SIRA 4 - [Partie 2/5]
L’ÉMINENCE DU NOBLE CARACTÈRE DU TRÈS SAINT PROPHÈTE SAW
MISERICORDE SAW : LE PROPHETE DE LA MISERICORDE SAW : (RASSOULOU RAHMATI SAW L’ENVOYE DE LA MISERICORDE …
Le prophète SAW a dit : « En vérité, je ne suis qu’une Miséricorde qui fut envoyée ».
Lorsque sa noble dent a été cassée et son visage béni blessé à la bataille d’Ouḥoud, les Compagnons (RA) lui ont dit : « ... si vous vous plaignez contre eux auprès d'Allah pour les châtier ?!» Il (SAW) dit : «je n'ai pas été envoyé pour cela, mais pour prêcher la Grâce et la Miséricorde, Ô Bon Dieu ! Guide les gens de ma tribu à la bonne voie, car ils ne savent pas ! »
L'Emissaire de Dieu SAW a pardonné à celui qui a dégainé son épée, voulant porter atteinte à sa personne, et à la femme Juive qui a tenté de l'empoisonner...
Le Prophète SAW était le refuge de toutes les créatures : djinns, pierres, plantes, ... même les animaux s’en sont plaint à lui (SAW) :
A ce sujet, Ya'li ibn Mourra RA, de la tribu de Thaqîf, raconta : « Alors que nous marchions avec le Prophète (SAW), il passa près d’un chameau qui, lorsqu’il vit le Prophète (SAW) fit entendre un râle et braqua en étendant le cou par terre. Le Prophète (SAW) s'approcha alors de lui en disant :
- « Où est le propriétaire de ce chameau ? »
Lorsque celui-ci arriva, il lui dit alors :
- « Vends-le-moi ! »
- « Non, je te l’offre’ »
- « Vends-le-moi ! », répéta le Messager d’Allah (SAW).
- « Non, Je t’en fais cadeau quoi qu’il soit notre unique source de subsistance », insista le propriétaire.
- « Vu ce que tu viens de mentionner, sache donc que ce chameau vient de se plaindre à moi et de me dire que tu lui faisais supporter au-delà de ses forces et que tu l'affamais. Veux-tu alors le traiter avec douceur ? » (Ahmed).
Le Prophète (SAW) ordonna d’être bienveillant à l’égard de toutes les créatures et il (SAW) interdit les pratiques de la Jâhiliyya qui maltraitaient les animaux[1] :
Selon SIDNA 'Abdallah ibn Mas'ûd RA : « Nous étions en voyage avec le Messager d’Allah (SAW) lorsqu’il se retira. Nous vîmes alors un rouge-queue (un petit oiseau de couleur rouge) avec ses deux petits. Nous prîmes les deux oisillons et leur mère se mit à voler au-dessus de nos têtes à la recherche de ses petits. A ce moment arriva le Prophète (SAW) qui dit : « Qui a fait de la peine à cet oiseau en lui prenant ses petits ? Allez, rendez-lui ses enfants ! ». Il vit aussi une colonie de fourmis que nous avions brûlée. Il dit : « Qui a brûlé cette colonie ? » « Nous », répondit-on. « II n'appartient qu'au Maître du Feu de tourmenter par le feu’ » (Abou Dawoud).
Un jour, un chameau se montra très rétif et le Prophète (SAW) par sa douceur et sa tendresse, parvint à le calmer :
Selon SIDNA Anas ibn Mâlik RA : « Une famille Ansarite avait un chameau dont ils se servaient lorsqu’ils arrosaient les champs. Or, un jour, il se montra si rétif qu’il les empêcha de l’enfourcher. Les Anssârs vinrent alors trouver le Messager d’Allah (SAW) et lui dirent : ‘‘Nous avons un chameau dont on se sert pour arroser nos champs. Or, il se rebelle contre nous et nous empêche de l’enfourcher. Les plantes et les palmiers sont assoiffés’’. Le Messager d’Allah (SAW) dit alors à ses Compagnons : « Venez avec moi ». Ils se levèrent et entrèrent avec lui dans la palmeraie au coin de laquelle il vit le chameau. Le Prophète (SAW) se dirigea vers la bête alors que les Anssârs disaient : ‘‘Ô Messager d’Allah ! Il est devenu aussi agressif qu’un chien enragé. Nous craignons qu’il ne te lance une de ses ruades !’’. « Il ne me fera aucun mal », assura le Messager d’ALLÂH SAW.
