Les activités militaires après l’expédition Ghazwa contre Banî Kouraidha
Le meurtre de Salâm ibn Abil-Houkaik
Salâm ibn Abil-Houkaik, surnommé Abou Râfia faisait partie des plus grands criminels juifs, ceux qui avaient réuni les coalisés contre les musulmans et qui les avaient beaucoup assistés matériellement et financièrement. De surcroît, il combattait et portait atteinte au Saint Messager d’Allah (SAW).
Aussi, lorsque les musulmans eurent achevé la Ghazwa de Banî Kouraidha, les Khazrajites s’entretinrent avec le Messager d’Allah (SAW) de son sujet. Etant donné que le meurtre de Kaab ibn Al-Achraf avait été effectué par des hommes faisant partie des Awsites, les Khazrajites, à leur tour, désiraient obtenir le même mérite ce qui les amena à se précipiter de demander une telle permission.
Le Saint Prophète (SAW) leur accorda cette permission en leur interdisant de tuer les enfants et les femmes. Ainsi, les Khazrajites s’en allèrent avec un groupe de 5 hommes faisant tous partie de Banî Salama, un groupe d’Al-Khazraj. Ils étaient sous la direction de Abdillâh ibn Atik RA. Après son départ, ce groupe se dirigea vers Khaybar car c’est là que se trouvait le château d’Abi Râfia. Lorsqu’ils se furent approchés du château, au coucher du soleil, alors que les gens étaient partis, Abdoullah ibn Atik dit à ses compagnons “ Asseyez-vous là ! Je vais faire le doux avec le portier. Peut-être me laissera-t-il entrer”. S’approchant de la porte, Abdoullah ibn ‘Atik se voilà à l’aide de son vêtement comme pour celui qui allait pour un besoin. Comme les gens étaient déjà entrés, le portier l’interpella en ces termes : “ Aba Râfia ! Si tu veux entrer entre ! Je veux fermer le porte”.
La suite est rapportée par Abdoullah ibn ‘Atik RA en ces termes :
“ J’entrai pour ensuite me cacher. Le portier ferma la porte après que les gens fussent entrés et par la suite en accrocha les clés sur un piquet. Alors, je me saisis de celles-ci et rouvris la porte. Il y avait une causerie de nuit chez Abi Râfia mais je maintins mon objectif. Après le départ des animateurs de la causerie, je montai donc vers lui, refermant hermétiquement toute porte par laquelle je passais. Je me dis en moi-même : les gens me cherchaient, ils ne sauraient me rejoindre avant que je ne puisse commettre mon acte. Enfin, j’atteignis l’endroit même où il était. Il se trouvait dans une maison sombre au milieu de sa famille. Ne sachant où il était dans cette maison je dis : Aba Râfia. Il répondit quelque part : Qui est-ce ? Me penchant alors du côté d’où la voix me parvenait, je fis, étonné, partir un coup d’épée qui, en fait, ne servit à rien. L’homme poussa un cri.
Alors je sortis de la maison, restai un peu à côté ensuite rentrai lui dire : Qu’est-ce que c’est ce bruit, Aba Râfia ? Il répondit : Malheur à moi ! quelqu’un dans la maison vient de me donner un coup d’épée. Alors, je lui assénai un coup d’épée qui le blessa sans le tuer, pour ensuite lui planter au ventre la pointe de mon épée qui lui sortit par le dos. Par cet acte je compris que j’avais réussi à la tuer. Je me mis donc à descendre, rouvrant les portes l’une après l’autre au point de poser les pieds sur la dernière marche de l’escalier que je confondis avec le sol. Ce faisant je roulai à terre dans la nuit de clair de lune et ma jambe se cassa.
Bandant celle-ci à l’aide d’un turban, je progressai jusqu’à la porte et m’assis en me disant : Je ne quitterai pas dans la nuit avant d’être certain de l’avoir tué. Au chant du coq, quelqu’un cria du haut du mur : « Je vous annonce le meurtre d’Abi Râfia, le commerçant des gens de Najd ». Je rejoignis mes compagnons et leur dis : Sauvez-vous ! Allah a tué Aba Râfia ». Je me présentai par la suite au Messager d’Allah (SAW) et lui rapportai l’événement. Celui-ci, alors me dit : « Tends ta jambe », et lorsque j’eus tendu la jambe, il la massa de manière à la guérir complètement ». Voilà le rapport fait par Al-Boukhari sur la question.
Pour Ibn Ishâk tous les 5 Khazrajites abordèrent Ibn Râfia et participèrent à son meurtre. Toutefois, le coup d’épée fatal fut donné par Abdillâh Ibn Anîs. Le rapport établit aussi qu’après que le meurtre fût commis dans la nuit. Abdoullah Ibn Atik se cassa l’une de ses jambes, et fut transporté par ses camarades.
