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SIRA 3 - LE JEUNE-ÂGE DU SAINT PROPHÈTE SAW [Partie 3/4]

« Yâ MOHAMMAD ! Koun Rajoulane ! Yâ MOHAMMAD ! Koun Rajoulane ! Yâ MOHAMMAD ! Koun Rajoulane ! » (Ô MOHAMMAD ! sois un Homme. Ô MOHAMMAD ! sois un Homme. Ô MOHAMMAD ! sois un Homme !)

Intermédiaire · 26 min de lecture · 28 août 2023

Ancien article · non reluArticle repris tel quel de l’ancien site Solisalim (publié le 28 août 2023). Il n’a pas encore été relu par le comité savant.

TRANSITION DE NOTRE MÈRE ÂMINA RA :

Après son retour de chez Dame Halîma RA, le Prophète SAW n’est resté que quelque mois avec sa Sainte Mère RA.

En effet, quand il (SAW) eut six ans. Notre Mère Âmina RA, demanda l’autorisation de SIDNA Aboul Mouttalib RA et partit en Ziara à la Rawda de SIDNA Abdoullâh RA à Médine. Elle sortit de la Mecque pour un voyage long de 500 km, en compagnie du Bien Aimé SAW, et de sa servante Dame Oum Ayman RA, sur deux montures. Elle resta pendant un mois à Médine (Yathrib) avant de prendre le chemin du retour.

Le Saint Prophète SAW demeura un mois chez ses oncles maternels (les Bani ‘Adiyy ibn Najjar) à Médine.

Après son Immigration, le Prophète SAW montra à ses compagnons la maison où il demeura avec sa Sainte Mère RA et Dame Oumm Ayman RA. Et il SAW dit : « c'est ici que j’ai habité avec ma Mère, et j’ai appris à nager au puit (bassin) des Bani ‘Adiyy ibn Najjar, un groupe parmi les juifs venaient me voir ».

Abou Na’îm (RA) rapporte que le Prophète SAW dit : « A ce moment, Un homme juif venait pour me regarder, il me dit : ‘‘Comment t’appelles-tu, ô garçon ?’’ Je répondis : ‘‘Ahmad’’. Il regarda alors mon dos, et je l’entendis dire : ‘‘c'est bien le Prophète de cette nation’’ Ensuite, il partit rejoindre ses confrères et leur parla (de ce qu’il vit), ils ont parlé alors à ma mère. Elle eut peur pour moi, et nous sortîmes de Médine. »

Dame Oumm Ayman RA raconte : « J’ai entendu l’un d’eux dire : c'est le Prophète de cette nation, et ici c'est la demeure de son exil, sa mère le ramena alors à la Mecque ».

Lors du retour, à mi-chemin, dans un endroit appelé al-Abwâ, entre La Mecque et Médine elle fut souffrante et son état s'aggrava.

Dame Amina RA arrêta la marche, et descendit de sa monture. Puis elle (RA) appela son Garçon SAW et lui dit :

« Rapproche-toi ! »

Puis, quand il (SAW) se colla à sa Poitrine Bénie (RA), elle lui dit :

« Ô Fils !

Tout ce qui est neuf sera usé,

Tout ce qui va venir est déjà proche.

Et tout être vivant mourra »

Elle (RA) le rapprocha et lui dit :

« Yâ MOHAMMAD ! Koun Rajoulane !

Yâ MOHAMMAD ! Koun Rajoulane !

Yâ MOHAMMAD ! Koun Rajoulane ! »

 

(Ô MOHAMMAD ! sois un Homme. Ô MOHAMMAD ! sois un Homme. Ô MOHAMMAD ! sois un Homme !)[1]

Le Prophète SAW, en pleurs, était encore à l’âge de six ans ; il était seul, sur un monticule près d’al Abwâ, au milieu du désert.

Dame Oumm Aymane RA lui demanda de l’aider à creuser la terre (pour la Rawda de Sayyida Âmina RA). Ensuite elle (RA) le mis sur sa monture à elle, et le ramena chez son Noble Grand-Père RA à La Mecque.

A propos des mots de sa Sainte Mère RA, Le Prophète SAW dit ceci : « Je ne les ai jamais oubliés ».

