L’expédition Ghazwa contre Banî Kouraidha
Il a été dit précédemment dit qu’il avait un pacte d’alliance entre les juifs et les musulmans et que ce pacte recommande clairement aux deux parties de participer à la défense commune de Médine en cas d’attaque extérieure, comme il stipule le respect mutuel et la coexistence pacifique.
Par conséquent, il était attendu des Banû Kouraidha leur participation au côté des Musulmans quand les troupes ennemies de Quraich et de Ghatafan étaient venu encercler Médine. Mais que ce qu’ils avaient fait était tout le contraire de ce qu’ils avaient signé coupant tout lien avec les musulmans.
Le jour même du retour des musulmans à Médine, Jibril (RA), à l’heure du Dhouhr apparut au Messager d’Allah (SAW) qui était alors, en train de se laver chez Oumm Salma (RA).
Il lui dit : « As-tu : déjà déposé les armes ? Les anges, eux, n’ont pas encore déposé leurs armes. Tu n’es revenu maintenant que sur la demande des gens. Alors, Debout ! va avec tes compagnons chez Banî Kouraidha. Moi, je t’y devance pour ébranler leurs forteresses et jeter de la terreur dans leurs cœur ». Sur ce, Jibril s’en alla dans un cortège d’autres anges.
Une autre version dit :
Le témoignage de Notre Mère Aicha (RA), sur cet évènement fut rapporté par Al Bayhaqî, Elle (RA) dit : « Alors que nous étions (elle et le Prophète (SAW) chez nous, un homme a lancé le salut. Ce qui a fait sort le Messager d’Allah (SAW). J’ai vu alors un homme sur un cheval et le Prophète (SAW) qui lui parlait … quand le Messager d’Allah (SAW) est revenu, je lui ai demandé qui c’était… alors, il (SAW) m’a répondu que c’était Djibril (RA) qui l’ordonne de marcher sur Banu Kouraidha.
Quant à Ibn Ishaq, il écrit « quand le jour se leva, le Messager d’Allah SAW quitta le Fossé et regagna Médine. Les musulmans avaient déjà rangé leurs armes.
A midi, Sidna Djibril (AS) vint au Messager d’Allah (SAW) et lui dit : « Ô Messager d’Allah (SAW), viens-tu de déposer les armes ? »
« Oui, répondit le Prophète (SAW).
Les Anges n’ont pas encore déposé les armes dit Djibril je ne suis revenu maintenant que sur la demande d’Allah. Allah t’ordonne de marcher sur les Banû Kouraidha »
Devant cet ordre pressant venant de Dieu, Le Messager d’Allah (SAW) n’eut d’autre choix que de l’appliquer. Il (SAW) ordonna à Bilal Ibn Rabâh d’appeler les gens « Celui qui écoute et qui obéit ne doit faire la prière de Asr que devant les Banû Kouraidha ».
Les musulmans répondirent tous à l’appel, prirent leurs armes et se dirigèrent, groupes par groupe, vers les Banû Kouraidha. Ce fut pendant la journée qui précéda la levée du siège des Coalisés.
Quant au Prophète (SAW), il se précipita à ses armes puis monta sur son cheval, appelé Al-Latîf, et avant de regagner le front Il se fit remplacer à Médine par Ibn Oumm Maktoum (RA) et confia le drapeau à Ali ibn Abi Tâlib (RA) lui donna l’ordre de précéder le gros des troupes.
Devant les murs des Banû Kouraidha, Seydina Ali (KAW) planta l’étendard et attendit l’arrivé du Prophète (SAW) et des autres combattants (RA).
Retranchés derrière leurs murs, les Banû Kouraidha commencèrent d’abord par pester contre le gendre du Prophète (RA), puis continuèrent à proférer les pires insultes et les plus extrêmes insanités sur la personne du Prophète (SAW) et sur celle de ses femmes (RA). Ils n’eurent pour réponse des musulmans que la réplique de Ali ibn Abi Tâlib (RA) « le sabre nous départagera ».
