Sarâyas faites au retour de la conquête de la Mecque
Au retour de ce long voyage couronné de succès, le Messager d'Allah (SAW) resta à Médine accueillant les délégations, envoyant des missions, diffusant l'appel, réprimant ceux qui, toujours, éprouvaient l'orgueil d’embrasser l'Islam, de se rendre à l'évidence déjà constaté par les arabes. Voici un résumé de ces missions et Sarâya.
La Sariyya de Ouyayna ibn Hisn Al-Fizâri.
Elle eut lieu dans le courant du mois de Mouharram de l'an 9 de l'Hégire. Ayant pour destination Bani Tamîm, elle était constituée de 50 cavaliers dont aucun ne se réclamait de Mouhâjirîn ou des Ansar. Son envoi s'expliquait par le fait que Banou Tamîm avaient attaqué les tribus auxquelles ils empêchaient de payer la Jizya. Alors, Ouyayna ibn Hisn se mit en route puis, se déplaçant la nuit et se cachant le jour, les prît à l'improviste dans le désert. Les gens aussitôt prirent la fuite. Toutefois il en captura onze hommes, vingt et une femmes et trente garçons qu'il amena à Médine et descendit avec eux chez Ramla Bint Al-Hârith.
Dix des chefs de Tamîm arrivèrent à Médine et allèrent se mettre devant la porte du Messager d'Allah (SAW) appelant :
“ Mohammad ! Sors ! viens vers nous”. Aussitôt que celui-ci fut sorti, ils s'accrochèrent à lui et se mirent à lui parler. Le Prophète (SAW) resta debout parmi eux et ensuite continua jusqu'à la prière du Dhouhr ; après quoi, il s'installa dans la cour de la mosquée. Ensuite, les dix chefs, manifestant leur désir de rivaliser de fierté et de vanité, firent parler leur orateur Otârid ibn Hâjib. Alors, le Messager d'Allah (SAW) donna à Thâbit ibn Kays ibn Chammâs, l'orateur de l'Islam, l'ordre de répondre.
Par la suite les dix chefs mirent en avant leur poète, Az- Zabrakân ibn Badr qui récita ses poèmes, avec esprit de rivalité. Lui répondit aussitôt le poète de l'Islam Hassan ibn Thâbit de manière improvisée.
Après la prestation des deux orateurs et des deux poètes, Al- Aqraa ibn Hâbîs dit : “ Son orateur est meilleur que le nôtre, son poète est meilleur que le nôtre, leurs voix sont plus audibles que les nôtres et leurs propos sont supérieurs aux nôtres ». Cela dit, les dix chefs embrassèrent l'Islam. Le Messager d'Allah (SAW) leur fit de beaux cadeaux et ensuite leur rendit leurs enfants et leurs femmes.
La Sariyya de Koutba ibn Amir. En direction d'une tribu faisant partie de Khathaam du côté de Toubâla près de Tourba. Elle eut lieu dans le courant du mois de Safar de l'an 9 de l'Hégire, Koutba partit avec 20 hommes munis de 10 chameaux qu'ils enfourchaient à tour de rôle et s'attaqua aux ennemis. Il y eut ensuite de violents combats qui firent plusieurs blessés de part et d'autre. Koutba tua un certain nombre d'ennemis. Chargés de butin, les musulmans capturèrent aussi des hommes et des enfants qu'ils traînèrent avec eux en rentrant à Médine.
La Sariyya d’Ad-Dahhâk ibn Sofyân Al-Kilâbi. En direction de Bani Kilâb. Elle eut lieu au mois de Rabia AL Awwal de l'an 9 de l'Hégire. Cette Sariyya fut envoyée pour appeler Bani Kilab à l’Islam. Toutefois ceux-ci refusèrent, alors les musulmans les mirent en déroute et tuèrent un certain nombre de leurs hommes.
La Sariyya de Alqama ibn Moujazziz Al-Madlaji. En direction de la côte de Djeddah. Elle eut lieu au mois de Rabia Al-Akhir de l'an 9 de l'Hégire et comprenait 300 hommes dépêchés contre des Abyssins réunis à proximité de la côte de Djeddah avec l'intention de mener des actes de piraterie contre les habitants de la Mecque. Alors, passant par la mer Alkama aboutit à une île mais les ennemis prirent la fuite dès qu'ils surent qu'ils étaient la cible des musulmans.
