Les médinois à la veille de l'Hégire
La population de Yathrib (la future Médine), cette ville-oasis comportait des Arabes païens et des juifs.
Les juifs et les Arabes païens vivaient à Yathrib avant l'arrivée du Prophète SAW. Les Arabes, d'abord des métayers cultivant la terre pour le compte des juifs, s'étaient progressivement, mais pas complètement, libérés de leur domination. Pour se protéger des razzias de Bédouins, les habitants de cette riche oasis, s'étaient construit de vastes et hautes maisons fortifiées, entourées de murs de clôture, un peu, peut- être, dans le style des maisons qu'on voit encore au Yémen ou dans le Sud marocain. Serait-ce un indice de l'origine yéménite de la population de Yathrib ?
Les Arabes païens, répartis en de nombreux clans, se regroupaient schématiquement en deux tribus : les Khazraj et les Aws. Les querelles incessantes entre les différents clans de ces tribus les amenaient à contracter des alliances avec les clans juifs et quelquefois à se livrer des combats meurtriers, comme la bataille de Bu'âth en 617, soit cinq ans avant l'Hégire de SIDNA MOUHAMMAD (SAW). Notons que les Khazraj étaient les plus nombreux et que les Aws avaient, de ce fait, des alliances privilégiées avec les juifs. Quant aux juifs, ils étaient groupés en trois tribus principales : les Banû Quraydha, les Banû Nadîr et les Banû Qaynuqâ'. Les deux premières possédaient les meilleures terres de l'oasis et dominaient la production de dattes et de céréales. Les Banû Qaynuqâ' étaient plutôt des commerçants et des artisans qui fabriquaient des bijoux, des armes, et toutes sortes d'outils, tout comme les juifs du Yémen d'aujourd'hui. Ces tribus avaient des relations commerciales et amicales avec leurs coreligionnaires de l'oasis de Khaybar, située sur la route de Syrie, à une centaine de kilomètres au nord de Yathrib. Arabes et juifs à Yathrib vivaient en bon voisinage, se mariaient entre eux, avaient les mêmes coutumes et le même genre de vie, mais la communauté juive était attachée à sa culture du pentateuque. Les habitants de Yathrib avaient des relations régulières avec les Mecquois : ils allaient en pèlerinage à La Mecque et fréquentaient ses foires pour y écouler leurs dattes et leurs produits agricoles. En somme, à la veille de l'Hégire, les Yathribins et les Mecquois se connaissaient assez bien. Leurs relations étaient amicalement commerciales, plutôt concurrentes mais jamais conflictuelles.
Nous avons vu brièvement le travail formidable abattu par Seydina Mus’ab ibn Umayr (RA) quant à l’islamisation de cette cité. C’est donc un nombre considérable d’habitants qui attendaient impatiemment la venue du très saint Prophète SAW.
Certains compagnons du Prophète racontaient : lorsque nous apprîmes son départ de La Mecque et la date possible de son arrivée chez nous, nous sortîmes chaque jour après la prière du matin à l'extérieur de la ville pour guetter son arrivée. C'était des journées très chaudes. Nous attendions jusqu'à midi et nous rentrions. Le jour de son arrivée, nous l'attendîmes comme d'habitude et nous rentrâmes dans nos maisons. Un juif, qui avait observé notre conduite, vit arriver le Prophète. Il nous cria alors très fort : « Voici venir votre grand-père ! » Nous nous précipitâmes vers l'Envoyé de DIEU SAW, qui était assis à l'ombre d'un palmier, en compagnie de SIDNA Abû Bakr (RA). Ils avaient à peu près le même âge. La plupart d'entre nous n'avaient jamais vu le Prophète SAW. Nous nous attroupâmes autour des deux hommes sans savoir lequel était l'Envoyé de DIEU SAW. Mais lorsque l'ombre du palmier eut quitté le Prophète, SIDNA Abû Bakr (RA) se leva et le protégea du soleil avec son manteau. C'est ainsi que nous sûmes qui était l'Envoyé de DIEU SAW. Son arrivée à Médine eut lieu le lundi 12 rabî' awwal (le 15 juillet de l'an 622 de l'ère chrétienne). Il descendit chez les Banû 'Amr ibn 'Awf. SIDNA 'Alî KAW resta à La Mecque trois nuits et trois jours, le temps de rendre à leurs propriétaires les objets qu'ils avaient mis en dépôt chez le Prophète (SAW). Puis il quitta La Mecque et rejoignit l'Envoyé de Dieu à Qubâ'.
