Aller au contenu
Solisalim
‹ Le Prophète ﷺ

SIRA 5 – [Partie 15/15] LA MISSION UNIVERSELLE DU BIEN AIMÉ PROPHÈTE MOUHAMMAD (SAW)

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. « Lorsque vient le secours d'Allah ainsi que la victoire, Et que tu vois les gens entrer en foule dans la religion d'Allah, Alors, par…

Intermédiaire · 27 min de lecture · 4 septembre 2023

Ancien article · non reluArticle repris tel quel de l’ancien site Solisalim (publié le 4 septembre 2023). Il n’a pas encore été relu par le comité savant.

Les Défis et les menaces de la nation :

A Médine, de nouvelles forces hostiles sont apparues : les juifs et les hypocrites d’abord ; Ensuite les bédoins (al A’râb), certains vivant très près de Médine et dont le comportement était imprévisible, et plus tard, les puissances internationales (les Byzantins et les Perses).

Il y avait encore plusieurs Arabes qui s'obstinaient à adorer des idoles et à détester l'Islam tel qu'Ibn Ubayy ibn Saloul et ses disciples. Cependant, après la victoire à Badr, la plupart d'entre eux prétendaient être devenus musulmans, du moins en apparence. Or si on se fiait à leur comportement, il était clair que l’islam n’a même pas effleuré leur cœur, mais qu'ils voyaient plutôt un avantage politique à se prétendre musulmans. Plusieurs versets du Coran furent révélés afin d'informer les vrais musulmans de la menace que ce groupe d'hypocrites représentait pour la communauté. Ils fomentaient les complots et les calomnies, abaissaient la force morale et la foi des musulmans, et se retiraient en plusieurs centaines des rangs de l’armée (alors qu’ils constituaient le tiers ou plus) ...etc. Cependant, Le Très Saint Prophète SAW resta prudent mais très patient envers eux et sans jamais stigmatiser qui que ce soit à cause de sa croyance.

La deuxième menace provenait des tribus juives qui vivaient à Médine et dans ses environs depuis des siècles. À son arrivée à Médine, le Prophète SAW avait conclu un traité avec les tribus juives afin de définir clairement les relations entre elles et les musulmans. L'une des principales clauses de ce traité était : les musulmans et les juifs sont libres de pratiquer leur propre religion, ils se doivent un soutien mutuel en cas d'attaque d'un ennemi étranger et aucun traité ne sera conclu avec les Quraych contre les musulmans. Beaucoup de ces Juifs méprisaient le Prophète SAW en raison de leur arrogance ancestrale, mais le Prophète SAW ne cessa d’apprendre aux musulmans de se comporter avec respect à leur égard. Plus tard, la révélation autorisa les musulmans à manger de la viande d'animaux abattus par les Gens du Livre. Certains Juifs se sont convertis à l'Islam et l'un des principaux rabbins de Médine, Abdullah ibn Salâm RA, se convertit de ce fait à l'Islam.

Cependant, malgré le bon traitement que leur réserva le Saint Prophète SAW, les tribus juives, l’une après l’autre, trahirent leur engagement, chacune d’elle pensant se saisir d’une occasion rare pour se débarrasser des musulmans.

D’abord La trahison des Qaynuqâ survint quelques mois après la Victoire de Badr, espérant que certains hypocrites leur viendraient en aide comme promis. L'expulsion des Nadir fut en l’an 4 de l’Hégire : ils refusèrent de prendre parti à la défense de Médine (à la Bataille de Ouhoud) ; leur ennemité s’accentua ; et lorsque Le Très Saint Prophète SAW alla leur rendre visite, ils tentèrent de l'assassiner (SoubhanAllah) : le Prophète SAW quitta alors les lieux et leur donna 10 jours pour partir. Ils furent assiégés et ils finirent par se rendre et déménagèrent dans la ville fortifiée de Khaybar, à quelques centaines de kilomètres au nord. Encore une fois, plutôt que d'être reconnaissants pour ce traitement clément, ils se remirent immédiatement à comploter contre les musulmans. Les Banou Quraydha quant à eux rompirent le traité avec les musulmans durant l’épreuve des coalisés.

(Ce sujet fera l’objet d’une autre SIRA plus détaillée sur les Expéditions InchAllah)

Le Traité de Houdaybiyya et la Propagation de l’Islam (Dhoul Qi’da de l’an 6 H.)

