SIRA 4 - [Partie 4/5]
L’ÉMINENCE DU NOBLE CARACTÈRE DU TRÈS SAINT PROPHÈTE SAW
SON ÉLOQUENCE : (KALIMOULLAHI SAW L’INTERLOCUTEUR D’ALLAH, FASSIHOUL LISSANI SAW CELUI DONT LE LANGAGE EST ÉLOQUENT)
Le Prophète SAW est doté d’une parfaite prononciation et d’une belle rhétorique. Allah SWT lui donna la capacité d’exprimer beaucoup d’idées en peu de mots et il SAW possédait l’art du discours. Il détenait une étonnante force de persuasion et savait créer l’harmonie entre les cœurs, de sorte qu’il pouvait faire parvenir son message en termes concis. C’est pour cette raison que sa noble épouse Aïcha RA, dit : « Le messager d’Allah ne débitait pas les paroles comme vous le faites, mais ses paroles étaient entrecoupées, de telle façon que celui qui souhaitait en faire l’inventaire pouvait facilement les dénombrer. » (Boukhâri et Mouslim.)
Dans son livre « Ach-Chifâ », Al Qadi ‘Iyyâd RA dit : « Il (SAW) parla à chaque nation avec son parler, et débattu avec chacune d’elle par son langage. Il les surpassa dans l’éloquence, à tel point que, beaucoup de ses compagnons lui ont demandé, à diverses occasions, le sens de ses dires et l’explication de ses paroles. Quiconque médite sur ses dires et sa conduite, sais cela. Ainsi, son discours avec Quraysh, les Anssârs, le peuple de Hijâz, et Najd n’est pas comme son discours avec Dhî al Mich’ar Al-Hamadani, Tafa al-Nahdi, Qotton bin Hârith al-Alimi, Al-Ach’ath bin Qais, Wael bin Hajar Al-Kindi et d’autres parmi les dignitaires de Hadramaout et les rois du Yémen. »
Ensuite Al Qadi ‘Iyyâd rapporta une lettre du Prophète SAW adressée aux yéménites (Hamadan) où l’on trouve des termes pour le moins très peu utilisés par les Qouraychite et dans la langue arabe, mais très connus par les yéménites.
A ce propos, Dame Oum Maabad RA a dit : « Quand il se taisait, il impressionnait, et quand il parlait, il dominait et accroîssait l’émerveillement, son élocution était très agréable, claire et concise, jamais superflue, au point qu’on aurait dit que des perles sortaient de sa bouche. »
Il SAW gardait souvent le silence et ne parlait pas inutilement. Il SAW se détournait également de celui qui proférait de mauvais propos (qu’Allah SWT nous en préserve). Son rire était du sourire et son discours était tranchant, là où il n’y avait ni indiscrétion, ni insuffisance. Les séances qu’il SAW tenait étaient des séances de magnanimité, de bien et de fidélité, où les voix ne s’élevaient point et où on ne portait pas atteinte aux honneurs. Il SAW gardait longuement le silence et lorsqu’il parlait, il SAW le faisait doucement en insistant sur les mots et en les répétant pour qu’on le comprenne.
De tous les hommes, il SAW est le plus véridique dans ses propos, le plus humble et le plus noble. Personne ne l’a jamais devancé dans le salut verbal, et il SAW est toujours le premier à tendre la main lorsqu’il rencontre un de ses Compagnons RA. Il SAW n’a jamais coupé la parole à une personne avant que celle-ci ne termine sa conversation ou qu’elle demande l’autorisation de se lever pour s’en aller.
D’après Abou Hurayra RA : le Prophète SAW a dit : « J'ai reçu les paroles totalisatrices et la terre entière est devenue pour moi un lieu de prière purifiée » (cité par Ahmad h. Hanbal. Hadith authentifié).
Le Dr Tayeb Chouiref a dit en commentaire à ce Hadith : l'expression « jawami al-Kalīm » (« les paroles totalisatrices ») est souvent interprétée comme désignant la capacité du Prophète SAW à délivrer un message profond en peu de mots. Mais elle signifie aussi que le Prophète SAW a reçu synthétiquement toute la connaissance que l'homme peut recevoir. L'Émir Abd al-Qâdir RA a dit que « Le Prophète SAW a reçu les paroles totalisatrices et toutes les fontaines de la sagesse lui ont été données. Excepté lui, chacun connaît seulement "le lieu où il doit s'abreuver" (S2, V60) (machrab) et chemine sur la voie (mad-hab) qui lui est réservée ». Il SAW réunit en lui tous les types spirituels devant être réalisés dans sa communauté. (Mawâqif, n°253)
Car, Il (SAW) est venu pour apprendre le Bien. Ainsi, depuis sa Création, il (SAW) est la source de la Guidance vers DIEU Très Haut.