Les musulmans se mirent en marche vers Kouraidha. Comme l’heure d’accomplir la prière du Asr les trouva en chemin, certains d’entre eux dirent : « Nous ne prierons que chez Banî Kouraidha conformément à l’ordre reçu ». Quelques-uns de ceux-ci allèrent même jusqu’à effectuer la prière du ‘Asr après celle du Icha. D’autres dirent : « Ce n’est pas ce qu’il attendait de nous. Il ne nous a ordonné d’effecteur la prière du Asr chez Banî Kouraidha que pour diligenter notre départ ». Ceux-là prièrent donc en cours de route. Cependant, aucun des deux groupes ne devait faire l’objet de reproches de la part du Prophète (SAW). Ainsi les soldats de l’armée musulmane, avançant par petits groupes, finirent par rejoindre le Prophète (SAW). Au nombre de 3000 et en possession de 30 chevaux, ils descendirent chez Banî Kouraidha auxquels ils imposèrent le siège.
Quand ibn Abi Tâlib (RA) Aperçu au lion le Prophète qui arrivait sur son cheval, il accourut vite vers lui (SAW) afin de l’empêcher d’entendre les proliférations des juifs désormais assiégés et il lui dit :
- Ô Messager d’Allah (SAW), ne te donne pas la peine de te rapprocher de ces impolis.
- Tu les a entendu m’insulter, n’est pas ? demanda gentiment le Prophète.
- Oui, Messager d’Allah (SAW) répondit Seydina Ali (KAW).
- S’ils me voient, ils ne répèteront rien de tout cela, conclut le Prophète (SAW)
-
Et Il (SAW) continua son avancée avec son état-major. Quand il se rapprocha à une distance d’où les assiégés pouvaient l’entendre, il (SAW) leur lança : « Allah ne vous a – t- il pas avili ? n’a-t-il pas descendu sa vengeance sur vous ? »
Là, les Banû Kouraidha saisirent le sens de la gravité de l’erreur qu’ils avaient perpétrée avec les coalisés et ne surent quoi faire dans une telle situation ; encerclés qu’ils étaient seuls devant les Musulmans.
Ils étaient tellement désemparés qu’ils entamèrent un semblant de plaidoirie ; à l’adresse du Prophète (SAW). Ils nièrent avoir proféré des insultes et des insanités et essayèrent de le prendre par les sentiments.
Peut –être qu’ils avaient encore en tête l’essai réussi de l’Hypocrite Abdallah Ibn Ubayy.
Les Banî Kouraidha, en ce moment de durs examens, ne se rappelaient – ils pas les conseils et avertissement des quatre sages Quraidites qui leur avaient auparavant demandé de ne pas écouter Huyay ibn Akhtab et de ne pas trahir la parole donnée ? avaient – ils oublié le dernier conseil de Amrû ibn Sû’da qui les avaient exhortés à embrasser l’islam ?
Amrû ibn Sû’da, un seigneur kouraidite sage essaya, dès le départ des coalisés, de sauver les siens d’une débâcle certaine. Dans une réunion à laquelle il appela tous les seigneurs et notables kouraidites, il dit à ces derniers présents après leur avoir reproché la violation du pacte et leur avoir rappelé son conseil de ne pas trahir le Prophète,
Il leur dit : « Ô Banû Kouraidha, j’ai assisté à des leçons ; j’ai vu les maisons de nos frères (les Banû an Nazir) désertes après la grandeur, l’honneur, et …. Ils avaient abandonné tous leurs biens qui devinrent, maintenant, la propriété des autres et ils étaient partis dans le déshonneur ».
Puis, il leur confirma (en tant que savant de la Torah) qu’était perdant quiconque qui devenait l’ennemi du Messager d’Allah (SAW) « non ! par la Torah celui – là (c’est-à-dire le Prophète (SAW)) n’est imposé sur des gens que par ce que Allah veut une chose d’eux. Il a déjà défait les Banû Qaynuqâ bien qu’ils étaient des guerriers biens équipés et des hommes de courage. Aucun d’eux ne put sortir sa tête qu’au moment de l’abdication »
Puis il les appela à embrasser l’islam afin de leur sauver la vie :
Dans une dernière tentative, il leur avança une proposition afin de les sauver il leur dit :
« Vous vous êtes déclarés contre Muhammad (SAW) te je n’ai pas participé à votre trahison. Si vous refusez d’embrasser sa religion, restez sur la religion juive et donnez-lui la jizya, mais par Allah, je ne sais s’il va l’accepter. »
Bien entendu, les Banû Kouraidha ne l’écoutèrent pas et allant chacun d’eux devant son destin.
