Le réconfort d’ALLAH SWT à travers le voyage nocturne
Les narrations relatives au Voyage Nocturne et à l’Ascension se multiplièrent, et les opinions divergèrent sur leurs modalités. Ces événements impliquèrent-ils le corps et l’esprit du Prophète, ou seulement son esprit, ou bien le Voyage Nocturne aurait-il impliqué le corps et l’esprit, alors que l’Ascension se serait déroulée par l’esprit uniquement. Il est cependant certain que les deux événements eurent lieu par l’esprit et le corps à la fois, car s’ils n’impliquaient que l’esprit, cela n’aurait rien de miraculeux et son peuple n’aurait aucune raison de le démentir. Par ailleurs, cette question est intimement liée à la Toute-Puissance de Dieu qui se manifeste en Sa Parole à toute chose « Sois et elle est ». Il n’y a donc pas lieu de discuter ou de polémiquer à ce sujet.
Comme il fut rapporté par Ibn Al Qaïm, ALLÂH (SWT) lui envoya le plus distingué des serviteurs de Son royaume, l'ange Jibril (AS), accompagné des anges Michael (AS) et Isrâfil (AS). Il est dit que cette visite eut lieu dans la maison de Dame Hum Hani RA.
SIDNA Djibrîl AS vint trouver le Prophète SAW et le toucha au bout de son pied pour attirer son attention. Le Bien-Aimé SAW se redressa mais, ne voyant rien, il s’assoupit. Ensuite, Il ressentant une deuxième fois quelqu'un le toucher, se leva à nouveau mais il (SAW) ne vit rien. À la troisième fois, il se redressa et vit SIDNA Jibril AS. Il (AS) qui le pris par le bras pour le relever[1].
Sayyidina MOUHAMMAD SAW demanda :
« Ô Jibril ! Le Très Généreux m'appelle. Que va-t-il faire de moi ? ». (SIDNA) Jibril (AS) répondit :
« Te pardonner les péchés antérieurs et postérieurs »[2].
Sayyidina MOUHAMMAD dit SAW :
« Cela me concerne personnellement mais qu'en est-il des personnes à ma charge et de ma communauté ? ».
(SIDNA) Jibril (AS) répondit :
« Ton seigneur t'accordera certes [Ses faveurs], et tu seras alors satisfait »[3].
Et il (AS) continua :
« Tu es le désiré de la Volonté Divine (Irâda) et le but projectif du Valoir Créateur (Mashia). Or, tout est voulu pour toi, tu es voulu pour Lui et tu es le Choisi, le Meilleur (Mokhtar) de l'univers, le Soleil Des Connaissances, La Pleine Lune Des Grâces Subtiles.
Cette nuit est ta nuit, la suzeraineté est ta suzeraineté. Moi depuis que j'ai été créé, je suis dans l’expectative (attente) de cette nuit, le pouvoir d'intercession (Chafa’a) t’a été donné en faveur des êtres dans le besoin ».
Sayyidina MOUHAMMAD SAW dit :
« Ô Jibril ! patiente un instant que je fasse l'ablution ». (SIDNA) Jibril (AS) répondit : « Je suis descendu avec une eau de Salsabil dans un cruchon fait de joyaux et de rubis (eau de Zamzam, dans une version).
Sayyidina MOUHAMMAD SAW dit :
« Puis il ouvrit ma poitrine et il lava mon cœur et le remplit de sagesse, de foi et de lumière afin d'être préparé à cette vision ».
(On voudrait vous faire remarquer que l'ouverture, ou dilatation, de la poitrine du Prophète (PSBL) s'est faite à quatre étapes dans sa noble vie). (SIDNA) Jibril (AS) approcha avec le Bourâq (palefroi nommé l'éclair)[4]:
La nuit de l'Isrâ wa Mi’râj, al Bourâq fut amené, sellé et bridé.
(À ce moment al-Bourâq s’effraya)
- Pourquoi fais-tu cela par ALLÂH ? Nul être plus honoré par ALLÂH que cet homme (en voulant parler du sceau des Prophètes paix, salut et bénédiction sur lui) ne t’a jamais chevauché. Lui dit SIDNA Jibril AS.
Sur cela Al Bourâq commença à suer[5].
Ibn al-Munir a dit : Lorsque Al Bourâq s'effaroucha, ce fut parce qu'il se sentit très fier et très heureux d'avoir à être chevauché par le Prophète SAW.
