(Suite des persécutions des musulmans)
· Uthman bin Affan de Banu Umayya
Il se nomme Abû 'Amr, 'Uthmân ibn 'Affân ibn Abî 'Ass. Il est né à Tâ`if, six ans après l'année de l'Eléphant, c'est-à-dire l'évènement qui sert de repère historique aux historiens musulmans. Il est donc vraisemblablement né en l'an 576 après J.-C. Il appartenait au clan des Banû Umayya, l'un des plus importants de Quraych et avait un ancêtre commun avec le Prophète : 'Abd Manaf. Dès sa jeunesse, il s'adonnait au commerce de tissus grâce auquel il s'enrichit.
Seydina ‘Uthmân (RA) fut parmi les premières personnes à se convertir à l'Islam après Abû Bakr, Khadîdja et 'Alî ibn Abî Tâlib (m). Selon les récits il fut la cinquième personne à se convertir à l'Islam. Une autre version dit qu'il fut la septième personne à embrasser l'Islam alors qu’il avait dépassé la trentaine. Les versions les plus sûres estiment que c'est grâce à Allah et par l'intermédiaire d'Abû Bakr qu'il se convertit à l'Islam.
Un jour il entendit dire que le Prophète (SAW) avait marié sa fille Ruqaya (RA) à Utba ibn Abû Lahab. Il fut alors pris de regrets pour ne pas avoir demandé sa main avant lui. De retour chez lui, il entendit sa tante maternelle dire : “Sa lampe est une grande source de lumière ; sa religion, un salut ; son ordre, un succès ; sa corne donne beaucoup de coups et la terre se soumettra à lui”.
Il lui demanda : “De qui s'agit-il ?” Elle lui répondit : “ Muhammad ibn Abdoullah (SAW), un Messager de la part d'Allah il est venu avec la Révélation d'Allah et appelle à Allah”.
Le voyant préoccupé, Abou Bakr (RA) l'interrogea sur les raisons, lui qui était un homme pondéré. Il lui redit ce que lui avait raconté sa tante. Il lui dit : “Malheur à toi, 'Uthmân ! Tu es un homme intelligent qui sait discerner entre la vérité et l’erreur ! Quelles sont ces idoles que ton peuple adore ? Ne sont-elles pas des pierres immobiles qui n'entendent pas et ne voient pas ? “Il lui répondit : “Oui par Allah, elles sont ainsi !”.
Abou Bakr (RA) ajouta : “Par Allah ! Ta tante dit vrai. Muhammad ibn Abdoullah (SAW) est le Messager d'Allah. Allah l'a envoyé avec Son message à Ses créatures. Veux-tu aller le voir et l'écouter ?” Il répondit : “Oui”.
Abû Bakr (RA) parla au Messager d'Allah à l'oreille. Le Messager d'Allah vint alors vers 'Uthmân (RA) et lui dit : “Ô 'Uthmân ! Réponds à Allah lorsqu'il t'appelle à Son Paradis, car je suis le Messager d'Allah vers toi et vers Ses Créatures !”. A l’écoute de ces paroles, Seydina 'Uthmân (RA) n’a pas hésité un instant à se soumettre à Allah et à prononcer le témoignage de foi : “Il n'y a de dieu autre qu'Allah et Muhammad est Son serviteur et Son Messager !".
C’est ainsi que Seydina 'Uthmân ibn 'Affân (RA) fut la cinquième personne à se convertir à l'Islam.
Il a été ligoté avec des cordes par son clan Banu Umayya et on lui a administré un violent passage à tabac, sans la moindre protestation.
· Zubair bin Awam de Banu Assad
Abû Abdillâh (RA) est l’apôtre et le cousin du messager d’Allah. Il est en effet le fils de Safiyah Bint ‘Abdil-Muttalib, l’une des tantes paternelles du Prophète (e). Il est de surcroit l’un des dix compagnons à qui le Prophète a promis le Paradis de son vivant, et l’un des six à se consulter sur le successeur du deuxième calife de l’Islam – Umar Ibn Al-Khattâb (RA) – après l’assassinat de ce dernier.