Arrivés à une source, ceux-ci y plongèrent, tandis qu’autour d’eux, les juifs, exaspérés, mettaient le feu un peu partout. Ces mêmes juifs devaient ensuite, désespérés de leur chasse, retourner auprès de leur camarade. De la sorte, les 5 Khazrajites s’en revinrent, transportant Abdallah Ibn Atik jusque devant le Messager d’Allah (SAW)-
Cette Sariyya fut envoyée au mois de Thil-Qaada ou à celui de Thil-Hijja de l’an 5 de l’hégire. Ayant fini de régler leurs comptes aux coalisés et à Bani Kouraidha, le Messager d’Allah (SAW) commença à dépêcher des missions punitives contre les tribus et les arabes dont la soumission à la paix et à la sécurité n’était acquise que par la force des armes.
La Sariyya de Sidna Mohammad ibn Maslama RA
C’était la première du genre depuis la fin des confrontations avec les coalisés et Banî Kouraidha. Constituée de 30 cavaliers, elle se mit en route vers Al-Qartâ, du côté de Dariyya situé sur les terres vierges de Najd, (à 7nuits de marche de Médine). Elle quitta Médina dans la dixième nuit du mois de Moharram de l’an 6 de l’hégire pour aller attaquer Banî Bakr ibn Kilâb. Ceux-ci ayant alors pris la fuite, ils se chargèrent de butin et rentrèrent à Médine à la 29e nuit de Moharram, ramenant avec eux Thoumâma ibn Athâl Al-Hanafi, le chef de Banî Hanîfa.
La raison de l’expédition fut que Thoumâma ibn Athâl Al-Hanafi (le chef des Bani Hanîfa) était sorti incognito pour assassiner le Prophète (SAW) sous l’injonction de Moussaylama le menteur. Toutefois, les musulmans le capturèrent et, une fois à Médine, l’attachèrent solidement à l’un des troncs d’arbre de la mosquée.
Ensuite, le Prophète (SAW) vint lui parler en ces termes : « Comment vas-tu Thoumâma » ?
Celui-ci répondit : « Je vais bien, Mohammad (SAW) ! Si tu me tues, tu auras tué quelqu’un du même sang que toi, si tu me laisses en vie, tu auras laissé en vie quelqu'un qui sera reconnaissant. Si c’est de l’argent que tu veux, demandes-en et tu en auras abondamment ». Le Prophète (SAW) le laissa, pour ensuite revenir lui poser la même question et recevoir la même réponse. Passant devant lui une troisième fois, il dit (après lui avoir posé la même question et reçu la même réponse) : « Libérez Thoumâma ». Dès qu’il fut libéré, l’homme s’en alla sous un palmier proche de la mosquée, se baigna puis revint embrasser l’Islam. Il dit : « Par Allah ! Aucun visage au monde ne m’était plus haïssable que le tiens, que je considère à présent comme le plus aimable de tous ! Par Allah ! Aucune religion au monde ne m’était plus haïssable que la tienne, alors que je la considère à présent comme la plus aimable de toutes ! Tes cavaliers m’ont capturé alors que je voulais faire le petit pèlerinage (la Oumra). »
Sur ces mots, le Messager d’Allah (SAW) lui fit bon présage et ensuite lui ordonna d’aller effectuer la Oumra (le petit pèlerinage).
Celui-ci s’en alla à la Mecque où les Koraïchites, lui dirent : « Tu es devenu apostat, Thoumâma ? ». Alors, il répondit : Non ! Par Allah ! Je me suis plutôt converti à la religion de Mohammad (SAW). Par Allah ! désormais, aucun grain de froment ne vous parviendra de Yamâma, si ce n’est après autorisation du Messager d’Allah (SAW).
Yamâma était à l’époque la source d’approvisionnement de la Mecque. Dès son arrivée à Yamâma, Thoumâma RA interdit tout transport de froment en direction de la Mecque. Eprouvés par le boycott, les Mecquois adressèrent une lettre au Saint Messager d’Allah (SAW) lui demandant par les liens de parenté qui les unissaient à lui, d’écrire à Thoumâma RA pour faire cesser le blocus. Leur demande fut satisfaite.
L’expédition Ghazwa contre Banî Lihyan
Banou Lihyan étaient ceux qui, à Ar-Rajia, avaient trahi dix des compagnons du Prophète (SAW) et provoqué leur exécution. A l’époque, le Messager d’Allah (SAW) voyant que leurs demeures étaient situées à l’intérieur du Hijâz, à la frontière de la Mecque et que des actes de vengeance ne cessaient d’être développés par les Koraïchites et les bédouins, à l’encontre des musulmans, s’était abstenu de les poursuivre jusque sur leur terroir avoisinant celui de ses ennemis. Cependant, après la défection, le découragement et la relative soumission des coalisés, c’était pour le Messager d’Allah (SAW) le moment de s’attaquer à Banî Lihyan.