Lors de la sixième année de l'Hégire, le Prophète SAW reçut en rêve la révélation d'Allah qu'il se rendrait à la Ka'bah la tête rasée. Il partit alors avec 1400 musulmans afin d'accomplir le pèlerinage à la Mecque, durant l'un des mois sacrés. 

Chaque fois qu'une tribu souhaitait se rendre à la Mecque, elle le faisait habituellement pendant les mois sacrés au cours desquels les combats étaient interdits, voyageait sans armes de guerre et emportait avec elle des bêtes destinées à être sacrifiées à La Mecque.

Dès que les Quraysh apprirent la nouvelle, ils durent faire face à un dilemme : Ils ne pouvaient pas laisser leur ennemi juré entrer à La Mecque, mais ils ne pouvaient pas non plus l'arrêter ni lui faire du mal et risquer de voir leur honneur terni en Arabie.

Les musulmans arrivèrent dans une plaine appelée Al-Hudaybiyya, située juste à l'extérieur de la Mecque, où la chamelle du Saint Prophète SAW refusa d’avancer. Les compagnons pensèrent qu’elle était épuisée. « Non, répliqua le Prophète, elle n'est pas épuisée. Ce n'est pas dans sa nature. Elle a été retenue par Celui qui avait retenu les éléphants d'Abraha aux portes de La Mecque ».

On lui dit :

– Envoyé de Dieu, il n'y a pas d'eau dans cette vallée autour de laquelle on puisse camper.

Le Prophète SAW tira alors une flèche de son carquois et la donna à l'un de ses compagnons. L'homme la prit, descendit dans l'un des puits de cette vallée et y planta la flèche : l'eau en jaillit à gros bouillons et les musulmans campèrent autour de l'eau.

Avant de s’installer à Houdaybiyya le Prophète SAW dit : « je suis disposé à accorder aux Quraych, dans le cadre d'un accord global, toutes les concessions où le lien du sang serait invoqué »

Les Quraych envoyèrent d’abord Mikraz ibn Hafç auprès du Prophète SAW. Le Prophète lui tint le même discours que celui tenu à Budayl ibn Waraqa et à ses compagnons qui l’avaient rencontré. Mikraz revint et leur rendit compte de sa mission. Puis ils envoyèrent al-Houlays ibn 'Alqama, qui était à l'époque le chef des mercenaires abyssins. Lorsque l'Envoyé de Dieu SAW l'aperçut de loin, il dit à ses compagnons : « Voici un homme qui croit en Dieu. Poussez à sa rencontre les chamelles destinées au sacrifice. » Voyant les bêtes, ornées de bandelettes, évoluer vers lui du flanc de la vallée, il en fut édifié et revint aussitôt sur ses pas, sans même avoir rencontré le Prophète SAW. Mais les Qoraychites l’ont traité de Bédouin qui ne comprend rien.

Quraych dépêchèrent ensuite 'Urwa ibn Mas'ûd.  Il se comporta grossièrement mais le Prophète SAW le traita avec indulgence et bonté. Ayant observé le comportement de ses nobles compagnons (RA), il s'en retourna auprès des Quraych et leur dit : « J'ai connu Chosroês dans son royaume, le Basileus dans son royaume, le Négus dans son royaume. Mais je n'ai jamais vu, je le jure, de monarque régner sur son peuple comme Muhammad. Ce sont des gens qui ne le livreront à aucun prix. À vous maintenant de décider. »

Les Quraych envoyèrent une quarantaine d'hommes avec l'ordre de rôder autour du campement de Muhammad et de tenter un coup de main contre les musulmans. Ils furent tous capturés et amenés devant le Prophète. Ce dernier leur accorda son pardon et les fit relâcher.

Le Prophète SAW envoya un homme pour informer les chefs de Quraych qu'ils n'étaient pas venus se battre, mais seulement visiter la Ka'bah. Il précisa également qu'ils souhaitaient conclure un traité de paix.

Le Prophète SAW a décidé d'envoyer Sidna Uthman ibn Affâne RA, qui avait encore de nombreuses relations tribales à la Mecque, pour négocier un accord avec les Quraysh. La rumeur courut que Sidna Uthman RA avait été tué, ce qui signifiait un appel ouvert à se préparer au combat. Le Prophète SAW s'assit alors sous un arbre où chaque compagnon s'engagea à le soutenir jusqu'à la mort. Finalement, la rumeur s'est révélée être fausse.