La Sariyya de Sidna Ali ibn Abi Tâlib (KAW). En direction d'une idole appartenant à Tay et appelée Al-Kalas.
La Sariyya avait pour but de détruire une telle idole. Elle eut lieu dans le courant du mois de Rabia Al-Awwal de l'an 9 de l'Hégire. Ali (RA) était accompagné de 150 hommes dotés de 100 chameaux et de 50 chevaux. Il détenait un étendard noir et un drapeau blanc. Les musulmans, à la faveur de l'aube, lancèrent une attaque contre le campement des Hâtim et le détruisirent. Ils se chargèrent ensuite de butin et capturèrent plusieurs prisonniers. Au nombre de ceux-ci était la sœur de Adiyy ibn Hâtim qui, pour sa part avait pris la fuite vers la Syrie. Les musulmans trouvèrent dans le magasin d’Al-Kalas trois épées et trois cuirasses. Au retour de cette Sariyya, ils se partagèrent le butin en cours de route mais réservèrent les meilleurs effets au Messager d'Allah (SAW). Ils ne se partagèrent pas les prisonniers. A l'arrivée des musulmans à Médine, la sœur de Adiyy ibn Hâtim s'apitoya devant le Messager d'Allah (SAW) en ces termes : “ Messager d'Allah ! Je n'ai ni protecteur, ni père. Je suis trop vieille pour servir comme domestique. Alors, accorde-moi la grâce. Qu'Allah te comble de faveurs ».
Le Saint Prophète (SAW) dit : “ Qui est ton protecteur” ? Elle répondit : Adiyy ibn Hâtim ». Le Messager d'Allah (SAW) reprit : “ Celui qui a fui Allah et son Messager” ?
Après avoir dit cela, il s'en alla. Le lendemain, la vieille répéta les mêmes propos pour s'étendre dire la même chose. Le surlendemain, elle répéta aussi la même chose et cette fois, le Prophète (SAW) lui accorda la liberté et ensuite lui désigna un homme qui se trouvait à ses côtés (en l'occurrence Ali) en disant : “ Demande-lui les agneaux”. Alors elle les lui demanda et se les fit remettre. La sœur de Adiyy ibn Hâtim retourna chez son frère Adiyy, en Syrie, le rencontra et dit au sujet du Messager d'Allah (SAW) : “ Il a fait un geste que ton père ne faisait pas. Va le voir avec espoir et crainte”. Alors Adiyy, sans aucunes garanties, alla voir le Messager d'Allah (SAW) qu’il trouva chez lui. Dès qu'il se fut présenté à lui, celui-ci loua Allah (SWT), fit son éloge et dit : “Qu'est-ce qui te fait fuir ? Craindrais-tu de dire [il n’y a de divinité qu'Allah] ? Connais-tu d'autres divinités qu'Allah” ?
“ Non”, répondit Adiyy. Après une conversation d'une heure, le Messager d'Allah (SAW) reprit : “Tu ne fuis que pour ne pas entendre dire : [Allâhou Akbar] (Allah est très grand) ; mais connais-tu quelque chose ou quelqu'un de plus grand qu'Allah” ? “ Non”, répondit-il. Le Prophète (SAW) poursuivit : “ Les juifs suscitent la colère d'Allah (SWT) et les chrétiens sont égarés ». 'Adiyy reprit : “ Moi je suis un hanif, un musulman”. Alors, le visage rayonnant de joie, le Messager d'Allah| (SAW) lui donna l'ordre de descendre chez l'un des Ansâr.
De là, l'homme se présentait matin et soir au Prophète (SAW). Dans un rapport au sujet des propos de Adiyy et publié par Ibn Ishâk, le Prophète (SAW) dit, alors qu'il était chez lui, après avoir demandé à l'homme de s'asseoir devant lui : “ Ah ! Adiyy ibn Hâtim ! N'as-tu pas fait partie des chrétiens ou des Sabéens” ?
“ Si”, répondit-il. Le Prophète (SAW) reprit : “ Ne prenais-tu pas le quart du butin au sein de ta tribu” ? “ Si”, répondit-il. A ce niveau, le Prophète (SAW) dit : “ Cela ne t'est pas permis dans ta religion”. L'homme dit : “ Oui”, et aussi apprit ce qu'il ignorait : que son interlocuteur était un Prophète et un Messager.
