II-LES CIRCONSTANCES DE LA REVELATION
Il a été mentionné dans le passage relatant le jeûne âge du Sublime (SAW) que les signes témoignant de Sa hauteur spirituelle et de sa grande destinée était apparent depuis sa naissance bénie et le long de sa jeune vie.
Ainsi les pierres, plantes qui lui adressaient leurs révérences ; sa préservation par le TRES HAUT (SWT) de tout acte blâmable et sa répugnance naturelle pour cela ; ses rêves véridiques ; ses inspirations louables….
Ainsi, le Bien-aimé Muhammad (SAW) avait réuni en lui, par son éducation Divine, les meilleures qualités que l’on pouvait trouver chez les gens.
C’était un modèle raffiné de pensée lumineuse et d’observation pertinente, élevé à un haut niveau de perspicacité et de sagacité, d’originalité dans les idées, de rectitude dans le jugement et de bon sens dans le choix des moyens et des objectifs. Il recourait au silence dans ses longues méditations, approfondissait la vérité, l’explorant jusqu’au bout.
Par la fécondité de son esprit et la pureté de son caractère, il avait pris connaissance des réalités de la vie des collectivités. Il se détournait des superstitions et traitait avec les gens sur la base du discernement et de la clairvoyance.
Toutes les fois qu’il trouvait qu’une chose était bonne, il y participait effectivement. Sinon, il se retirait dans sa solitude. Il ne buvait pas de vin et ne mangeait pas non plus ce qu’on avait sacrifié ou immolé pour les idoles. Il n’assistait à aucune des fêtes organisées par les idolâtres car il avait toujours éprouvé de l’aversion pour l’adoration futile et absurde des idoles.
Il ne supportait pas d’entendre jurer par Al-Lât et Al-Ouzzâ. Il ne fait aucun doute qu’Allah (à Lui la Puissance et la Gloire) l’avait entouré d’un mur de protection.
Ainsi lorsque le naturel humain le poussait à vouloir découvrir par curiosité la jouissance de ce monde, toutes les fois qu’il était tenté par des traditions de son peuple, la bienveillance divine intervenait pour l’en empêcher.
C’est ainsi qu’aux environs de la quarantaine, le Prophète SAW constata que ses méditations antérieures avaient élargi le fossé entre lui et son peuple et préféra la solitude.
Muni de vivres et d'eau, il se rendait à la grotte de Hira, dans la montagne de la lumière (Jabal An-Nour) située à peu près à 4 km de la Mecque.
La grotte de Hira signifie littéralement « grotte de la recherche ».
La cavité est située à 270 m d'altitude et a comme dimension 3,70 m de longueur pour 1,75 m de largeur9. Pour y accéder, le touriste doit gravir 1 880 marches[
Il y passait le mois de Ramadan, nourrissait les pauvres qui l'y rejoignaient, passait son temps à l'adoration et à la réflexion sur les signes de l'univers qui l'entouraient ainsi que sur la puissance créatrice qu'ils cachaient.
L'associationnisme absurde et les représentations inconsistantes de son peuple ne le rassuraient pas. Cependant, il ne disposait ni d'une voie claire, ni d'une méthode définie, ni d'une démarche orientée pouvant lui apporter dans ce sens quiétude et satisfaction.
Son choix de la solitude était un aspect de la guidance d'Allah SWT à son égard, guidance destinée à le détacher des préoccupations d'ordre terrestre, du tumulte de la vie, des petites considérations dont les gens meublaient leur vie, aux fins de le préparer à la grande affaire qui l'attendait.
Ainsi, le Prophète SAW s'apprêtait à endosser la lourde responsabilité, à changer la face du globe et à modifier le cours de l'histoire. Pendant trois ans, Allah SWT le voua à cette solitude avant de lui faire porter Son message.
A l’époque, le Prophète (SAW) avait exactement quarante années lunaires, 6 mois et 12 jours ou en d’autres termes 39 années solaires, 3 mois et 20 jours.
Ecoutons notre mère Aicha RA, nous raconter l'histoire de cet événement qui, point de départ de la prophétie, commençait à repousser les ténèbres de l'impiété et de l'égarement, au point de changer le cours de la vie et aussi de modifier la perspective de l'histoire.
Elle dit : « Les premières manifestations de la révélation chez Muhammad furent des rêves profitables : il ne faisait aucun rêve sans en voir la réalisation. Ensuite, on lui fit aimer la solitude. A cet égard, muni de provisions, il s'isolait dans la grotte de Hirâ, fuyant l'adoration des idoles et se consacrant à Allah, avant de regagner les siens. Il revenait chez Khadija, s'approvisionnait et repartait, ainsi de suite jusqu'au moment où la vérité apparut dans la grotte.