Finalement, les Quraych envoyèrent Suhayl ibn 'Amr : « Tu pourras, lui dirent-ils, signer la paix avec lui, à condition qu'il renonce cette année à son pèlerinage et qu'il reparte chez lui. Nous ne voulons pas, surtout, que les Arabes racontent que Mohammad est entré à La Mecque malgré les Quraych. »

Ils conclurent un accord comportant les clauses suivantes :

1.     Les musulmans et Quraych ne se combattront pas pendant une durée de dix ans.

2.     Les musulmans retourneront à Médine et ne seront pas autorisés à visiter la Ka'bah cette année. Cependant, ils seront autorisés à visiter la Ka'bah l'année prochaine pour trois jours seulement.

3.     Si un musulman de Médine décide d'abjurer l'Islam et de retourner à la Mecque, il est autorisé à le faire. Cependant, si quelqu'un de la Mecque décide de se convertir à l'Islam et d'aller à Médine, il sera rendu à Quraysh.

4.     Les deux parties peuvent nouer des alliances avec les tribus de leur choix et celles-ci seront également liées par le traité.

Après ce traité, les musulmans et les Arabes idolâtres commencèrent à interagir librement et à se rencontrer régulièrement. Au cours des deux (02) années qui suivirent, plus de gens se convertirent à l’Islam qu’au cours des dix-huit (18) années précédentes !

Correspondances avec les souverains

L'année suivante, le Messager d'Allah SAW envoya des émissaires remettre des missives aux souverains de toutes les grandes puissances en Arabie et autour de l'Arabie.

C'est ainsi, par exemple, qu'il écrivit à Chosroês, roi de Perse, au Négus, roi d'Abyssinie, à Muqawqis, roi d'Alexandrie, aux deux rois de 'Umân, aux deux rois de Yamâma, au roi de Bahrayn, à Hârith, roi des Ghassân, qui régnait au nord sur les frontières de Syrie, au roi du Yémen, etc. Le Prophète avait recommandé à ses compagnons, avant de les envoyer en messagers :

– Dieu m'a envoyé pour témoigner de sa miséricorde universelle. Transmettez mon message de miséricorde, Dieu vous accorde la sienne ! Ne laissez pas place parmi vous à la discorde ni à la division à mon sujet, comme les Apôtres l'ont fait à l'égard de Jésus fils de Marie.

– Comment se sont-ils divisés ?

– JESUS leur avait confié le même Message que celui que je vous confie. L'Apôtre dont le pays de mission était tout proche l'accepta et fut sauvé. Celui dont le pays de mission était lointain partit en maugréant et en traînant le pas. JESUS s'en plaignit à Dieu et les traînards se mirent à parler la langue de ceux à qui ils devaient porter le message

Les messages du Prophète SAW commençaient par le Nom d'Allah, déclaraient que Sidna Mohammad SAW est le Messager d'Allah, invitaient les souverains à se convertir à l'Islam et les avertissaient que s'ils refusaient, ils devaient assumer la responsabilité d'avoir empêché le Message de parvenir à leurs sujets. Le roi d'Abyssinie et le roi de Bahreïn se convertirent à l'Islam, tandis que Chosroês, l'empereur de Perse, déchira la missive de colère et tua l'envoyé musulman. Le souverain du nord de l'Arabie réagit également avec hostilité et menaça d'attaquer Médine. 

Le roi d'Egypte, Muqawqis, déclina poliment l'invitation à se convertir à l'Islam mais envoya des présents au Prophète SAW comme signe de bonne volonté. Le Prophète SAW accepta ces présents et entretint une relation amicale avec lui.

Nous rapportons ici le Texte du Message envoyé par le Saint Prophète MOHAMMAD SAW à Héraclius 1er : « De Mohammad, Messager de Dieu, à Héraclius, souverain de Byzance. Que la paix soit sur ceux qui suivent la voie de la Guidance. Je t'appelle à croire à l'islam. Soumets-toi (à DIEU : Deviens musulman) et tu seras en sécurité, et Dieu t'accordera une double récompense. Si tu refuses, tu en porteras la responsabilité pour les ariens. » [Les ariens étaient les adeptes d'Arius, prêtre égyptien qui croyait en l'unicité divine et niait que le père et le fils soient deux manifestations du Seigneur.]