Né 28 ans avant l’Hégire, Az-Zubayr fut à l’âge de 15 ans, l’un des tous premiers à embrasser l’Islam à La Mecque. Sa conversion se fit par l’entremise d’Abû Bakr. Il sera torturé par son peuple qui n’avait pas accepté sa conversion à l’Islam. Son oncle le ligotait et le mettait à terre sur - 5 - un tapis, puis il l’enfumait afin qu’il retourne à la mécréance. Cependant Az-Zubayr (RA) restait ferme et continuait à dire : « Jamais je ne retournerais à la mécréance ! ».
· Abu Dhar Ghiffari
Dans la vallée de Waddan qui relie La Mecque à l’extérieur vivait la tribu des Ghifâr. Elle subsistait grâce aux maigres dons des caravanes commerciales des Qurayshites, qui voyageaient entre la Syrie et La Mecque, et devait vraisemblablement recourir aux pillages, lorsque ces caravanes ne donnaient pas suffisamment pour satisfaire ses besoins.
Jundub Ibn Junadah, surnommé Abû Dharr, appartenait à cette tribu : Waddan. Réputé pour son courage, son calme, son acuité visuelle et son aversion pour les idoles, il rejetait complètement les croyances religieuses corrompues et stupides des Arabes.
Alors qu’il était dans le désert de Waddan, il entendit parler d’un nouveau Prophète apparu à La Mecque. Il nourrissait l’espoir que son arrivée puisse balayer la corruption religieuse des cœurs et des esprits des Arabes. Il espérait trouver en lui un guide qui les sorte de l’obscurantisme et la superstition. Sans perdre de temps, il appela son frère Unays et lui dit : " Va à La Mecque te renseigner sur cet homme qui prétend être Prophète et recevoir des révélations des cieux. Écoute ses paroles et viens me les rapporter. "
Unays se rendit-il à La Mecque où il rencontra le Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Il écouta ce qu’il avait à dire et retourna dans le désert, où Abû Dharr attendait impatiemment qu’il lui parlât du Prophète — paix et bénédictions sur lui —.
— " J’ai vu un homme, rapportait Unays, qui appelait les gens à la noblesse de caractère. Ce qu’il dit n’est pas de la poésie.
— Que disent les gens à son sujet ? demanda Abû Dharr.
— Ils disent qu’il est magicien, voyant et poète.
— Ma curiosité n’est point satisfaite. J’ai besoin d’en savoir plus sur la mission de ce Prophète. Veux-tu prendre soin de ma famille pendant mon absence ?
— Oui. Mais prends garde aux Mecquois. "
Dès son arrivée à La Mecque, Abû Dharr ressentit une appréhension. Il décida, par conséquent, d’agir avec précaution. Les Qurayshites étaient vraisemblablement courroucés par la remise en cause de leurs dieux. Abû Dharr était au courant de leur violence à l’égard des disciples du Prophète — paix et bénédictions sur lui —, aussi n’eut-il pas de surprise en arrivant. Il se retint également d’interroger quiconque sur le compte de Muhammad, ne sachant distinguer l’ennemi du fidèle.
À la tombée de la nuit, il s’allongea dans la Mosquée sacrée. `Alî Ibn Abî Tâlib voyant qu’il était étranger lui offrit l’hospitalité. Au matin, Abû Dharr retourna à la Mosquée après avoir récupéré sa poche d’eau et son sac. Il ne posa aucune question et on ne lui en posa aucune.
Le jour suivant, Abû Dharr n’apprit rien de plus sur le Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Le soir, alors qu’il se préparait à dormir dans la Mosquée, `Alî passait de nouveau par là. Il lui dit :
" N’est-ce pas l’heure pour un homme de rentrer chez soi ? "
Abû Dharr accepta son invitation et passa sa seconde nuit chez `Alî. Une fois de plus, personne n’interrogea l’autre sur quoique ce soit.
Toutefois, au bout de la troisième nuit, `Alî lui demanda :
— " Ne vas-tu pas me dire ce qui t’amène à La Mecque ?