Lorsque le chameau regarda le Messager d’Allah (SAW) dans les yeux, il vint vers lui et finit par se prosterner devant lui. Les Compagnons dirent alors : « Ô Messager d’Allah, ce n’est qu’une bête dénuée de raison, et pourtant, elle se prosterne devant toi. Ne devons-nous pas, à plus forte raison, nous prosterner devant toi, nous qui sommes doués de raison ? ». « Aucun humain n’est autorisé à se prosterner devant un autre. Si cela était permis, j’aurais ordonné à toute épouse de se prosterner devant son mari en raison des droits énormes qu’il a sur elle » (Ahmed).
Ibn Kathir rapporte dans son ouvrage « Les miracles du Prophète » : D’après l’Imam Ahmed ibn Hanbal RA qui rapporte que SIDNA ‘Abd Allah ibn Ja’far RA a dit :
« Un jour, l’Envoyé d’Allah (SAW) me fit monter en croupe et me tient des propos que je ne devais divulguer à personne. [...] Un jour, il entra dans une palmeraie appartenant à un Auxiliaire Médinois quand soudain un chameau vint à lui en blatérant et en pleurant. L’Envoyé d’Allah (SAW) lui flatta la bosse et l’encolure et le chameau se calma.
- « Qui est le propriétaire de ce chameau ? » demanda le Prophète (SAW).
Un jeune Médinois dit : « Ce chameau m’appartient, ô Envoyé d’Allah ! »
– « Ne crains-tu pas ALLÂH dans ton comportement avec cet animal qu’Allah a mis en ta possession ? » lui demanda l’Envoyé d’ALLÂH SAW. « Il s’est plaint à moi en me disant que tu l’affamais et que tu l’épuisais. »
Abou Na'îm d'Ispahan rapporte le récit de la gazelle dans son ouvrage : "les signes de la prophétie", d'après Thâbit el Bennani, qui le tient de SIDNA Anas ben Mâlik RA qui dit :
« Le Messager de DIEU SAW passa auprès de gens qui avaient capturé et attaché une gazelle à un pieu d'une tente. La gazelle parla alors au Prophète (SAW) et lui dit :
- Envoyé de Dieu, on m'a prise et j'ai deux petits. Prends-moi l'autorisation de les allaiter et je promets de revenir.
- À qui est cette gazelle ? demanda le Prophète (SAW)
- À nous, répondirent les chasseurs.
- Lâchez-la qu'elle aille allaiter ses petits et elle reviendra.
- Qui est garant, dirent-ils ?
- Moi, répondit l'Envoyé (SAW).
Elle fut relâchée, courut allaiter ses petits puis, revint à ses chasseurs qui l'attachèrent. En repassant, le Prophète SAW le vit attaché au pieu.
- Où est son maître, demanda-t-il ?
- C'est nous autres, ô Envoyé d'Allâh.
- Me la vendez-vous ?
- Elle est à toi Envoyé d'Allâh, répondirent-ils !
- Libérez-la, dit alors le Prophète (SAW).
Elle fut relâchée et repartit.
Le Bien Aimé SAW est très compatissant et extrêmement doux : On rapporte comment il SAW se levait pour ouvrir sa porte à un chat qui cherchait refuge auprès de lui (SAW), comment il (SAW) soigna lui-même un coq malade jusqu’à sa guérison, et il (SAW) essuyait son cheval avec le manche de son habit. Il (SAW) répondit aux demandes des djinns et leur réserva leur part de nourriture dans les os et les restes des animaux[2].
Il (SAW) disait : « Certes ALLÂH est Miséricordieux et aime les miséricordieux, celui qui ne fait pas preuve de miséricorde, ne bénéficiera pas de la miséricorde ».
Le tronc de palmier gémit par amour pour le Prophète (SAW).
L'imam Ahmed RA rapporte d'après SIDNA Jaber ben 'Abdallah RA qui dit :
« L'envoyé d'Allâh SAW prononçait ses discours (à la mosquée, adossé) à un tronc de palmier. Une femme Ançarite vint lui dire :
- Envoyé de Dieu, j'ai un esclave menuisier. Veux-tu que je le charge de te fabriquer une chaire pour tes discours.
- Oui, dit-il.