Dans les propos rapportés par Boukhari, Ibn 'Abbâs dit avoir été informé par Abû Sufyân ibn Harb du dialogue qui s’est tenu entre lui et l’empereur Héraclius 1er, lorsque ce dernier reçut le message du Prophète (SAW) :

Après l’avoir questionné sur plusieurs éléments relatifs au Saint Prophète SAW, Héraclius 1er dit (à l’interprète) ! : « Dis-lui que je l’ai interrogé au sujet de son lignage et il a répondu qu’il est noble. Il en est de même du lignage des Messagers au sein de leur peuple. Je lui ai demandé si quelqu’un avant lui avait eu la même prétention et il m’a répondu que « non ». Car, si quelqu’un avant lui avait eu la même prétention, j’aurais pu croire qu’il ne veuille que refaire ce qu’un autre a déjà accompli. Je lui ai demandé s’il y avait des rois parmi ses ancêtres et il m’a répondu que « non ». Je me suis dit : S’il y avait un roi parmi ses ancêtres, je pourrais penser qu’il cherche à reconquérir le trône de son père. Je lui ai demandé s’ils le traitaient de menteur avant qu’il n’ait eu à se présenter comme Prophète et il m’a répondu que « non ». Or j’ai compris par-là que s’il n’était pas homme à mentir à l’égard de ses semblables, il ne pouvait, à plus forte raison mentir à l’égard de Dieu. Je lui ai demandé si ce sont les nobles qui le suivent ou les faibles et il répondit « les faibles », or ce sont ceux-là même qui suivent toujours les Messagers. Je lui ai demandé si ceux qui le suivent augmentent en nombre ou régressent, et il m’a répondu qu’ils progressent, or c’est bien cela le propre de la Foi qui est de croître jusqu’à atteindre la Complétude. Je lui ai demandé s’il y en a qui apostasient par aversion parmi ses disciples et il m’a répondu que « non », or c’est bien ainsi qu’il en est de la Foi, lorsque sa douce Saveur rencontre les cœurs. Je lui ai demandé s’il trahissait, il m’a répondu que « non », or tel est le comportement des Messagers, ils ne trahissent jamais. Je lui ai demandé s’ils se sont combattus, et il m’a répondu que « oui » et que les combats entre vous avaient eu des alternatives, tantôt à son avantage et tantôt au leur. Il en est ainsi des Prophètes, ils subissent des épreuves, mais la Réussite et le Succès final leur reviennent. Je lui ai demandé ce qu’il leur ordonne et il m’a répondu « qu’il leur ordonne d’adorer Dieu sans rien lui associer, de s’abstenir d’adorer les idoles, de prier, de cultiver la sincérité et la chasteté. » Dis-lui que si tout ce qu’il m’a dit est vrai, il sera Maître de l’endroit sur lequel, présentement, foulent mes pieds. Je savais qu’un Prophète allait paraître, mais je n’imaginais pas qu’il viendrait de vous. Quant à moi, s’il m’était possible de l’approcher, je ferais tout pour le rencontrer et si j’étais auprès de lui, je laverais moi-même Ses Pieds ».

Ibn An-Nâtour rapporte à ce sujet : « Héraclius était un devin qui aimait l’astrologie. Interrogé sur ce métier, il répondit : « J’ai vu en rêve la nuit passée que le roi des circoncis est apparu. Quel peuple pratique donc la circoncision ? » On lui répondit : « Il n'y a que les juifs qui pratiquent la circoncision mais peu t’importe leur cas. Donne l’ordre aux gouverneurs des villes de ton royaume qu’on tue tous les juifs ». Entre temps le messager du roi de Ghassân (rapportant la Lettre du Prophète SAW) fit son entrée et informa Héraclius de l’apparition de messager d’Allah (SAW).

Héraclius 1er donna ensuite l’ordre de vérifier si le messager (qui était Arabe) n’était pas circoncis. On le trouva circoncis et quand on l’interrogea sur cette pratique chez les Arabes, il répondit qu’ils la font. Héraclius conclura alors : « Ainsi c’est bien le roi de ce peuple qui est apparu ». Puis il dépêcha une lettre à l’un de ses amis à Roumia qui l’égalisait en science. Il se dirigea ensuite vers Hims mais il reçut la réponse à sa lettre avant d’y arriver. La réponse concorda avec son opinion sur l’apparition du Prophète et confirmait qu’il était effectivement un Prophète. Héraclius convoqua alors les grandes personnalités de Byzance à son palais de Hims et donna l’ordre de condamner toutes les portes puis il leur dit : « Ô byzantins ! Cherchez-vous le bonheur et la droiture ainsi que l’affermissement de votre pouvoir ? Suivez alors cet homme, c’est-à-dire le Prophète ». Ils se ruèrent alors autour des portes comme des bêtes sauvages mais ils les trouvèrent fermées. Devant leur refus de l’Islam, Héraclius perdit espoir de leur faire accepter la foi. Il ordonna de les faire retourner en leur disant : « J’ai voulu seulement vous mettre à l’épreuve pour voir votre attachement à votre religion ». Satisfaits de cela, ils se prosternèrent devant lui. Tel était le dernier cas d’Héraclius. » (Boukhari).