— À la condition que tu promettes de me conduire à ce que je cherche. "
`Alî promit, alors Abû Dharr lui dit :
— " Je suis venu de loin afin de rencontrer le nouveau Prophète — paix et bénédictions sur lui — et écouter ce qu’il a à dire. "
Le visage de `Alî s’illumina de joie, puis il s’exclama :
— " Par Dieu, il est véritablement le Messager de Dieu ! "
Il parla du Prophète — paix et bénédictions sur lui — et de ses enseignements. Il ajouta enfin :
— " Quand nous nous lèverons demain matin, suis-moi où que j’aille. Si je sens un danger, je m’arrêterai comme si je voulais uriner. Si je continue à marcher, suis-moi et entre là où j’entrerai. "
Abû Dharr ne ferma pas l’œil de la nuit, tellement il était impatient de voir et d’écouter le Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Le lendemain matin, il suivit de près `Alî, jusqu’à ce qu’ils se retrouvent en présence du Prophète — paix et bénédictions sur lui —.
— " Que la paix soit sur toi, Ô Messager d’Allâh, salua Abû Dharr.
— Et sur toi la paix de Dieu, Sa miséricorde et Ses bénédictions, répondit le Prophète — paix et bénédictions sur lui —. "
Abû Dharr fut le premier à saluer le Prophète — paix et bénédictions sur lui — du salut de l’islam. Suite à cela, son usage se répandit. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — l’accueillit donc et l’invita à l’islam en lui récitant quelques versets du Coran. Rapidement, Abû Dharr prononça la shahâda et adopta la nouvelle religion sur le champ. Il fut l’un des premiers à rejoindre l’islam.
Voyons en quels termes Abû Dharr rapportait sa propre histoire :
— " Après ma conversion, je suis resté avec le Prophète — paix et bénédictions sur lui — afin de me former à l’islam et d’apprendre à lire le Coran.
Il me dit : " Ne parle à personne ici de ton adhésion à l’islam. Ils te tueraient. "
— " Par Celui Qui détient mon âme entre Ses Mains, je ne quitterai pas La Mecque sans me rendre à la Mosquée sacrée et proclamer la Vérité au milieu des Qurayshites " jurai-je.
Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — se tut. J’allai donc à la Mosquée où les Qurayshites étaient assemblés en pleine discussion. Je me mêlai à eux et criai du plus fort que je pus : " Ô Qurayshites, je témoigne qu’il n’y a d’autre Dieu qu’ALLÂH et que Muhammad est son Messager " ;
Mes mots eurent un effet immédiat sur eux. Ils sautèrent sur leurs jambes et s’exclamèrent : " Attrapons-le, lui qui a abandonné sa religion. " Ils bondirent sur moi et me frappèrent sans merci. Ils avaient clairement l’intention de me tuer. Toutefois, Al-`Abbâs Ibn `Abd Al-Muttalib, l’oncle du Prophète — paix et bénédictions sur lui —, me reconnut. Il se pencha sur moi pour me protéger de leurs coups. Il leur dit : " Malheur à vous ! Voulez-vous tuer un homme des Ghifâr, alors que vos caravanes passent par leur territoire ? "
Là seulement, ils me relâchèrent. Je retournai chez le Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Lorsqu’il vit mon état, il dit :
— " Ne t’avais-je pas dit de garder le secret sur ta conversion ?
— Ô Messager de Dieu, dis-je. Mon âme avait besoin de s’exprimer, alors je l’ai laissée s’exprimer.
— Va trouver ton peuple, ordonna le Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Dis-leur ce que tu as vu et entendu. Invite-les à Dieu. Peut-être Dieu les comblera de bien par ton entremise et te récompensera à travers eux. Le jour où tu entendras que je me suis fait connaître ouvertement, alors viens à moi. "
Je quittai la ville et retournai vers mon clan. Mon frère m’interrogea : "Qu’as-tu fait ? " Je lui expliquai que j’étais devenu musulman et que je croyais désormais à la vérité des enseignements de Muhammad. Il me répondit : " Je ne suis pas opposé à ta religion. De fait, je suis moi aussi musulman et croyant. "
Tous deux, nous allâmes chez notre mère afin de l’inviter à l’islam. Sa réponse fut :
— " Je n’ai rien contre votre religion. J’accepte également l’islam. "
À partir de ce jour, cette famille de fidèles invita inlassablement les gens de Ghifâr à l’islam. Sa ténacité permit de convertir un grand nombre des leurs et d’instituer finalement la prière en congrégation.
