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SIRA 6 – [Partie 14/19] LES EXPÉDITION DU SAINT PROPHÈTE MOUHAMMAD (SAW)

« Assurément, le drapeau, je le remettrai demain à un Homme aimé d'Allah et de Son Messager et qui aime Allah et Son Messager ».

Intermédiaire · 34 min de lecture · 6 octobre 2023

Ancien article · non reluArticle repris tel quel de l’ancien site Solisalim (publié le 6 octobre 2023). Il n’a pas encore été relu par le comité savant.

LES ACTIVITÉS MILITAIRES APRES LA RÉCONCILIATION D'AL-HOUDAYBIYYA

La Ghazwa de la forêt ou la Ghazwa de Thi-Kird

Cette Ghazwa fut une opération de poursuite lancée contre un clan de Banî Fizâra qui, par un acte de piraterie, s'étaient emparés des chamelles du Messager d'Allah (SAW). Ce fut la première Ghazwa faite par le Messager d’Allah (SAW) après Al- Houdaybiyya, Ghazwa qui sous tous ces rapports se réfèrent à Salama ibn Al-Akwaa, le héros de la dite Ghazwa. Celui-ci dit : “ Le Messager d'Allah (SAW) avait envoyé son troupeau qu'accompagnait le jeune Rabâh et j'étais avec celui-ci sur le cheval d’Abi Talha. Le lendemain matin, Abdour-Rahmân Al-Fizâri attaqua soudain le troupeau et, après s'en être emparé, en tua le berger. Alors, je dis : "Rabâh ! enfourche ce cheval et va le dire à Talha. Informe aussi le Messager d'Allah (SAW).

Ensuite, debout sur un monticule de terre, je fis face à Médine et appelai trois fois en ces termes : "Au secours". Par la suite, je poursuivis les voleurs et me mis à leur tirer des flèches tout en récitant des vers de poésie en Rajaz :

"Prends ça de la part d'ibn Al-Akwaa Aujourd’hui est un jour d'iniquité".

Ibn al Akwa RA rapporta comment il les poursuivit, seul, et en tua un certain nombre, au point de récupérer tout le troupeau.

Le Prophète SAW le rejoignit avec quelques compagnons ; il (SAW) lui offrit deux parts de butin, et le prit en croupe sur sa chamelle bénie lors du retour à Médine. Au cours de cette Ghazwa, il se fit remplacer à Médine par ibn Oumm Maktoum RA et remit le drapeau à Al-Miqdâd ibn Amr RA.

 Une attaque contre le Prophète d’Allah (SAW)

Au cours des mêmes semaines qui suivirent le retour des pèlerins, la vie du Prophète SAW fut en butte à une attaque lancée d’une façon qui n’avait jamais été utilisée jusqu’alors contre lui.

Chaque génération de juifs d’Arabie comptait un ou deux adeptes des sciences de la magie, et il s'en trouvait un à ce moment-là parmi les juifs vivant à Médine : un certain Labîd, expert en sorcellerie, qui avait également enseigné son art subtil à ses filles par crainte que ses connaissances ne meurent avec lui.

Ce Labîd venait de recevoir une forte somme pour jeter sur le Prophète SAW un sort aussi mortel que possible. A cette fin, il lui fallait quelques cheveux du Prophète SAW, que lui-même ou l’une de ses filles parvint à se procurer, peut-être par l’entremise d’une personne entièrement innocente. Il fit onze nœuds dans les cheveux et ses filles soufflèrent des imprécations sur chaque nœud. Il attacha ensuite le paquet de cheveux à une pousse de palmier dattier mâle enveloppé de sa gaine de pollen et il jeta le tout dans un puits profond. Le sort ne pouvait être rompu que si l’on parvenait à délier les nœuds.

Le Prophète SAW eut bientôt conscience qu’il se passait quelque chose de tout à fait anormal. D’une part, il commençait à avoir des pertes de mémoire et, d’autre part, il lui arrivait d’imaginer avoir fait certaines choses qu’en réalité il n’avait pas accompli. Il se sentait aussi extrêmement faible et, lorsqu’on lui présentait quelque nourriture, il ne parvenait pas à manger. Il priait Dieu de lui donner la guérison et, alors qu’il dormait, il eut conscience que deux personnes étaient présentes auprès de lui, l’une assise à son chevet et l’autre à ses pieds. Il entendit l’une d’elles informer l’autre de la cause exacte de son mal et lui indiquer le nom du puits.

Lorsqu’il s’éveilla, Gabriel as vint à lui, confirma la véracité de son rêve et lui donna deux sourates du Coran, l’une composée de cinq versets et l’autre de six. Le Prophète SAW dit à Seydina Alî (RA) d’aller jusqu’au puits et de réciter au-dessus de lui les deux sourates qui venaient d’être révélées. A chaque verset, l’un des nœuds se dénouait et, lorsqu’il n’en resta plus, le Prophète SAW retrouva son intégrité mentale et physique. La première de ces deux sourates est la sourate Falaq (S 113) :

« 1. Dis : “Je cherche protection auprès du Seigneur de l'aube naissante,

2. contre le mal des êtres qu'Il a créés,

3. contre le mal de l'obscurité quand elle s'approfondit,

4. contre le mal de celles qui soufflent (les sorcières) sur les nœuds,

5. et contre le mal de l'envieux quand il envie ”. ».

La seconde sourate est la sourate Nâss (114) :

« 1. Dis : “Je cherche protection auprès du Seigneur des hommes.

2. Le Souverain des hommes,

3. Dieu des hommes,

4. contre le mal du mauvais conseiller, furtif,

5. qui souffle le mal dans les poitrines des hommes,

6. qu'il (le conseiller) soit un djinn, ou un être humain” ».