Amrû ibn Sû’da, qui se rendait compte, après sa démarche, de l’entêtement des chefs kouraidites, se remit en définitive à l’évidence et exprima autrement son désaccord et sa désapprobation, en se séparant de sa tribu.
Quand le Prophète fut mis au courant de son histoire, il avait dit de lui : « cet homme – là a été sauvé par Allah, grâce à sa loyauté »
Dans cette situation pénible, pénible à supporter, les Banû Kouraidha se retrouvèrent contraints à rechercher une solution qui les sortirait de cette dangereuse impasse.
Au fort de ce siège, le chef de Kouraidha, Kaab ibn Asad fit trois propositions aux musulmans après la réunion avec qui rassemblait tous les seigneurs Quraidites :
1. Soit que Banou Kouraidha embrassent l’Islam et, de la même religion que Mohammad (SAW), se voient garantir de la sécurité pour eux-mêmes, pour leurs biens, leurs enfants et leurs femmes. A cet égard Kaab dit aux siens : Vous êtes à présent sûrs et certains que c’est un Prophète messager et que c’est lui dont le nom est mentionné dans votre livre.
2. Soit qu’ils tuent leurs enfants et leurs femmes de leurs propres mains pour ensuite, sabres au clair, se retourner sur le Prophète (SAW) et de la sorte, le combattre au point d’exterminer les musulmans ou d’être tués jusqu’ au dernier.
3. Soit qu’ils attaquent le Messager d’Allah (SAW) et ses compagnons qu’ils assiègent le jour du Sabt (le samedi) dans la mesure où ils peuvent le combattre en ce jour. Les musulmans refusèrent de se prononcer sur l’une quelconque de ces trois propositions. Alors, Kaab ibn Asad, sous le poids de l’obsession et de la colère, dit : « Aucun d’entre vous n’a déjà passé une nuit dans la fermeté, depuis que sa mère l’a mis au monde ».
Après la réaction apportée à ces trois propositions, il ne restait à Banî Kouraidha qu’à se soumettre à l’autorité du Messager d’Allah (SAW). Toutefois, souhaitant à cet égard prendre contact avec certains de leurs alliés musulmans, ils envoyèrent dire au Messager d’Allah (SAW) : « Envoie nous Abou Loubâba. Nous voulons le consulter ». Ce dernier était leur allié. Ses biens et ses enfants se trouvaient dans leur zone. Dès qu’il se fut présenté à eux, les hommes se levèrent, les femmes et les enfants se mettant à pleurer. Alors ; il eut pitié d’eux.
Banou Kouraidha lui dirent : « Aba Loubâba, penses-tu que nous devons nous soumettre à l’autorité de Mohammad SAW » ? « Oui ! », répondit-il, en montrant sa gorge de sa main pour leur signifier qu’ils seraient égorgés.
Comprenant aussitôt qu’il avait trahi, par cet acte, Allah et Son messager il alla son chemin, fuyant les musulmans. Il ne revint pas au Prophète (SAW). Plus tard, il devait se rendre à la mosquée du Prophète à Médine où il s’attacha au cyprès jurant que nul autre que le Messager (SAW) ne viendrait le détacher et que jamais plus il n’irait chez Banî Kouraidha.
Mis au courant de cette nouvelle, le Messager d’Allah (SAW) pour qui Abou Loubâba avait tardé à réagir, dit : « S’il s’était présenté à moi, je lui aurais pardonné mais, étant donné qu’il a fait ce qu’il a fait, ce n’est pas moi qui le détacherai de l’arbre avant qu’Allah n’accepte son repentir ». En dépit de la mimique d’Abi Loubaba, Banou Kouraidha décidèrent de se soumettre à l’autorité du Messager d’Allah (SAW). Pourtant ces juifs auraient pu résister à un long siège, étant donné que d’une part ils disposaient de provisions en quantité suffisante, de puits et aussi de forteresses imprenables et que de l’autre, les musulmans étaient exposés, en rase campagne, au froid intense et à la faim auxquels venait s’ajouter à la fatigue qu’ils ressentaient pour avoir mené des actes de guerre bien avant la bataille contre les coalisés.
