqué le rendez-vous qu’on leur avait fixé à Badr.

Au terme de cette entrevue, la délégation juive se rendit également chez Ghatafan auxquels elle lança le même appel à la belligérance. Ainsi, dirigeants et chefs juifs réussirent, à mobiliser les groupes d’infidélité contre le Prophète (SAW) et les musulmans. Suite à de telles alliances, Koraich, Kinâna et de leurs alliés parmi Touhama sortirent du Sud sous la conduite d’Abi Sofyân, avec une armée forte de 4000 hommes. Ils furent rejoints par Banî Az Zahrân.

Les tribus de Banî Ghatafan vinrent les rejoindre, sortant de l’est. Ils comprenaient : Banou Fizara, dirigés par Ouyayna ibn Hisn, Banou Mourra conduits par Al-Hârith ibn Awf et Banou Achjaa conduits par Misaar ibn Roukhaila. Banou Asad et bien d’autres furent aussi au nombre des partants.

A une date fixée d’avance et d’un commun accord, toutes ces groupes se mirent en route vers Médine. Des jours après, une armée gigantesque forte de 10.000 combattants encercla Médine, une armée dont l’effectif était peut-être supérieur au nombre de femmes, d’enfants, de jeunes hommes et de vieillards vivant à Médine. Si jamais les groupes et leurs soldats étaient parvenus aux murs de Médine ç’aurait été le plus grand danger sur la vie des musulmans et peut-être les ennemis auraient atteint leur objectif à savoir arriver à exterminer les musulmans.

Cependant, sur le qui-vive, l’état-major de Médine ne cessait d’occuper tous les points sensibles et stratégiques, d’interroger la situation et d’apprécier les développements.

L’armée des associateurs ne faisaient presque aucun mouvement que les envois de surveillances de Médine ne vinrent aussitôt rapporter à l’état-major des musulmans, le prévenant du danger.

Le Messager d’Allah (SAW) se dépêcha de convoquer un conseil consultatif au sommet au cours duquel il (SAW) aborda la stratégie de défense de Médine. Après des discussions entre les généraux et les membres du conseil (Ach-Choura), on se rangea du côté de la proposition avancée par le noble compagnon du Prophète (SAW), Soulaymâne Al-Fârisî (RA).

Celui-ci dit : « Ô Messager d’Allah un jour, en terre persane, nous étions assiégés. Alors ce jour-là nous nous entourâmes d’une tranchée ». Il s’agissait là d’une stratégie très efficace qu’à l’époque les arabes ne connaissaient pas encore et que le Messager d’Allah (SAW) ne tarda pas à mettre en application.

En résumé, il fut décidé :

1-          Que les musulmans restèrent à l’intérieur et de ne pas affronter directement les Coalisés.

2-         Que les principales lignes de défenses seraient dans la zone nord de Médine, pratiquement, devant la montagne de Sil, lequel serait derrière le dos du PC du Messager d’Allah (SAW)

3-         De creuser un fossé qui sera une barrière entre les musulmans et les coalisés.

4-         D’évacuer de Médine les femmes, les enfants et les vieillards, de les éloigner des dangers et de les rassembler en lieu sûr.

5-         De monter la garde de nuit comme de jour autour de Médine, la garde étant assurée par des patrouilles désignées à cet effet.

Pour ce faire, il chargea chaque groupe de 10 personnes parmi les musulmans de creuser jusqu’à une longueur de 40 coudées. Ainsi, les musulmans, très actifs au travail réalisèrent la tranchée, encouragés en cela, par le Prophète (SAW) qui lui aussi contribua au creusage de cette tranchée. A cet égard, des propos de Sahl ibn Saad rapportés par Al-Boukhari précisent : « Nous étions avec le Messager d’Allah (SAW) dans la tranchée, évacuant le sable que nous transportions sur le dos, à mesure que les gens creusaient.