Dans un rapport fait par Ahmad (RA), le Prophète (SAW) dit : “ Adiyy ! Embrasse l’Islam et tu seras en sécurité”. Celui-ci répondit : “ Je professe déjà une religion ». Le Prophète (SAW) reprit : “ Je connais ta religion mieux que toi”. L'homme dit : “ Tu connais ma religion mieux que moi” ? Le Messager d’Allah (SAW) répondit : “ Oui. Ne fais-tu pas partie des Sabéens et ne reçois-tu pas le quart des butins au sein de la tribu” ? “ Si”, répondit Adiyy. Alors le Prophète (SAW) dit : “ Cela ne t'est pas permis dans ta religion ». L'homme dit : “ Cela, n'en parlons plus, je me soumets ».
Selon ce qu'a rapporté Al-Boukhâri. Adiyy dit : “ Alors que j'étais chez le Prophète (SAW), un homme se présenta qui se plaignait de la pauvreté. Ensuite un autre se présenta pour se plaindre d'un manque de vivres. Alors, le Messager d'Allah (SAW) dit : “ Adiyy, tu vois Al-Hira ? Avec le temps tu verras une femme quitter Al-Hira pour venir faire le tour de la Kaaba sans craindre personne d'autre qu'Allah ! Avec le temps, les trésors de Kisrâ seront conquis. Avec le temps, tu verras un homme tenir une poignée d'or ou d'argent à la recherche de quelqu'un disposé à l'accepter sans toutefois en trouver’*. A la fin du même propos, Adiyy dit : “ J'ai vu une femme quitter Al-Hira pour venir faire le tour de la Kaaba sans craindre autre qu'Allah. De même, j'ai été de ceux qui ont ouvert les trésors de Kisrâ ibn Hormoz et si Allah (SWT) vous prête vie, vous verrez tout ce qu'a dit le prophète (SAW)”. Cela dit, il fit le geste illustratif de remplir ses deux mains.
L'EXPEDITION-GHAZWA DE TABOUK (AU MOIS DE RAJAB DE L'AN 9 DE L'HEGIRE)
L'expédition pour la conquête de la Mecque avait été une bataille décisive entre la vérité et le mensonge. A son terme, il ne subsistait chez les arabes ni doutes, ni suspicions quant à la véracité de la mission de Mohammad (SAW). En raison de ce fait il y eut, à cet égard, un total retournement de la situation et les gens, en grande foule, embrassèrent la religion d'Allah ce qu’illustrent clairement le chapitre des délégations ainsi que le nombre de musulmans présents au pèlerinage d'adieu. En effet, les difficultés internes prirent fin et les musulmans, en répit, trouvèrent du temps à consacrer à l'enseignement des lois d'Allah et à la diffusion de l'appel à l’islam.
Cause de la Ghazwa
Malgré l'évolution de la situation, une certaine force, sans raison, s'opposait aux musulmans, à savoir la force romaine, la plus grande force militaire de la terre, à l'époque. Nous savons d'après ce qui précède que l'opposition remontait au meurtre de l'ambassadeur du Messager d'Allah (SAW) Al-Hârith ibn Amir Al-Azdi (RA), meurtre effectué par Chourahbîl ibn Amr Al-Ghassânî, à un moment où ledit ambassadeur portait la lettre du Prophète (SAW) au roi de Bisra et que le Prophète (SAW) envoya après cela l’expédition-Sariyya de Zayd ibn Haritha qui s’accrocha violement avec les byzantins à Moata, sans succéder à se venger de ces tyrans-là, mais cela laissait un splendide effet dans les cœurs des arabes du plus proche à leur plus loin. Quant à César, il n’eut jamais pu être indifférent au sujet de l’énorme effet qu’eut laissé la bataille de Moata pour le faveur des musulmans, ni être indifférent aux expectations d’indépendance des tribus arabes régnées par l’influence de César, pour s’aliéner aux musulmans; cela fut un danger se dirigeant vers ses frontières pas après pas, et menaçant les confins Châmites en voisinage des arabes, il vit alors que l’extermination de la force des musulmans était nécessaire avant qu’elle se manifeste en un invincible danger et avant qu’elle diffuse la zizanie et les révoltes dans les régions arabes confins aux byzantins.
De ces stratégies, une seule année n’eut été achevée pour qu’il commençât à préparer une armée groupant les byzantins et les arabes alliés des tribus de Bani Ghassân et d’autres. Il équipa donc ses troupes pour une bataille sanglante et décisive.