Par ailleurs, `Alî Ibn Abî Tâlib (kwj) retourna les dépôts à qui de droit après le départ du Prophète SAW, comme celui-ci le lui avait ordonné. On rapporte qu’après cela il (KAW) émigra à son tour vers Médine, marchant la nuit et se mettant à l’abri le jour, quatorze nuits durant. Il arriva enfin les pieds tuméfiés et ensanglantés. Le Messager d’Allâh SAW l’accueillit, le serra dans ses bras et l’embrassa. Voyant ses pieds, ses yeux débordèrent de larmes. Sur ce, il passa ses mains sur les pieds de SIDNA `Alî Ibn Abî Tâlib et versa de l’eau dessus, si bien qu’ils guérirent grâce à la bénédiction reçue au contact des mains du Prophète SAW.
Son Heureuse Rencontre avec SIDNA Salman al Fârissî (le Perse) RA
SIDNA Salman RA dit dans son récit :
Un jour, je croisai des commerçants de la tribu des Kalb et leur demandai :
- Prenez-moi avec vous en Arabie et je vous donnerai en échange mes vaches ainsi que l’unique mouton que je possède.
Ils acceptèrent l’offre de SIDNA Salman RA et l’emmenèrent avec lui. Arrivés à Wadi Al Qourâ (près de Médine), il fut vendu comme esclave à un Juif. SIDNA Salman RA resta avec le Juif et vit les palmiers (ceux dont le prêtre de ‘Ammouria avait parlé).
« J’espérai que c’était le même endroit que mon ami avait décrit », me dis-je.
Un jour, SIDNA Salman RA fut vendu au cousin de son maître, un homme de la tribu juive de Médine des Bani Quraidhah.
Il m’emmena avec lui à Médine, et je le jure par Allah, une fois que je vis cette ville, je sus que c’était l’endroit que mon ami avait décrit. ALLAH envoya son Messager SAW et resta à la Mecque un certain temps. Je n’entendis pas parler de lui, car j’étais trop occupé avec mon travail d’esclave. Ensuite, il émigra à Médine. Un jour, j’étais perché en haut d’un palmier afin d’y accomplir une tâche pour mon maître, quand un de ses cousins s’approcha de lui alors qu’il était assis et lui dit :
- Maudite soit la tribu des Bani Qaylah (les arabes de Médine) ! Ils se sont réunis à Qoubâ autour d’un homme qui vient de la Mecque et qui prétend être Prophète !
À l’entendre, je me mis à trembler si fort que je craignis de tomber sur mon maître. Je descendis et lui dis alors :
- Que dis-tu ? Que dis-tu ?
Mon maître se mit en colère et me frappa d’un violent coup de poing en s’écriant :
- Cette affaire te regarde-t-elle ? Continue ton travail !
- Cela ne me regarde en rien, lui répondis-je, je voulais juste m’assurer que ce qu’il dit est vrai.
Ce soir-là, je partis à la rencontre du Messager d’Allah SAW alors qu’il était à Qoubâ, en emportant avec moi quelque chose que j’avais gardé. Je m’approchai de lui et lui dit :
- On rapporte que vous êtes un Homme Pieux accompagné d’étrangers dans le besoin. Voici quelque chose que j’ai gardé pour en faire charité ; je crois que vous le méritez plus que quiconque.
Je le lui donnai donc, et il dit à ses compagnons :
- Mangez !
Il n’y toucha pas et refusa de manger. Je me dis alors : « En voilà un. » (C.-à-d. un des signes de la Prophétie).
À la suite de cette rencontre avec le Prophète SAW, SIDNA Salman RA alla de nouveau l’interroger ! Cette fois-ci, il lui apporta quelque chose en cadeau. Il se rendit à Médine et lui dit :
- J’ai vu que vous ne mangiez pas la nourriture offerte en charité ; voilà donc un cadeau avec lequel j’aimerais vous honorer.
Le Prophète SAW mangea ainsi que ses compagnons.
- En voilà deux, me dis-je (c.-à-d. deux signes de la Prophétie).
Par la suite, SIDNA Salman RA se rendit au Baqi’ Al Gharqad (un cimetière où sont inhumés plusieurs compagnons du Prophète SAW) alors que le Prophète SAW assistait aux funérailles d’un de ses compagnons.