Ces sourates sont placées à la fin du Coran. On les appelle « les deux prises de refuge » et les musulmans les récitent très souvent afin de se protéger du mal sous toutes ses formes.

Le Prophète SAW ordonna de combler le puits et, pour le remplacer, d’en creuser un autre à proximité. Il fit venir Labîd, qui avoua lui avoir jeté un sort moyennant paiement, mais le Prophète SAW ne prit aucune sanction à son encontre.

L’EXPEDITION GHAZWA DE KHAYBAR

Au mois de Moharram de l'An 3 de l'Hégire, Khaybar était une grande ville dotée de forteresses et de plantations et située à une distance de 110 à 150 km au nord de Médine. C'est à présent un village au climat quelque peu âpre.

Cause de l'expédition

Pour Rappel les Banû an Nazîr après leur expulsion, choisirent Khaybar comme nouveau pays retiré mais pas trop éloigné de Yathrib, car il y avait la plus grande force militaire des juifs dans toute l’Arabie.

Les Banû an-Nazîr, au lieu d’apprécier à sa juste valeur l’esprit de tolérance du Saint Prophète SAW à leur égard, avaient préparé de cette base arrière (Khaybar) leur plan qui amena plus tard le siège des coalisés donnant la preuve que ces juifs n’allaient pas économiser leur énergie pour atteindre leur objectif contre les musulmans (RA).

Aussi Grâce à la trêve signée avec les Mecquois, les musulmans (RA) purent concentrer leur attention sur les dangers qui les menaçaient au nord. Le principal était constitué par la ville de Khaybar.

C’est presque certainement de Khaybar que le sorcier Labîd avait reçu le prix de son envoûtement, payé collectivement ou, peut-être, par un seul individu.

Mais d’autres motifs beaucoup plus évidents et plus généraux justifiaient une action contre les Bani Nadîr exilés et leurs parents Khaybarites. Non pas qu’il y eût lieu de craindre qu’ils envahissent Yathrib : à l’exception d’un ou deux parmi eux, ils n’avaient pris aucune part directe à la campagne de la Tranchée. Cependant, ils avaient tout fait pour encourager les Quraysh à attaquer et c’est leur influence qui avait décidé les Ghatafân, alors alliés des musulmans, à se ranger du côté des Quraysh. C’était aussi en grande partie à cause d’eux que les Ghatafân étaient encore pratiquement en état de guerre avec l’oasis. Médine ne pourrait jamais connaître une paix complète tant que Khaybar resterait dans les mêmes dispositions.

Alors il était devenu évident au Prophète (SAW) que les coalisés et les Quraidites étaient en réalité la queue de la vipère, et que la vipère qui tirait les ficelles était encore vivante et se cachait dans son gîte à Khaybar.

Préparatif pour Khaybar

Le Prophète (SAW) ne dissimula pas ses préparatifs comme il avait l’habitude de le faire dans la plupart de ses campagnes. Cette fois, Il SAW proclama la mobilisation générale et informa les gens qu’il marcherait sur Khaybar.

Quand le Messager (SAW) donna l’ordre à ses compagnons de se préparer pour marcher sur Khaybar, ces derniers (RA) ne cachèrent pas leur joie de participer à cette campagne car ils avaient encore en tête le rôle moteur joué par les nazîrites dans le siège du Khandaq et le danger qu’ils faisaient balancer depuis Khaybar tel une épée de Damoclès sur Médine.

Ils exprimèrent leur joie car Allah (SWT) leur avait promis, lors de leur retour d’Al-Houdaybiyya avec le Saint Prophète SAW, de leur offrir la conquête de Khaybar :

“ Allah vous promet un riche butin qui vous tombera dans les mains. Il a hâté pour vous l'heureuse conclusion de cette affaire”. (48 :20).

L’appel entendu, les musulmans (RA) entreprirent aussitôt les préparatifs nécessaires à la mise sur pied de l’armée. Les sabres furent tirés de leurs fourreaux et nettoyés, les flèches, les arcs et les lances vérifiées, les chevaux inspectés. Chaque musulman (RA), après s’être préparé, se tenant prêt à l’appel au rassemblement.

Les hypocrites se mettaient à travailler pour les juifs. Le chef des hypocrites, Abdoullah ibn Oubay envoya dire aux juifs de Khaybar : “ Mohammad SAW vient vers vous. Prenez vos gardes. N'ayez pas peur de lui. Vous êtes nombreux et bien équipés alors que les hommes de Mohammad SAW font un petit groupe doté de peu d'armes”.

Ainsi informés les habitants de Khaybar envoyèrent Kinâna ibn Abil-Houkaik et Houtha ibn Kays auprès des Ghatafan solliciter leur secours, en tant qu'alliés des juifs de Khaybar et leurs partenaires contre les musulmans. Ceux-ci furent d'accord à condition de recevoir la moitié des récoltes de Khaybar, en cas de victoire sur les musulmans.

Effectif de l'armée musulmane

Bien sûr, ce ne furent pas tous les Médinois qui allaient participer à cette expédition militaire.

Etant donné que les hypocrites et les incrédules avaient fait défection lors de l'expédition d'Al-Houdaybiyya, Allah, à leur égard, donna à son Prophète (SAW) l'ordre exprimé en ces termes :

« Vous voyant partir pour amasser un riche butin ceux qui, auparavant avaient fait défection vous diront : "Laissez-nous nous joindre à vous." Ils entendent ainsi changer l'arrêt d'Allah. Dis-leur : "Jamais vous ne nous suivrez. Allah en a déjà ainsi décidé !” Ils diront alors : "Vous le dites bien plutôt pour vous réserver le butin !" Ces gens-là ne saisissent qu'à peine la vérité” ». (48 :15).