Alors, le Prophète (SAW) dit : « Seigneur ! Il n’y a de vraie vie que celle de l’Au-delà. Pardonne donc aux Mouhâjirîn et aux Ansâr ». En réponse à ses propos, les gens chantèrent : « Nous sommes ceux qui ont fait acte de reconnaissance de Mohammad (SAW) et qui se sont engagés à ne jamais rater la lutte ».

A cet égard, il a aussi été rapporté d'Al-Bara ibn Azib les propos que voici : « J’ai vu le Messager d’Allah (SAW) évacuer du sable de la tranchée au point de disparaître dans un nuage de poussière. C’était quelqu’un de chevelu. Je l’ai aussi entendu réciter un poème en « Rajaz » composé par ibn Rawâha, alors qu’il évacuait le sable. Il disait :

« Seigneur ! N’eût été Toi, nous n’aurions trouvé le chemin de la droiture, observé l’aumône et prié. Alors, accorde-nous la paix intérieure et affermis nos pas lors de la rencontre. Certes les ennemis nous oppriment et veulent nous imposer la guerre”. A la fin de ce poème, je l’ai entendu tramer la voix ».

Dans un autre rapport, le Prophète (SAW) dit tout court : « Certes, les ennemis nous oppriment et veulent nous imposer la guerre ».

Tout en travaillant aussi activement, les musulmans étaient tenaillés par la faim, mais cela n’entama point leur détermination. Anas dit : « On apportait aux gens de la tranchée l’équivalent de deux poignées d’orge à partir desquelles on leur préparait une sauce repoussante, à l’odeur nauséabonde, qu’on leur servait. Quant à Abi Talha, il dit : « Nous nous sommes plaints de la faim auprès du Messager d’Allah (SAW) ».

Dans ces circonstances, des signes de prophétie apparurent au moment même où l’on creusait la tranchée. Le Prophète (SAW) dont Jâbir ibn Abdillâh constatait la faim intense égorgea une bête. Sa femme moulut un Saa (mesure de grains) et ensuite vint secrètement demander au Messager d’Allah (SAW) de venir en compagnie d’un groupe de ses compagnons manger du repas qu’elle avait préparé. Le Prophète (SAW) se leva alors suivi des 1000 personnes qui creusaient la tranchée et tout le monde mangea du repas, à sa faim. Néanmoins, il y avait toujours de la viande dans la marmite. La pâte aussi était inépuisable.

La sœur de An-Nou’man ibn Bachir apporta à la tranchée une poignée de dattes destinée à son père et à son oncle maternel. A son passage près du Prophète (SAW) celui-ci lui réclama les dattes qu’il dispersa sur un vêtement pour ensuite inviter ceux qui creusaient la tranchée à venir en manger. Les dattes se mirent à augmenter au point de déborder du vêtement, excédant largement le besoin des 1000 hommes.

Encore plus étonnant que ces deux signes de prophétie fut ce qu’Al-Boukhari a rapporté de Jâbir, à savoir : « Alors que nous creusions la tranchée un bloc difficile à casser apparut. Les gens allèrent en informer le Messager d’Allah (SAW) en ces termes : « Il y a dans la tranchée un bloc difficile à casser ». Celui-ci dit : « Je vais voir moi-même ». Cela dit, il se leva, puis, le ventre appuyé sur une pierre, prit le pic et en frappa le bloc qui s’effrita ».

Dans ce même ordre d’idées Al-Barâ dit : « Au moment de creuser la tranchée, nous nous sommes heurtés à un rocher à l’épreuve de tout pic. Alors, nous sommes allés nous en plaindre auprès du Messager d’Allah (SAW). Celui-ci vint prit le pic et dit : « Au nom d’Allah » frappant ensuite énergiquement. A cela il ajouta : « Allahou Akbar On m’a remis les clés de la Syrie. Par Allah ! J’en aperçois actuellement les palais rouges. Il frappa une seconde fois et, cassant une partie du rocher, dit : « Allahou Akbar. On m’a offert la Perse et, par Allah, j’aperçois, à présent, le palais blanc des Madâin ». Il frappa ensuite une troisième fois disant « Au nom d’Allah ». Cassant alors le reste du rocher, il ajouta : « Allahou Akbar\ On m ‘a offert les clés du Yémen. Par Allah ! J’aperçois d’ici même les portes de San’ a ».