Ce fut sa troisième rencontre avec lui SAW.
Je saluai le Prophète SAW (du salut de l’Islam : « Que la paix soit sur vous ») puis me tins derrière lui pour essayer d’apercevoir le sceau de la Prophétie qui m’avait été décrit par mon ami. En me voyant, il comprit que j’essayai de vérifier quelque chose dont on m’avait parlé. Il se découvrit le dos et laissa apparaître le Sceau en question. Je me jetai dessus, en larmes, et me mis à l’embrasser. Le Prophète SAW me demanda de me tourner vers lui et je lui racontai alors mon histoire, tout comme je te la raconte maintenant Ibn Abbas. Mon histoire lui plut tellement qu’il me demanda de la raconter à ses compagnons.
SIDNA Salman RA continua de raconter son histoire à SIDNA Ibn Abbas RA. Etant toujours asservi à son maître, il ne put participer à deux des batailles que le Prophète SAW mena contre les païens Mecquois. Un jour, le Prophète l’interpella :
- SIDNA Salman RA ! Paye ton maître en échange de ton affranchissement.
SIDNA Salman RA se mit d’accord avec son maître pour lui payer la somme de quarante onces d’or et lui planter et cultiver trois cents palmiers. Le Prophète SAW dit alors à ses compagnons :
- Venez en aide à votre frère !
Ils l’aidèrent. Et Le Prophète demanda à SIDNA Salman RA de creuser des trous dans lesquels il planta lui-même de jeunes palmiers.
- Je le jure par celui qui tient mon âme dans Sa Main qu’aucun palmier ne mourut.
Une fois la tâche des palmiers accomplie, le Prophète donna à SIDNA Salman RA une quantité d’or de la taille d’un œuf de poule.
- Prends-le Salman, et paye ton maître ce que tu lui dois, lui dit-il.
SIDNA Salman RA lui demanda alors :
- Cela suffira-t-il à payer ce que je dois à mon maître ?
Le Prophète lui répondit :
- Prends-le donc, et Allah fera en sorte que cela suffise.
Il prit donc l’or, le pesa et il faisait bien quarante onces. SIDNA Salman RA s’en acquitta auprès de son maître pour tenir son engagement et fut finalement affranchi.
Cet endroit abritant les 300 palmiers plantés par le Très Saint Prophète SAW demeure toujours à Médine jusqu’à nos jours, il fut rapporté par les historiens tels que Samhoudi (dans Wafa al Wafa) et autres.
Dans son livre : « les perles clairsemées dans l’exposition des monuments de la ville du Prophète SAW à l’aire prophétique », Le Dr Abdulaziz Abdulrahman Kaki dit : « ce verger reste le même à ce jour et dispose d’un ancien puits d’eau, également appelé ‘‘al Boustane’’ (le Jardin) ou ‘‘Maythab’’, il fut l’un des aumônes du Saint Prophète SAW, de l’argent de Moukhayrîq (juif de Médine) dans la région d’Al Alia, connue aussi par le terme ‘‘al Faqir’’ ».
L’Imam Samhoudi a dit : aucune plante n’a raté. Puis ce jardin fut dans la part du Prophète SAW dans le butin : il s’agit de la terre appelée ‘’Maythab’’ que le Prophète a donné en aumône, Prière et Salut d’ALLÂH sur lui »
Contrairement à toute autre plantation, ses palmiers bénis plantés par la main bénie du Très Saint Prophète SAW donnèrent leurs fruit la même année.
L'Envoyé de Dieu SAW séjourna quelques jours à Qubâ ‘et y posa les fondations d'une mosquée. Puis, avec la permission de Dieu, il quitta ses hôtes en direction de Médine.
Le Prophète (SAW) allait vers Médine lorsque, à l’heure de la prière du vendredi, il passait par les maisons de Bani Salim Ibn ‘Awf. Alors, restant avec ceux-ci, il dirigea la prière au sein de la mosquée située au fond de la vallée nommée Ranouna. Ce fut la première prière du vendredi.
Ensuite, le Prophète (SAW) entra à Médine. Depuis ce jour, la ville de Yathrib fut connue sous le nom de Madinatour-Rasoul (la ville du Prophète), en abrégé : Médine.