Selon la version de Tabari,
Lorsque le Prophète Mouhammad (SAW) eut accompli sa quarantième année, Dieu envoya vers lui Gabriel, pour lui porter une vision.
Vers l'époque où Gabriel (AS) allait apporter au bien-aimé Mouhammad SAW sa mission prophétique, celui-ci en remarquait les signes. Il voyait, la nuit, en songe, sans le connaître et non sans en éprouver de la crainte, Gabriel (AS) sous la forme d'un être énorme. Quand il marchait seul dans la ville de la Mecque, il entendait sortir des pierres, des décombres et des animaux, des voix qui lui disaient : « Salut à toi, ô apôtre de Dieu ! » Il SAW en éprouvait des craintes. Il était d'usage parmi les Qoraïchites que tous ceux qui tenaient à la réputation d'hommes pieux se rendissent chaque année, au mois de redjeb, sur le mont pour y vivre jour et nuit dans le recueillement, désirant se retirer du commerce des hommes, et regardant cette solitude comme un acte de dévotion religieuse. Cette pratique avait d'abord été en usage parmi les Beni- Hâschim ; les autres tribus Qoraïchites avaient suivi leur exemple ; mais les Beni- Hâschim l'observaient plus rigoureusement.
Chaque tribu avait sur le sommet de la montagne un endroit où l'on avait élevé des constructions dans lesquelles on passait le temps de la retraite. Cette année, le Messager d’ALLAH SAW, en quittant la montagne, vint auprès de la noble Khadidja RA et lui dit : « Khadidja, je crains de devenir fou. — Pourquoi ? lui demanda celle-ci. — Parce que, dit-il, je remarque en moi les signes des possédés : quand je marche sur la route, j'entends des voix sortant de chaque pierre et de chaque colline ; et, dans la nuit, je vois en songe un être énorme qui se présente à moi, un être dont la tête touche le ciel et dont les pieds touchent la terre ; je ne le connais pas, et il s'approche de moi pour me saisir.
La vertueuse Khadidja RA lui dit : « Ô Mohammed, ne t'inquiète pas ; avec les qualités que tu as, toi qui n'adores pas les idoles, qui t'abstiens du vin et de la débauche, qui fuis le mensonge, toi qui pratiques la probité, la générosité et la charité, tu n'as rien à craindre ; en considération de ces vertus, Dieu ne te laissera pas tomber sous le pouvoir du diw. Avertis-moi, si tu vois quelque chose de ce genre. »
Or, un jour, se trouvant dans sa maison avec notre mère Khadidja RA, le Prophète SAW dit : « Ô Khadidja, cet être m'apparait, je le vois. »
Elle s’approcha de lui, s'assit, le prit contre elle et lui dit : Le vois-tu encore ? — Oui, dit-il.
Alors Notre Mère Khadidja RA découvrit sa tête et ses cheveux, et dit : Le vois-tu maintenant ? — Non, dit le Prophète SAW.
Notre mère Khadidja RA dit : « Réjouis-toi, Mouhammad ; ce n'est pas un diw, c'est un ange. Car si c'était un diw, il n'aurait pas montré de respect pour ma chevelure et n'aurait pas disparu. »
Le Prophète Mouhammad SAW se rendait fréquemment sur le mont Hira et s'y livrait à la solitude et à la méditation.
Enfin le jour arriva où Dieu fit parvenir à Son Serviteur Bien-Aimé SAW sa mission prophétique.
Ce fut un lundi. Il est dit que ce fut le dix-huitième jour du mois de ramadan.
Dieu envoya Gabriel avec l'ordre de se faire connaître à son Bien-Aimé Mouhammad (SAW), et de lui porter sa mission prophétique et la sourate du Coran appelée (al Alaq) (Iqrâ), qui fut la première qu’il reçut de lui.