Nouvelles générales sur la préparation des byzantins et de Bani Ghassân
Les nouvelles se diffusaient à Médine au sujet de la préparation des byzantins pour une bataille écrasante contre les musulmans. Alors, la peur s’introduisait parmi eux à tel point que quand ils entendirent un bruit anormal, ils le crurent le rampement des byzantins, et ceci se manifesta clairement d’après ce qui fut arrivé à Omar ibn Al-Khattab (RA) : Le Prophète (SAW) avait fait un serment de quitter ses femmes pour un mois en cette année (l’an 9 de l’Hégire) ; il était en écart d’elles dans un balcon qu’il avait sans que ses compagnons sachent la vérité au début en croyant que le Prophète (SAW) les eut divorcées. Ils devinrent alors tristes et ennuyés; Omar ibn Al-Khattab (RA) rapporta cette histoire en disant : “ J’avais un ami des Anssârs quand il s’absentait je lui apportais les nouvelles et quand je m’absentais il m’apportait les nouvelles (ils habitaient au plus haut endroit de Médine et faisaient en relève la garde du Prophète (SAW) et nous étions en pleine peur après une rumeur qu’un des rois de Ghassân voulait se diriger vers nous... Soudain, mon ami tapa à ma porte, et dit : ouvre, ouvre, je dis : est-ce que le Ghassanide est venu ? Il dit : pire, le Prophète (SAW) est en écart de ses femmes ». (Ce hadith est cité dans le recueil authentique de Boukhâri no. 730/2).
Dans d’autres termes (il dit) : “ Nous avions commenté que les gens de Ghassân se serraient les lacets pour nous conquérir, puis mon ami alla le jour de sa relève et revint au moment du dernier crépuscule pour taper fortement à ma porte disant : est-il endormi ? Je m’effrayai, et sortis pour lui, alors il dit : un énorme événement s’est arrivé. Je dis : Qu’est-ce que c’est ? Est-ce que Ghassan est venue ? Il dit : Non, pire et plus long ; le Messager d’Allah (SAW) a divorcé ses femmes. (Ce hadith est cité dans le recueil authentique de Boukhâri no. 334/1). Ceci implique la position critique qu’affrontaient les musulmans vis-à-vis aux byzantins, et ce qui rend la position plus critique ce que faisaient les hypocrites quand ils eurent reçu les nouvelles de la préparation des byzantins.
Malgré le succès du Messager d’Allah (SAW) dans tous les domaines et malgré que tout pouvoir sur la terre tremblait et que tout obstacle se fondait devant lui, ces hypocrites ne purent plus résister à espérer la réalisation de ce qu’ils dissimulaient dans leurs poitrines le mal qu’ils guettaient à l’Islam et à ses gens. Vu l’approchement de la réalisation de leurs espoirs, ils créèrent un nid de machination et de complot sous forme d’une mosquée, à savoir Masjid Dirâr, fondée par mécréance pour disperser les croyants et comme minaret pour les ennemis d’Allah et de Son messager (SAW), puis ils suggérèrent au messager d’Allah (SAW) de prier dans cette mosquée, aboutissant par cela à la tromperie des croyants pour qu’ils ne sachent rien des machinations et des complots se manœuvrant dans ce lieu contre eux, et qu’ils ne se rendent pas compte de celui qui le fréquente ni de ce qui se diffuse de là-bas, et ainsi elle serait un repère sain et sauf pour ces hypocrites et pour leurs alliés à l’étranger, mais le Messager d’Allah (SAW) prorogea d’y prier dedans -jusqu’à son retour de la razzia- pour cause de la préparation, les hypocrites échouèrent alors et Allah (SWT) les démasqua au point que le messager d’Allah (SAW) détruisit cette mosquée dès son retour de la razzia au lieu d’y faire la prière.
Nouvelles particulières sur la préparation des byzantins et des Ghassanides
Telles étaient les situations et les nouvelles qu’affrontaient les musulmans, qui surent aussi de la part de ceux qui apportaient de l’huile du Châm vers Médine que Hercules eut préparé une armée très nombreuse atteignant 40 000 combattants, et qu’il en eut donné la commande à un des illustres byzantins et qu’il eut amené les tribus de Lakhm et Jouthâm et les chrétiens arabes et que leurs premiers rangs atteignirent Al-Balkâ. Ainsi, un énorme danger se dressa devant les musulmans.