Au moment d'aller à Khaybar, le Messager d'Allah (SAW) publia que seuls ceux qui désiraient combattre devaient venir avec lui. Ainsi, ne partirent avec lui que ceux qui lui avaient fait serment de fidélité : 1400 hommes au total.

Quand le Messager (SAW) appela les 1400 compagnons à se préparer pour sortir sur Khaybar, ces retardataires, que Allah (SAW) qualifia ainsi, se présentèrent au Prophète d’Allah (SAW) et lui exprimèrent leur volonté de faire partie de l’armée et d’avoir le privilège de participer à la lutte comme les autres.

Mais en vérité, leur sécrète intention en exprimant ainsi cette volonté de façade n’était pas de participer à la lutte pour la cause d’Allah (SWT) mais plutôt de s’octroyer une part du butin.

La demande des retardataires de participer à la campagne fut donc refusée par le Noble Prophète SAW.

En tant que Prophète respectueux des ordres d’Allah (SWT), le Messager d’Allah (SAW) déclara que seuls ceux qui avaient prêté allégeance sous » l’arbre » prendraient part à l’expédition de Khaybar. Allah avait dit de ces mille quatre cents Musulmans (RA)

« Allah est satisfait des croyants qui t’ont juré fidélité sous l’arbre. Il savait de quels sentiments leur cœur était animé. Il leur a donné la paix de l’âme et une victoire prochaine, et d’innombrables butins qu’ils prendraient car Allah est Puissant et Sage » (La victoire : 18 et 19)

A l'occasion de cette Ghazwa le Prophète (SAW) se fit remplacer à Médine par Sabbâa ibn Arfata (RA).

Selon Ibn Ishâk, le remplaçant était Noumaila ibn Abdillâh Al- Laythi ; toutefois, pour les investigateurs le remplacement par Sabbâa est plus plausible. A ce moment-là, Abou Hourayra arriva à Médine pour se convertir à l'Islam. Il trouva Sabbâa ibn Arfata en train d’accomplir sa prière du matin et attendit qu'il eût fini pour se présenter à lui et se convertir à l'Islam, Il se présenta ensuite au Messager d'Allah (SAW), et parla aux musulmans qui l'associèrent, lui et ses compagnons, aux activités militaires.

En route pour Khaybar

Se dirigeant vers Khaybar, le Messager d'Allah (SAW) passa par la montagne et ensuite As-Sahbâ avant de descendre dans une vallée appelée Ar-Rajia. Là, il était à un jour de marche de Ghatafan. S’agissant de ceux-ci, ils se préparèrent et se dirigèrent vers Khaybar pour prêter main forte aux juifs.

Toutefois, en route, ils perçurent un vacarme derrière eux. Pensant alors que les musulmans s’attaquaient à leurs familles et à leurs biens, ils retournèrent sur leurs pas laissant le Prophète (SAW) seul avec Khaybar.

Par la suite, le Messager d’Allah (SAW) appela les deux guides conduisant l’armée, guides dont l’un s’appelait Housayl, pour leur demander de lui montrer la meilleure voie qui, aboutissant à Khaybar en passant par le nord (c'est à dire du côté de la Syrie), lui permettrait de faire écran entre Ghatafan et les juifs et empêcher ces derniers de s'enfuir vers la Syrie. L'un d'entre eux dit : “ Je vais te conduire, messager d'Allah”. Sur ces mots, le guide se mit en route. Peu après il atteignit un carrefour et dit :

« Messager d'Allah SAW ! chacune de ces voies mène à destination”. Le Messager d’Allah (SAW) demanda au guide de lui dire le nom de chaque voie. Alors, celui-ci dit : “ l'une d’elle porte le nom de Houzn (tristesse)”. Le Prophète (SAW) refusa de suivre une telle voie.

Le guide reprit : “ Il y a une autre voie qu'on appelle Chach”, le Prophète (SAW) refusa de l'emprunter. L'homme dit : “ Il y a aussi Hâtib”, le Prophète (SAW) refusa.

A ce niveau Housayl dit : “Il ne reste qu'une seule voie”. “ Comment s'appelle-t-elle”, demanda Omar. “ Marhab”, répondit le guide. Ce fut la voie que le Prophète (SAW) emprunta.

Quelques-uns des événements qui se sont produits en cours de route

1- Selon un rapport, Salama ibn Al-Akwaa dit : “ Nous étions sortis avec le Prophète SAW pour nous rendre à Khaybar, alors que nous marchions la nuit, quelqu’un d'entre nous dit à Aâmir :

“Aâmir, ne nous fais-tu pas entendre de tes compositions” ? Doté d'une verve poétique, Aâmir stimula alors les gens, disant :

“ Seigneur ! n'eût été Toi nous ne connaîtrions ni droiture, ni aumône ni prière. Pardonne-nous et préserve-nous de ce que nous craignons. Raffermi nos pas lorsque nous aurons rencontré l'ennemi. Rends-nous sereins. Nous, lorsqu'on nous aura crié dessus nous refuserons et au cri nous nous révélerons les meilleurs”.

Le Messager d'Allah (SAW) dit : “ Qui est ce qui dirige cela ” ? Les gens lui répondirent : “Aâmir ibn Al-Akwaa” Alors il dit :

“ Qu’Allah l'agrée dans sa clémence”. Quelqu'un parmi nous dit :

“ Tu vois sa fin, Prophète d'Allah SAW ! Sinon tu nous laisserais jouir de lui”.

Les gens savaient que le Messager d'Allah (SAW) ne demandait pardon pour l'un de ses hommes que lorsque celui-ci tombait en martyr. Effectivement, Aâmir mourut en martyr dans la guerre contre Khaybar.

2. A As-Sahbâ, tout près de Khaybar. Le Prophète (SAW) accomplit la prière du Asr. Ensuite, il fit apporter les provisions.