C'était un jour historique. Les médinois affluèrent à la rencontre du Messager d’Allah), les rues et les terrasses des maisons vibraient de louanges et de vénération dédiées à Allah.
Les filles de Médine chantaient le poème « Tala’a-l-badrou », envahies de joie et de gaieté.
« La pleine lune s'est levée sur nous
Depuis la vallée de Wada‘
Et il nous plait de montrer de la gratitude avec tout appelant à [Allah]
Ô toi, Envoyé parmi nous
Qui est venu avec l'Ordre sacré
Tu as apporté la noblesse à cette ville
Bienvenue ô meilleur appelant à [Allah] »
Le Prophète (SAW) continua à avancer au milieu de cette foule compacte. Chaque fois qu’il passait devant une maison des Anssârs (partisans du Prophète à Médine), ceux-ci l’interceptaient et disaient : « Séjourne chez nous, ô Envoyé d’Allah ! Nous sommes forts et nombreux pour te défendre ». Ce à quoi le Messager d'Allah (SAW), faisant allusion à sa chamelle, répondait : « Laissez-la, car elle est sous l’ordre d’Allah ».
Il avait lâché sa bride et la laissait avancer sans la diriger. Les gens profitaient de ce fait pour saisir la bride de la chamelle disant : « Ô Messager d’Allâh, viens donc au soutien nombreux, au matériel, et à l’invulnérabilité. » Il répondait : « Lâchez-la, elle est commandée. » Alors les gens obtempéraient lâchant la bride promptement. Ainsi le convoi béni passa-t-il tour à tour par la tribu des Banû Sâlim Ibn `Awf, par les Banû Bayâdah et par les Banû Sâ`idah. À chaque fois, les tentatives de garder le Prophète se répétaient. Puis il passa par les Banû `Adiyy Ibn An-Najjâr qui caressaient l’espoir d’obtenir cet insigne honneur, car ils étaient ses oncles maternels et étaient donc les mieux placés pour le recevoir. Ils dirent : « Viens chez tes oncles maternels, ô Messager d’Allâh... » Il répondit SAW : « Laissez-la, car elle est commandée. » Arrivant aux maisons des Banû Mâlik Ibn An-Najjâr, la chamelle s’agenouilla spontanément, avant de se relever, de faire un tête-à-queue et de baraquer.
Un homme sortit de la foule, s’empara des bagages du Messager d’Allâh SAW et les emmena dans sa maison. Cet homme n’était autre que Khâlid Ibn Zayd Ibn Kulayb, plus communément appelé Abû Ayyûb Al-Ansârî RA. Les Banû Mâlik Ibn An-Najjâr entourèrent le Messager d’Allâh SAW exultant de bonheur parce qu’il allait résider chez eux, chacun l’invitant à venir chez lui. El le Prophète de répondre : « L’homme ne peut que suivre ses bagages... » Ainsi Abû Ayyûb Al-Ansârî RA gagna-t-il le droit de recevoir le Messager d’Allâh SAW chez lui, le temps que la mosquée et les appartements des Mères des Croyants soient construits...
Le Prophète SAW est l'hôte de SIDNA Abû Ayyûb RA
SIDNA Abû Ayyoub RA racontait :
Lorsque le Prophète SAW descendit chez moi, il demeura au rez-de-chaussée ; Umm Ayyoub et moi-même étions à l'étage. Je protestai :
– Prophète de Dieu, je t'en supplie, cela me gêne beaucoup que je sois au-dessus de toi. Monte donc et nous descendrons.
– Non, non, répondait-il, il nous est plus commode de demeurer en bas.
SIDNA Abû Ayyoub RA dit : un jour, une jarre pleine d'eau se cassa à notre étage. Ma femme et moi-même nous mîmes à éponger l'eau avec la seule couverture que nous possédions, de peur que l'eau n'incommodât notre hôte. Nous avions l'habitude de lui préparer son dîner et de le lui faire porter. Au retour du plateau, Umm Ayyoub et moi-même recherchions l'endroit où le Prophète avait mis sa main pour entamer le plat et nous mangions à sa suite, espérant sa bénédiction. Un soir, nous lui envoyâmes un plat avec des oignons ou de l'ail, je ne m'en souviens plus : il le fit rendre sans y avoir touché.
– Envoyé de Dieu, lui demandai-je avec appréhension, tu nous as remis ton dîner sans y avoir touché.