SIDNA Anas Ibn Mâlik RA était avec le Prophète SAW la fois où il passa par cet endroit (après le retour de la conquête de la Mecque). Le Prophète SAW se fraya un chemin entre les pierres jusqu’à parvenir à la Rawda de Notre Mère Âmina RA. Il (SAW) pleura abondamment. SIDNA Anas RA dit : « Je me trouvais parmi 10 milles cavaliers armés, tous en pleurs à cause des pleurs de l’Envoyé de DIEU SAW »

SA VIE (SAW) AUPRÈS DE SON NOBLE GRAND-PÈRE SIDNA ‘ABD AL MOUTTALIB RA :

ALLÂH SWT dit :

(Ne t’a-t-il pas trouvé orphelin ? Alors Il t’a accueilli !) (93 :06)

Après la transition de la Sainte Mère Âmina RA, SIDNA ‘Abdoul Mouttalib RA s’occupa du Bien Aimé SAW alors qu’il avait 6 ans, et le joignit à ses enfants, les oncles du Prophète SAW.

SIDNA ‘Abdoul Mouttalib RA était le chef incontesté de La Mecque, et assurait la Rifâda (donner à manger aux pèlerins et visiteurs de la Mecque) et la Siqâya (les abreuver), il s’occupait donc de la source de Zamzam.

Ce noble Grand Père RA était craint par tous les arabes. Il RA est courageux, et très fort de caractère. Lorsque l’armée d’Abyssinie arriva aux portes de la Mecque (6 ans plus tôt), il (RA) sortit à la rencontre de Abraha, le salua et lui demanda de lui rendre ses chameaux. Abraha fut surpris qu’il (RA) s’inquiétât plus sur ses chameaux. SIDNA Abdoul Mouttalib RA lui dit : « Je suis le propriétaire des chameaux. Quant à La Maison, elle a aussi un Propriétaire qui la surveille. » A cela, Abraha secoua la tête et répliqua fièrement : « Il n’y pas de puissance assez forte pour m’arrêter. ». A son retour, il RA ordonna son peuple de quitter la Mecque et d’aller sur les collines par sécurité. Il pria ensuite ALLÂH SWT de les protéger et de protéger la Sainte Ka’ba de tout dommage. Le matin suivant, Abraha se prépara à marcher vers la Mecque. Soudain, des oiseaux par volées surgirent de la mer, transportant de petits cailloux dans leurs pattes et becs et décimèrent cette armée.

A considérer les nombreux récits se rapportant à lui (RA), l’on comprend très aisément que SIDNA Abdoul Mouttalib RA était certainement au courant que son petit-fils, (SIDNA) « MOHAMMAD » SAW, est le Prophète espéré par toute la nation : celui pour l’attente de qui les juifs, les chrétiens, les devins, se sont installés partout en Arabie.

En effet, l’annonce de la venue d’un « Noble Prophète » (SAW) est chose connue et transmise de génération en génération par les Quraychites. Il existe par exemple un sermon de SIDNA Ka’b ibn Louay RA (le 7eme grand-père du Prophète SAW) dans lequel il dit : « […] Soyez donc fidèles à vos liens de parentés, et réparez vos états ; Avez-vous jamais vu quelqu'un mourir puis revenir, ou se lever ; la Maison (Sacrée) est juste devant vous, et ce qui est attendu n’est pas comme ce que vous dites : Honorez et respectez ce qui vous est rendu Sacré, accrochez-vous à cela sans le laisser, car une affaire grandiose viendra vers cela, et un noble Prophète (SAW) sortira de cela ... »[2]

Cependant, tandis que l’ignorantisme et l’idolatrie se répandit dans toute la Mecque, la Lignée Pure du Saint Prophète SAW demeura en somme la seule à observer convenablement ces recommandations.

Parmi les signes manifestes de l’Unicité de SIDNA Abdoul Mouttalib RA, il y a qu’il exhortait ses fils aux bons comportements, sa retraite dans la grotte de Hira, et son occupation des nécessiteux à tel point qu’il partait mettre de sa propre nourriture sur les sommets des montagnes pour les animaux et les oiseaux. Il respectait ses engagements, il s’interdisait le vin, les turpitudes, et les actes d’ignorantisme de son peuple.

Par la Grâce de DIEU SWT, il (RA) a su garder son Petit-fils (SAW) loin de toute atteinte. De même, il (RA) recommanda à son entourage de dissimuler ce qu’ils ont vu comme bénédictions et miracles de SIDNA Mostafa SAW. De même, il (RA) ordonna à ses fils de le surveiller.