On fit donc le minbar et lorsque vint le vendredi, il prononça son discours dessus. Alors, le tronc de palmier se mit à pleurer comme un bébé.
- Il pleure, dit le Prophète (SAW), regrettant les invocations qui se disaient près de lui.
Dans son récit, l'imam Boukhâri rapporte aussi : le tronc du palmier sanglota comme un bébé. Le Prophète (SAW) descendit de sa chaire et embrassa le tronc, pour le calmer, tel pour un bébé.
IL SAW EST LE PLUS GÉNÉREUX :
Il n'a jamais refusé de donner ce qu'on lui demandait. SIDNA Jâbir Ibn 'Abdullâh (RA) disait : « On n'a jamais rien demandé au Messager de Dieu (SAW), et qu'il ait répondu par ‘‘Non’’ »
Dieu SWT lui a octroyé le cinquième du butin. Si le Prophète SAW eut l’intention de vivre dans les richesses de ce bas-monde, il serait certainement devenu l’être le plus riche. A titre d’exemple, le cinquième du butin de la bataille de Hounayn correspondait à 8000 ovins, 4800 chameaux (ou 14 850 chameaux), 8000 onces d’or et 1200 captifs ! Ce cinquième revenait de droit au Messager de Dieu SAW et à sa famille ! A combien pourrait s’élever la fortune du Prophète SAW s’il avait amassé sa part de butin lors de toutes les batailles remportées ?!
Safwâne ibn Oumayya dit : « L’Emissaire de Dieu [...] m'a donné après la bataille de Hounayn un grand troupeau de brebis, et j'étais convaincu que vraiment c'est le don d'un Prophète, alors je l'ai aimé et j'ai embrassé l'Islam. »
Une fois, on lui apporta 90 000 dirhams, qu'on a entassés sur une natte, et il SAW s'est mis aussitôt à les distribuer, sans priver personne d'avoir une part.
Une fois, un homme des Anssârs (RA) lui dit : « Ô Messager de Dieu ! Dépense et ne crains pas une raréfaction de don de la part du Maître du Trône » « (En effet) C'est ainsi qu'on m'a ordonné de faire » s’exclama-il (SAW), le Noble Visage tout illuminé !
SIDNA Ibn ‘Abbas RA dit : « Le Messager de Dieu (SAW) était l’homme le plus généreux qu’il connaissait. C’était au mois de Ramadan, quand il rencontrait Gabriel, qu’il était le plus généreux. Or, Gabriel le rencontrait chaque nuit du mois de Ramadan et lui faisait réviser le Coran. Quand Gabriel rencontrait le Messager de Dieu (SAW), ce dernier était certainement plus généreux à dispenser le bien que le vent qui souffle sans arrêt ». (Boukhari et Mouslim)
SIDNA Anas RA dit : « Il n’est pas une seule fois où l’on ait demandé quelque chose au Messager de Dieu (SAW) comme prix d’une entrée en islam et qu’il ne l’ait pas donnée. Une fois, quelqu’un vint à lui et il lui donna un troupeau remplissant l’espace qui séparait deux montagnes. Cet homme retourna parmi les siens et leur dit : « Ô mon peuple ! Entrez en islam car Mohammad donne à la manière de celui qui ne craint pas la pauvreté ». Et effectivement, on voyait quelqu’un entrer d’abord en islam ne visant par cela que les biens de ce monde, mais il ne tardait pas à aimer l’islam bien plus que ce monde et tout ce qu’il comportait ». (Mouslim)
Notre Mère Aicha RA rapporta dans un récit qu’ils avaient immolé un mouton. Le Prophète (SAW) dit : « Qu’est-ce qui en est resté ? » Elle dit : « Il n’en reste que cette épaule ». Il dit : « Le tout est resté sauf son épaule ! » (Tirmidhî)
Un homme vint au Messager de Dieu (SAW) avec un manteau tissé. Il lui dit : « Je l’ai tissé de mes mains pour que tu le portes ». Le Prophète (SAW) qui en avait besoin le prit, le porta et sortit. Un autre homme lui dit : « Donne-le-moi, il est si beau ! » Il accepta. Le Prophète (SAW) s’assit un moment avec les compagnons puis rentra chez-lui. Il plia le manteau et l’envoya à cet homme. Les gens lui dirent : « Tu n’as pas fait quelque chose de bien ! Le Prophète (SAW) l’a porté car il en avait besoin, et voilà que tu le lui demandes, sachant bien qu’il ne déçoit aucun demandeur ». Il dit : « Par Dieu, je ne le lui ai pas demandé pour m’en vêtir mais je voulais uniquement en faire mon linceul » Effectivement, ce manteau lui servit de linceul [7].