Ainsi, se dirigea-t-il (SAW) vers eux au mois de Rabia Al-Awwal ou de Joumâdâ Al-Oula de l’an 6 de l’hégire, à la tête de 200 de ses compagnons, se faisant remplacer à Médine par Ibn Oumm Maktoum RA. Au départ, il (SAW) donna l’impression d’aller en Syrie.
Par la suite il accéléra sa marche au point d’atteindre Batn Gharrân, une vallée située entre Amj et Osfân (là où l’on avait tué les nobles compagnons RA). Là, il se recueillit et pria pour les martyrs. Mis au courant de sa présence, Banî Lihyan, fugitifs, allèrent se réfugier sur les sommets des montagnes ; nul d’entre eux n’a été capturé.
Le Messager d’Allah (SAW) resta pendant deux jours sur leur terroir envoyant des Sariyyas mais celles-ci ne parvinrent pas à capturer les fugitifs. Il poursuivit ensuite sa marche vers Osfân et envoya 10 cavaliers à l’extrémité d’Al-Ghamim pour se faire entendre des Koraïchites. Par la suite, il rentra à Médine, après 14 nuits d’absence.
La Sariyya de Okacha ibn Mihssane RA à Al-Ghamr
Les tribus des Banû Assad, étaient des plus fortes à Nejd, avaient déjà participé dans la bataille des coalisés contre les Musulmans. Leur chef était Tulayyha ibn Khuwaylid.
Donc, c’est tout à fait logique que le Prophète (SAW) les considérât comme des ennemis et eut des mesures correctionnelles contre elles. Afin de leur prouver que les Musulmans n’étaient pas aussi faibles comme elles le pensaient et qu’ils pouvaient frapper au cœur même de leurs ennemis
C’est dans cette atmosphère que le Prophète (SAW) chargea Okacha ben Mihssane qui était à la tête de 40 hommes, d’attaquer les Banû Assad dans leur localité même.
En effet, Okacha ben Mihssane RA quitta Médine avec ses hommes et se dirigea vers l’ennemi. Mais les Banou Assad eurent des informations sur l’opération avant que la patrouille musulmane n’arrive. Ce qui les poussa à prendre la fuite dans les montagnes avoisinantes de leur pays.
En arrivant, Okacha ben Mihssane RA ne trouva personne. Il chargea alors Chouja ben Wahb comme éclaireur. Ce dernier, après son retour, informa Okacha ben Mihssane de l’existence des traces d’un troupeau de chamelles. Okacha RA donna l’ordre de poursuivre ses traces. On trouva enfin un homme endormi, interrogé sur les Banû Assad, celui-ci répondit : « informés de votre venue, ils se sont dirigés vers les montagnes de leur pays. »
On l’interrogea ensuite sur les troupeaux, effrayé, il désigna aux musulmans un pâturage contenant deux cents chamelles.
Les hommes de Okacha ben Mihssane RA se contentèrent alors de ce butin et rebroussèrent chemin vers Médine.
Donc dans cette expédition il n’y eut pas de combat. Cependant, elle avait suffisamment prouvé aux arabes que les Musulmans étaient une puissance qu’il fallait craindre et éviter d’avoir affaire avec elle.
La Sariyya de Mohammad ibn Maslama RA à Thil-Qassa
Elle eut lieu dans le courant du mois de Rabia Al-Awwal ou de Rabia Al-Akhir de l’an 6 de l’hégire. Ibn Maslama RA sortit en compagnie de 10 hommes pour se rendre à Al-Qassa, lieu de résidence de Banî Thaalaba.
A l’occasion, les ennemis (100 hommes) guettèrent leur position et attendirent que les musulmans se furent endormis pour les tuer. Les compagnons furent tous tué à l’exception d’Ibn Maslama qui fut blessé mais quand même réussit à s’échapper.
La Sariyya d’Abi Obayda ibn Al-Jarrâh RA à Thil-Qassa
Elle eut lieu dans le courant du mois de Rabia Al-Awwal de l’an 6 de l’Hégire. Abou Obayda fut envoyé par le Messager d’Allah (SAW) suite au meurtre des compagnons de Mohammad ibn Maslama. Celui-ci sortit en compagnie de 40 hommes, en direction de l’endroit où les musulmans avaient été tués. Après toute une nuit de marche, ils surgirent au matin, chez Banî Thaalaba qui s’enfuirent dans les montagnes. Les musulmans capturèrent un seul homme parmi eux et s’en retournèrent avec du butin.