Des propos analogues ont aussi été rapportés de Salmân Al- Fârisî par ibn Ishâk Etant donné que Médine était entourée de plateaux, de montagnes et de haies de palmiers, sauf en sa partie nord et que le Messager d’Allah (S) était sûr et certain que l’attaque de la ville par la grande armée des associateurs n’était possible que de ce côté, la tranchée fut creusée le long de cette partie nord. Les musulmans continuèrent à creuser la tranchée, travaillant toute la journée et rentrant chez eux le soir, jusqu’ au moment où celle-ci atteignit les proportions requises, avant l’arrivée de la gigantesque armée des paganistes jusqu’ aux murs de Médine.

Par la suite, les Koraïchites, au nombre de 4000 vinrent camper à Rouma le point de rencontre des torrents, entre Al -Jourf et Zo’âba. Ghatafan et leurs alliés de Najd, d’un effectif de 6000 hommes, vinrent camper à Dhanb Nokma, du côté d’Ouhoud. A cet égard le Coran note :

« A la vue des ennemis ligués contre eux, les croyants dirent : “ Voici que s’accomplit ce que nous ont promis Allah et Son messager. Allah et son Prophète disaient la vérité”. Et leur foi et leur soumission s’en trouvaient d’autant plus accrues ». (33 :22).

 

S’agissant des hypocrites et des faibles d’esprit, leur foi chancela à la vue d’une telle armée.

« Les hypocrites et ceux de faible conviction murmuraient : Ce n’était donc que chimères ce qu’Allah et Son messager nous avaient promis ». (33 :12).

Le Messager d’Allah (SAW) et 3000 parmi les musulmans se retranchèrent au mont Salaa où ils s’adossèrent, laissant la tranchée entre eux et les infidèles. Leur slogan était : « Hâ, mîm, les infidèles ne recevront point de secours ».

A l’occasion, le Prophète (SAW) se fit remplacer à Médine, par Ibn Oumm Maktoum (RA), après avoir donné l’ordre de mettre les femmes et les enfants dans les blockhaus de Médine.

Lorsque les associateurs voulurent attaquer les musulmans en prenant d’assaut Médine, ils constatèrent qu’une large tranchée existait devant eux, les séparant de la ville. Au vu de cette situation, ils en vinrent à décider d’assiéger les musulmans alors qu’ils ne s’y étaient pas préparés en partant de chez eux. En effet, une telle stratégie (celle des tranchées) comme ils eurent d’ailleurs à le dire, était un stratagème inconnu des arabes et par voie de conséquence, en deçà de leurs prévisions. Furibonds, ils se mirent donc à tournoyer autour de la tranchée à la recherche d’un point faible par où ils pouvaient s’infiltrer.

Observant de près leurs tournées, les musulmans, eux, les arrosaient de flèches, pour leur faire perdre leur audace de s’approcher de la tranchée, de la prendre d’assaut et d’y provoquer un éboulement leur permettant de bâtir une voie pour la traversée. Quelques-uns des cavaliers Koraïchites furent dégoûtés de rester aux abords de la tranchée, à attendre inutilement les conséquences du blocus, car un tel comportement ne leur ressemblait pas.

Sous ce rapport, certains de ces cavaliers parmi lesquels se trouvaient Amr ibn

Abd Wadd, Ikrima ibn Abi Jahl, Dirâr ibn Al-Khattâb et bien d’autres, se dirigèrent vers un endroit où la tranchée était étroite pour ensuite s’y engager. Leurs chevaux les introduisirent dans un marécage situé entre la tranchée et le mont Salaa.