Il est rapporté dans « Al Manaqib » que SIDNA Abou Tâlib RA (l’oncle du Prophète SAW) a dit :
« Durant les nuits, J’entendais souvent de sa part des paroles qui me plaisaient beaucoup. Auparavant, nous ne prononcions pas le Nom (de DIEU) avant de manger ou boire, jusqu’à ce que je l’aie entendu dire avant de manger : ‘‘Au Nom d’Allâh L’Unique’’ (Bismillah Al Ahad). Quand il (SAW) finissait de manger il (SAW) disait : ‘‘Louange à Allâh abondamment’’ (Alhamdou li-Llâhi Kathîrane). Je fus très étonné de cela. Par moment, je voyais autour de sa tête (bénie) une lumière tendue jusqu’au ciel. Aussi, je ne l’ai jamais entendu mentir ou faire acte d’ignorantisme. Je ne l’ai jamais vu rire (à grands éclats) là où l’on riait ; il ne participait pas avec les enfants dans leurs amusements, ni faisait attention à eux ; il (SAW) préférait plutôt la solitude et l’humilité. »
SON INTELLIGENCE ET SA SOCIABILITÉ SAW
Le Prophète SAW faisait preuve d’une rigoureuse déduction, (même avant la révélation), tel que décrit dans l’histoire suivante :
Qouraych divergea sur l'identité de la personne qui allait devoir poser la pierre noire à sa place, après qu’ils aient reconstruit la Kaaba. Chaque tribu dit alors : « C’est à nous que revient de déposer la pierre noire » ; chacune d’elles espérant obtenir le privilège et l’honneur de la poser. La divergence persista jusqu’à ce qu'ils faillissent même débuter les hostilités. Ils dirent ensuite : « Prenons quelqu’un pour arbitrer notre litige. Ce sera la première personne qui se présentera à nous. » Et la première personne qui se présenta à eux ne fut autre que le Prophète MOHAMMAD AL AMINE SAW. Ils furent ravis et virent une bonne nouvelle en cela. Ils dirent : « Le loyal s’est présenté à nous, nous acceptons qu’il soit notre arbitre. » Ils l’informèrent donc du désaccord. Désormais informé, il SAW demanda qu’on lui apporte une étoffe, au centre de laquelle il déposa la pierre noire. Il SAW demanda ensuite aux représentants de chaque tribu de saisir un bout de l’étoffe, puis de la soulever, et lorsqu’ils atteignirent l’emplacement de la pierre, il l’attrapa avec sa main et la déposa à son endroit approprié. Ainsi, le litige fut résolu, alors qu’il avait failli déclencher une guerre entre les tribus.
Avant la bataille de Badr, le Prophète SAW partit avec SIDNA Abou Bakr RA explorer les lieux, et ont trouvé un vieillard. Le Prophète SAW s’avança vers lui, l’a salué et lui demanda :
- Ô homme ! Informe-nous à propos de Quraych et l’armée de Quraych, et informe-nous sur MOUHAMMAD et ses compagnons !
- Et d’où venez-vous ?
- Nous ne te dirons que lorsque tu nous informe, Lui répond Le Prophète SAW.
- Est-ce cela une contrepartie ?
- Oui, c’est une contrepartie ! Lui dit Le Prophète SAW.
Le vieillard, qui était expert du voyage et des routes leur dit : « On m’a informé que Quraych est sortie tel jour. Si celui qui m’a informé dit vrai, maintenant, ils se sont à tel endroit. Et on m’a informé que MOUHAMMAD et ses compagnons sont sortis tel jour. Si celui qui m’a informé dit vrai, maintenant, ils sont à tel endroit. » Et il informa le Prophète SAW de son endroit exact, et de l’endroit de Quraych. Puis il demanda : « D’où venez-vous donc ? ». Le Prophète SAW répondit : « Nous venons de Mâ (eau) ». (En effet, les arabes appelaient eau –Mâ-, l’Irak, ou tout endroit verdoyant. Mais Le Prophète SAW désigna l’eau à partir de laquelle viennent toutes les créatures vivantes).
Il (SAW) parvint aussi à connaitre le nombre de l’armée Quraychite qui vint à Badr, en s’enquérant du nombre des chameaux qu’ils immolaient chaque jour.