La situation est plus critique
Cette période-là était la saison de la chaleur brûlante, et la période de récolte des fruits, les gens préféraient en conséquence de rester dans l’ombre entre leurs fruits, ainsi que la sécheresse et le danger de la longue et raboteuse distance qu’ils auraient subis pour enfin courir le danger de la bataille. Ces circonstances rendirent la situation plus difficile.
Le Prophète (SAW) décida d’avancer sans hésitation
Le Prophète (SAW) regardait à ces circonstances d’une vue plus profonde et plus sage. Il pensait que s’il se paraissait et négligeait la razzia des byzantins pendant ces circonstances décisives, et s’il laissait les byzantins vagabonder dans les régions qui étaient sous le pouvoir de l’Islam pour ramper après cela vers Médine, la doctrine de l’appel à l’Islam serait affectée et le prestige militaire des musulmans serait gravement touché, surtout après la frappe presque écrasante pendant la bataille de Hounayn qui amena la période de l’ignorance à son agonie; de peur qu’elle reprenne la vie de nouveau, et d’autre côté les hypocrites qui guettaient les occasions par couteaux par derrière pendant que les byzantins en une campagne féroce en face des musulmans, tout cela pourrait détruire les énormes efforts fournis pour la propagation de l’Islam, et tous les résultats gagnés pendant les batailles précédentes et les expéditions successives iraient en vain.
Le Messager d’Allah (SAW) savant bien cela, décida, malgré toutes les circonstances défavorables, de courir une razzia décisive contre les byzantins dans leurs confins sans leur céder l’occasion pour que ceux-ci rampent vers la Maison de l’Islam.
L’annonce de la préparation pour combattre les byzantins
Quand le Messager d’Allah (SAW) décida, il annonça à ses compagnons pour se préparer à la bataille, et il envoya aux tribus arabes et aux mecquois invoquant leur assistance. Toutefois qu’il voulait faire une razzia, il la dissimulait d’une autre, mais vu cette situation dangereuse et vu les difficultés, il annonça qu’il voulait faire face aux byzantins. La situation devint claire aux gens pour qu’ils se préparent totalement. Il incita les gens pour la lutte. Une partie de la sourate “ le Repentir” fut révélée les stimulant pour qu’ils soient patients, les encourageant pour qu’ils combattent et qu’ils s’acquittent d’aumônes et les exhortant de payer de leurs meilleures possessions pour la cause d’Allah.
Les musulmans se hâtent pour se préparer au combat
Dès que les musulmans entendirent la voix du messager d’Allah (SAW) leur appelant pour combattre les byzantins, ils se hâtèrent pour lui obéir, et commencèrent la préparation très hâtivement. Les tribus et les groupes commencèrent à se diriger vers Médine de toutes les directions et les régions. Aucun musulman n’accepta de s’absenter à cette razzia à l’exception de ceux dont les cœurs étaient malades, des excusés et de trois autres, et ce, à tel point que même les nécessiteux et les démunis vinrent assister le messager d’Allah (SAW) et demandèrent pour sortir à la rencontre des byzantins, quand il leur dit : “ ... Je ne trouve pas de monture pour vous, ils retournèrent les yeux débordant de larmes tristes de ne pas trouver de quoi dépenser” (9 :92).
Les musulmans se précipitèrent aussi à dépenser de leurs possessions et de s’acquitter d’aumônes. En effet, Abou Bakr (RA) s’acquitta de tout ce qu’il possédait sans laisser à sa famille qu’Allah et Son messager (ses possessions étaient 4 000 Dirhams). Il était le premier à s’acquitter de son aumône, puis arriva Omar ibn Al-Khattab (RA) pour s’acquitter de la moitié de ses possessions. Quant à Othman ibn Affân, il avait préparé une caravane vers le Châm de 200 chameaux sellés de marchandises avec 200 onces d’argent; vu cette circonstance, il s’acquitta de 100 chameaux sellés de marchandises, ainsi qu’il apporta 1 000 dinars et les mit dans le giron du Prophète (SAW) qui les remuait et disait : “ Nul péché que commet Othman dès aujourd’hui ne lui nuira” (At-Tirmidhî, les vertus de Othman ibn Affân 211/2), ainsi qu’il donna et donna jusqu’à ce que ses aumônes atteignirent 900 chameaux et 100 chevaux sans compter l’argent. Puis arriva Abdour-Rahman ibn Awf RA pour s’acquitter de 200 onces d’argent, et puis Al-Abbâs d’une grande somme, et puis Talha et Saad ibn Obada et Mohammad ibn Maslama, et puis Asim ibn Adiyy pour s’acquitter de 90 Wassaqs de dattes. Ensuite, les gens se suivirent pour s’acquitter chacun de ce qu’il pouvait : il y avait même celui qui s’acquitta d’un ou de deux Moudds ne pouvant point donner plus, même les femmes envoyèrent ce qu’elles purent donner de musc, de bracelets, d’anneaux, de boucles d’oreilles et de bagues.