Gabriel (AS) descendit du ciel et trouva le BIG SAW sur le mont Hira. Il se montra à lui et lui dit : « Salam à toi, ô Mouhammad, apôtre de Dieu ! »
Le Prophète SAW fut épouvanté. Il se leva, pensant qu'il était devenu fou et se dirigea vers le sommet en se précipitant. Gabriel (AS) le prit entre ses deux ailes, de façon qu'il ne pût ni avancer ni reculer. Ensuite il lui dit « Ô Mouhammad, ne crains rien, car tu es le Prophète de Dieu, et moi je suis Gabriel, l'ange de Dieu. »
Seydina Mouhammad SAW resta immobile entre les deux ailes. Puis Gabriel lui dit : « Ô Mouhammad, lis. » Seydina Mouhammad SAW répondit : « Comment lirais-je ? Moi qui ne sais pas lire ? »
Gabriel dit : « Lis : Au nom de ton Seigneur, qui a tout créé, qui a créé l'homme d’une adhérence. Lis Ton Seigneur est le généreux par excellence ; c'est lui qui a enseigné l’écriture ; il a enseigné aux hommes ce qu'ils ne savaient pas. » (S96 V1-5)
Ensuite Gabriel (AS) le laissa à cet endroit et disparut. Le Bien-aimé SAW descendit de la montagne. Il fut saisi d'un tremblement et retourna à sa maison, tout en répétant en lui-même la sourate. Son cœur était fort rassuré par ces paroles, mais il tremblait de tout son corps par suite de la peur et de la terreur que lui avait inspirées Gabriel (RA).
Rentré dans la maison, il dit à la noble Khadidja (RA) : « Celui qui m'avait toujours apparu de loin s'est présenté aujourd'hui devant moi. — Que t'a-t-il dit ? demanda Khadidja (RA). Il m'a dit : Tu es le Prophète de Dieu, et je suis Gabriel ; et il m'a récité cette surate : « Lis Au nom de ton Seigneur… ».
Khadidja (RA), qui avait lu les anciens écrits et qui connaissait l'histoire des Prophètes, avait aussi appris à connaître le nom de Gabriel. Ensuite Seydina Mouhammad SAW fut saisi du froid, il pencha la tête et dit : Couvrez-moi, couvrez-moi ! Khadidja le couvrit d'un manteau, et il s'assoupit. Notre mère Khadidja (RA) se rendit auprès de Waraqa fils de Nawfal, cousin de Sayyidat Khadija, qui était un savant chrétien, vivant à la Mecque dans la religion de Jésus (AS) et pratiquant le culte de Dieu.
Il avait lu beaucoup de livres, connaissait l'Évangile et savait que le temps était venu où un Prophète devait paraitre. La sainte Khadidja (RA) lui dit : N'as-tu trouvé nulle part dans les anciens livres le nom de Gabriel, et sais-tu ce que c'est que Gabriel ?
Waraqa dit : Pourquoi fais-tu cette demande ? Notre mère Khadidja (RA) lui fit le récit de ce qui était arrivé à son noble époux, du commencement à la fin.
Waraqa dit : Gabriel est le grand Nâmouss, l'ange qui est l'intermédiaire entre Dieu et les Prophètes, qui leur apporte les messages de Dieu.
C'est lui qui est venu trouver Moïse (AS), ainsi que Jésus (AS) ; et si ce que tu racontes est vrai, ton mari, est le Prophète qui doit être suscité à la Mecque, au milieu des Arabes, et dont il est fait mention dans les Écritures.
Waraqa demanda encore : Ne lui a-t-il donné aucun ordre ? Lui a-t-il dit d'appeler les hommes à Dieu ? Khadidja (RA) lui récita les premiers versets.
Waraqa dit : S'il lui avait ordonné d'appeler les hommes à Dieu, le premier qui lui aurait répondu et qui aurait cru en lui, aurait été moi ; car depuis de longues années je l'attends. Notre mère Khadidja (RA) retourna à la maison et trouva Mohammed assoupi sous le manteau.
Alors Gabriel revint, s'annonçant à l’Elu le pur SAW par un bruit, et dit :
« Ô, toi (Muhammad) ! Le revêtu d'un manteau !
Il répliqua : « et Me voilà levé, que dois-je faire ? » Gabriel dit :
« 2. Lève-toi et avertis.
3. Et de ton Seigneur, célèbre la grandeur.
4. Et tes vêtements, purifie-les.
5. Et de tout péché, écarte-toi. .
6. Et ne donne pas dans le but de recevoir davantage. .
7. Et pour ton Seigneur, endure. » sourate 74.
Dans ces paroles, Dieu a résumé pour le Prophète la prophétie, la prière, la religion, la pureté, la foi, la libéralité, le bon naturel et la persévérance, toutes les parties de la religion et les qualités de la fonction prophétique. Ensuite le Prophète rejeta le manteau dont il était couvert, et se leva.