Une fois, un groupe de la tribu des Bani Moudlij, qui sont les gens plus experts en physiognomonie et en interprétation des signes (et empreintes). Ils lui dirent : « Garde-le bien ! car nous n’avons jamais vu un pied qui ressemble à l’empreinte du Maqam » (Maqam SIDNA Ibrahim).           

L’Imam Souyoutî RA dit : « Un jour, (SIDNA) Abdoul Mouttalib RA, était dans l’enceinte de la Kaaba avec l’archevêque Najranite (accueilli comme invité). L’archevêque s’entretint avec lui et lui a dit :

-  Nous avons la description d’un Prophète, qui n’est pas encore venu. Il sera de la descendance de (SIDNA) Ismail, et ce pays sera son lieu de naissance. Il a comme caractéristique ceci et cela.

Le Messager de d’ALLÂH SAW vint alors, l’archevêque observa ses yeux (bénis), son dos (béni), et son pied (béni). Il dit :

-  C'est bien lui. Qui est-il par rapport à toi ?

-  C'est mon fils.

-  Nous avons trouvé que son père ne l’est pas.

-  C'est le fils de mon fils. Son père a transité alors que sa Mère le portait encore.

-  Tu as dit vrai.

(SIDNA) Abdoul Mouttalib RA dit après cela à ses fils : ‘‘Surveillez bien votre neveu. N’entendez-vous pas ce qui se dit à son sujet ?!’’ »[3]  

Dame Oum Aymane RA dit : « J’avais la charge de garder le Prophète SAW. Un jour, je fus distraite de lui, quand je vis (SIDNA) Abdoul Mouttalib RA, se tenant tout près de moi, me disant :

-  O Baraka !

-  Me voici.

-  Sais-tu où est ce que je l’ai trouvé ?

-  Je ne sais pas.

-  Je l’ai trouvé avec des garçons tout près du cèdre, ne te distrait pas de mon fils, car les gens du livre disent qu’il est le Prophète de cette nation ; et je ne leur fais pas confiance à son sujet. 

Dame Oum Aymane RA poursuit : « Il ne mangeait pas sans demander : ‘‘Ramenez mon fils ici’’. Quand (SIDNA) Abdul-Mouttalib RA amenait à manger, il le faisait assoir à son côté ou dans son giron, et lui donnait la meilleure part. »

La lumière de SIDNA MOHAMMAD SAW était éclatante, et les gens du livre et les devins connaissait aussi sa description. Parmi les signes les plus perceptibles il y avait :

1. Une rougeur permanente qui ne quittait jamais ses yeux bénis.

2. La ressemblance de ses nobles pieds aux nobles pieds de SIDNA Ibrahim AS, qui avait laissé ses traces sur la pierre (Maqam Ibrahim).

3. Et il y avait aussi le sceau de la Prophétie : de la taille de l’œuf d’une colombe, il se situait entre ses deux épaules bénies.

Et Ibn al Jawzî rapporte qu’à l’âge de 7 ans, le Prophète SAW eut une conjonctivite aiguë, on tenta de le soigner à la Mecque mais ce fut sans résultat. On informa alors SIDNA Abdoul Mouttalib RA de l’existence d’un moine qui soignait les yeux, aux environs d’Oukâz. Il (RA) partit le voir, et trouva son monastère fermé. Il appela mais on ne répondit pas. Alors le monastère fut pris de secousses, à craindre qu’il ne s’écroule. Le moine s’empressa alors de sortir, en appelant :

- O Abdal Mouttalib ! Ce garçon est le Prophète qui sortira de cette nation. Si je ne suis pas sorti, mon monastère aurait écroulé sur moi. Reviens chez toi, et préserve-le, que les gens du livre ne le tuent pas.

On rapporte que ce moine sortit avec un manuscrit contenant la description du Saint Prophète SAW. Il vérifia chacune de ses caractéristiques, puis conclut :

-   Par DIEU ! il est le Sceau des Prophètes (SAW). O Abdoul Mouttalib. Souffre-t-il de la conjonctivite ?

-   Oui

-   Le remède à cela se trouve chez lui. Prend de sa salive et mets-en un peu sur ses yeux.