Une chose semblable est arrivée lorsque le mont Ouḥoud eut des secousses jusqu'à ce que le Prophète SAW lui dise : « Reste calme ! il n'y a sur toi qu'un Prophète, un Siddiq et un martyr (les deux compagnons du Prophète : SIDNA Abou Bakr RA et SIDNA Othmane RA) ».
(A noter que la montagne trembla de joie et non de colère).
Une enjambée de cette créature (Al Bourâq) couvrait une distance allant jusqu'où son regard se posait.
(Dans un Hadith, le Prophète SAW dit :
« Et là, Jibril AS est venu à moi avec un animal blanc, plus grand qu’un âne et plus petit qu’un mulet, et il a dit "Monte" mais l’animal s’est montré difficile, alors il l'a fait tourner en le tirant par l’oreille et, il m’a aidé à monter sur son dos. L’animal a alors filé en nous transportant par bond dans les airs, en posant son sabot au lieu extrême où se pose son regard [...] »
SIDNA Jibril (AS) dit au Prophète MOUHAMMAD SAW : « Descends et prie !» Il lui indiqua trois lieux différents. Puis lui demanda : « Sais-tu où tu as prié ?»
Le Prophète (SAW) répondit :
« Certes ALLÂH sait toutes choses. » Il dit : « La première fois tu as prié à Tayba (Médine) là où tu émigreras, la deuxième fois sur le mont Sinaï, lieu où ALLÂH parla à Moussa (Moïse), et la troisième fois, tu as prié à Bayt Laham (Bethléem), la ville où est né 'Issa (Jésus) fils de Marie »
Ensuite, il a filé jusqu'à ce que nous entrions dans la ville par sa porte dirigée vers le Yémen, nous sommes arrivés en direction de la Qibla de la mosquée et il y attacha la monture. Nous sommes entrés dans la mosquée par une porte où l'on voit le coucher du soleil et de la lune. J'y ai prié là où ALLÂH a voulu que je prie." [Le compagnon ajoute] le Messager a dit : "Je suis entré dans la ville de Jérusalem [dans la Mosquée Al ‘Aqsâ] où étaient réunis pour moi les Prophètes, et Jibril m'a avancé [pour faire l'imam]. Après avoir accompli la prière, nous sommes montés au ciel. »[6]
Arrivé donc à la Mosquée Al Aqsâ à Jérusalem, il (SAW) attacha sa monture à la porte de la mosquée à l’endroit où les Prophètes attachaient leurs montures. Ensuite, il entra à la mosquée et fit la rencontre avec tous les Prophètes de Dieu AS. Il officia alors une prière de deux Rakaats [devant tous les Prophètes] [7].
Abou Hurayra (RAA) a dit : « La nuit où le Prophète SAW fut emmené au temple sacré Bayt El Maqdes (Jérusalem), on lui proposa deux coupes l'une contenant du vin, l'autre du lait (dans une autre version : une troisième contenant de l’eau). Il choisit le lait puis le but. »
(SIDNA) Jibril (AS) dit alors : « Louange à ALLÂH qui t’a guidé vers la véritable nature originelle (El Fitrah). Si tu avais bu le vin ta communauté (Oummah se serait égarée)» ou « À la bonne heure, ô MOHAMMAD ! Toi et ton peuple, vous êtes dans la vérité. Le vin vous sera interdit. »[8]
Selon Ibn Al Qayyim (RAA) :
« Le Prophète SAW fit le voyage nocturne corps et âme, de la sainte mosquée (La Mecque) au temple sacré de Jérusalem monté sur Al Bourâq et en compagnie de Jibril (paix salut sur eux). Sayyidina MOUHAMMAD SAW descendit à Jérusalem et dirigea la prière avec les Prophètes, tandis- qu’Al Bourâq se trouvait attaché à la porte de la mosquée.
L’Imam al-Hasan (RA) de poursuivre : « Il y trouva ABRAHAM AS (SA), Moïse (SA) et Jésus (SA) dans une assemblée de Prophètes (SA). Alors, le Messager de DIEU (SAW) fut leur imam dans une prière qu’ils accomplirent en congrégation. [...] »
Puis il (SAW) prit sa deuxième monture el Mi’râj (en langue arabe une échelle) (c’est à dire son moyen d'ascension graduelle) jusqu'au ciel le plus bas. (A noter qu'il y a sept cieux, et que la distance et l’épaisseur entre chaque ciel est de 500 années).