– J'ai senti l'odeur de ce condiment, pendant que j'étais en conversation avec l'ange Gibrîl. Mais vous, vous pouvez en manger.
Nous ne lui fîmes jamais plus de plat avec des oignons ou de l'ail.
Une fois que le Messager d’Allâh SAW se fut installé chez Abû Ayyûb Al-Ansârî RA et que `Abd Allâh Ibn Salâm — l’un des rabbins et des savants juifs — en fut informé, ce dernier se rendit chez le Prophète et lui dit : « Je t’interrogerai sur trois choses que seul un Prophète peut connaître... » Il poursuivit : « Quel est le premier signe annonciateur du Jour dernier ? Quelle est la première nourriture consommée par les habitants du Paradis ? Qu’est-ce qui fait qu’un enfant ressemble davantage à son père, ou à ses oncles maternels ? » Le Messager d’Allâh SAW répondit : « Jibrîl m’en informa il y a quelque temps. » `Abd Allâh interjeta : « Parmi les anges, celui-ci est l’ennemi des Juifs. » Le Messager d’Allâh SAW poursuivit : « Le premier signe annonciateur du Jour dernier est un incendie qui refoulera les gens d’Est en Ouest. La première nourriture consommée par les habitants du Paradis sera une excroissance de foie de baleine. Quant aux traits de l’enfant, lorsque l’homme recouvre la femme et que son eau prévaut, l’enfant lui ressemblera ; si son eau à elle prévaut, il lui ressemblera. » Il répondit : « J’atteste que tu es le Messager d’Allâh. » Puis il ajouta : « Ô Messager d’Allâh, les Juifs sont des gens tordus. S’ils apprennent que j’ai embrassé l’islam avant que tu ne les interroges à mon sujet, ils me calomnieront auprès de toi. » Puis vinrent les Juifs, tandis que `Abd Allâh se cacha à l’intérieur de la maison. Le Messager d’Allâh SAW leur demanda : « Quel est le rang de `Abd Allâh Ibn Salâm parmi vous ? » Ils répondirent : « Il est le plus savant parmi nous, et le fils de l’homme le plus savant parmi nous. Il est notre fine fleur, et le fils de notre fine fleur. » Le Messager d’Allâh SAW leur demanda : « Que penseriez-vous s’il embrassait l’islam ? » Ils répondirent : « Qu’ALLÂH l’en préserve... » Sur ce, `Abd Allâh sortit et déclara : « J’atteste qu’il n’y a de divinité sinon Allâh et j’atteste que Mohammad est le Messager d’Allâh. » Ils dirent alors : « Il est le plus vil et le fils du plus vil... », et l’insultèrent. SOUBHANALLAH.
La construction de la mosquée
La première démarche que le Prophète (SAW) accomplit, après s’être installé chez Abou Ayyoub, fut l'édification de la mosquée dont il ordonna la construction à l'endroit où sa chamelle s’était agenouillée.
La chamelle avait baraqué dans un terrain qui servait à faire sécher les dattes. Il appartenait à Suhayl et Sahl, deux orphelins sous la garde de As`ad Ibn Zurârah. Lorsque sa chamelle baraqua à cet endroit, le Messager d’Allâh SAW dit : « Ici sera notre résidence avec la volonté d’Allâh. » Le Messager d’Allâh SAW demanda aux deux garçons de venir et leur fit une offre pour leur terrain afin d’y construire sa mosquée. Ils répondirent : « Nous préférons plutôt t’en faire don, ô Messager d’Allâh. » Mais le Messager d’Allâh (SAW) refusa ce don, puis il eut raison de leur insistance et leur acheta le terrain, où il construisit Sa mosquée bénie. Le Messager d’Allâh SAW participa à la construction cette mosquée afin d’inspirer aux musulmans le désir de travailler. A cet égard, transportant des briques et des pierres, tout en scandant :
« Nulle vie meilleure que l’au-delà ;
Seigneur ! Fais donc miséricorde aux Ansâr et aux Émigrés.
Et aussi :
Ces faix ne sont pas comme les faix de Khaybar
Ceux-ci, Seigneur, sont meilleurs et plus purs. »
Les compagnons redoublaient d'efforts. L'un d'entre eux dit : « Si nous restons assis tandis que le Prophète travaille, cela sera de notre part un acte insensé ».