Alors, Sidna Ali ibn Abi Tâlib (KAW) et dix autres musulmans vinrent fermer la brèche par laquelle ils venaient de faire passer leurs chevaux. Ce étant, Amr, l’un des associateurs les plus courageux et les plus braves, appela au duel. On lui envoya Sidna Ali ibn Abi Tâlib (KAW) qui, dès l’abord, lui adressa des propos propres à le mettre en colère. Alors il tua son propre cheval après en être descendu, se donna un coup au visage et fit face à son adversaire. Ils se mirent à se chercher, tournant l’un autour de l’autre ; puis ce fut le corps à corps et Sidna Ali (KAW) le tua. Les autres, en débâche, franchirent la tranchée, fugitifs.

La terreur fut si grande que Ikrima abandonna sa lance et Amr sur les lieux. Les associateurs tentèrent un coup de force pour, franchir la tranchée ou y créer un passage ; toutefois les musulmans leur livrèrent un dur combat par lequel ils se mirent à leur jeter tant de flèches que la tentative échoua.

Ainsi occupés à combattre l’ennemi le Messager d’Allah (SAW) et les musulmans avaient raté un certain nombre de prières. A cet égard les propos de Jâbir rapportés dans les deux recueils de Hadiths authentiques s’expriment en ces termes : « A un certain moment de la bataille d’Al-Khandaq (de la tranchée) Omar ibn Al-Khattâb, insultant les infidèles Koraïchites, vint dire : « Ô Messager d’Allah ! J’ai presque prié au moment où le soleil allait se coucher ». Alors, le Prophète (SAW) lui dit : “ Par Allah ! Je n’ai pas prié”. Ensuite, en compagnie du Prophète (SAW) nous descendîmes à Bat-hân. Celui-ci fit ses ablutions et nous aussi. Il accomplit la prière du Asr après le coucher du soleil et, peu après, accomplit celle du Icha ».

Le livre du Hadith de l’imam Ahmad RA et Ach-Châfii RA mentionne que le Prophète (SAW) et ses compagnons passèrent les prières du Dhouhr, Asr, Maghrib et du Icha mais les compensèrent toutes.

An-Nawawî dit pour sa part : « La synthèse à tirer de tous ces rapports est que la bataille d’Al-Khandaq s’étendit sur des jours où se passèrent des événements tout à fait différents ». Il en résulte que la tentative menée par les associateurs pour franchir la tranchée ainsi que la lutte continue livrée par les musulmans s’étendirent sur des jours.

Toutefois, les deux armées ne se livrèrent ni corps à corps, ni guerre sanglante, du fait que la tranchée les séparait l’une de l’autre. Plutôt, elles se contentèrent de rivaliser et de se tirer des flèches. Suite aux tirs à l’arc, il y eut quelques victimes dans les deux armées : 6 du côté des musulmans et 10 de celui des associateurs. En outre, dans ce dernier groupe, un ou deux soldats furent tués à l’épée. Saad ibn Mouadh (RA) reçut de la part de quelqu’un de Koraich appelé Ḥibbân ibn, Al-Araka, une flèche qui lui déchira la veine médiane. Alors, il invoqua Allah en ces termes : « Seigneur ! Tu sais qu’il n’y a personne de plus déterminé que moi à les combattre (les Koraïchites) en tant que peuple ayant démenti et expulsé Ton messager. Seigneur ! Je pensais que Tu avais mis fin à la guerre entre nous. S’il reste tant soit peu de la guerre contre les Koraïchites, laisse-moi vivre pour les combattre. Si tu as déjà mis fin à cette guerre, fais-la de nouveau éclater et décrète en elle ma mort ». A la fin de son invocation il dit : « Ne me tue pas avant que je ne voie Banî Kouraidha ».

Alors que les musulmans faisaient face à ces atrocités sur le front, les vipères des intrigues et des complots se retournaient dans leurs terriers, désireuses de leur empoisonner le corps. Le chef des malfaiteurs de Banî An-Nadîr se rendit chez Banî Kouraidha et se présenta à Kaab ibn Asad Al-Kouradhi, le seigneur et le responsable des pactes et alliances de Banî Kouraidha. Celui-ci avait déjà conclu avec le Prophète (SAW) un pacte d’alliance en vertu duquel il devait le secourir en cas de guerre. Ainsi, le chef des malfaiteurs de Banî An-Nadir, à savoir Houyay alla frapper à la porte de Kaab. Celui-ci refusant de lui ouvrir, il se mit alors à lui parler au point d’obtenir satisfaction.