Abû Dharr était dans le désert lorsque le Prophète fuit vers Médine et lorsque les batailles de Badr, Uhud et Khandaq eurent lieu. À Médine, il exprima au Prophète — paix et bénédictions sur lui — sa volonté d’entrer à son service. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — accepta sa requête. Il était pleinement satisfait de sa compagnie et de ses services. Parfois même, il montrait une préférence pour Abû Dharr.
Chaque fois que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — le rencontrait, il lui témoignait sa joie par une tape et un sourire.
Toutes sortes de supplices et de tortures que nous ne pouvons tous répertorier ici atteignaient les musulmans démunis, hommes et femmes. Mais cela ne fit qu’augmenter leur foi et leur détermination et renforça leur attachement à leur religion. Mourir pour la vérité était le prix qu’ils acceptaient de payer.
Constatant que la torture ne détournait pas les musulmans de leur foi ni de sa proclamation, les gens de Quraysh envisagèrent de négocier avec le Prophète SAW.
Ils lui envoyèrent `Utbah Ibn Rabî`ah lui dire : « Mon neveu, ta place parmi nous est celle que te confère ta lignée. Tu as cependant soulevé une affaire qui a divisé les tiens. Écoute donc les propositions que j’ai à te faire. »
Il lui proposa alors qu’on lui rassemble une fortune et qu’on fasse de lui l’homme le plus riche de tous, si tel était son souhait. S’il voulait le pouvoir, ils étaient prêts à en faire leur roi. S’il cherchait le prestige, ils en feraient leur seigneur. Si son problème provenait du toucher d’un jinn, ils étaient prêts à le faire soigner jusqu’à ce qu’il guérisse complètement.
Le Prophète SAW s’enquit : « Est-ce tout ce que tu avais à me dire, Abû Al-Walîd ? » L’homme acquiesça.
Le Prophète SAW lui dit : « À ton tour de m’écouter. » L’homme acquiesça.
Le Prophète SAW lui récita alors la sourate Fussilat :
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
1. Ha, Mim .
2. [C'est] une Révélation descendue de la part du Tout Miséricordieux, du Très Miséricordieux.
3. Un Livre dont les versets sont détaillés (et clairement exposés), un Coran [lecture] arabe pour des gens qui savent,
4. annonciateur [d'une bonne nouvelle] et avertisseur. Mais la plupart d'entre eux se détournent ; c'est qu'ils n'entendent pas.
5. Et ils diront : "Nos cœurs sont voilés contre ce à quoi tu nous appelles, nos oreilles sont sourdes. Et entre nous et toi, il y a une cloison, Agis donc de ton côté ; nous agissons du notre".
6. Dis : "Je ne suis qu'un homme comme vous. Il m'a été révélé que votre Dieu est un Dieu unique. Cherchez le droit chemin vers Lui et implorez Son pardon". Et malheur aux Associateurs
7. qui n'acquittent pas la Zakat et ne croient pas en l'au-delà !
8. Ceux qui croient et accomplissent de bonnes oeuvres auront une énorme récompense jamais interrompue.
9. Dis : "Renierez-vous [l'existence] de celui qui a créé la terre en deux jours, et Lui donnerez-vous des égaux ? Tel est le Seigneur de l'univers,
10. C'est Lui qui fermement fixé des montagnes au-dessus d'elle, l'a bénie, et lui assigna ses ressources alimentaires en quatre jours d'égale durée. [Telle est la réponse] à ceux qui t'interrogent.
11. Il S'est ensuite adressé au ciel qui était alors fumée et lui dit, ainsi qu'à la terre : "Venez tous deux, bon gré, mal gré". Tous deux dirent : "Nous venons obéissants".
12. Il décréta d'en faire sept cieux en deux jours et révéla à chaque ciel sa fonction. Et Nous avons décoré le ciel le plus proche de lampes [étoiles] et l'avons protégé. Tel est l'Ordre établi par le Puissant, l'Omniscient.
13. S'ils s'en détournent, alors dis-leur ; "Je vous ai avertis d'une foudre semblable à celle qui frappa les Aad et les Tamud".