Le Pèlerinage d'Adieu

Vers la fin de la 9ème année de l'Hégire, le Prophète SAW informa les tribus dispersées dans l'Arabie qu'il envisageait d'accomplir personnellement le Hajj.

Alors qu’il accomplissait les rituels du pèlerinage, le Prophète SAW se tint sur une butte dans les plaines d’Arafat et prononça un discours devant un auditoire d’environ 150 000 musulmans, connu sous le nom de 'Sermon d’Adieu'. Le discours comportait les éléments révolutionnaires suivants :

·       Tous les prêts à intérêt sont annulés.

·       Toutes les vendettas tribales pour des meurtres passés sont annulées.

·       Les femmes ont des droits sur les hommes, et les hommes doivent veiller à les respecter.

·       Le sang et les biens d'un musulman sont sacrés, personne ne doit violer cette sacralité sans droit.

·       Aucun Arabe n'est supérieur à un non-Arabe, et vice versa.

·       La couleur de ta peau ne détermine pas la supériorité.

L'année des ambassades (délégations) l’an 9 de l'hégire

Après la conquête de La Mecque et la soumission des Quraych, après la conversion à l'islam des Thaqîf et leur accord avec le Prophète SAW, les Arabes comprirent qu'ils ne pouvaient plus soutenir de guerre contre lui ni même garder leur sentiment d'hostilité à son égard. C'est pourquoi, de toutes parts, des délégations en grand nombre affluèrent vers Médine. Cet Episode de la Sira témoigne non seulement de la Bonté et Générosité, la Magnanimité et l’Indulgence inégalable du Très Saint Prophète SAW, mais aussi de sa Patience, sa Pédagogie, de Son Intelligence, Son Eloquence, de sa Sincérité ...etc.

 

Il y eut plus de 70 délégations, à titre d’exemples :

 

La délégation des Banû Tamîm arriva, avec un grand nombre d'hommes. Dès leur arrivée dans la mosquée, ils hélèrent le Prophète SAW par-dessus ses appartements et lui demandèrent de venir les voir. Il fut indisposé par leur façon de faire et par leurs cris, mais il sortit cependant à leur rencontre, et les accueillis avec bonté.

– Muhammad, lui dirent-ils, nous sommes venus rivaliser de gloire avec toi. Donne l'autorisation de parler à notre orateur et à notre poète.

leur orateur parla et Sidna Hassân ibn Thâbit. Quand ils eurent fini, al-Aqra' ibn Hâbis, un notable des Tamîm, se leva et dit : « Je le jure par la tête de mon père, cet homme (Muhammad) est inspiré. Son orateur est meilleur que le nôtre et son poète est plus poète que le nôtre. » À ces mots, la délégation des Tamîm se convertit à l'islam et le Prophète leur fit de très beaux cadeaux.

 

Une délégation des Banû 'Âmir partit auprès du Prophète. Parmi eux se trouvaient 'Âmir ibn Tufayl, Arbad ibn Qays et Jabbâr ibn Salma. Ces trois hommes étaient les chefs de la tribu et ses véritables démons. 'Âmir venait chez le Prophète SAW avec l'intention de le tuer par trahison. Les gens de sa tribu lui avaient dit :

– 'Âmir, tous les gens se sont convertis à l'islam. Fais comme eux.

– J'aurais souhaité avant de mourir que les Arabes soient derrière moi et me suivent. Et maintenant vous voulez que je sois soumis derrière ce jeune homme des Quraych !

Puis il dit à Arbad : « Lorsque nous serons chez cet homme, j'occuperai son attention et lui ferai détourner de toi son visage. À ce moment-là, tu le domineras avec ton sabre. »

Arrivés chez le Prophète, 'Âmir lui dit :

– Muhammad, je voudrais te parler en tête à tête.

– Non, répondit le Prophète, tant que tu n'auras pas cru en Dieu, l'Unique.

'Âmir répéta trois fois sa demande et trois fois le Prophète la lui refusa.