Ensuite, il lui dit : « Kaab ! Je te rends visite au bon moment. Je viens au sujet des dirigeants et des seigneurs Koraïchites, te demandant de les rejoindre au confluent des torrents, à Rouma.

Je viens aussi au sujet des dirigeants et seigneurs Ghatafan, te demandant de les rejoindre à Thanb Noukma, du côté d’Ohod.

J’ai conclu avec eux un pacte d’alliance grâce auquel ils ne quitteront point leur position avant que nous n’exterminions Mohammad (SAW) et ses hommes ».

Kaab dit : « Par Allah ! Tu me rends visite au mauvais moment, à un moment où dans le ciel ne subsistent que des nuages gris incapables de donner de la pluie, même s’il est vrai que le tonnerre gronde et que des éclairs se produisent. Malheur à toi, Houyay ! Laisse-moi vivre ma situation ! Je ne sais de Mohammad (SAW) que sincérité et fidélité ».

Houyay ne cessa de manœuvrer Kaab jusqu’à ce que celui-ci acceptât de s’engager et de conclure avec lui une alliance en ces termes : « Si Koraich et Ghatafan s’en retournent sans tuer Mohammad (SAW), je serai avec toi dons ton château, pour te soutenir jusqu’au bout ».

Ainsi, Kaab ibn Asad, rompant le pacte d’alliance qu’il avait conclu avec le Prophète (SAW) se rangea du côté des associateurs pour combattre les musulmans.

 Effectivement, les juifs de Banî Kouraidha effectuaient des actes de guerre. A ce sujet, ibn Ishâk dit : « Safiya bint Abdil-Mouttalib était en haut du château de Hassân ibn Thâbit. Ce dernier y était aussi avec les femmes et les enfants. A cet égard elle dit : « Un juif passa devant nous, en train de faire la ronde autour du château, à un moment où Banou Kouraidha étaient sur le pied de guerre, après avoir rompu le pacte qu’ils avaient conclu avec le Messager d’Allah (SAW). Il n’y avait personne pour éventuellement nous défendre contre eux.

Le Messager d’Allah (SAW) et les musulmans étaient au front qu’ils ne sauraient du reste quitter si nous étions en danger.

Alors, je dis à Hassân : Ce juif, comme tu le vois, fais la ronde autour du château. Par Allah ! Je crains qu’il ne montre aux juifs, derrière, que nous sommes sans protection or, le Messager d’Allah (SAW) et ses compagnons sont loin de nous. Ce étant, descends le tuer ! Hassân répondit : Par Allah ! tu sais bien que je ne suis pas homme à faire cela. Alors, me ceignant les reins, je pris une tige, descendis du château, allai vers le juif et lui donnai un coup mortel. De retour au château, je dis à Hassân : Descends ! Va le dépouiller ! Si je ne le fais pas moi-même c’est qu’il s’agit d’un homme. Il dit : je n’ai pas besoin de le dépouiller.

Un tel acte glorieux de la part de la tante paternelle du Messager d’Allah (SAW) contribua énormément à assurer la protection des enfants et des femmes laissés derrière par les musulmans. A ce qu’il semble, les juifs pensaient que les blockhaus et les forteresses étaient sous la défense de l’armée musulmane, alors qu’au contraire il n’y avait pas un seul soldat musulman.

En conséquence ils n’osaient plus faire des patrouilles ou des rondes. Toutefois, aux associateurs paganistes, ils commencèrent à fournir du matériel militaire comme preuve concrète de leur soutien contre les musulmans, mais ceux-ci, par la suite récupérèrent 20 chameaux de ce matériel militaire.