SIDNA Abdoul Mouttalib RA fit ainsi, et sur le champ, la souffrance quitta les yeux bénis du Prophète SAW. Le moine dit :

-   Par DIEU ! o Abdoul Mouttalib. C'est celui-là même par lequel j’implore DIEU pour guérir mes patients, et soigner les yeux de la conjonctivite ! »

SIDNA Abdulmouttalib RA prêtait donc toute son attention à SIDNA MOHAMMAD SAW. Il prenait son repas avec lui, le faisait asseoir sur son tapis, le prenait à ses côtés lorsqu’il présidait les réunions qui se déroulaient à Dar Al Nadwa, et à travers tous ses comportements. Il s’efforçait de ne pas lui faire ressentir l’absence de tendresse et d’amour paternels, et il (RA) était très attaché à lui. Lorsque l’ombre de la Kaaba commence à s’étendre, ses fils étalaient pour lui un tapis à l’ombre de la Kaaba. Aucun d’eux n’osait s’y installer avant qu’il se présente, sauf le Prophète SAW, qui venait s’assoir, alors que ses oncles tentaient de l’empêcher et de l’éloigner du tapis. SIDNA ‘Abdoul Mouttalib RA leur disait :

-      Laissez mon fils ! Laissez mon fils ! Ce garçon aura certainement un grand avenir ! 

-      Ramenez mon fils à mon assise ! car il se dit qu’il sera un grand roi. Et il sera certainement grand ; J’espère qu’il atteindra en dignité ce qu’aucun arabe n’a pu atteindre, ni avant ni après lui.

Il (RA) rapprochait alors le Prophète SAW, et passait sa main sur sa tête et son dos bénis. Il (RA) lui tapotait sur le dos et lui (SAW) se réjouissait de ce fait.

Le Récit de la demande de pluie par la sacralité du Saint Prophète SAW :

 

Dame Raqiqa bint Abou Sayfi ibn Hâchim RA rapporte cet événement : « Plusieurs années de sécheresse s’abattirent sur Qouraych. Elles consumèrent leurs richesses et faillirent faire périr leurs âmes. Je fis un songe dans lequel j’entendit quelqu'un dire : ‘‘O assemblée de Qouraych ! C'est le temps de la venue de ce Prophète (SAW) qui est issu parmi vous. La vie et la verdure vous sera envoyées par lui. Cherchez donc l'homme le plus noble parmi vous en filiation, qui très grand de taille et blanc ; ayant les sourcils collés, et de longs cils ; aux joues non poilues, au nez fin : qu’il sorte avec tous ses enfants. Et qu’il sorte de toute clan un homme, ensuite, qu’ils se purifient et se parfument avant de toucher l’angle (l’angle yéménite de la Kaaba), et de monter au Mont Abou Qoubayss. Cet homme monte et demande la pluie, et les autres disent Amine. Vous serez à ce moment abreuvé’’. » la Dame Raqiqa RA rapporta qu’elle se leva effrayée et tremblante. Elle rapporta son songe aux Quraychites, qui examinèrent et confirmèrent tous qu’il s’agissait de la description de SIDNA Abdoul Mouttalib RA. Ils se sont alors réunis autour de lui. Un homme de chaque clan fut désigné, ils firent ce qu’elle vit dans le songe, puis ils montèrent au mont Abou Qoubayss, avec en leur compagnie, le Très Saint Prophète SAW qui était encore jeune. SIDNA Abdoul Mouttalib RA formula des invocations et aussitôt, la pluie descendit sur eux. (Rapporté par Abou Na’îm et autres)

Dans la même occasion, les gens des tribus de « Qays » et « Moudar » vinrent auprès de SIDNA Abdoul Mouttalib RA pour lui demander de demander la pluie pour eux aussi. Il (RA) les reçut avec bienveillance, accepta leur requête et leur donna rendez-vous sur le Mont Arafat. Le lendemain, il (RA) pris le Très Saint Prophète SAW et partit avec ses enfants. Il s’assit sur une chaise qu’on prépara pour lui, et mit le Prophète SAW dans son giron, puis il implora DIEU. Un nuage se forma alors avant même qu’il ne finisse de parler. Il (RA) leur dit : « O gens de Qays et Moudar ! Partez, vous serez désaltérés ». Ils partirent alors et furent bien désaltérés.