· L’Ascension :
Dans un hadith, Il dit SAW « Après cela, il prit ma main, et on m’a fait élever vers le ciel. Quand je suis arrivé au ciel le plus bas, Jibril (AS) dit alors au gardien du ciel : « ouvre ! », l’autre répondit « qui est-ce ? » il répondit : « c’est Djibril »
-y a-t-il quelqu’un avec toi ? dit-il
-C’est MOUHAMMAD (SAW)
Il dit alors : « est ce qu’on lui a révélé » il répondit « oui ». Quand il ouvrit on s’est élevés au-dessus du premier ciel et on aperçut un homme assis, à sa droite et sa gauche une foule noire, il riait s’il regardait à sa droite, et s’il regardait à sa gauche il pleurait, il dit : « Bienvenue au Prophète Vertueux, et au fils Vertueux ! ». J’ai demandé : « C’est qui ?» il dit : « celui-ci est Âdam (AS) et ces foules noires à ses deux côtés les esprits de ses fils, les gens de la droite parmi eux sont les gens du Paradis, et ceux à sa gauche sont les gens de l’Enfer, s’il regarde à sa droite il rit, et s’il regarde à sa gauche il pleure.[9] »
Après cela, on m’a fait élever au deuxième ciel, et il dit à son gardien « ouvre ! » et il luit dit ce qu’il a dit au premier. »
- Et quand on ouvrit, je me trouvais alors face à Yaḥyâ (AS) et ‘Îssâ (AS), les fils de ma tante, il dit : C’est Yaḥyâ et ‘Issâ salue les ! Je les ai donc salué, et ils répondirent et dirent : Bienvenue au Frère Vertueux ! Et au Prophète Vertueux ! (Et ils m’ont fait des bénédictions)
Ensuite on me leva dans le ciel (le troisième) et on demanda l’ouverture, il dit : Qui est ce ? Il dit c’est Djibrîl. « Et qui t’accompagne ? » il répondit : MOUHAMMAD ! Il dit : est-ce qu’on lui a révélé ? Il dit Oui. Il dit alors : Bienvenue à lui, Bienheureuse soit sa venue ! Et il ouvrit, et je trouvais Youssouf (AS). (Qui avait la moitié de la beauté). Il dit : C’est Youssouf, salue-le ! Et je l’ai salué, il répondit à la salutation et dit : Bienvenue au Frère Vertueux ! Et au Prophète Vertueux !
Ensuite on me leva dans le ciel (quatrième) et on demanda l’ouverture, il dit : Qui est ce ? Il dit c’est Djibrîl. « Et qui t’accompagne ? » il répondit : MOUHAMMAD ! Il dit : est-ce qu’on lui a envoyé ? Il dit Oui. Il dit alors : Bienvenue à lui, Bienheureuse soit sa venue ! Et il ouvrit, et je trouvais Idrîss (AS). Il dit : C’est Idrîss, salue-le ! Et je l’ai salué, il répondit à la salutation et dit : Bienvenue au Frère Vertueux ! Et au Prophète Vertueux ! [10]
Ensuite on me leva dans le ciel (cinquième) et on demanda l’ouverture, il dit : Qui est ce ? Il dit c’est Djibrîl. « Et qui t’accompagne ? » il répondit : MOUHAMMAD ! Il dit : est-ce qu’on lui a révélé ? Il dit Oui. Il dit alors : Bienvenue à lui, Bienheureuse soit sa venue ! Et il ouvrit, et je trouvais Hâroun (AS). Il dit : C’est Hâroun, salue-le ! Et je l’ai salué, il répondit à la salutation et dit : Bienvenue au Frère Vertueux ! Et au Prophète Vertueux !
Ensuite on me leva dans le ciel (sixième) et on demanda l’ouverture, il dit : Qui est ce ? Il dit c’est Djibrîl. « Et qui t’accompagne ? » il répondit : MOUHAMMAD ! Il dit : est-ce qu’on lui a envoyé ? Il dit Oui. Il dit alors : Bienvenue à lui, Bienheureuse soit sa venue ! Et il ouvrit, et je trouvais Moussâ (AS). Il dit : C’est Moussâ, salue-le ! Et je l’ai salué, il répondit à la salutation et dit : Bienvenue au Frère Vertueux ! Et au Prophète Vertueux !