Le Messager d'Allah (SAW) donna l'ordre de niveler les décombres et de couper les arbres qui se trouvaient sur ce terrain, ainsi que d'orienter la mosquée vers Jérusalem. Les deux pilastres de la mosquée furent faits de pierres, les murs bâtis à partir de briques et d'argile, le toit réalisé avec des feuilles de palmier et les colonnes perpendiculaires avec des troncs d'arbres. On dalla le plancher et ouvrit trois portes.
La mosquée mesurait, de la Qibla à l'autre bout, 100 coudées.
Peu de temps après cela : On construisit trois appartements (chambres) pour les Mères des Croyants, un pour Notre Mère `Â’ishah RA, un pour Notre Mère Sawdah Bint Zam`ah RA et un peu plus tard un autre pour Notre Mère Umm Habîbah Bint Abî Sufyân RA, les premières femmes que le Prophète SAW épousa après la transition de Notre Mère Khadîjah RA.
Le contexte de leurs différents mariages a été évoqué dans la section sa vie maritale bénie.
Juste à titre de rappel, à l’époque, Khawlah Bint Hakîm, l’épouse de `Uthmân Ibn Madh`ûn, alla voir le Prophète (SAW) et lui dit : « Ô Messager d’Allâh, ne devrais-tu pas reprendre une épouse ? » Il demanda : « Qui par exemple ? » Elle répondit : « Si tu le souhaites, ce peut être une vierge, et si tu le souhaites, ce peut être une femme ayant déjà été mariée. » Il demanda : « Qui serait la vierge ? » Elle répondit : « La fille de la créature d’Allâh qui t’est la plus chère, `Â’ishah la fille d’Abû Bakr. » Il demanda : « Et la femme ayant déjà été mariée ? » Elle répondit : « Sawdah Bint Zam`ah, elle a cru en toi et a suivi tes enseignements. » Il lui dit : « Va demander leur main de ma part. »
En ce qui concerne Dame `Â’ishah — qu’Allâh l’agrée —, notre maître Jibrîl la montra en songe au Prophète — paix et bénédictions sur lui — sur fond de soie verte et lui dit : « Mohammad, elle sera ton épouse ici-bas et dans l’au-delà. » Alors le Prophète — paix et bénédictions sur lui — demanda sa main à son père...
Pour ce qui est de Dame Sawdah Bint Zam`ah — qu’Allâh l’agrée —, Dame Khawlah Bint Hakîm lui rendit visite et lui dit : « Sais-tu quelle manne et quelle bénédiction Allâh t’a octroyée ? » Elle lui demanda : « De quoi s’agit-il ? » Elle répondit : « Le Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui — m’a envoyé demander ta main. » Elle répondit : « Je suis d’accord. Rentre en parler à mon père. » Son père dit : « Un homme à la hauteur et noble. Qu’en pense ton amie ? » Elle répondit : « Cela lui plaît. » Sur ce, il lui accorda sa main.
Quant à Dame Umm Habîbah Bint Abî Sufyân — qu’Allâh l’agrée —, son mari était décédé pendant qu’ils étaient en Abyssinie. Alors le Messager — paix et bénédictions sur lui — écrivit au Négus lui demandant sa main. Le Négus convoqua les émigrés (musulmans) et leur annonça : « Le Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui — m’a écrit demandant la main d’Umm Habîbah Bint Abî Sufyân. J’ai répondu favorablement à la requête du Messager d’Allâh — paix et bénédictions sur lui — et, en sus, j’ai versé (à la mariée) une dot de quatre cents dinars. »
Une fois ces chambres construites, le Bien-aimé (SAW) quitta la maison d'Abi Ayyoub (RA) pour y déménager….
Il est à souligner que certains Émigrés, d’une extrême pauvreté, restèrent en permanence à la Mosquée où le Prophète ﷺ fit aménager un endroit couvert où ils pouvaient dormir et s’abriter. Il s’agit des gens de la Suffah (Ahl As-Suffah) ; ils se consacraient à la mémorisation du Coran et à sa récitation à toute heure du jour et de la nuit.
Ainsi venait de naître le nid de la oumma islamique.
Paix sur les messagers.
Qu’ALLAH agrée indéfiniment les sahabas honorables.
ALLAHOUMMA Solli Sallim AMINE
ALLAHOUMMA Solli Sallim AMINE
ALLAHOUMMA Solli Sallim AMINE