Il arrive par moment que le Noble Grand Père (RA) envoyait son Petit Fils (SAW) se promener ou garder les moutons et les chameaux avec ses oncles :

Il est rapport que SIDNA Abdou al Mouttalib RA envoya une fois le jeune SIDNA MOHAMMAD (SAW) avec des bergers qui travaillait à son compte afin de réunir quelques chameaux qui se sont perdu dans le désert. Quand il (SAW) tarda à revenir, SIDNA Abdoul Mouttalib RA envoya à sa recherche dans toutes les vallées et à travers tous les sentiers. Après (une longue attente), il alla s’accrocher à l’anneau de la porte de la Kaaba, implorant : ‘‘O Seigneur ! Fais-Tu périr Tes Gens ?! si Tu fais cela, c’est bien pour une raison’’ le Messager d’ALLÂH SAW revint alors, apportant avec lui les chameaux perdus. A sa vue, SIDNA Abdoul Mouttalib RA s’empressa de l’embrasser et dit : ‘‘Par mon père, je ne t’enverrai plus pour une affaire après cela. Je crains qu’on te fasse un grand tort’’.  

Hayda ibn Mou’âwiya al ‘Âmirî RA était présent lorsque cela se produisit, il dit : « une fois, dans le paganisme, je fis le pèlerinage. Je fus occupé à faire les tours autour de la Maison Sacrée, et voici qu’un homme âgé et grand de taille faisant aussi les tours et répétant : ‘‘O Seigneur, Fait revenir mon garçon MOHAMMAD ; Fait-le revenir, Seigneur, Fait moi une faveur’’. Je demandai :

-            Qui est ce ?

-            C'est le seigneur de la Mecque, Abdoul Mouttalib, il possède beaucoup de chameaux, et il envoie ses fils quand ceux-ci s’égarent dans le désert. Quand ils s’attardent il envoie son petit-fils à son tour : à chaque fois qu’il part pour une chose il réussit à la faire ; cette fois, même ses fils n’ont pas réussi à trouver les chameaux. Mais il a trop tardé (pour son grand-père).

J’étais encore à ma place, quand je l’ai aperçu, de retour avec les chameaux. Il (SIDNA Abdoul Mouttalib RA) lui dit alors : ‘‘O mon fils, je me suis attristé pour toi d’une tristesse qui ne me quittera plus jamais’’ »     

Le Prophète SAW ne resta auprès de Bien aimé et noble grand-père RA que deux ans. Quand il eut 8 ans, ALLÂH SWT rappela à Lui SIDNA ‘Abdoul Mouttalib RA. Il était âgé de 110 ou 140 ans. Sa Rawda est al Houjoun, près de SIDNA Qoussay RA, son ancêtre.

SIDNA ‘Abdoul Mouttalib RA ordonna à SIDNA Abou Tâlib RA de s’occuper entièrement par la garde du Saint Prophète SAW, de faire attention à lui, et de le préserver des gens, notamment les gens du livre et les juifs.

SIDNA Al-’Abbâs RA (son cadet) s’occupa de la source de Zamzam.[4]

SA VIE (SAW) AUPRÈS DE SON NOBLE ONCLE SIDNA ABOU TÂLIB RA :

SIDNA Abou Tâlib RA, son oncle bienveillant, reçut la fonction importante de garder le Très Saint Prophète SAW avec la recommandation la plus insistante de faire très attention à sa personne bénie :

Dans le livre « Manaqib al Abi Tâlib », il est rapporté que SIDNA Abou Tâlib RA dit à SIDNA Ibn Abbas RA : « veux-tu que je te parle de MOHAMMAD, lorsque sa garde me revint, je ne me suis point séparé de lui, même pas pour un moment de jour ou de nuit, je ne l’ai confié à personne (par crainte pour lui), et ce, jusqu’à ce que je l’aie fit assoupir dans mon lit. Je lui ai demandé alors de déposer son vêtement et de venir s’assoupir. J’ai vu alors de l’embarras sur son visage béni, et il (SAW) me dit :

-                    Ô mon oncle, détourne ton visage pour que je puisse déposer mes habits et rentrer dans le lit

-                    Pourquoi cela ?