- Lorsque je l’eu dépassé, il commença à pleurer, on lui dit : Qu’est ce qui te fait pleurer ? il dit : je pleure parce qu'on a envoyé, après moi, un jeune dont le peuple comportera plus que le mien, en nombre de ceux qui entrerons au paradis. ».
Ensuite on me fit élever au septième ciel et on demanda l’ouverture, il dit : Qui est ce ? Il dit c’est Djibrîl. «Et qui t’accompagne ?» il répondit : MOUHAMMAD ! Il dit : est-ce qu’on lui a révélé ? Il dit Oui. Il dit alors : Bienvenue à lui, et Bienheureuse soit sa venue ! Et il ouvrit, et je trouvais Ibrâhîm (AS), (un homme d'âge mûr assis dans un fauteuil à la porte de la Maison Céleste : Al-Bayt Al-Ma’mour. Tous les jours entrent dans cette maison soixante-dix mille anges et ils n'en ressortent que le jour de la résurrection.), Il dit : C’est ton Père Ibrâhîm, salue-le ! Et je l’ai salué, il répondit à la salutation et dit : Bienvenue au Frère Vertueux ! Et au Prophète Vertueux ! »
Après l’avoir salué, SIDNA Abraham AS dit : « Transmets le salut à ta communauté ! »
El Boukhârî mentionne un autre Hadith de Qatâda (RAA) dans lequel il dit :
« Le Prophète SAW nous a dit :
« La maison peuplée est une mosquée au septième ciel qui surplombe la Ka'ba. Chaque jour, soixante- dix mille anges rentrent et prient et lorsqu'ils s'en vont soixante- dix mille autres arrivent. »
Au septième ciel son coursier fut l'Aile de Jibril (AS) jusqu'au lotus de l'extrême limite, endroit où (SIDNA) Jibril (AS) resta en arrière.
Sayyidina MOUHAMMAD SAW lui dit : « Ô ! Jibril cette nuit ne sommes-nous pas tes hôtes ? Comment donc celui qui invite resterait-il derrière son invité ? Est-ce que c'est ici que l'ami intime doit laisser son ami intime ? »
(SIDNA) Jibril (AS) répondit :
Ô! MOUHAMMAD tu es l'Invité du Très Généreux et l’Appel du Primordial.
Si j'avançais maintenant de la longueur d'un bout de doigt, je serais consumé. »
«Il n’y a personne d’entre nous qui n’ait une station connue »[11]
Sayyidina MOUHAMMAD SAW reprit :
« Ô Jibril ! cela devant être, n'as-tu pas besoin d'une faveur ? » (SIDNA) Jibril (AS) répondit :
« Si ! Quand on te fera parvenir à la limite jusqu'au bien- aimé, là où il n'y a plus de confins, on te dira : « Ici tu te trouves et ici je me trouve. » Souviens-toi donc de moi auprès de mon Seigneur et qu'Il me donne la permission de déployer mes ailes sur le Sirat (pont dressé au- dessus de l'enfer) afin que ta communauté le traverse comme un éclair. »
Alors qu'il reçut un vigoureux élan afin qu'il traverse soixante- dix mille voiles de lumière, la cinquième monture le rencontra.
Cette monture que l'on nomme (Rafraf), le tapis déployé comme l'oiseau en vole fait de lumière dont l'envergure couvre la distance entre l'Orient et l'Occident.
Notre Prophète MOUHAMMAD SAW atteignit le Trône qui le retint par ses franges et l'appela par la langue de l'état Spontané en disant :
« Ô ! MOUHAMMAD ! Ton Bien- aimé ALLÂH est épris d'une ardente inclination pour toi et descend jusqu'au ciel le plus bas. »
« Tantôt, Il processionne autour de toi, monté sur le Commensal de Sa Présence et te porte sur le Rafraf de Sa Bonté [Gloire à celui qui a fait voyager Son serviteur de nuit],
Il te fait contempler la Beauté de Son Unicité [Le cœur n'a pas dénaturé ce qu'il a vu, la vue n'a pas dévié ni dépassé les limites].
Tantôt, Il te fait pénétrer la Sublimité des Secrets de Son Royaume Céleste [Il révéla à Son serviteur ce qu'Il révéla].