Sa noble épouse Khadidja (RA) lui dit : « Ô Abou ‘l-Qâsim, pourquoi ne dors-tu pas pour te reposer ? »
Il répondit : « C'en est fait pour moi du sommeil et du repos. Gabriel est venu et m'a ordonné de transmettre le message de Dieu aux hommes et de pratiquer la prière et l'adoration. »
Notre mère Khadidja (RA) remplie de joie, se leva et dit : « Ô apôtre de Dieu, que t'a ordonné Gabriel ? Le Prophète SAW dit : « Il me recommande d'appeler les hommes à Dieu. Mais qui appellerai-je, qui me croira ? »
Notre mère Khadidja (RA) dit : « Tu peux au moins m'appeler, moi, avant tous les autres hommes ; car je crois en toi. »
Le Prophète SAW fut très heureux, présenta la formule de foi à son épouse et elle crut. Gabriel étant présent dit au Prophète SAW : « Demande de l'eau, afin que je t’enseigne les ablutions, la manière de laver les mains, et la prière, pour que tu saches comment tu dois adorer Dieu. Le Prophète demanda de l'eau, et Gabriel lui montra l'ablution des mains, et lui indiqua la façon de prier ; ensuite il, se plaça devant lui et dit : Nous allons prier. Il fit deux Rakaa’ (inclinations), et le Prophète SAW les répéta après lui, et Khadidja après le Prophète.
Seydina `Ali (kwj), entra en ce moment dans l'appartement. Il était âgé alors de sept ans, ou, d'après d'autres, de neuf ans, ou, d'après d'autres encore, de dix ans ; mais la majorité des traditions rapportent qu'il n'avait alors que sept ans.
Voyant le Prophète SAW et notre mère Khadija (RA) s'incliner, et ne voyant devant eux ni idole ni autre objet, il dit : « Ô Mouhammad, que fais- tu ? Devant qui t'inclines-tu ?
Seydina Mouhammad SAW répondit : « Devant Dieu, dont je suis le Prophète. Gabriel m'a commandé d'adorer Dieu et d'appeler les hommes à Dieu. Si tu crois en ma religion, abandonne le paganisme et l'idolâtrie. »
Seydina Ali (kwj) dit : « Attends que je consulte Abou-Tâlib, car je ne peux rien faire sans son autorisation. »
Seydina Ali (kwj) sortit, et le Prophète SAW lui dit : Tiens cette affaire secrète et n'en parle à personne qu'à Abou Tâlib (RA). Arrivé à la porte de la maison, `Seydina Ali (kwj) rentra et dit : Ô Mouhammad, Dieu m'a créé sans consulter Abou Tâlib. Qu'ai-je besoin de consulter pour suivre la religion de Dieu et pour l’adorer ? Expose-moi la religion qu'on t'a ordonnée. »
Le Prophète SAW présenta la formule de foi à `Seydina Ali (kwj), qui la prononça et qui accomplit avec Seydina Mouhammad SAW la prière primitive, et ils gardaient, le secret sur cet, événement. Gabriel (AS) s'en alla. `
Seydina Ali (kwj) avait été élevé par le Bien-aimé SAW, qui l'avait reçu d'Abou-Tâlib (RA).
Il vivait constamment, jour et nuit, avec lui, dans la maison de Khadidja (RA).
En effet, il y avait eu, à la Mecque, pendant trois ou quatre ans, une disette, et les moyens de subsistance étaient devenus très difficiles. Seydina Abou-Tâlib (RA), qui avait une nombreuse famille, des fils et des filles, n'avait plus une fortune suffisante [pour les nourrir].
Le Prophète Mohammad SAW, riche de la fortune de notre mère Khadidja (RA), était, avec Seydina Abbās (RA), le plus opulent des descendants de Hâschim. Lors de cette famine, Seydina Mouhammad SAW dit à son oncle Abbās (RA) : « Tu vois dans quel embarras se trouve ton frère Abou Tâlib avec sa nombreuse famille, et la difficulté de l'entretenir. Dieu nous a donné de l'aisance ; allons, prenons chacun un de ses fils avec nous pour diminuer les charges de sa famille. Ils se rendirent donc tous deux auprès d'Abou Tâlib et lui firent cette proposition. Seydina Abou-Tâlib (RA), qui de tous ses fils chérissait le plus `Aqil, leur dit : Laissez-moi `Aqil et prenez des autres ceux que vous voudrez. Sayidna Mohammed SAW prit Sayidna Ali (kwj), et Sayidna Abbas (RA) prit Sayidna Dja`far (RA).
Ainsi, la première de toutes les femmes qui embrassèrent l'islam fut notre mère Khadidja (RA) ; le premier enfant fut Seydina `Ali (kwj).
Voici le berceau de l’islam, venait de naître ainsi la dernière manifestation du message Divin dans le cocon familial du Bien Aimé d’ALLAH.
ET ALLAH EST PLUS SAVANT
ALLHOUMMA SOLLI ALA SEYDINA MOUHAMMAD WA ALA ALIHI WA SALIM