-                    Personne n’est sensé voir mon corps, répondit-il

Je fus surpris de ses dires et je détournai mon regard jusqu’à ce qu’il s’est mis dans le lit. Quand je suis entré à mon tour, je constatai qu’il y avait un tissu entre nous deux, par DIEU, je ne l’ai point déposé à cet endroit. Au toucher, c’était le plus doux de tous les tissus. Je le sentis : il était comme imbibé dans du Musc. Mais les matins, à mon réveil, je ne trouvais pas le tissu. C’était comme ça toutes les fois. Et je constatai qu’il s’absentai souvent. Mais à chaque fois je m’apprêtai à me lever pour le chercher, il (SAW) m’interpellai du lit : ‘‘Je suis ici ô mon oncle, tu peux revenir’’ ! »

SIDNA Abou Tâlib RA aimait le Prophète SAW d’un amour qu’il ne partagea même pas avec ses enfants. Il s’assoupissait à ses côtés, et ne pouvait sortir sans le prendre avec lui, et il lui donnait toujours de sa part à manger.

Il est rapporté dans le livre « Al Manaqib » que SIDNA Abou Tâlib RA dit :

« Durant les nuits, J’entendais souvent de sa part des paroles qui me plaisaient beaucoup. Auparavant, nous ne prononcions pas le Nom (de DIEU) avant de manger ou boire, jusqu’à ce que je l’aie entendu dire avant de manger : ‘‘Au Nom d’Allâh L’Unique’’ (Bismillah Al Ahad). Quand il (SAW) finissait de manger il (SAW) disait : ‘‘Louange à Allâh abondamment’’ (Alhamdou li-Llâhi Kathîrane). Je fus très étonné de cela. Par moment, je voyais autour de sa tête (bénie) une lumière tendue jusqu’au ciel. Aussi, je ne l’ai jamais entendu mentir ou faire acte d’ignorantisme. Je ne l’ai jamais vu rire (à grands éclats) là où l’on riait ; il ne participait pas avec les enfants dans leurs amusements, ni faisait attention à eux ; il (SAW) préférait plutôt la solitude et l’humilité...

Je voyais parfois un homme, de la plus belle des apparences, qui survenait et passait sa main sur sa tête bénie, en lui faisant des bénédictions, puis disparaitre. J’ai vu aussi à songe à son sujet, jamais je n’ai vu de pareil : j’ai vu comme si le monde a été amené à lui, et tous les gens parlaient de lui. Puis je l’ai vu s’élevant au-dessus de tout le monde et entrant au ciel. 

Un jour, je ne le trouvai pas et je partis à sa recherche. Soudain, je le vis venir avec un homme qui ne ressemblait pas aux autres hommes que je connais. Je lui dis : « O mon Fils ! Ne t’avais-je pas dit de ne pas te séparer de moi ? » l’homme me dit : « Dès qu’il se sépare de toi, je suis avec lui à le surveiller » chaque jour, je ne voyais de sa part (SAW) que ce qui est plaisant, jusqu’à ce qu’il (SAW) devint adulte et appela à la Religion »

Quand les gens de la maison mangeaient, ensemble ou séparément, ils ne se rassasiaient pas, et si le Prophète SAW mangeait avec eux ils se rassasiaient

Quand ils voulaient déjeuner ou diner, Sidna Abou Tâlib RA leur dit : « Patientez jusqu’à l’arrivée de mon fils ! » Le Prophète SAW venait alors pour manger avec eux, et ils mangeaient jusqu’à il y reste de la nourriture. S’il s’agissait du lait, le Prophète SAW buvait le premier, ensuite ils prenaient le récipient et buvaient après jusqu’à satiété et jusqu’au dernier ; alors que d’ordinaire, un seul d’entre eux pouvait finir tout le contenu du récipient. Sidna Abou Tâlib RA lui disait alors : « Certes, tu es béni ! ».

Le Prophète SAW s’éleva en développant les plus belles caractéristiques et des qualités que nul autre garçon ne possédait. Durant le repas du matin, tandis que les autres dérobaient une partie du repas, lui s’en contentait :

D’après Dame Oum Aymane RA (qui vivait également avec eux) : « je n’ai jamais vu le Prophète SAW se plaignant de faim ou de soif ; quand il se levait, il partait boire une gorgée d’eau de Zamzam, et si après cela on lui proposait le déjeuner ; il dit : je ne veux pas, je suis rassasié. »

Elle (RA) dit : « Je ne l’ai jamais vu se plaindre, Jeune ou Adulte, de faim ou de soif. Il était fréquent qu’il (SAW) s’assoupisse sans avoir diné, et il en était ainsi lorsqu’il devint âgé ».