Tantôt, Il t'approcha très près de la Présence de Sa Proximité. »
[Il se trouve à la distance mesurant deux arcs de cercle et même plus près].
Puis le Trône dit :
« Ô ! MOUHAMMAD ! Il m'a créé. Dès qu'IL le fit, je fus ébranlé par une crainte révérencielle sous l'effet de Sa Majesté. Il écrivit sur ma verticale (Qi'ima) : « Nul Dieu autre qu'ALLAH »
Devant la crainte engendrée par Son nom, ma vibration s'accrue.
Mais quand il eut écrit sur moi : « MOUHAMMAD est le Messager d'Allah. »
Mon agitation trouva le repos et ma frayeur se calma.
Ton Nom apporta la Sécurité à mon cœur.
Ô ! MOUHAMMAD ! Tu es l'Envoyé, Miséricorde pour les êtres de l'univers.
Ô ! MOUHAMMAD ! Comment celui dont l'Essence n'a nulle limite, ni les qualités de nombre, pourrait-Il avoir besoin de moi ou être supporté par moi ?
IL m'a existancié de Sa Miséricorde par pure grâce et faveur !
S'Il m'anéantit c'est encore une marque de Sa Faveur et de Son Equité !
Ô ! MOUHAMMAD ! Je suis porté par Sa puissance et par Sa sagesse. Comment donc conviendrait-il au porteur d'être porté ! »
A cet endroit où il fut détourné du Piédestal du Trône, où il (SAW) entendit l'écriture de la Plume Céleste sur la Table Gardée (Lawh el Mahfoudd) par lui on me dit :
« Ô ! Amant éperdu ! Voici une Beauté que Nous avons ternie et une Excellence que Nous avons voilée.
Seul peut donc le regard d'un Bien- Aimé (Habib) que Nous avons choisi et un orphelin que Nous avons élevé. »
C'est alors que la sixième monture s'avança (Al Tayyid).
Sayyidina MOUHAMMAD SAW ne vit personne, une voix d'en haut lui dit :
« Ton gardien vigilant est devant toi, te voici, toi et ton Seigneur ! »
Sayyidina MOUHAMMAD SAW répondit :
« Je demeure perplexe, je ne connais pas ce dont je parle et je ne sais pas ce que je fais car quelque chose de plus doux que le miel est tombé sur mes lèvres, plus rafraîchissant que la neige et d'une délicieuse senteur plus parfumée que le musc. Or, cela m’a permis d'être plus savant que tous les Prophètes et envoyés réunis. »
Ces paroles s'échappèrent alors de ma langue : « Les œuvres vivifiantes et les influences bénies à Allah, les oraisons des grâces unifiantes et les actes excellents sont à ALLÂH (a-tahyatou lillâh a-zakiyatou lillah). »
On me répondit alors : « Que la Paix soit sur Toi ! Ô ! Prophète ! La Miséricorde d'Allah et ses influences bénies. »
J'associais mes frères les Prophètes, ainsi que les serviteurs vertueux de ma communauté, dans la faveur dont j'avais été gratifié en disant : « La paix sur nous et sur les serviteurs intégrés d'Allah ! »
Il (SAW) s'approcha alors au point d’en être séparé que par la longueur de deux arcs de cercle et moins.
On aurait pu supposer que le Seigneur était assujetti au lieu. C'est pourquoi sa parole :
« Où plus près nia le lieu et ALLÂH fut avec lui là où il n'y a jamais eu de lieu, ni temps, ni cycle temporel, ni condition d'existence. »[12]
Une voix fut perçue :
« Ô ! MOUHAMMAD ! »
Allah lui révéla ce qu'Il lui révéla et lui imposa cinquante prières ainsi qu'à sa communauté.
Puis Sayyidina MOUHAMMAD SAW regarda et vit une lumière immense.
Il SAW dit : « Qui est cette lumière ? » On répondit :
« Ce n'est pas une lumière mais les jardins de Fardaws qui se trouveront correspondre à tes pieds lorsque tu t'élèveras par degrés, ce qui est en-dessous de tes pieds leurs servira de rançon.
Ici tu reconnais réellement Mon Unité, et en toute foi reconnais-la maintenant dans le monde de la Présence Attestée par Contemplation et Vision à découvert. »
Ce qu'on a rapporté d'Ibn Abbas (RA) fait état d'une vue absolue et d'une vue de cœur.[13]
Toutefois la première n'exclut pas la seconde.