Lorsque la nouvelle parvint au front, Le Messager d’Allah (SAW) prit la décision d’enquêter sur l’affaire de manière à tirer au clair la situation de Kouraidha et éventuellement à y consacrer les moyens militaires nécessaires. A cette fin, il envoya les deux Saad : Saad ibn Mouadh et Saad ibn Obâda, en compagnie de Abdillâh ibn Rawâha et de Khawat ibn Joubair en leur disant :

« Allez voir si la nouvelle que nous venons de recevoir au sujet de ces gens est vraie ou fausse. Si c’est vrai, faites en sorte que je le sache de manière très discrète. Ne démoralisez pas les gens.

Si c’est faux, parlez à voix haute pour que les gens puissent vous entendre ». Lorsque les émissaires se furent approchés de Kouraidha. Ils les trouvèrent dans le pire état de perversité. En effet, ceux-ci avaient déjà rendu manifeste leur hostilité, proférant des injures et des grossièretés à l’endroit du Messager d’Allah (SAW). A ce propos, ils disaient : « Qui est-ce le Messager d’Allah SAW ? Nous n’avons conclu avec Mohammad SAW ni alliance, ni accord ». Sur ce, les émissaires les quittèrent, puis, de retour au front, dirent au Prophète (SAW) : « Adl et Kâra ! » c’est-à-dire que Banou Kouraidha avaient commis le même acte de trahison que Adl et Kâra lors de la mission d’Ar-Rajia.

Malgré une telle tentative de cacher la vérité, les gens savaient tout, ce qui les conduisit à se représenter l ’énormité du danger. Il s’agissait de la situation la plus critique pour les musulmans. En effet, rien n’empêchait Banu Kouraidha de les poignarder dans le dos en s’attaquant lâchement à leurs enfants et à leurs femmes alors qu’ils avaient en face d’eux une armée gigantesque dont ils ne pouvaient se détourner. En fait, leurs enfants et leurs femmes étaient non loin de ces traîtres sans défense, ni protection, ce qui les mit dans la situation qu’Allah, le Très Haut, nous décrit en ces termes :

« Vos yeux se convulsaient d’épouvante et, d’angoisse, vous aviez la gorge toute oppressée. Vous en veniez aux pires conjectures au sujet d’Allah. Les croyants se trouvèrent alors mis à l’épreuve et secoués d’une terrible secousse ». (33 : 10, 11).

En proie à leur hypocrisie, certains allèrent jusqu’à dire :

Mohammad SAW nous avait promis les trésors de Kisrâ et de César or, aujourd’hui, aucun d’entre nous n’ose aller à la selle ».

D’autres, en compagnie des notabilités de leurs tribus dirent :

« Nos maisons sont sans protection contre l’ennemi. Alors autorise-nous à partir, à regagner nos maisons situées hors de Médine. Même Banou Salama pensèrent à faire défection ; et au sujet de ceux -ci Allah le Très Haut dit :

« Les hypocrites et ceux de faible conviction murmurèrent : Ce n’était donc que chimères ce qu’Allah et Son messager nous avaient promis. Certains mêmes d’entre eux clamaient : O gens de Yathrib ! Ne demeurez pas en ces lieux ! Retournez à vos foyers ! D’autres, enfin, demandaient au Prophète la permission de se retirer, Nos maisons sont menacées, affirmaient-ils. Non, leurs demeures n’étaient pas menacées : ils voulaient seulement s’enfuir ». (33 :12,13).

Quant au Messager d’Allah (SAW) il se voilà la face à l’aide de son vêtement à la nouvelle de la trahison de Banî Kouraidha et, pour un long moment resta allongé sur le côté. Constatant ensuite que le malheur en était à son paroxysme, il se leva et dit : « Allahou Akbar\ Réjouissez-vous, Ô musulmans de l’assistance et du secours d’Allah ». Cela dit, il se mit à étudier la stratégie appropriée à la situation. En conséquence d’une telle stratégie il décida de dépêcher une garde à Médine dans la perspective de prévenir toute attaque à l’improviste contre les enfants et les femmes.