14. Quand les Messagers leur étaient venus, de devant eux et par derrière, [leur disant]: "N'adorez qu'Allah", ils dirent : "Si notre Seigneur avait voulu, Il aurait certainement fait descendre des Anges. Nous ne croyons donc pas à [au message] avec lequel vous avez été envoyés".
15. Quant aux Aad, ils s'enflèrent d'orgueil sur terre injustement, et dirent : "Qui est plus fort que nous ?" Quoi ! N'ont-ils pas vu qu'en vérité Allah qui les a créés est plus fort qu’eux ? Et ils reniaient Nos signes.
16. Nous déchaînâmes contre eux un vent violent et glacial en des jours néfastes, afin de leur faire goûter le châtiment de l'ignominie dans la vie présente. Le châtiment de l'au-delà cependant est plus ignominieux encore, et ils ne seront pas secourus.
17. Et quant aux Tamud, Nous les guidâmes ; mais ils ont préféré l'aveuglement à la guidée. C'est alors qu'ils furent saisis par la foudre du supplice le plus humiliant pour ce qu'ils avaient acquis.
18. Et Nous sauvâmes ceux qui croyaient et craignaient Allah.
19. Et le jour où les ennemis d'Allah seront rassemblés en masse vers le Feu... Puis on les poussera [dans sa direction].
20. Alors, quand ils y seront, leur ouïe, leurs yeux et leurs peaux témoigneront contre eux de ce qu'ils œuvraient.
21. Ils diront à leur peau : "Pourquoi avez-vous témoigné contre nous ?" Elles diront : "C'est Allah qui nous a fait parler, Lui qui fait parler toute chose. C'est Lui qui vous a créés une première fois et c'est vers Lui que vous serez retournés".
22. Vous ne pouvez-vous cacher au point que ni votre ouïe, ni vos yeux et ni vos peaux ne puissent témoigner contre vous. Mais vous pensiez qu'Allah ne savait pas beaucoup de ce que vous faisiez.
23. Et c'est cette pensée que vous avez eue de votre Seigneur, qui vous a ruinés, de sorte que vous êtes devenus du nombre des perdants.
24. S'ils endurent, le Feu sera leur lieu de séjour ; et s'ils cherchent à s'excuser, ils ne seront pas excusés.
25. Et Nous leur avons destiné des compagnons inséparables [des démons] qui leur ont enjolivé ce qui était devant et derrière eux. Et le décret s'est avéré juste contre eux, comme contre les autres communautés de djinns et d'hommes qui ont vécu avant eux. Ils sont certes perdants !
26. Et ceux qui avaient mécru dirent : "Ne prêtez pas l'oreille à ce Coran, et faites du chahut (pendant sa récitation) afin d'avoir le dessus".
27. Nous ferons certes, goûter à ceux qui ne croient pas un dur châtiment, et les rétribuerons certes [d'une punition] pire que ce [que méritent] leurs méfaits.
28. Ainsi, la rétribution des ennemis d'Allah sera le Feu où ils auront une demeure éternelle, comme punition pour avoir nié Nos versets [le Coran].
29. Et les mécréants diront : "Seigneur, fais-nous voir ceux des djinns et des humains qui nous ont égarés, afin que nous les placions tous sous nos pieds, pour qu'ils soient parmi les plus bas".
30. Ceux qui disent : "Notre Seigneur est Allah", et qui se tiennent dans le droit chemin, les Anges descendent sur eux. "N'ayez pas peur et ne soyez pas affligés ; mais ayez la bonne nouvelle du Paradis qui vous était promis.
31. Nous somme vos protecteurs dans la vie présente et dans l'au-delà ; et vous y aurez ce que vos âmes désireront et ce que vous réclamerez,
32. un lieu d'accueil de la part d'un Très Grand Pardonneur, d'un Très Miséricordieux".
33. Et qui profère plus belles paroles que celui qui appelle à Allah, fait bonne œuvre et dit : "Je suis du nombre des Musulmans ?"
34. La bonne action et la mauvaise ne sont pas pareilles. Repousse (le mal) par ce qui est meilleur ; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux.