On ne lui présenta alors que de la farine fine qui, sous son ordre, devint abondante de telle sorte que tout le monde en mangea. Par la suite, se préparant pour le Maghrib, il se rinça la bouche et les gens aussi, après quoi il pria sans faire ses ablutions.

Ensuite Il SAW accomplit la prière du Ichâ. Lorsqu’il se fut approché de Khaybar au point de le surplomber, il dit : “ Halte”, et l'armée s'arrêta, alors,

Il SAW dit : “Seigneur ! Toi le Maitre des sept cieux et de ce qu'ils ombragent, Toi le Maître des sept terres et de ce qu'elles contiennent, Toi, le Maître des Satans et de ce qu'ils égarent, nous Te demandons de nous accorder le bien de ce village, de sa population et de tout ce qu’il contient. Nous nous réfugions auprès de Toi contre le mal de ce village, de sa population et de tout ce qu'il contient. Entrez-y au nom d'Allah”.

Les préparatifs des seigneurs de Khaybar

A la lumière des informations envoyées par les hypocrites de Médine, ils sonnèrent l’alerte générale sur une large échelle et avec plus de sérieux qu’auparavant. Ils rassemblèrent toutes leurs forces militaires et prirent toutes les dispositions qu’ils voyaient nécessaires pour contrer l’armée du Prophète (SAW).

Le plan tactique qu’ils adoptèrent fut dominé par l’aspect défensif biens que leurs forces militaires étaient supérieures à celles des musulmans.

Lors de cette réunion, les seigneurs de Khaybar se divisèrent en 3 groupes :

-        Un groupe pencha pour le retranchement des troupes derrière les fortifications ;

-        Le second groupe, il eut l’idée de se mettre à l’extérieur et d’engager le combat avec les musulmans ;

-        Le troisième groupe plus audacieux que le second, proposa de surprendre les musulmans à Médine avant même que ces derniers n’entament leurs mouvements sur Khaybar.

-        Ils finirent par choisir deux lignes de défense :

-         La première étant constituée par les forts et les citadelles qui se trouvaient bien sûr à l’avant dans celle-ci, ils ne laissaient que des hommes armés.

-        La seconde ligne étant constituée par les autres forts et les autres citadelles qui se situaient un peu à l’arrière dans celle-là ils installèrent les femmes et les enfants aussi une grande quantité de vivre.

Les châteaux de Khaybar

Khaybar était divisée en deux parties dont la première comportait 5 châteaux :

1) le château de Nâaim.

2) le château d’As-Saad ibn Mouadh.

3) le château de Kalait Az-Zoubair.

4) le château d’Oubay.

5) le château d'An-Nazzâr.

Les 3 premiers châteaux étaient situés dans une zone appelée An-Noutât.

Les deux autres étaient situés dans une zone du nom d'As-Sawîq.

Quant à la deuxième partie, elle était connue sous le nom d’Al-Katîba. Elle ne comportait que 3 châteaux :

1) le château d'Al-Kamous (celui de Banî Abil-Houkaik, un clan faisant partie de Banî An-Nadîr).

2) le château d'Al-Watîh.

3) le château d'As-Salâlim.

Il y avait à Khaybar des châteaux et des forteresses autres que ces huit. Toutefois, ils étaient petits et moins bien protégés que les autres.

Les combats se déroulèrent dans la première partie. S’agissant de la seconde, elle se rendit sans combats malgré le grand nombre de sanctuaires que comportaient ses 3 châteaux.

L'armée musulmane aux portes de Khaybar

L’arrivée près de Khaybar se fit en pleine nuit. Les musulmans passèrent la nuit et dès le lendemain matin, les combats allaient commencer, tout près de Khaybar, à l’insu des juifs.

Lorsqu'il parvenait chez ses ennemis dans la nuit, le Prophète (SAW) avait l'habitude de ne s'approcher de ceux-ci qu'au matin. Ainsi, au matin, il accomplit la prière du Fajr après quoi, les musulmans enfourchèrent leurs montures.

Cependant, aucun juif ne remarqua la présence des musulmans, malgré l’état d’alerte maximale. Cette nuit, tous les juifs dormirent d’un profond sommeil et ne se réveillèrent que quand le soleil se leva bien haut dans le ciel. Ce ne fit qu’en plein jour que tout Khaybar vit les 1400 combattants (RA) menées par le Messager d’Allah (SAW).

Le Prophète (SAW) avait choisi un point particulier pour le campement de son armée ; toutefois, à cet égard, Houbâb ibn Al- Mounthir proposa au Saint Prophète SAW un autre emplacement, en disant : “ Messager d'Allah SAW ! Ce campement est trop proche des châteaux de Noutât où se trouvent tous les combattants de Khaybar. Ceux-ci connaissent notre situation alors que nous ignorons la leur. Leurs flèches nous parviendront alors que les nôtres ne leur parviendront point. Nous ne saurions échapper à une attaque à l'improviste. Il s'y ajoute que cet endroit est creux, malsain et entouré de palmiers. Si tu nous en donnais l'ordre, nous nous déplacerions vers un endroit ne présentant pas de tels inconvénients”.

Le Messager d'Allah (SAW) dit : “C'est cela le bon avis”. Sur ces mots, l'armée changea de place.

Branle-bas de combats et annonce de la victoire

Au cours de la nuit de l'entrée à Khaybar ou après, le Prophète (SAW) dit : « Assurément, le drapeau je le remettrai demain à un Homme aimé d'Allah et de Son Messager et qui aime Allah et Son Messager ». Le lendemain matin, les gens se présentèrent au Messager d’Allah (SAW) espérant chacun être choisi comme porte-drapeau ;

Mais le Prophète (SAW) dit : “ Où est Ali- ibn Abi Tâlib ?”