'Âmir repartit en lançant cette menace : « Je remplirai la terre de chevaux et d'hommes contre toi. » Et le Prophète dit à son départ : « Seigneur Dieu, débarrasse-moi de 'Âmir ibn Tufayl. » La délégation des Banû 'Âmir repartit dans son pays. En cours de route, Dieu affligea 'Âmir de la peste et il en fut terrassé. Après l'avoir enterré, ses compagnons rentrèrent chez eux. Les gens de leur tribu leur demandèrent :

– Quelle nouvelle rapportez-vous ?

– Vraiment rien, répondit Arbad. Muhammad nous a demandé d'adorer quelqu'un, que je tuerai à coups de flèches s'il tombe un jour dans mes mains.

C'était la saison d'hiver. Un jour ou deux après avoir dit cela, Arbad sortit de chez lui, tirant son chameau derrière lui. Dieu fit tomber sur eux la foudre, qui les brûla lui et son chameau. Arbad ibn Qays était, par sa mère, le frère du poète Labîd ibn Rabî'a. Ce dernier fit dans un poème le panégyrique de son frère.

La délégation des Banû Sa'd ibn Bakr qui envoyèrent auprès du Prophète un homme appelé Dimâm ibn Tha'laba. Il fit agenouiller son chameau à la porte de la mosquée et y entra. Le Prophète y était assis en compagnie de ses amis. Dimâm était un homme robuste, avec une abondante chevelure qu'il serait en deux tresses. Il s'approcha du groupe et demanda :

– Qui parmi vous est le fils de 'Abd al-Muttalib ?

– Moi-même, répondit le Prophète.

– Tu es bien Muhammad ?

– Oui, je le suis.

– Fils de 'Abd al-Muttalib, je vais te poser beaucoup de questions et avec insistance. Ne t'en offusque pas.

– Non, je ne m'en offusquerai point. Pose-moi les questions que tu veux.

– J'en appelle à ton Dieu, au Dieu de ceux qui étaient avant toi et de ceux qui viendront après toi, Dieu t'a-t-il vraiment envoyé auprès de nous ?

– Oui, je le jure par Dieu.

– J'en appelle à Dieu, est-ce bien Dieu qui t'a demandé de nous donner l'ordre de l'adorer Seul et Unique, sans lui associer quoi que ce soit, et de rejeter ses rivaux que nos pères adoraient avec lui ?

– Oui, je le jure.

– J'en appelle à Dieu, est-ce bien Dieu qui t'a ordonné d'instituer l'obligation des cinq prières ?

– Oui, je le jure.

Dimâm poursuivit ainsi son interrogatoire en citant dans le détail les fondements de l'islam et les obligations des musulmans comme l'aumône, le jeûne et le pèlerinage. Ayant obtenu la réponse à toutes ses questions, il déclara : « Je témoigne qu'il n'y a qu'un seul Dieu et que Muhammad est l'Envoyé de Dieu. J'accomplirai ces obligations et renoncerai aux pratiques que tu m'as interdites. »

Puis il monta sur son chameau et repartit. Après son départ, le Prophète dit : « Si cet homme aux deux tresses est sincère, il entrera au Paradis. » Rentré chez lui, les gens l'interrogèrent et il commença par dire :

– Malheur à al-Lât et à al-'Uzza !

– Tais-toi, Dimâm, lui dirent-ils. Crains la lèpre, crains la gangrène, crains la folie !

– Malheureux, leur dit-il, ces deux divinités, je le jure, sont inefficaces : elles ne font ni du bien ni du mal. Dieu a envoyé un Prophète et lui a révélé un Livre, grâce auquel je pourrai vous sauver du paganisme. Je témoigne qu'il n'y a qu'un seul Dieu, sans aucun associé. Je témoigne que Mohammad SAW est son Serviteur et son Envoyé. Je vous apporte de sa part les obligations et les interdits de sa religion.

Ce jour-là, il n'y eut aucun homme ni aucune femme parmi ceux qui écoutèrent Dimâm qui ne se convertît à l'islam. Il n'y eut pas auprès du Prophète meilleure délégation que celle de Dimâm ibn Tha'laba. (Ibn Hicham)