« Ô ! MOUHAMMAD ! C'est Nous qui t'avons envoyé comme témoin annonçant la bonne nouvelle et comme avertisseur.
C'est pourquoi Je te fais voir Mon Paradis afin que tu constates ce que J'ai préparé pour Mes saints.
Je te fais voir aussi Mon feu infernal afin que tu constates, ce que J'ai réservé à Mes ennemis ! »
Au retour, le Prophète SAW passa devant (SIDNA) Moussa (AS) qui lui demanda :
« Que t-a-t-il ordonné de faire ? »
Le Prophète SAW répondit : « Cinquante prières ! »
(SIDNA) Moussa (AS) reprit : « Ton peuple ne supportera pas cela ! Retourne auprès de ton Seigneur et demande-Lui de les réduire ! »
Le Messager d’Allah SAW se retourna vers (SIDNA) Jibril SAW, comme pour lui demander son avis. Celui-ci fit un signe voulant dire : « Oui, si tu veux ! »[14]
Le Messager d’Allah SAW ne cessa de faire la navette entre (SIDNA) Moussa (AS) et ALLÂH le Tout- Puissant, jusqu'à ce qu'il ne reste que cinq prières.
(SIDNA) Moussa (AS) lui conseilla de retourner demander une réduction, mais Sayyidina MOUHAMMAD SAW dit :
« J'ai honte de mon Seigneur, je me contente des cinq prières ! » Lorsqu'il (SAW) fut éloigné, quelqu'un appela et dit :
« J'ai imposé Mon obligation et soulagé Mes serviteurs ! Cinq prières en obligation et cinquante en valeur ».
Le Prophète Sayyidina MOUHAMMAD SAW dit :
« Me voici, mon Seigneur, à Ton service ! »
Allah (SWT) dit :
« Ma parole est immuable telle qu'elle fut décidée dans l'écriture mère !»[15]
« Chaque bonne action est récompensée dix fois plus, le nombre de prières prescrites dans l'écriture est cinquante, mais vous êtes obligés d'en accomplir que cinq, puisque chacune a la valeur de dix prières. »
Selon une autre version : « Je ne cessai d’aller voir mon Seigneur — Exalté soit-Il — puis de retourner à Moïse, jusqu’à ce qu’Il me dise : « Muhammad, cinq prières quotidiennes sont prescrites. Chacune en vaut dix ; elles valent ainsi cinquante prières. De plus, quiconque a l’intention de faire une œuvre pie, s’il ne l’accomplit pas, il recevra une rétribution simple et s’il l’accomplit il en recevra dix. Et quiconque a l’intention de commettre une mauvaise œuvre et s’en abstient, elle ne sera point comptée à son détriment ; mais, s’il la commet, elle comptera pour une seule mauvaise action. »
Je redescendis et arrivai auprès de Moussa AS pour l'informer de la chose, mais il me dit : « Retourne vers ton Seigneur et demande-Lui une nouvelle réduction. » - « Je suis déjà retourné plusieurs fois vers mon Seigneur SWT, jusqu'à ce que j'ai trouvé inconvenant de Lui adresser encore une fois cette demande, répondis-je à Moussa. »
Les réactions face à l'évènement
Le lendemain matin, le Prophète SAW se dirigea vers les gens de Qouraïch et leur raconta cette nouvelle. La plupart des gens le traitèrent de menteur et l'interrogeaient sur ce qu'il avait vu. Il leur détailla certains faits et ceux-ci ne pouvaient rien réfuter de ce qu'il avançait.
Le Prophète SAW les informa sur la position d'une caravane chargée de marchandises, en marche vers la Mecque. Il raconta aux Qouraïchites comment le bruit léger de Al-Bourâq (sa monture) les effaroucha, si bien qu'un de leur chameau prit la fuite.
Le Prophète leur indiqua l'endroit où se trouvait leur animal échappé. Ensuite, il décrivit le chameau qui était à la tête de cette caravane. Une fois celle-ci en vue, on s'aperçut que le chameau qui ouvrait la marche était tel que l'avait décrit le Messager d'Allah. Interrogés par les gens de la Mecque, les caravaniers confirmèrent les faits mentionnés par le Prophète.