Les gens répondirent : “ Messager d’Allah SAW, il a mal aux yeux”. Il reprit : “ Envoyez le chercher”. Peu après, Seydina Ali (RA) se présenta. Alors, le Messager d’Allah (SAW) lui mit sa salive bénie aux yeux et le bénit. Sur ce, il guérit sans nulle trace ni séquelle et reçut le drapeau des mains du Prophète (SAW).

A cet égard, il dit : “ Messager d'Allah SAW ! Dois-je les combattre jusqu'à ce qu'ils soient comme nous”. Le Prophète répondit : “ Va jusqu'à chez eux, puis appelle-les à l'Islam Informe- les de leurs devoirs envers Allah ! Car, qu'Allah guide un seul d'entre eux sera pour toi meilleur que tout”.

Le Messager d’Allah SAW avait aussi distribué quatre autres étendards dont un à Seydina Abu Bakr (RA), un à Umar Ibn Khattab (RA), un à Sa’d ibn Ubâda et un à Al-Hubâd ibn Al-Moundhir.

Début de la bataille conquête du château de Nâaim (1ere forteresse)

Le premier des 8 châteaux attaqué par les musulmans fut le château Nâaim qui était la première ligne de défense des juifs en raison de sa position stratégique. Un tel château appartenait à Marhab, le héros juif que l'on tenait par mille hommes.

En compagnie des musulmans, Ali ibn Abi Tâlib (RA) (Qu'Allah soit satisfait de lui) se dirigea vers ce château et ensuite appela les juifs à l'Islam. Ceux-ci refusèrent. Mieux, ils s'avancèrent en direction des musulmans, avec leur roi Marhab qui, une fois sur le champ de bataille, en appela au duel.

A cet égard, Salama ibn Al- Akwaa dit : “ Lorsque nous fûmes arrivés à Khaybar Marhab, le roi de la ville sortit et, l'épée à la main, allait et venait en disant : "Khaybar sait que je suis Marhab le violent, le héros éprouvé. Terribles sont les guerres auxquelles je participe". Alors, mon oncle Amir s'avança vers lui et dit : "Khaybar sait que je suis Amir le violent, le héros aventurier". Ils échangèrent des coups. L'épée de Marhab s'abattit sur le bouclier de Amir. Celui-ci envisagea de l'avoir par le bas ; toutefois, son épée était courte. Alors, il voulut trancher la jambe du juif mais, par ricochet, le tranchant de son épée l'atteignit en plein genou et c'est de cela qu'il mourut.

A sa mort, le Prophète (SAW) exhibant deux de ses doigts dit : “ Il a deux récompenses car il a été un grand combattant. Rares sont les arabes qui ont combattu comme lui”. Après cela, Marhab se remit à appeler au duel, récitant des vers en Rajaz, disant : “ Khaybar sait que je suis Marhab, etc.…”. Alors, Ali ibn Abi Tâlib (RA) alla à sa rencontre. Salama ibn Al-Akwaa nous rapporte l'événement en ces termes : “ Ali dit : "Je suis celui que sa mère a surnommé Haydara (le lion) et qui est comme le lion des forêts au coup d'œil rébarbatif. Je donne la pleine mesure de mes capacités, sur ces mots, il frappa Marhab à la tête et le tua. La conquête du château était désormais assurée.

Aussitôt qu'Ali ibn Abi Tâlib (RA) (qu’ALLAH soit satisfait de lui) se fut approché du château, un juif apparut au-dessus de lui disant :

“ Qui es-tu” ? Il répondit : “ Je m'appelle Ali ibn Abi Tâlib (RA)”. Le juif reprit : “ Par ce qui a été révélé à Moussa, vous avez pris de la hauteur”. Ensuite, Yâsir, le frère de Marhab sortit en disant : “ Qui est-ce qui ose se mesurer à moi” ? Alors, Az-Zoubair s'avança vers lui. A cet égard Safiyya (RA) sa mère dit : “ Messager d'Allah SAW, va-t-il tuer mon fils”. Il répondit : “C'est plutôt ton fils qui le tuera”.

Effectivement Az-Zoubair tua son ennemi. Il y eut un combat sans merci autour du château de Nâaim ; combat au cours duquel plusieurs de héros juifs furent tués ce qui conduisit au démantèlement de la résistance de l'ennemi. En effet, les juifs étaient incapables de contenir l'attaque des musulmans. Dans ce cadre, les sources historiques précisent que les combats durèrent des jours au cours desquels les musulmans se heurtèrent à une résistance farouche. Toutefois, les juifs finirent par lâcher pour aller se réfugier dans le château d'As-Saab. Les musulmans prirent ensuite d'assaut le château de Nâaim.

Conquête du château d'As-Saab ibn Mouâd (2eme forteresse)

Le château d’As-Saab ibn Mouâd était en deuxième position en matière de force et d'inaccessibilité, après celui de Nâaim. Les musulmans l'attaquèrent sous la conduite d’Al-Houbâb ibn Ai- Mounthir Al- Ansâri et à cet égard lui imposèrent un siège de 3 jours. Au troisième jour, le Messager d'Allah (SAW) fit une prière particulière pour la conquête du château. A ce sujet, Ibn Ishâk rapporte que Banî Sahm faisant partie d’Aslam, se présentèrent au Prophète (SAW) et lui dirent : “ Nous avons tout fait mais nous n'avons rien à manger”. Alors, le Prophète (SAW) dit : “ Seigneur ! Tu connais leur situation, Tu sais qu'ils n'ont pas de force et que je n'ai rien à leur donner dans ce sens. Fais-leur donc conquérir le plus riche de leurs châteaux, celui qui renferme le plus de nourriture et de graisses”.