Les enfants de Sidna Abou Tâlib RA dormaient et se réveillaient échevelés en ayant les visages jaunes, et les yeux pleins de chassie, tandis qu’il (SAW) se levais les cheveux lissés, et ses yeux fardés.

Sidna Abou Tâlib RA était pauvre, mais il avait un petit troupeau de moutons à ‘Orana dans la Vallée de ‘Arafa à La Mecque, que le Prophète SAW s’occupait à garder. Sidna Abou Tâlib RA et son épouse Dame Fâtimah Bint Assad RA (les Noble Parents de SIDNA ‘Alî KAW) étaient dans la condition de la pauvreté, et étaient très attachés, très affectueux vis-à-vis du Prophète SAW et ils l’aimaient beaucoup.

À l’exemple de SIDNA Abdoul Mouttalib RA, SIDNA Abou Tâlib RA demanda la pluie pour son peuple, par la sacralité du Saint Prophète SAW, plus d’une fois.

Une fois, lors d’une sécheresse qui s’est abattue Quraych, les gens ont souffert et se sont regroupé près de la Kaaba pour décider quelles idoles devront-ils implorer pour leur secours.

Alors un homme âgé, beau de visage et d’une apparence magnifique leur dit : ‘‘comment pouvez-vous vous détournez de la vérité alors qu’il y a parmi vous le restant des fils d’Abraham (AS) et la descendance d’Ismaël (AS) ?’’ ils dirent ‘‘ on dirait que tu veux dire d’Abou Tâlib !’’. Ils partir voir Sidna Abou Tâlib RA pour lui demander de faire des prières afin que la pluie tombe. Sidna Abou Tâlib RA sortit alors en prenant le Jeune Sidna MOUHAMMAD SAW et, en arrivant devant la Ka’ba, il l’approchait de son mur et implorait Dieu SWT par la Bénédiction de cet Enfant. Aussitôt les nuages se mirent à mouvoir et le ciel à pleuvoir, et toute la vallée et les environs se sont verdis.

Jothâma ibn 'Orfota RA, qui était présent rapporte ce qui suit : « Je me suis rendu à la Mecque une année de grande disette. Les Qoraïch vinrent se plaindre à (Sidna) Abou Tâlib (RA) de la misère et lui dirent : ‘‘La vallée es ! desséchée et les gens souffrent de la faim. Demandes pour nous de la pluie !’’ (Sidna) Abou Tâlib (RA) sortit alors et fit la prière surérogatoire. Il était accompagné d'un garçon dont le visage était aussi resplendissant qu'un soleil ayant apparu après de sombres nuages un jour de pluie. À ses côtés se trouvaient d'autres enfants. (Sidna) Abou Tâlib (RA) prit le garçon et l'adossa au mur de la Kaaba. L'enfant leva le doigt vers le ciel, implorant Dieu. Dans le ciel, aucune trace. Puis, tout d'un coup, des nuages vinrent de partout et la pluie inonda toute la vallée qui déborda de tous côtés. Citadins et bédouins vécurent dans l'abondance. »

Une autre fois il fit monter le Prophète SAW sur ses épaules, et partit au Mont d’Abou Qoubayss où il pria DIEU de leur envoyer la pluie, et ils furent abreuvés.

A cet effet, Il (RA) devenait très content et récitait un long poème d’éloge à l’endroit de son bien aimé (SAW). Ce poème est très célèbre[5] par le nom de « Lâmiyyat Abou Tâlib » (RA) :

« Il est blanc, par son beau visage les nuages donnent la pluie, les besogneux des Aal Hâchim s’adressent à lui ;

Alors, chez lui, ils jouissent de bonheur et de la richesse... »

Un jour encore, passant dans la région de Dhî Majâz, SIDNA Abou Tâlib RA eut très soif. « O mon neveu ! j’ai soif » dit-il au Prophète SAW. Il (SAW) frappa avec son talon béni le sol (sur un rocher dans un autre récit), en prononçant quelques paroles. SIDNA Abou Tâlib RA raconte : « Je me retrouvai alors avec une eau qui ne ressemblait à aucune autre (en douceur). Il me dit : ‘‘Bois !’’ je bus à satiété. Puis, il frappa de nouveau avec son talon et elle revint à son état.