Un homme vint lui demander l'aumône :
- Je n'ai rien avec moi, lui répondit-il, mais va acheter à crédit à mon nom et s'il nous vient quelque chose, nous le rembourserons.
IL (SAW) LA SOURCE DE LA DELICATESSE ET DE LA DOUCEUR (SAW) :
(Harîssoune Aleykoume SAW celui qui est rempli de sollicitude, de compassion, Barroune SAW bienveillant, Raoûfoune SAW le Doux, le Clément)
SIDNA Anas ibn Malik RA dit : « La main de l’Envoyé de Dieu SAW était plus douce que le satin ou la soie et son odeur était le plus agréable des parfums. J’ai servi l’Envoyé de Dieu SAW pendant dix ans sans que jamais il ne me réprimande, et sans que jamais il ne me demande pourquoi j’avais fait telle chose ou pourquoi je n’avais pas fait telle autre. » (Boukhari)
Et il (RA) dit : « Je marchais au côté du Messager de Dieu (SAW) qui portait un manteau aux bordures rudes, un homme l'a attrapé et l'a tiré brutalement vers lui, au point que j'ai vu les marques laissées par les bordures du manteau sur son cou. L'homme lui a dit : ‘‘Ô MOUHAMMAD ! Ordonne en ma faveur une part de l'argent dont tu disposes ! Le Très Saint Prophète (SAW) s'est mis en face de lui, a souri et il a ordonné qu'on lui donne une part’’ ».[3]
SIDNA Hind ibn Abi Hala RA, le fils de Notre Mère Khadija RA, l'a connu de près, étant dans sa maison. Il (RA) le décrit ainsi : « Le Prophète SAW avait bon cœur, il était doux et d'humeur agréable. Il n'aimait offenser personne. Il se montrait toujours reconnaissant pour la moindre faveur. Il acceptait de bonne grâce toute nourriture qu'on plaçait devant lui. Il ne se montrait jamais furieux pour toute offense à sa propre personne, ni ne songeait-il à se venger ou à trahir. Mais si quelqu'un s'opposait à ce qui est juste et vrai, il se sentait affligé et se mettait toujours du côté de la vérité et de la justice avec toutes ses forces.
SIDNA Anas Ibn Mâlik RA rapporta : « Nous étions en compagnie du Prophète SAW, lorsque pénétra un bédouin qui se mit à uriner dans la mosquée. Les compagnons RA se dirigèrent vers lui en disant : « Arrête ! Arrête ! » Le Prophète SAW dit : « Laissez-le et ne l’empêchez pas. » [C'est-à-dire ne l'interrompez pas en plein dans son action, cela pourrait lui nuire.] Ensuite, le Prophète SAW le fit venir et lui dit : « Il n’est pas convenable de faire, dans les mosquées, ce genre d’actions comme uriner ou répandre toute autre impureté. Au contraire, Les mosquées ont été érigées pour évoquer Allah SAWT, pour prier et pour lire le Coran. » Le Prophète SAW demanda ensuite à un compagnon de ramener un seau d’eau et le versa sur l’urine. (Rapporté par Boukhâri et Mouslim).
Souvent, le Prophète SAW prescrivait ses orientations de manière indirecte, de sorte qu’il ne désignait pas le fautif directement, mais disait : « Qu’ont les gens à commettre ceci et cela ? ». (Boukhâri) De cette façon, il SAW respectait le fautif et ne compromettait pas sa réputation face aux gens en dévoilant ses péchés. Car dans ces conditions, la personne est plus à même d’accepter un conseil et de rectifier sa faute sans la réitérer.[4]
[1] Comme le fait de bruler ou amputer un animal vivant, ou le fait d’utiliser comme cible un être vivant. Ou de les tuer par simple plaisir.
[2] C’est-à-dire en interdisant de faire le Tayammoum (les Ablutions sèches) avec les os les déchets animaliers.
[3] Boukhârî
[4] Source : « Quelques traits de caractère du Prophète Muhammad SAW » Écrit par Khâlid Abou Sâliḥ