35. Mais (ce privilège) n'est donné qu'à ceux qui endurent et il n'est donné qu'au possesseur d'une grâce infinie.
36. Et si jamais le Diable t'incite (à agir autrement), alors cherche refuge auprès Allah ; c'est Lui, vraiment l'Audient, l'Omniscient.
37. Parmi Ses merveilles, sont la nuit et le jour, le soleil et la lune : ne vous prosternez ni devant le soleil, ni devant la lune, mais prosternez-vous devant Allah qui les a créés, si c'est Lui que vous adorez.
38. Mais s'ils s'enflent d'orgueil... ceux qui sont auprès de ton Seigneur [les Anges] Le glorifient, nuit et jour, sans jamais se lasser ! » verset de prosternation
Il SAW se prosterna et Utbah se prosterna aussi inconsciemment, subjugué par la beauté de ce qu’il venait d’entendre.
Puis il SAW lui dit : « Tu as entendu ce que j’avais à dire. Libre à toi maintenant. »
`Utbah s’en retourna voir son clan. Lorsqu’ils le virent arriver, ils se dirent : « Abû Al-Walîd ne fait pas la même tête qu’en partant. » Une fois assis, ils lui demandèrent : « Quelles sont les nouvelles, Abû Al-Walîd ? »
Il leur dit : « J’ai entendu des paroles qui ne ressemblent à rien de ce que je connais. Ce n’est ni de la poésie, ni de la sorcellerie, ni de la divination. Ô Quraysh, obéissez-moi et laissez cet homme faire ce qu’il veut. Par Allâh, les paroles que j’ai entendues de sa part auront un grand retentissement. Si les Arabes triomphent de lui, ils vous auront épargné la peine de vous en charger. Et s’il triomphe d’eux, sa gloire sera la vôtre et vous n’en seriez que très heureux. » Ils répondirent : « Par Allâh, il t’a ensorcelé par ses paroles... »
Il insista : « C’est mon avis, faîtes ce que bon vous semble. »
Puis, les chefs de Quraysh tentèrent de négocier avec le Messager de Dieu SAW individuellement. Abû Sufyân Ibn Harb, Umayyah Ibn Khalaf, Abû Jahl, et d’autres allèrent le voir à tour de rôle, réitérant les propositions faites par `Utbah Ibn Rabî`ah, à savoir la fortune, le pouvoir, ou le prestige.
Le Très Saint Prophète SAW déclina leurs propositions et leur rappela qu’il était envoyé en tant qu’annonciateur de bonnes nouvelles et en tant qu’avertisseur. Ils lui dirent alors : « Si aucune de nos propositions ne te sied, demande donc à ton Seigneur de déplacer pour nous ces montagnes, d’aplanir nos contrées, d’y faire jaillir des rivières, de ressusciter nos ancêtres — notamment Qusayy Ibn Kilâb, qui était un homme droit — afin que nous demandions leur avis sur tes dires. S’ils te donnent raison et que tu parviens à satisfaire notre demande, nous croirons en toi et saurons que Dieu a fait de toi Son Messager. Sinon, demande à ton Seigneur d’envoyer à tes côtés un ange confirmant tes dires. Qu’Il t’octroie des palais et des jardins, et des trésors en or et en argent, qu’Il te fournisse de quoi t’épargner d’avoir à te dépenser de la sorte, car tu vas aux marchés comme nous, tu cherches à gagner ton pain comme nous, fais ce que nous te demandons afin que nous mesurions ton mérite. »
Il SAW leur répondit qu’il n’était envoyé qu’en guise d’annonciateur de bonnes nouvelles et en guise d’avertisseur. Ils lui répondirent : « Fais donc en sorte que le ciel nous tombe sur la tête en morceaux puisque tu prétends que ton Seigneur le ferait s’Il le voulait. » D’autres lui demandèrent de faire venir Dieu et les anges. Le Messager de Dieu SAW se leva et les quitta plein de tristesse pour eux.
Dans ce climat délétère où les hostilités et les polémiques stériles allaient bon train, les musulmans devenaient de plus en plus nombreux. L’ignominie des Quraysh et leur agressivité à l’encontre du Messager de Dieu redoublèrent de violence.