Toutefois, la guerre avec Banî Kouraidha était une guerre de nefs au cours de laquelle Allah jeta de la terreur dans le cœur des ennemis dont le moral atteignit son niveau le plus bas lorsqu’Ali ibn Abi Tâlib et Az-Zoubair ibn Al- » Awwâm se firent avancés et que le premier se fut vivement écrié : « Bataillon de la foi ! Par Allah ! je connaîtrai le même sort que Hamza, si je ne prends pas d’assaut leurs châteaux ! » Alors, les juifs se dépêchèrent de se soumettre à l’autorité du Messager d’Allah (SAW). Celui-ci donna l’ordre d’arrêter les hommes, et aussi de leur lier les mains sous la supervision de Mohammad ibn Maslama Al-Ansârî. Les enfants et les femmes étaient tenus à l’écart des hommes. Les Awsites allèrent voir le Prophète (SAW) et lui dirent : « Ô Messager d’Allah SAW ! Tu as traité Banî Kaynoukâa, les alliés de nos frères Khazraj de la façon que tu sais ; or, ceux- ci sont nos propres alliés. Alors accorde-leur une faveur ! »
Le Prophète (SAW) leur dit : « Seriez -vous satisfaits si quelqu’un des vôtres les jugeait » ? « Oui », répondirent-ils. Il reprit : « Le jugement sera rendu par Saad ibn Mouadh », « ça nous va » ajoutèrent- ils. Le Messager d’Allah (SAW) envoya auprès de Saad ibn Mouadh qui se trouvait alors à Médine faute de pourvoir faire le déplacement en raison de la blessure qu’il avait reçue à la veine médiane lors de la bataille contre les coalisés. Celui-ci enfourcha un âne, pour rejoindre le Messager d’Allah (SAW).
A son arrivée, les Awsites se mirent à lui dire, sollicitant son aide : « Saad ! Traite bien tes alliés ! Sois clément à leur égard ! car le Messager d’Allah (SAW) t’a choisi pour que tu les traites avec égards ». Saad resta silencieux, ne leur faisant aucune réponse.
Toutefois, lorsqu’ ils l’eurent acculé, il leur dit : « Il est temps que Saad ne fasse l’objet d’aucun blâme dans ses rapports avec Allah ». Ayant entendu cela, certains d’entre eux retournèrent à Médine annoncer la mort de Kouraidha ligotés. Aussitôt que Saad l’eut rejoint le Prophète (SAW) dit à ses compagnons :
« Debout ! Allez accueillir votre patron ». Alors, les gens allèrent vers lui, le firent descendre de son âne puis dirent : « O Saad ! Ces gens s’en remettent à ton jugement ». Saad dit : « Mon jugement serait-il valable pour ceux-ci » ? « Oui », répondirent-ils. Il reprit : « Et aussi pour les musulmans » ? « Oui », répondirent-ils.
Enfin, tournant son visage du côté du Messager d’Allah (SAW), il ajouta avec vénération : « Valable aussi pour celui-ci » ? Le Prophète (SAW) lui répondit : « Oui, valable pour moi ». Ainsi Saad dit : « Donc les hommes, je les condamne à mort, les enfants et les femmes seront emmenés en captivité et les biens partagés ». Sur ce, le Messager d’Allah (SAW) dit : « Tu les as jugés conformément à la loi qu’Allah nous impose du haut des sept cieux ». Le jugement rendu par Saad _ était très juste et équitable car Banou Kouraidha.
Outre la trahison abominable dont ils étaient coupables, avaient réuni, pour exterminer les musulmans, 1500 épées, 2000 lances, 300 cuirasses et 500 boucliers dont les uns étaient en fer et les autres en cuir. Tout ce matériel fut récupéré par les musulmans après le siège.