Le lendemain, Allah le Tout Puissant permit aux gens de conquérir le château d’As-Saab ibn Mouâd qui, de tous les châteaux de Khaybar était celui qui contenait le plus de nourriture et de graisse. Lorsque le prophète (SAW) après avoir dit sa prière, eut appelé les musulmans à attaquer le château, Banou Aslam furent les premiers à attaquer. Les combats se déroulèrent autour du château, puis celui-ci, le jour même, fut conquis avant le coucher du soleil. Les musulmans y trouvèrent quelques chars et machines de guerre. En raison de la faim terrible déjà évoquée par Ibn Ishâk, les soldats de l'armée avaient égorgé des ânes dont ils se mettaient par la suite à griller des quartiers. Mis au courant de ce fait, le Messager d'Allah (SAW) interdit la chair des ânes.

Conquête de la forteresse d'Az-Zoubair (3eme forteresse)

Après la conquête du château de Nâaim et de celui d'As-Saab, les juifs passèrent de tous les châteaux des An-Noutat à la forteresse d'Az-Zoubair, un château inaccessible auquel les cavaliers et les fantassins ne pouvaient rien du fait de son caractère imprenable.

Alors, le Messager d'Allah (SAW) imposa un siège de trois jours. En raison de ce siège, quelqu'un des juifs vint lui dire : “ Abal-Kâsim ! Même si tu restais pendant un mois, ils ne s'en soucieraient pas. Ils ont des sources et des breuvages en bas.

La nuit, ils sortent pour aller boire et ensuite reviennent à leur forteresse continuer à te résister. Si tu les empêches d'aller boire, ils se rendront”. Ainsi on leur coupa la route vers l'eau. Aussitôt après ils sortirent pour ensuite engager une bataille acharnée au cours de laquelle un musulman fut tué contre 10 du côté des juifs.

Néanmoins la forteresse d'Az-Zoubair fut conquise.

Conquête de la forteresse d’Oubay (4eme forteresse)

Après la conquête de la forteresse d'Az-Zoubair, les juifs allèrent se barricader dans la forteresse d’Oubay ensuite assiégée par les musulmans. Alors, deux des héros juifs avancèrent l'un après l'autre à la recherche du duel, mais furent attaqués et tués par les héros musulmans. Celui qui tua le second héros juif fut Abou Doujâna Sammâk ibn Kharsha Al-Ansârî, le célèbre héros au bandeau rouge. Après l'avoir tué, celui-ci, en même temps que l'armée musulmane, procéda rapidement à l'attaque de la forteresse. Pendant une heure, de violents combats se déroulèrent à l'intérieur du château, que les juifs quittèrent aussitôt pour aller se réfugier dans celui d'An-Nazzar.

Conquête du château d'An-Nazzar (5eme forteresse)

Il s'agissait là du château le plus inaccessible de la première partie de Khaybar. Les juifs étaient presque certains que les musulmans ne parviendraient pas à prendre d'assaut la forteresse, quels que fussent leurs efforts. Aussi s'y réfugièrent-ils avec leurs femmes et leurs enfants, en provenance des quatre dernières forteresses.

Les musulmans leur imposèrent un dur siège doublé d'une forte pression du fait que le château était situé sur une montagne inaccessible et qu'il n'y avait pas moyen de le prendre d'assaut.

Quant aux juifs, ils n'osaient pas sortir de leur château pour se mesurer aux forces musulmanes.

Toutefois, ils résistèrent aux musulmans en leur jetant des flèches et des pierres. Devant l'incapacité des musulmans à prendre d'assaut le château, le Prophète (SAW) ordonna l'utilisation de machine de guerre. A ce qu'il semble, les musulmans, utilisant des projectiles, détruisirent les murs du château qu'ils réussirent ensuite à prendre d'assaut. De violents combats se déroulèrent à l'intérieur de celui-ci, combats grâce auxquels les juifs essuyèrent une défaite écrasante faute de pouvoir trouver refuge dans une autre forteresse. Placés dans ces conditions ils s’enfuirent, s'ils le pouvaient, laissant aux musulmans leurs femmes et leurs enfants.

La prise de ce château inaccessible mit fin à la conquête de la première partie de Khaybar, située du côté d'An-Noutât et d'As- Sawîq. Il y avait de ce même côté des châteaux de type mineur ; toutefois les juifs les évacuèrent dès la conquête du château d'an- Nazzâr (5eme forteresse) pour se réfugier dans la deuxième partie de la ville de Khaybar.

Conquête de la deuxième partie de Khaybar

Après la conquête de la zone, d'an-Noutât et d’As- Sawîq, le Messager d'Allah (SAW) se tourna vers les habitants d'Al-Katiba zone où se trouvaient le château d'Al-Kamous, celui de Banî Abil- Houkaik (un clan de Banî An-Nadir) celui d'Al-Watîh et d'As-Salâlim. Se réfugièrent dans ces châteaux tous ceux qui avaient qui ceux d'an-Noutât et d'As-Sawîq.

Les expéditionnaires divergent sur la question de savoir s’il y a eu des combats dans l'un quelconque des trois châteaux. A cet égard, le texte d'Ibn Ishâk mentionne explicitement qu'il y a eu des combats pour la conquête du château d'Al-Kamous. Mieux on déduit de ce texte que la conquête d'un tel château se fit par l'intermédiaire d'une bataille, en l'absence de toute négociation relative à la reddition.

S'agissant d'Al-Wâqidî, il soutient de manière péremptoire que les trois forteresses de cette partie n'ont été prises qu'après négociations. IL se peut que des négociations aient eu lieu au sujet de la livraison du château d'Al-Kamous. Les deux autres châteaux eux furent livrés sans combat. En tout état de cause, le Messager d'Allah (SAW), une fois dans cette zone (Al-Katiba) imposa aux habitants un dur siège de 14 jours. Les juifs restèrent bloqués dans leurs châteaux jusqu'au moment où le Messager d'Allah songea à leur envoyer des projectiles. Alors, avertis du danger, ils demandèrent la réconciliation au Messager d'Allah (SAW).