Cependant l’entreprise appelait la nécessité d’une initiative décisive faisant flancher les coalisés. Pour atteindre cet objectif il voulut faire un compromis avec Ouyayna ibn Hisn et Al-Hârith ibn Awf, les deux chefs des Ghatafân en leur réservant le tiers des récoltes de Médine, et ceci, pour les amener à se retirer avec leur tribu, ce qui permettrait aux musulmans d’arriver rapidement à mettre en déroute les Koraïchites dont ils avaient plusieurs fois éprouvés aussi bien le courage que la force. Tel était le sens du compromis.

A ce sujet le Messager d’Allah (SAW) demanda aux deux Saad leur avis et, alors, ceux-ci dirent :

 « Ô Messager d’Allah SAW ! Si c’est Allah qui t’ordonne d’agir de la sorte nous, t’obéirons fidèlement […] (Mais) Nous pratiquions avec ces gens l’associationnisme et le culte des idoles. A l’époque, ils n’ambitionnaient de profiter de ces récoltes que dans les cas où ils en achetaient ou bénéficiaient de notre hospitalité. A présent qu’Allah nous comble des bienfaits de l’Islam, nous oriente dans ce sens et nous renforce grâce à toi, pourquoi devrions-nous leur offrir nos biens ? Par Allah, Nous ne leur donnerons que des coups d’épée ».

Le Prophète (SAW) accepta leur opinion. Après cela, Allah le Tout Puissant le Détenteur de la louange, apporta de ses mystères de quoi décourager l’ennemi au point de le sortir des combats et de mettre l’armée en déroute.

Dans ce sens, quelqu’un de Banî Ghatafan appelé Naîm ibn Massoud ibn Amir Al-Achjaa-i vint voir le Messager d’Allah (SAW) et lui dit : « Ô Messager d’Allah SAW, J’ai embrassé l’Islam mais ma tribu n’est pas au courant de ma conversation. Alors, je suis prêt à faire tout ce que tu veux ». Celui-ci lui dit : « Comme tu n’es qu’un seul homme, écarte de nous tout danger qu’il te sera possible d’écarter, car la guerre n’est que ruse ».

Aussitôt, Naîm se rendit chez Banî Kouraidha qui étaient des amis de sa tribu à l’époque de l’ignorantisme (Jâhiliyya) et leur dit : « Vous connaissez mon affection à votre égard, notamment en raison des liens qui nous unissent ». « C’est vrai » dirent-ils. Il reprit : « Alors, sachez que les Koraïchites ne sont pas comme vous. Vous ce pays vous appartient car il y a vos biens, vos enfants et vos femmes. Vous ne sauriez en déménager pour aller vivre ailleurs. Quant à Koraich et à Ghatafan. Ils viennent combattre Mohammad et ses compagnons et vous les soutenez dans ce sens. Eux, leur pays, leurs biens et leurs femmes sont là-bas. S’ils ont une occasion, ils l’exploitent. Sinon, les voilà qui rejoignent leur pays, vous laissant avec Mohammad qui alors se vengera de vous ». Sur ces mots, Banou Kouraidha dirent : « Mais que faire donc Naîm ? » Celui -ci dit : « Ne combattez à leurs côtés que s’ils vous laissent des otages ! ». Ils dirent : « Voilà la conduite à tenir ».