Personne ne lésina ni ne se montra avare sauf les hypocrites : « Ceux-là qui dirigent leurs calomnies contre les croyants qui font des aumônes volontaires et contre ceux qui ne trouvent que leurs faibles moyens (à offrir), et ils se moquent alors d’eux ». (9 :79)
L’armée musulmane se dirige vers Tabouk
L’armée fut ainsi préparée, le messager d’Allah (SAW) chargea la commande de Médine à Mohammad ibn Maslama Al-Ansârî, de certains qui disaient Sibâa ibn Orfotah, et chargea pour les membres de sa famille Ali ibn Abi Tâlib (RA) en l’ordonnant de résider entre eux, mais dès que les hypocrites lancèrent des médisances envers lui, il ne tarda pas à joindre le messager d’Allah (SAW) qui le rendit de nouveau à Médine en lui disant : “ Ne veux-tu pas être pour moi comme Haroun (Aron) pour Moussa (Moise), cependant il n’y aura point de Prophète après moi”.
Le jeudi, le Messager d’Allah (SAW) se dirigea vers le Nord visant Tabouk en une armée qui n’avait jamais été aussi nombreuse avant ce jour-là, à savoir 30 000 combattants, un nombre qui était difficile à équiper malgré tout ce que les musulmans avaient acquitter de leurs donations. Au contraire l’armée manquait trop de montures et de nourriture ; à savoir chaque dix-huit hommes faisaient le roulement à tour de rôle sur une seul chameau, et parfois des gens mangeaient les feuilles d’arbres à tel point d’avoir les lèvres gonflées et d’autres furent obligés d’égorger leur chameau pour boire ce que contenait son ventre d’eau ; à cause de ces difficultés, cette armée fut nommée Jaichoul-Osrah (l’armée de détresse).
En route vers Tabouk, l’armée musulmane passa par Al-Hijr (les camps de Thamoud qui taillaient le rocher dans la vallée (Wâdil-Qoura)), les gens se remplirent de son puits. Quand ils quittèrent, le Messager d’Allah (SAW) dit : “ Ne buvez pas de son eau et n’en faites pas d’ablutions pour la prière, et ce que vous avez pétri donnez-le aux chameaux, et n’en mangez rien”, et leur ordonna de se remplir du puits que fréquentait la chamelle de SIDNA Salih, que la paix soit sur lui.
Dans As-Sahihain (les deux recueils authentiques de Boukhari et Mouslim), Ibn Omar, (RA), rapporte que le Prophète (SAW) passa par Al-Hijr et dit : “ N’entrez-pas dans les maisons de ceux qui ont opprimé leurs âmes de crainte qu’il vous atteigne ce qui les avait atteints, sauf si vous le faites en pleurant”, puis il (SAW) baissa sa tête bénie et se hâta pour dépasser l’oued (Rivière ou fleuve) (l’authentique de Boukhari. Chapitre du passage du Prophète (SAW) par Al-Hijr, 637/2).
En route, la nécessité à l’eau augmentait à tel point que les gens se plaignirent au messager d’Allah (SAW) qui invoqua Allah. Allah (SWT) envoya un nuage pleuvant, les gens assouvirent leur soif et emportèrent de l’eau avec eux.
Quand il s’approcha de Tabouk, le Prophète (SAW) dit : “Demain vous atteindrez, Si Allah le veut, la source de Tabouk ; vous ne l’atteindrez que pendant la pleine matinée, celui qui sera devant elle qu’il ne touche son eau jusqu’à ce que j’arrive”.
Mouadh dit : Nous arrivâmes après que deux hommes nous eurent devancés, l’eau coulait à peine en gouttes, le messager d’Allah (SAW) leur demanda : “ Avez-vous touché son eau” ? Ils répondirent : “ Oui”. Il leur blâma puis il puisa un peu d’eau mélangée de boue, se lava le visage et les mains puis il le remit dans la source qui s’explosa d’eau, les gens assouvirent leur besoin, puis le messager d’Allah (SAW) dit : “Ô Mouadh, si tu restais vivant, tu verrais plutôt des jardins ici-même” (rapporté par Mouslim de Mou'âd ibn Jabal 246/2).