Le Messager d’Allah (SAW) donna l’ordre d’emprisonner Banî Kouraidha chez Bint Al- Hârith une femme faisant partie de Banî An-Najjar et aussi de creuser des fossés au marché de Médine. De même il donna l’ordre d’emmener les juifs groupe après groupe pour les mettre dans les fossés et ensuite les décapiter.
Banou Kouraidha qui étaient encore en prison dirent à leur chef Kaab ibn Asad : « Que penses-tu qu’on nous fera » ? Celui-ci répondit : « Ne raisonnez-vous donc pas ? Ne voyez-vous pas que ceux qui viennent vous chercher sont toujours là et que ceux d’entre vous qui partent ne reviennent pas ? Par Allah ! Ce qu’on va vous faire c’est vous tuer ». Ces juifs dont le nombre allait de 600 à 700 furent tous décapités.
Voilà de quelle façon s’effectua l’extermination des vipères de la lâcheté et de la trahison, ceux qui avaient rompu le pacte ratifié et aidé les coalisés à exterminer les musulmans à un moment où la situation de ceux-ci était très critique. De tels actes de leur part les versaient dans le lot des plus grands criminels de guerre qu’il convient de juger, de condamner à mort et d’exécuter.
Au nombre des exécutés se trouvait le Satan de Banî An- Nadir et l’un des plus grands criminels de la guerre contre les coalisés, Houyay ibn Akhtab, le père de Safiya, la mère des croyants (RA). Celui-ci avait rejoint Banî Kouraidha dans leur forteresse après la défection des Qoraïchites et des Ghatafân, fidèle à l’engagement qu’il avait donné à Kaab ibn Asad lorsque ce dernier l’avait abordé pour le pousser à la lâcheté et à la trahison, lors de la bataille contre les coalisés.
Lorsqu’on l’apportait il était revêtu d’une robe dont il avait, de tous côtés, coupé une proportion comparable à la longueur d’un doigt pour ne pas en être dépouillé. Il dit au Messager d’Allah (SAW) : « Par Allah, je ne me blâme point d’avoir été hostile à ton égard. Toutefois, quiconque lutte contre Allah se réserve la défaite ». Ensuite il dit aux gens : « Il n’y a aucun mal au sujet d’Allah : un livre, un destin et une épopée qu’il a décrétée pour les fils d’Israël ». Sur ces mots, il s’assit et fut aussitôt décapité.
Une seule des femmes de Kouraidha fut exécutée pour avoir tué Khallâd ibn Souwayd en lui jetant une meule.
Le Messager d’Allah (SAW) avait donné l’ordre de tuer ceux qui avaient procréé et de laisser en vie ceux qui n’avaient pas procréé. Aussi, épargna-t-on la vie de Atiyya Al-Kouradhi qui faisait partie de ceux qui n’avaient pas procrée ? Celui-ci embrassa l’Islam puis fut au nombre des compagnons.
On mit à la disposition de Tâlib ibn Kays, Az-Zoubair ibn Bâtâ qui lui était un allié. Furent aussi mis à sa disposition sa famille et ses biens. Alors Tâlib ibn Kays lui dit : « Le Messager d’Allah (SAW) t’a mis à ma disposition. Il a aussi mis à ma disposition tes biens et ta famille mais cette dernière te revient ».
Déjà au courant du massacre de sa tribu, Az-Zoubair dit :
« Thâbit ! Je te demande, par les liens qui nous unissent, de me faire rejoindre mes chers contribules ». Sur ce, Tâlib le décapita et le fit rejoindre ses chers parents juifs. Il devait ensuite laisser en vie, parmi les enfants de Az-Zoubair ibn Bâtâ, Abdour- Rahmân ibn Az-Zoubair qui finit par embrasser l’Islam et faire partie des compagnons.
On mit à la disposition d’Oumm Al-Mounthir Salm â Bint Kays An-Najjâriya, Rifâaa ibn Samaw -à Al-Kouradhi qu’elle laissa en vie. Celui-ci finit par embrasser l’Islam et être au nombre des compagnons. Cette nuit-là, un groupe parmi les Kouraidites se convertit à l’Islam, bien avant la reddition.