La Sariyya de Zayd ibn Haritha à Al-Jamoum :
Elle eut lieu dans le courant de Rabia Al-Akhir de l’an 6 de l’hégire. Al-Jamoum était un point d’eau situé à Marr Adh-Dhahrân et appartenant à Banî Salim. Zayd sortit contre ceux-ci et put capturer une femme en provenance de Mazina connue sous le nom de Halima. Celle-ci montra à Zayd et à ses compagnons là où se cachaient Banî Salim et ce faisant leur permit de ramasser du butin et de capturer des prisonniers.
Lorsqu’à son retour à Médine Zayd se fut présenté avec le butin, le Prophète (SAW) affranchit Halima et ensuite l’épousa.
La Sariyya de Zayd ibn Haritha à Al-Is
Elle eut lieu dans le courant de Joumada Al-Oula (an 6 de l’hégire). Zayd, à l’occasion, sortit avec 170 cavaliers et s’empara des biens de la caravane de Koraich conduite par Aboul-As, le gendre du Messager d’Allah (SAW). Réussissant à s’échapper, Aboul-As alla solliciter la protection de Zaynab, demandant à celle-ci d’intervenir, auprès de son père, le Messager d’Allah (SAW) pour se faire rendre par celui-ci les biens de la caravane. Zaynab intervint et le Prophète (SAW) demanda aux gens de bien vouloir rendre les biens en question sans toutefois les y contraindre.
Ainsi, tous les biens furent rendus, après quoi Aboul-As s’en retourna à la Mecque, rendit les biens à qui de droit embrassa l’Islam puis émigra. A son retour à Médine, le Messager d’Allah (SAW) lui rendit Zaynab, sur la base du premier contrat de mariage qui remontait à trois ans et demi, comme en attestent les dispositions du hadith authentique. Il la lui rendit sur la base du premier contrat de mariage parce que le verset interdisant les musulmans aux infidèles n’était pas encore révélé.
La Sariyya de Zayd à At-Tarf (ou At-Tark) :
Elle eut lieu dans le courant du mois Joumada Al-Akhira de l’an 6 de l’hégire. Zayd sortit en compagnie de 5 hommes et se rendit chez Banî Thaalaba. Ceux-ci prirent la fuite, craignant d’être attaqués par le Messager d’Allah (SAW).
Les musulmans s’emparèrent alors d’un butin de 20 chameaux. Zayd et ses hommes s’absentèrent de Médine pendant 4 nuits.
La Sariyya de Zayd à Wâdî Al-Koura
Elle eut lieu dans le courant du mois de Rajab de l’an 6 de l’hégire. A l’occasion, Zayd sortit en compagnie de 12 hommes et se rendit à Wâdî Al-Koura pour se rendre compte des déplacements de l’ennemi, si toutefois celui-ci s’y trouvait. Les habitants de Wadi Al-Koura attaquèrent les musulmans et tuèrent 9 d’entre eux. Les 3 autres comprenant Zayd ibn Haritha échappèrent.
La Sariyya d’Al-Khabt
On dit qu’elle eut lieu dans le courant du mois de Rajab de l’an 8 de l’hégire, mais le contexte de sa production montre plutôt quelle eut lieu avant Al-Houdaybiyya. A ce sujet, Jabir dit : « Le Prophète (SAW) nous envoya avec 300 cavaliers.
Sous la responsabilité d’Abi Obayda ibn Al-Jarrâh, nous étions chargés d’observer une caravane appartenant à Koraich. A l’occasion, une faim violente nous tenailla tant et si bien que nous fûmes obligés de nous nourrir de Khabt (fruits gaulés).
Notre armée en fut amenée à être appelée « Armée d’Al Khabt ». Ensuite, quelqu’un égorgea trois moutons, puis égorgea trois autres moutons, et encore trois autres moutons mais Abou Obayda lui interdit de continuer. Par la suite, la mer rejeta, à notre profit, un animal dénommé « cachalot »' et dont nous mangeâmes pendant 15 jours. Nous en utilisâmes tellement la graisse comme pommade que nos corps s’en trouvèrent raffermis et bien portants. Abou Obayda prit une des côtes du cachalot et fit passer en dessous le plus grand des chameaux montés par le soldat le plus grand de l’armée, du point de vue de sa taille. Ensuite, munis d’une provision de la viande du cachalot coupée en tranches et séchées, nous rentrâmes à Médine où nous rapportâmes l’événement au Messager d’Allâh (SAW). Celui-ci dit :
« C’est un moyen de subsistance qu’Allah vous a fait sortir de la mer ! Avez-vous quelque chose de la viande de ce cachalot ? Je veux en manger ! Nous lui fîmes alors parvenir une partie de la viande ».
A ce propos nous disons que le contexte des faits montre bien que la Sariyya en question a eu lieu avant Al -Houdaybiyya car les musulmans avaient cessé de s’attaquer aux caravanes de Koraich, après la réconciliation d’Al-Houdaybiyya