Quand il arriva à Tabouk, le messager d’Allah (SAW) dit : “ Cette nuit-ci, un vent violent soufflera, que personne de vous ne se lève, celui qui a un chameau qu’il lui attache le cordon”. Effectivement, un vent violent souffla ; un homme en se levant fut emporté par ce vent pour atterrir entre les deux montages de Tay.
Tout le long de la route, le Messager d’Allah (SAW) joignait entre les deux prières du Dhouhr (midi) et du Asr (après-midi), et entre les deux prières du Maghrib (coucher du soleil) et du Icha (dernier crépuscule) tantôt pendant leur premier temps et tantôt pendant leur dernier temps.
L’armée musulmane à Tabouk
L’armée musulmane descendit à Tabouk ou elle campa toute prête à rencontrer l’ennemi. Le Messager d’Allah (SAW) se leva et fut un sermon éloquent, amassa de diverses paroles, exhortant pour le bonheur d’ici-bas et celui de l’au-delà, avertissant et mettant en garde, annonçant de bonnes nouvelles au bout de soutenir leur morale et de raffermir le dérèglement causé par le manque de nourriture et de matériel.
Quant aux byzantins et leurs alliés, dès qu’ils entendirent les nouvelles du rampement du Messager d’Allah (SAW), ils furent tenus par la terreur et n’osèrent plus s’acharner à songer à l’avance ni à la rencontre. Alors, ils se dispersèrent dans les confins de leur contrée. Ceci vénéra la réputation militaire des musulmans partout dans la Péninsule Arabe et dans ses régions lointaines. Ainsi, les musulmans obtinrent d’énormes avantages politiques, ce qu’ils ne pourraient point l’obtenir en cas de collision entre les deux armées.
En conséquence, Yahna ibn Rouba le leader d’Ayla, vint alors soumis à la réconciliation et au paiement de la Jizya (tribut). Le Messager d’Allah (SAW) lui écrit un pacte en ces termes : “ Au nom d’Allah le Clément le Miséricordieux, ceci est un pacte de sécurité de la part d’Allah et de Mohammad le Prophète et le messager d’Allah pour Yahna ibn Rouba et les gens d’ Aylah, leurs bateaux et leurs grandes marcheuses en voies terrestres et maritimes ont le pacte d’Allah et le pacte de Mohammad le Prophète (SAW) ; et pour les gens venant avec lui du Châm et de direction de la mer, quiconque d’eux provoque un incident, son argent ne lui servira contre sa mort, et ses biens seront licites à tout celui qui l’aura, il n’est point licite de leur interdire aucune eau dont ils voudraient, ni aucune route terrestre ou maritime dont ils suivront”.
Ensuite vinrent les gens de Jarbâ et d’Adhroh et payèrent la Jizya (tribut), le messager d’Allah (SAW) leur écrivit un pacte qu’ils gardaient, ainsi que les gens de Maynâ se réconcilièrent à payer le quart de leurs fruits.
Ensuite, le messager d’Allah (SAW) envoya Khalid ibn Al-Walid à Okaydir, l’homme de Doumatil-Jandal à la tête de 420 cavaliers en lui disant : Tu le trouveras en train de chasser les vaches. Quand Khalid arriva à une distance qu’il put regarder son fort, les vaches sortirent frottant leurs cornes aux portails de son palais, Okaydir sortit alors pour les chasser -la nuit était éclairée par la lune-, Khalid le prit alors à l’improviste, le captiva et l’emmena au Messager d’Allah (SAW). Okaydir sauva son sang en faisant un accord de paix par le paiement de 2 000 chameaux, 800 têtes de bétails, 400 cuirasses et 400 lances, il prit la charge aussi de payer la tribut (Jizya) et de la collecter avec Yahna, du peuple de Doumatil-Jandal, de Tabouk, d’Aylah et de Taimâ.
Les tribus qui craignaient les byzantins, devinrent certains que leur aliénation à leurs maîtres arriva à sa fin, et la maîtrise changea en faveur des musulmans, et ainsi les frontières de la nation musulmane se dilatèrent pour toucher directement les frontières des byzantins, leur traitrise atteignit sa fin.