Aussi, épargna-t-on leur sang, leurs biens, leurs enfants et leurs femmes. La même nuit, Amr, quelqu’un non impliqué dans les actes de trahison de Kouraidha à l’égard du Prophète (SAW) sortit en plein air. Il fut alors aperçu par Mohammad ibn Maslama, le chef de la garde prophétique qui aussitôt le laissa passer lorsqu’ il l’eut reconnu ; mais celui-ci ne savait pas où aller. Le Messager d’Allah (SAW) partagea les biens de Banî Kouraidha après en avoir pris le cinquième. Il réserva 3 parts au cavalier (2 à lui et une à son cheval), et 1 part pour le fantassin. Il envoya une partie des captifs à Najd sous la supervision de Saad ibn Zayd Al-Ansârî et ceux-ci furent troqués contre des chevaux et des armes. Le Prophète (SAW) se choisit parmi les femmes Rayhâna Bint Amr ibn Khounâka. Ensuite il l’épousa et vécut avec elle jusqu’au moment de sa mort. C’est en tous cas ce qu’a dit Ibn Ishâk. Al-Kalbi, lui, soutient que le Messager d’Allah (SAW) épousa Notre Mère Rayhâna RA après l’avoir affranchie, à la sixième année de l’hégire, et que celle-ci transita alors que le Prophète (SAW) revenait de son pèlerinage d’adieu et sa Rawda est à Al-Baqî.
Etant donné le sort réservé à Banî Kouraidha, la prière du vertueux serviteur, Saad ibn Mouadh (RA) avait été exaucée, prière déjà évoquée lors de la bataille contre les coalisés. Le Messager d’Allah (SAW) avait dressé pour celui-ci une tente dans la mosquée de manière à le surveiller de près. Après le châtiment de Banî Kouraidha, les blessures de Saad se rouvrirent. A ce sujet, Aicha dit : « Ses blessures se réouvrirent, et son sang dégoulina vers Banî Ghifâr (qui avaient aussi une tente dans la mosquée). Ceux-ci dirent : « O vous autres dans cette tente qu’est ce qui nous vient ainsi de vous » ? Saad tout ensanglanté succomba à ses blessures ».
Il a été rapporté de Jâbir, dans les deux recueils de hadiths authentiques la parole du Prophète (SAW) exprimée en ces termes :
« Le trône du clément s’est balancé du fait de la transition de Saad ibn Mouadh ». Il s’y ajoute qu’At-Tirmidhî a trouvé authentique le hadith rapporté par Anas en ces termes : « Lorsqu’on eut porté le cercueil de Saad ibn Mouadh, les hypocrites dirent : « Quel léger cercueil ! » Ensuite, le Messager d’Allah (SAW) dit « C’était les anges qui le transportaient ». Un seul musulman fut tué lors du siège de Banî Kouraidha à savoir Khallâd ibn Souwayd tué par une femme de la tribu de Kouraidha qui lui avait jeté une meule. Mourut aussi lors du siège Abou Sinan ibn Mouhassin, le frère de Okâcha.
S’agissant d’Abi Loubâba, il resta attaché pendant 6 nuits. Sa femme venait le détacher aux heures de prière pour lui permettre de prier et ensuite le rattachait à la tige. Dans la suite, l’acceptation de son repentir fut, par merveille, révélée au
Messager d’Allah (SAW) alors que celui-ci était chez notre Mère Oumm Salama (RA). Debout à la porte de sa chambre, Oumm Salama (RA) dit alors : « Réjouis-toi, ô Aba Loubâba. Allah a accepté ton repentir ». Sur ce, les gens se précipitèrent d’aller le détacher mais ce dernier refusa d’être libéré de ses liens par autre que le Messager d’Allah (SAW). Celui-ci le libéra, un jour, alors qu’il s’en allait faire sa prière du matin.
L’expédition contre Banî Kouraidha eut lieu au mois de Thil-Kaada de l’an 5 de l’hégire. Le siège pour sa part dura 25 nuits. Allah révéla au sujet de cette expédition contre Banî Kouraidha plusieurs de versets de la sourate « les coalisés », mentionnant dans ces versets les péripéties de la bataille, la situation des musulmans et des hypocrites, la défection des coalisés et enfin les conséquences de la trahison des gens du Livre.