La négociation

Lorsque les juifs se rendirent compte que les dés étaient déjà jetés, et qu’il n’y avait aucune autre possibilité pour redresser la situation leur seigneur Kinâna ibn Abû Houkaik entra en contact avec le Messager d’Allah (SAW).

Il envoya dire au Messager d'Allah (SAW) : “ Veux-tu descendre parlementer avec moi”.

Celui-ci (SAW) répondit : “ Oui”

Il fut conclu en pacte en ces termes :

1.    Les juifs ne sont plus propriétaires des forteresses et des forts. Ils doivent aussi céder aux musulmans toutes les armes et machines de guerres.

2.   Les juifs ne doivent plus s’armer tant qu’ils restent à Khaybar.

3.   Le Messager d’Allah (SAW) se porte garant de la sécurité des juifs et de la liberté de leurs femmes et enfants.

4.   Les juifs sont tenus de quitter Khaybar et de s’exiler en Syrie.

5.   Les musulmans permettent aux juifs de prendre tout ce qu’ils peuvent prendre sur leurs moyens de transport, lors de leur départ.

6.   Les juifs (à leur tête Kinâna) s’engagent à remettre aux musulmans toutes leur richesse, y compris les trésors cachés.

7.   S’ils transgressent un seul article de ce pacte, les juifs consentent à ce que toute protection soit levée et que les musulmans ont le droit d’annuler l’accord et donc d’appliquer les lois de guerre.

Le Messager d'Allah SAW leur dit : “ Si vous me cachez quelque chose Allah et son Messager dégagent leurs responsabilités à votre égard”. Ce fut sur ces termes qu'eut lieu la réconciliation. Au terme de cette réconciliation, les châteaux furent livrés aux musulmans, ce qui rendait effective la conquête de Khaybar.

Le meurtre des deux fils d’Abil-Houkaik pour raison de violation du pacte de réconciliation

Ibn AL-Qayyim mentionne que le Messager d’Allah (SAW) avait donné l'ordre de tuer les deux fils d’Abil-Houkaik accusés d'avoir dissimulé de l'argent par le cousin de Kinâna. Le Prophète SAW constitua prisonnière Safiyya la fille de Houyay ibn Akhtab qui, était mariée à Kinâna ibn Abil-Houkaik.

Le partage du butin

Le Messager d'Allah (SAW) voulut expulser les juifs de Khaybar mais ceux-ci dirent : “ Mohammad ! Laisse-nous vivre sur cette terre que nous cultiverons et traiterons avec égards. Nous la connaissons mieux que vous”.

Le Messager d'Allah (SAW) laissa Khaybar aux juifs qui, aussi longtemps qu'il jugeait nécessaire de les y maintenir, devaient lui réserver la moitié des récoltes. Abdoullah ibn Rawâha devait évaluer les récoltes.

Le Prophète (SAW) partagea la terre de Khaybar en 36 parties dont chacune comportait 100 lots, ce qui faisait un total de 3600 lots.

La moitié de ces lots, à savoir 1800 revenait au Prophète (SAW) et aux musulmans. A cet égard, la part du Messager d'Allah (SAW) restait égale à celle de tout musulman.

Il SAW isola l'autre partie, constituée également de 1800 lots et réserva des parts pour les cas de malheur et les besoins ponctuels des musulmans.

S'il avait prévu 1800 lots, c'est que la terre de Khaybar était un don d'Allah aux gens d'Al-Houdaybiyya, qu'ils fussent présents ou absents. Ceux-ci étaient au nombre de 1400.

Il y avait aussi 200 chevaux dont chacun avait deux lots. Sous ce rapport, le cavalier avait trois parts et le fantassin une part.

Ce qui démontre l'abondance du butin de Khaybar, résulte de ce qu'Al-Boukhâri a rapporté d'Ibn Omar en ces termes : “ Nous ne fûmes rassasiés qu'après la conquête de Khaybar”. Il y a aussi ce qu'il a rapporté de Notre mère Aicha (RA) en ces termes : “ Après la conquête de Khaybar, nous dîmes : A présent, nous serons rassasiés de dattes”.

Après le retour du Messager d'Allah (SAW) à Médine les Mouhâjirîn rendirent aux Ansâr les cadeaux que ceux-ci leur avaient faits, grâce à leur richesse en argent et en palmier”.

L'affaire de la brebis empoisonnée

Alors que le Prophète (SAW) était encore à Khaybar, après la conquête de cette ville, Une femme juive Zaynab Bint Al-Hârith, la femme de Salâm ibn Michkam, dans un esprit de vengeance pour la mort de son père, son oncle ainsi que de son mari vint offrit une brebis empoisonnée.

Auparavant celle-ci avait demandé quel était l'organe préféré du Messager d'Allait (SAW) et s'était vue répondre : “ l’épaule ”. Alors, en cette partie elle avait mis plus de poison avant d'empoisonner le reste de la brebis. Après avoir cuit la brebis, elle l'apporta au Messager d'Allah SAW.

Après la prière du Maghrib, le Messager d’Allah (SAW) invita ses compagnons à Diner, Il (SAW) se saisit d'un gigot dont il mâcha un morceau. Ensuite, ne trouvant pas agréable ce morceau, il le sortit de sa bouche bénie et dit :

“ Cet os me dit qu'il est empoisonné”.

Ce étant il fit venir la femme qui reconnut son forfait. Alors le Prophète (SAW) lui dit : “Qu'est-ce qui t'a poussée à faire cela” ? Elle répondit : “ Je me suis dite que si tu étais un roi je me débarrasserais de toi et que si tu étais un Prophète on t'informerait”. Le Prophète (SAW) lui pardonna.