A la bataille d’Ouhoud, lorsque les musulmans connurent la déchéance après la victoire, c’était à cause de la désobéissance vis-à-vis des recommandations du Messager de Dieu (SAW), lorsqu’ils décidèrent de sortir de Médine, puis ont abandonné leurs positions. Ainsi, ils rentrèrent à Médine, perdants et vaincus. Et c'est le Messager de Dieu (SAW) encore, qui fit sortir les musulmans (malgré les blessures et la fatigue) en se dirigeant vers le campement de l’ennemi pour reprendre la bataille (ce qui est appelé la Ghazwa de Hamrâ al Assad), de crainte que les ennemis reviennent attaquer Médine. Lorsque les ennemis en furent informés, ils firent pris de peur, ils abandonnèrent tout semblant d’idée d’attaquer Médine, et retournèrent aussitôt à la Mecque en se contentant de ce qu’ils acquirent. Les musulmans retournèrent à Médine avec un esprit de victoire, et un nouvel élan, après que la défaite dont ils furent la cause eut atteint leur moral. Ce fut-là pour eux une leçon et une exhortation qui leur servit lors de toutes leurs campagnes militaires à venir.
Le Prophète SAW n’avait pas un esprit solitaire et participait aux affaires de son peuple en trouvant des solutions à ses problèmes et en s’informant de ses préoccupations. Il SAW fut présent lors des accords de « Foudoul » qui renfermaient les clauses suivantes : soutenir l’opprimé (et demander des comptes à l’oppresseur). Il SAW participa avec son peuple à la construction de la Kaaba.
IL (SAW) EST LE SECOURS D’ALLAH SAW
Il est rapporté dans le livre JAWAHIR AL MAANI :
« Je l'ai interrogé, Satisfaction d'Allah sur lui, sur le cercle du Prophète, Prière et Salut d'Allah sur lui. Il a répondu : c'est le cercle du bonheur, à propos duquel Allah dit : « En vérité, les bien-aimés d'Allah seront à l'abri de toute crainte, et ils ne seront point affligés » (Sourate 10, Younes, verset 62). L'Imam Bosseiri a dit, Satisfaction d'Allah sur lui : « Tu ne verras plus un seul élu d'Allah non victorieux ». Tous ceux qui ne sont pas soutenus (ou victorieux) par le prophète, prière et salut d'Allah sur lui, n'ont aucune chance dans l'élection divine. Cela est l'explication du vers du poème de l'imam, satisfaction d'Allah sur lui.
Son dire dans le vers suivant : « Il a placé sa communauté sous la protection de sa confession » signifie que le Prophète, Prière et Salut d'Allah sur lui, a fait entrer sa communauté caractérisée par le bonheur sous la protection de sa confession. Il l'a protégé comme tout objet fortement aimé ; on l'épargne avec un maximum de précaution.
L'or et la rubicelle ne se placent, à cause de leur haute valeur, que derrière les cadenas, pour qu'ils soient protégés. De même, le Prophète, Prière et Salut d'Allah sur lui, a placé sa communauté sous la protection de sa confession. Le bonheur éternel les a alors affectés ici-bas et dans le monde de l'au-delà. Cela est par rapport à la spécification divine en faveur de sa communauté qui constitue le groupe digne du bonheur ; qu'Allah nous compte parmi eux de par Sa Largesse et Sa Générosité. Amen. Fin de la dictée du cheikh, satisfaction d'Allah sur lui »[1]
Il est également rapporté :
« J’ai questionné le Cheikh (RA) sur le verset : « Si, donc, ces gens-là qui se sont fait du tort à eux-mêmes s’étaient adressés à toi pour implorer le pardon de Dieu, et que tu aurais intercédé en leur faveur , ils auraient sûrement trouvé auprès du Seigneur Clémence et Miséricorde » (an-Nissâ’ v.64) – réponse : celui qui, après avoir commis un péché, vient solliciter pardon et faire foi de repentir, auprès du Prophète (SAW), il trouvera sûrement Clémence et Miséricorde auprès d’Allah ; et on peut s’adresser au Prophète après sa (transition) comme que de son vivant .... »
IL EST CELUI QUI LOUE ABONDAMMENT SAW. LE MODÈLE DU CONTENTEMENT SAW
Il est rapporté aussi dans le livre « Al Manaqib » que SIDNA Abou Tâlib RA dit :
« Durant les nuits, J’entendais souvent de sa part des paroles qui me plaisaient beaucoup. Auparavant, nous ne prononcions pas le Nom (de DIEU) avant de manger ou boire, jusqu’à ce que je l’aie entendu dire avant de manger : ‘‘Au Nom d’Allâh L’Unique’’ (Bismillah Al Ahad). Quand il (SAW) finissait de manger il (SAW) disait : ‘‘Louange à Allâh abondamment’’ (Alhamdou li-Llâhi Kathîrane). Je fus très étonné de cela. Par moment, je voyais autour de sa tête (bénie) une lumière tendue jusqu’au ciel. Aussi, je ne l’ai jamais entendu mentir ou faire acte d’ignorantisme. Je ne l’ai jamais vu rire (à grands éclats) là où l’on riait ; il ne participait pas avec les enfants dans leurs amusements, ni faisait attention à eux ; il (SAW) préférait plutôt la solitude et l’humilité...