La délégation des Hanîfa accompagnée par Musaylima l'imposteur : Ensuite vint auprès du Prophète la délégation des Banû Hanîfa, accompagnée de Musaylima al Kaddâb (l’imposteur). Ils descendirent chez Bint al-Hârith, une femme des Ançâr. Ils vinrent chez le Prophète, en laissant Musaylima dans leur campement. Après s'être convertis à l'islam, ils dirent au Prophète : « Envoyé de Dieu, l'un de nos compagnons est resté dans notre campement pour garder nos montures. » Le Prophète ordonna qu'on lui attribue un cadeau équivalant au cadeau donné aux membres présents de la délégation : « Il ne doit pas avoir la place la moins bonne, leur dit-il, parce qu'il a monté la garde auprès de vos biens et de vos montures. » Les Hanîfa remirent à Musaylima le don du Prophète et s'en revinrent dans leur pays. À leur retour à Yamâma, l'ennemi de Dieu se rétracta, et prétendit mensongèrement qu'il était Prophète. Il leur dit : « J'ai été associé à la prophétie avec Muhammad. Ne vous a-t-il pas dit, lorsque vous lui avez mentionné mon nom, que je n'avais pas la place la moins bonne parmi vous ? Il ne pouvait donc pas ne pas savoir que j'étais son associé dans la prophétie. » Puis il se mit à réciter des paroles rythmées et assonancées, voulant ainsi égaler le style du Coran. En même temps, il témoignait que Sidna Mohammad SAW était effectivement un Prophète, ce sur quoi les Banû Hanîfa étaient unanimes.

Le Prophète dit un jour dans une prédication qu'il faisait du haut de la chaire : « J'ai vu en songe la nuit du destin, puis je l'ai oubliée. J'ai vu dans mes bras deux anneaux d'or. Je ne les ai pas aimés et j'ai soufflé sur eux. Ils se sont envolés. Je pense que ces anneaux d'or devaient désigner les deux faux Prophètes Aswad al-'Ansi du Yémen et Musaylima ibn Habîb de Yamâma. »

Le Prophète disait encore : « L'heure du Jugement n'aura pas sonné avant que n'apparaissent trente imposteurs, prétendant chacun à la prophétie. » Musaylima ibn Habîb écrivit une lettre au Prophète SAW où il disait : « De Musaylima, envoyé de Dieu, à Mohammad, Envoyé de Dieu. Salut à toi. J'ai été associé avec toi à la prophétie : nous avons la moitié de la terre et les Quraych ont l'autre moitié. Mais les Quraych sont des agresseurs. » Deux messagers apportèrent cette lettre au Prophète. Il la lut :

– Et vous, leur demanda-t-il, qu'en dites-vous ?

– Nous disons ce qu'il dit.

– Je vous aurais volontiers tranché la tête, mais on ne tue pas les messagers.

Puis il écrivit à Musaylima : « Au nom de Dieu, Clément et Miséricordieux. De Muhammad, Envoyé de Dieu, à Musaylima : salut à celui qui suit le chemin de la vérité. La terre appartient à Dieu et il la donne à qui il veut parmi ses serviteurs. Il récompensera ceux qui le craignent. »

L’ordalie :

Durant cette période, il a eu lieu lorsqu’une délégation de Chrétiens de Najràn crut pouvoir discuter avec le Prophète SAW et tenter de le contredire.

Alors, Allah ordonna à Son Messager, dans ce Verset, (« Venez ! Appelons nos fils et vos fils, nos femmes et vos femmes…») d’appeler SIDNA ‘Alî KAW, Notre Mère Fâtimah, SIDNA al-Hassan et SIDNA al-Hussayn (RA), et de se diriger avec eux vers la vallée, et de demander aux Chrétiens de convoquer leurs fils et leurs femmes pour venir avec eux, afin de prier Allah de faire descendre Sa Malédiction sur les menteurs d’entre les deux parties.

Lorsque le Prophète les [les Chrétiens] appela à l’invocation de l’exécration, ils dirent : “ Attendez, que nous nous concertions.”

Puis, lorsqu’ils entreprirent leur concertation, ils demandèrent à leur vicaire : “ O ‘Abdul Maçih ! Qu’en penses-tu ?”

Celui-ci répondit : “ O assemblée des Chrétiens ! Muhammad est un Prophète Envoyé (…). Par Allah ! Aucun peuple n’a jamais affronté un Prophète dans une invocation d’exécration sans que périssent ses vieillards, et sans qu’il ne soit privé de ses enfants ! Si vous le faites, vous périrez tous (…). Préservez donc la paix avec cet Homme, et rentrez chez vous. ”

Lorsque le Prophète revint, en étreignant al-Houssayn et en tenant la main d’al-Hassan, laissant Fâtimah marcher derrière lui, et ‘Alî derrière elle, et qu’il dit à ces derniers : “ Si j’invoque Allah, dites : Amîn !”, l’archevêque de Najrân s’écria : “ O assemblée des Chrétiens ! Je vois des visages par lesquels si Allah voulait déplacer une montagne, Il le pourrait ! N’invoquez pas l’exécration d’Allah, sinon vous périrez et aucun Chrétien ne restera à la surface de la terre jusqu’au Jour du Jugement ! ”