Lorsqu'ils rencontrèrent Abou Bakr RA, qui n'était pas encore au courant, les gens lui dirent :
« Que penses-tu de ton compagnon qui prétend être allé cette nuit à Jérusalem, y avoir prié, et être de retour aujourd'hui à la Mecque ? ». Abou Bakr leur répondit : « Par Dieu, s’il a dit cela, alors il dit vrai. Je le crois pour les affaires du ciel, (qui lui sont révélées) en toutes circonstances, de jour comme de nuit. Ne le croirais-je pour les affaires de la terre ? » Puis, il s’empressa d’aller voir le Prophète pendant qu’il racontait aux gens le récit du Voyage Nocturne. Il ne leur avait pas encore raconté l’Ascension. Alors Abû Bakr lui dit : « Tu dis vrai, ô Messager de Dieu ! Par Dieu, si tu nous disais que tu fis une ascension vers les ciels supérieurs, nous te croirons. » Et le Prophète — paix et bénédictions sur lui — de lui répondre : « En effet, j’ai voyagé vers les ciels supérieurs, et tu es, ô Abû Bakr, le très véridique (As-Siddîq). »
Par ailleurs, le Prophète — paix et bénédictions sur lui — dit : « Je me retrouvai dans le Hijr, et les Qurayshites m’interrogeaient sur mon Voyage Nocturne. Ils me posèrent des questions sur des détails du Temple Sacré (Bayt Al-Maqdis) que je n’avais pas mémorisés. J’en éprouvai un énorme malaise comme je n’en avais jamais éprouvé auparavant. Alors Dieu l’éleva devant mes yeux et je répondis à chacune de leurs interrogations. »
Dame Umm Hâni’ — que Dieu l’agrée — raconta : « Les polythéistes dirent au Prophète — paix et bénédictions sur lui — à son retour du Voyage Nocturne et de l’Ascension : “Si tu es véridique, alors dis-nous, où as-tu croisé nos caravanes ?” Il dit : “Je les ai croisé à tel endroit, et untel fut pris d’effroi.” (On demanda à cette personne au retour des caravanes : “Q’avais-tu vu ?” Il dit : “Je n’ai rien vu, sauf que les chameaux étaient agités.”) Ils [les gens de Quraysh] s’enquirent : “Dis-nous, quand reviennent les caravanes ?” Il leur dit : “Elles arriveront tel jour.” Ils poursuivirent : “À quelle heure au juste ?” Il leur dit : “Je ne sais si le lever du soleil par ici sera plus rapide ou bien l’arrivée des caravanes par là.” Ce jour-là un homme s’exclama : “Voici le lever du soleil !” . Et un autre de s’écrier : “Voici les caravanes !” »
[1] Ibn Hicham
[2] (J'attire votre attention sur le fait que les Prophètes ainsi que les envoyés sont infaillibles et ne commettent aucuns péchés, donc la réponse de l'ange Jibril concerne le pardon des péchés de sa communauté). Texte du document
[3] (93 :05)
[4] Comme il a été rapporté par Anas (RAA). Note du document.
[5] Rapporté par Tirmidhî (Hadith Hassan)
[6] Rapporté par An-Nassa'iyy
[7] D’après Anas
[8] (Dans un autre récit)
[9] Le Prophète (SAW) dit : « J'étais Prophète alors qu’Adam était entre l'argile et l'eau ». ALLÂH (SWT) montra ensuite à Son Messager SAW l'esprit des martyrs à sa droite et celui des mécréants à sa gauche. Texte provenant du document.
[10] Concernant Idris (AS), Allah dit : « Nous le ravîmes en hauts lieux ».
[11] (37 :164)
[12] On a dit aussi qu'il s'approcha plus près par l'intercession et rechercha l'approche de son Seigneur par l'exaucement.
On peut dire encore qu’il s'approcha plus près par le service Divin et chercha l'approche de son Seigneur par la miséricorde.
Par ailleurs, le sens de « s'approcha » ne peut être compris par des mots mais plutôt par goût. Texte du document
[13] Ibn El Qayyim a rapporté une divergence au sujet de la vision : « La vue de l’œil et la vue du cœur. ». texte du document.
[14] Selon la formulation d'Al Boukhârî à certains égards, Allah défalqua dix prières des cinquante.
[15] (13: 39)