Une autre fois, il (SAW) voyagea avec deux de ses oncles (SIDNA Abou Tâlib RA et SIDNA Zoubayr RA) au Yémen. En passant dans une vallée, ils tombèrent nez-à-nez avec un chameau mâle qui barrait le passage à tout voyageur. A sa vue, le chameau s’assis en frottant son thorax sur le sol. Le Prophète SAW descendit de sa mule et enfourcha le chameau, jusqu’à la sortie de la vallée, où il le libéra. Au retour, leur route fut barrée par un oued qui s’est rempli d’eau. « Suivez-moi ! » leur dit le Prophète SAW, en le traversant. L’eau devint solide et ils traversèrent par la Grâce de DIEU SWT.

Il existe plusieurs autres récits sur ses bénédictions, ses miracles et les prémices de la révélation qui sont apparues auprès de son Etre Béni SAW. Ce qui incita son oncle RA à faire doublement attention à lui.

Un jour, un devin de la tribu de Lahb des Azd-Chanû-a avait l'habitude de venir à La Mecque pour prédire aux gens leur avenir. Les Quraych lui amenaient leurs garçons et l'interrogeaient sur leur sort. SIDNA Abou Tâlib RA, parmi d'autres, lui amena un jour le Prophète SAW. Le devin dévisagea le Garçon Béni (SAW), mais son attention fut détournée de lui par autre chose. Dès qu'il fut libre, le devin dit : « Ramenez-moi le garçon. » SIDNA Abou Tâlib RA, n’appréciant pas du tout cet excessif intérêt que montrait le devin pour son neveu, le fit disparaître. Et le devin de crier : « Malheureux, ramenez-moi l'enfant que je viens de voir. Il aura sûrement un grand avenir. » Mais SIDNA Abou Tâlib RA s’éloigna rapidement de lui.

Durant cette période, Dame Oum Ayman RA, qui avait servi les Noble Parents (RA) du Prophète SAW, était à son service chez SIDNA Abou Tâlib RA. Elle l’aimait beaucoup et était un réceptacle d’amour et de douceur envers lui SAW. Elle ne cessait de prendre soin de ses affaires, et de le prendre en affection. Le Prophète SAW l’a libéré quand il s’est marié. Le Prophète SAW l’interpellait par ‘‘ Yâ Oummah ! Yâ Oummah ! (Ô Mère ! Ô Mère !) Et il disait SAW ‘‘Oum Aymane est ma Mère après ma Mère’’. Le Prophète SAW l’aimait beaucoup et appréciait rester en sa compagnie et s’entretenir avec elle.[6]

[1] Dans un autre récit Notre Mère Amina RA dit : « Tout vivant meurt. Toutes les choses neuves vieillissent. Toute abondance s’amenuise. Tout grand disparait. Assurément, je vais mourir aussi mais je resterai continuellement gravée dans les mémoires. Car je laisse au monde mon enfant comme gage d’un avenir heureux »

[2] « Jamharat Khoutab al Arab » p73. Edition: Maktabat chamilat haditha.

[3] Sira Halabiyya vol1, p178.

[4] Et jusqu’à nos jours c’est ses descendant encore qui en sont les responsables.

[5] Rapporté par Ibn Hicham, Ibn Ishaq, al Ya’qoubî, et les autres.

[6] Au jour de Ouḥoud, et cependant que quelques-uns fuyaient devant la charge des cavaliers Quraychites ; laissant le Prophète SAW seul, elle les interpellait en disant ‘‘donne-moi l’épée ! et je vous donnerai l’aiguille ! (à sa place)’’ (c’est-à-dire dénonçant leur manque de courage) et ce, jusqu’à ce qu’elle ait réussit à avoir une épée et parti chercher le Prophète SAW pour le défendre.

Tel était le cas avec ceux qui connurent Yâ Rassoul ALLÂH SAW : ils étaient sincèrement attachés à lui, et n’enduraient son absence qu’avec beaucoup de peine. Qu’ALLÂH SWT les agrée tous.

Sources

Non indiquées : article de l’ancien site, pas encore relu.

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