Sur ce, les Chrétiens dirent au Prophète : “ O Abû-l-Qâsim ! Nous avons décidé de ne pas te provoquer en invocation d’exécration, de t’approuver pour ta Religion, et de rester fidèles à la nôtre. ”

Le Prophète leur dit : “ Si vous refusez l’invocation de l’exécration, convertissez-vous donc à l’Islam, et vous aurez les devoirs et les droits des Musulmans. ”

Comme ils refusaient son offre, il leur dit : “ Je vous combats donc ! ”

Ils répondirent : “ Nous ne pouvons pas combattre les Arabes. Mais nous concluons avec toi un traité de réconciliation en vertu duquel tu t’abstiendras de nous attaquer, de nous menacer et de nous détourner de notre religion, et nous t’offrons en contrepartie deux mille dalmatiques, mille au mois de Çafar, et mille autres au mois de Rajab, ainsi que trente cuirasses ordinaires en fer. ”

Le Prophète accepta l’offre de réconciliation et dit: “ Par Celui Qui tient mon âme entre Ses Mains! Le dépérissement planait sur les gens de Najrân. S’ils avaient invoqué l’anathème, ils auraient été transformés en singes et en porcs, et la vallée aurait éclaté en feu autour d’eux. Allah aurait déraciné Najrân ses habitants, et même les oiseaux juchés sur la cime des arbres. Avant l’écoulement d’une année, tous les Chrétiens auraient péri. ” »

La Transition du Prophète SAW

Environ deux mois après son retour de la Mecque, le messager d'Allah fut touché par une forte fièvre et des maux de tête. Quelques jours plus tard, il était trop souffrant pour se lever même pour aller à la Mosquée. Chaque fois qu'il se lavait et essayait de se lever, il s'évanouissait. Par conséquent, il ordonna que Sidna Abou Bakr RA dirige la prière des gens dès qu'il reprit de nouveau connaissance, tandis que lui-même priait dans sa chambre. Cela continua ainsi plusieurs jours jusqu'à sa transition le 12 al-Rabi al-Awwal dans la matinée. Sa mission était complète : Il avait transmis le Message de l'Islam, la soumission au DIEU Unique SWT, et déraciné l'idolâtrie et les vices sociaux de l'ensemble de la péninsule arabique.

Dernières recommandations du Prophète SAW

Notre Mère Â'icha RA racontait : la dernière recommandation du Prophète fut : « Il ne faut laisser qu'une seule religion dans l'île des Arabes. »

Elle RA dit : après la transition du Prophète, les musulmans étaient comme un troupeau sans berger, par une nuit pluvieuse. Les juifs et les chrétiens relevèrent la tête et, parmi les musulmans, il y eut beaucoup de revirements (ridda). À La Mecque, la plupart des habitants songèrent à renier l'islam. 'Attâb ibn Usayd, gouverneur de la ville nommé par le Prophète, eut des craintes pour sa vie et prit la fuite pour leur échapper. Suhayl ibn 'Amr, qui s'était naguère opposé par les armes à l'entrée du Prophète à La Mecque, prit la tête de la résistance et s'adressa aux habitants de la ville. Après avoir loué et glorifié Dieu, il fit état de la transition du Prophète. « Cette transition, ajouta-t-il, ne fait que renforcer l'islam. Celui qui ose en douter aura la tête tranchée. » Les Mecquois quittèrent leurs doutes et revinrent à l'islam. Par la suite, Dieu réunit les musulmans autour d'Abû Bakr RA, premier calife de l'islam.

Notons qu’entre ces différents événements relatés, il y eu des Expéditions organisées par le Saint Prophète SAW ; Elles vont faire l’objet d’une autre SIRA, InchAllah.

Paix et Salut D’ALLÂH SWT sur Son Messager SAW

Paix sur les Messagers

ALLAHOUMMA SOLLI SALLIM AMINE

ALLAHOUMMA SOLLI SALLIM AMINE

ALLAHOUMMA SOLLI SALLIM AMINE

Sources

Non indiquées : article de l’ancien site, pas encore relu.

Télécharger en PDF

Partager : WhatsApp · Facebook · X

Une erreur ? Signalez-la ›

Recevez nos nouveaux articles

À lire aussi