Il y avait avec le Messager d'Allah (SAW) Bichr ibn Al-Barâ ibn Maarour (RA). Celui-ci avala une bouchée du mets empoisonné, Il (RA) ne put résister longtemps à l’effet du poison et une année plus tard transita.

Hammâd ibn Salma avait dit que la femme, dans un premier temps elle bénéficia du pardon du Messager d’Allah (SAW) mais ensuite fut tuée après la transition de Bichr, en application de la loi du Talion.

Les tués de part et d'autre lors des batailles de Khaybar

Le nombre total des martyrs musulmans lors des batailles de Khaybar était de 20.

S'agissant des juifs leurs tués, ils étaient au nombre de 93.

La capitulation des juifs de Fadak

Dès son arrivée à Khaybar, le Messager d’Allah (SAW) envoya Mahîsa ibn Messaoud auprès des juifs de Fadak pour les appeler à l’Islam. Ceux-ci, toutefois tardèrent à réagir. Après la conquête de Khaybar. Allah jeta de la terreur dans leurs cœurs. Alors, ils envoyèrent auprès du Messager d’Allah (SAW) lui offrir, contre la paix, la moitié des récoltes de Fadak, ce qui revenait au compromis fait avec les habitants de Khaybar. Le Prophète (SAW) accepta cela de leur part. Le butin de Fadak revenait entièrement au Messager d'Allah SAW car les musulmans n'eurent pas à se battre dans la localité.

La Ghazwa Wâdil-Qoura

Après Khaybar, le Messager d'Allah (SAW) se rendit à Wâdil- Qoura où il y avait une collectivité de juifs à laquelle était venu s'ajouter un groupe d'arabes.

Ils avaient une force militaire non négligeable

Aussi dès que les musulmans furent descendus dans cette localité de juifs, qui s'étaient déjà préparés en conséquence, ils les accueillirent avec des flèches, au point de tuer Sidna Mid’am RA, un serviteur du Saint Messager d'Allah (SAW) qui était occupé à monter les tentes.

Ensuite le Messager d'Allah (SAW) prépara ses compagnons au combat. Après les avoir mis en ordre de bataille, il remit l'étendard à Saad ibn Obâda, remit un drapeau à Al-Houbâb ibn Al- Mounthir, un drapeau à Sahl ibn Hanif et un drapeau à Abbâd ibn Bichr.

Après cela, il appela les ennemis à l'Islam mais ceux-ci refusèrent. Plus que cela, quelqu'un d'entre eux s'avança mais aussitôt Sidna Az-Zoubair ibn Al-Awwâm RA le tua. Il en sortit un deuxième que Sidna Az- Zubair tua également. Alors il en sortit un troisième que Sidna Ali ibn Abi Tâlib (KAW) attaqua et tua. Onze hommes furent ainsi tués du côté des ennemis. Toutes les fois qu'on en tuait, le Prophète (SAW) appelait les autres à l'Islam.

A un moment de la journée le Prophète dirigea la prière de ses compagnons puis revint appeler les ennemis à l'Islam et à Dieu. Il les combattit jusqu'au soir. Dès le lendemain matin il recommença à les combattre. Aussi les ennemis capitulèrent-ils peu après le lever du soleil. De la sorte le Prophète (SAW) l'emporta de haute lutte et Allah leur offrit leurs biens comme butin. Les musulmans se saisirent de beaucoup de biens et d'effets.

Le Messager d'Allah (SAW) passa quatre jours à Wâdil-Qoura où il partagea le butin entre ses compagnons, laissant la terre et les palmeraies entre les mains des juifs avec qui il traita de la même manière que les habitants de Khaybar.

Taymâ, mis au courant de la reddition des habitants de Khaybar. De Fadk et de Wâdil-Qoura, les juifs de Taymâ n'opposèrent aucune résistance aux musulmans. Au contraire, ils prirent eux-mêmes l'initiative de proposer la paix et la réconciliation que le Prophète (SAW) accepta d'ailleurs de leur part. Ils restèrent à Taymâ avec leurs biens mais le Messager d'Allah (SAW) leur rédigea un document dont voici le contenu : “ Ceci est le document fait par Mohammad le Messager d'Allah (SAW) à Banî Adiyâ. Ceux-ci seront protégés, paieront la Jizya (impôt payé par les non-musulmans), ils ne seront ni agressés, ni expulsés”. Le document fut rédigé par Khalid ibn Saaîd,

Au terme de ces événements, le Messager d'Allah (SAW) prit la route du retour à Médine. En cours de route, les gens, surplombant une vallée élevèrent la voix disant : “ Allah Akbar ! Lâ Ilâha illa-Llâh”. Alors le Prophète SAW dit : “ Contrôlez-vous ! Vous n'évoquez ni un sourd, ni un absent. Vous évoquez Quelqu'un de Proche, Qui entend tout”.

La Sariyya d'Abbân ibn Saaîd

Le Prophète (SAW) savait plus que tout général d'armée que l'évacuation totale de Médine à la fin des mois sacrés n'était absolument pas sage, d'autant que les bédouins en errance autour de la ville, cherchaient à surprendre les musulmans, pour voler, piller et faire de la piraterie. Ce fut pour cette raison qu'il envoya à Najd, une Sariyya faire peur aux bédouins, Sariyya dirigée par Abbân ibn Saaîd, alors qu'il était, lui à Khaybar. Abbân ibn Saaîd revint après avoir fait le nécessaire.

Au moment où il rejoignait le Prophète (SAW) à Khaybar, celui-ci avait déjà conquis la ville. Au sujet de cette Sariyya, la tendance majoritaire établit qu'elle eut lieu au mois de Safar de l'an 7 de l'Hégire.

Sources

Non indiquées : article de l’ancien site, pas encore relu.

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