Je voyais parfois un homme, de la plus belle des apparences, qui survenait et passait sa main sur sa tête bénie, en lui faisant des bénédictions, puis disparaitre. J’ai vu aussi à songe à son sujet, jamais je n’ai vu de pareil : j’ai vu comme si le monde a été amené à lui, et tous les gens parlaient de lui. Puis je l’ai vu s’élevant au-dessus de tout le monde et entrant au ciel.
Un jour, je ne le trouvai pas et je partis à sa recherche. Soudain, je le vis venir avec un homme qui ne ressemblait pas aux autres hommes que je connais. Je lui dis : « O mon Fils ! Ne t’avais-je pas dit de ne pas te séparer de moi ? » l’homme me dit : « Dès qu’il se sépare de toi, je suis avec lui à le surveiller » chaque jour, je ne voyais de sa part (SAW) que ce qui est plaisant, jusqu’à ce qu’il (SAW) devint adulte et appela à la Religion »
Son altruisme et son renoncement à ce bas-monde étaient tels que lorsqu’on lui apportait des biens, des dons et des butins qui rempliraient une vallée entière, il le distribuait entièrement et passait la nuit sans rien en garder. Lorsque l’un de ses compagnons se rendait compte que le Messager de Dieu (SAW) avait faim, il lui apportait un gros pot de lait. Le Prophète (SAW) invitait alors les gens de « as-Souffah » (les plus démunis parmi les musulmans à qui le Prophète (SAW) avait réservé une partie de la mosquée pour qu’ils y résident) et leur faisait passer le pot, puis il buvait ce qui en restait.
Il est aussi...
Magnanime et pardonneur SAW
Il (SAW) celui contre qui, on a tout tenté, tout essayé. Alors qu’il (SAW) n’appela qu’à la Réussite et au Succès. « Dites : Il n’est de dieu que Dieu, vous connaîtrez le succès ! » disait-il SAW.
Mais on lui fit la guerre, on attaqua sa famille, tortura ses compagnons, ... et Il fut blessé à la bataille d'Ouhoud alors qu’il SAW ne disait que : "Seigneur, pardonne à mon peuple, car ils ne savent pas".
Puis, après cela, lors de la conquête de la Mecque, Il SAW s'adressa aux Mecquois :
- Ô mecquois que pensez-vous que je vais faire à votre sujet ?
- Tu es un noble frère et le fils d'un noble frère. Répondent-ils
- Partez, vous êtes donc libres.
Le plein de Pudeur SAW :
Le Prophète SAW vivait simplement, mangeait et s’habillait simplement. Ses habits étaient simples, fait de laine ou de coton. Par ailleurs, le Bien Aimé SAW était plein de délicatesse et de pudeur : « L'Envoyé de Dieu (SAW) avait plus de pudeur que la vierge dans sa chambrette. Lorsqu'il réprouvait une chose, on pouvait le reconnaître sur son visage. De même, il se retenait par pudeur, de parler à quelqu'un en face (de ses défauts) ; il (SAW) déléguait alors à quelqu'un la tache de l’informer »[2]
Il est le Fidèle est le Loyal SAW :
Vis-à-vis de tous les gens :
Depuis son Jeune âge, Le Messager de DIEU SAW est le modèle unique du jeune vertueux et de la nature humaine la plus droite et la plus pure au point d’être nommé par son peuple « AL AMINE ».
Fidèle envers son Epouse, Notre Mère Khadîdja RA : Ainsi, il (SAW) n’a pas cessé d’envoyer des présents aux amies de Notre Mère Khadija RA et de demander après elles.
Envers ses Mères Nourricières : il (SAW) se levait et accueillait chaleureusement Notre Mère Halima RA par les termes « O Mère ! O Mère ! » en posant son châle par terre à l’endroit où elle (RA) désirait s’assoir[3]. Il (SAW) l’était aussi envers sa sœur de lait Dame Ach-Chaymâ RA. Après la victoire de Hounayn, il (SAW) libéra tous les prisonniers (6000 personnes) sans hésitation quand il apprit que parmi eux se trouvait sa mère et sœurs de lait.
Le Prophète SAW envoyait des habits et des présents à Notre Mère Thouwaybah RA jusqu’à sa transition après la conquête de Khaybar.
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[1] Jawâhir Al Maani p 500.
[2] Rapporté par Tirmidhî d’après SIDNA Abou Sa’îd al-Khoudri RA, Validé.
[3] Tabaqât d’Ibn Saad 1/93