Par la suite Naîm alla voir les Koraïchites et leur dit : « Vous connaissez l’affection que je vous porte et aussi ma disponibilité pour vous apporter le bon conseil ». « Oui », dirent-ils. Alors il reprit : « Les juifs sont au regret d’avoir rompu le pacte qu’ils avaient conclu avec les musulmans et ont déjà écrit à

Mohammad lui promettant de lui remettre des otages qu’ils auront obtenus de vous. Sur ce, je vous conseille de refuser s’ils viennent vous demander des otages ». Il s’en alla ensuite chez les gens de Ghatafân pour leur dire la même chose. Dans la nuit du samedi (mois de Chawwal de l’an 5 de l’hégire) les Koraïchites envoyèrent dire aux juifs : « Nous ne sommes pas en randonnée c’est le moment d’agir. Venez ! on va attaquer Mohammad ». Les juifs leur firent transmettre un message pour leur dire : « Aujourd’hui c’est le Sabt (le samedi) or, vous savez ce qui arriva à nos prédécesseurs qui ne s’y accordaient pas le répit. Qui plus est, nous ne combattrons à vos côtés qu’après que vous nous ayez envoyé des otages ».

Après avoir reçu un tel message, les gens de Qouraïch et de Ghatafan dirent : « Na’îm, par Allah, tu as raison ». A leur tour ils envoyèrent dire aux juifs : « Par Allah, nous ne vous enverrons personne. Joignez-vous tout simplement à nous pour l’attaque de Mohammad ». Banu Kouraidha dirent : « Par Allah ! Naîm a raison ! ».

Grâce au stratagème, les deux groupes lâchèrent pied. Leurs rangs se disloquèrent et les soldats de part et d’autre perdirent leur envie de combattre. Les musulmans, pendant ce temps, invoquaient Allah en ces termes : « Seigneur ! Protège nos points vulnérables et assure nos splendeurs ! »

Le Messager d’Allâh (SAW) fit une invocation contre les coalisés, disant :

-                    « Seigneur ! Toi qui as révélé le livre ! Toi dont la comptabilité est si rapide ! Mets en déroule les coalisés !

-                    Seigneur ! Mets-les en fuite et ébranle-les ! »

Allah avait entendu la prière de Son messager SAW ainsi que celle des musulmans. En effet, après avoir disloqué les rangs des associateurs et poussé les groupes à lâcher prise, Allah leur envoya un vent qui fit s’envoler leurs tentes, renversant les marmites et ôtant les cordages, ne laissant rien subsister. Il envoya les anges les ébranler et aussi en marquer les cœurs de terreur et de crainte. Cette nuit-là, dans l’intensité du froid, le Messager d’Allah (SAW) envoya Houdhayfa ibn Al-Yamân lui apporter de leurs nouvelles. Celui-ci les trouva dans la situation décrite, prêts à décamper, et revint en informer le Messager d’Allah (SAW) qui, le lendemain, matin constata qu’Allah avait repoussé ses ennemis en leur refusant toute victoire, détourné leur belligérance, réalisé sa promesse, soutenu ses soldats, secouru Son serviteur, et, à lui seul, mis en déroute les coalisés.

Dans ces conditions le Prophète (SAW) put rentrer à Médine. La Ghazwa d’Al-Khandaq eut lieu, selon la plus plausible des deux versions, à l’an 5 de l’hégire. Les associateurs assiégèrent le Prophète (SAW) et les musulmans pendant presque un mois.

A cet égard, la synthèse des sources semble indiquer que le siège commença au mois de Chawwâl et s’acheva à Dhil-Qaada.

D’après ibn Saad, le Messager d’Allah (SAW) quitta Al-Khandaq un mercredi, sept jours avant la fin du mois de Dhil-Qaada. La bataille des coalisés (Al-Ahzâb) ne comporta pas de pertes. C’était plutôt une guerre de nerfs, une guerre psychologique. Les combats n’y firent pas rage. Toutefois, c’était l’une des batailles les plus décisives de l’histoire de l’Islam, bataille dont l’aboutissement à la défection des associateurs montrait qu’aucune des forces arabes ne pouvait venir à bout de la petite force implantée à Médine parce que les arabes ne sauraient mobiliser contre celle-ci une armée plus forte que celle des coalisés. Voilà la raison pour laquelle le Messager d’Allah (SAW) dit, après qu’Allah eût provoqué le retrait des coalisés :

« A présent, c’est à nous d’attaquer, pas eux. Allons vers eux ! ».

Sources

Non indiquées : article de l’ancien site, pas encore relu.

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